Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

politique nationale - Page 4

  • Une première : la justice ordonne la destruction de 4 mégabassines illégales

    Article de Sylvain Lapoix, publié dans Reporterre le 24.07.2026

    Des irrigants de Charente-Maritime ont été condamnés à détruire quatre mégabassines qu’ils utilisent malgré l’absence d’autorisation environnementale. Ce jugement souligne l’inaction de l’État dans la protection de la ressource en eau.

    C’est une première : le tribunal administratif de Poitiers a ordonné le 23 juillet la « destruction totale » de quatre mégabassines situées en Charente-Maritime et la remise en état des terrains dans un délai de trois ans.

    Une décision inédite pour une situation inédite. Condamnés à l’été 2025 par le tribunal judiciaire de La Rochelle à un total de 1,5 million d’euros d’amendes et réparations pour avoir utilisé l’eau stockée dans ces ouvrages sans autorisation et ainsi dégradé les milieux naturels, les irrigants réunis au sein de l’Association syndicale autorisée d’irrigation des Roches (Asai des Roches) n’avaient pas donné suite aux demandes de la préfecture, qui les pressait de régulariser leur situation.

    Si ce sont bien ces agriculteurs qui auront à charge la déconstruction, le jugement ne pointe pas leur responsabilité, mais celle de l’État, qui aurait dû les obliger à le faire il y a bien longtemps.

    Attentisme de la préfecture

    Les bassines dont la justice demande la destruction sont situées sur les communes de Cram-Chaban, La-Grève-sur-le-Mignon et La Laigne. Elles avaient été construites en 2010 avec l’aide financière de l’État, pour plus de 60 % de leur coût — estimé à 5,6 millions d’euros —, puis s’étaient vu retirer leur autorisation environnementale par une décision du même tribunal administratif de Poitiers le 7 juin 2018, à la suite d’une requête de Nature Environnement 17 (NE17). Théoriquement interdits, le remplissage de ces bassines et l’usage de leur eau pour l’irrigation des champs des associés avaient continué.

    Une cinquième bassine échappe à la destruction, car elle est connectée à un seul irrigant, qui n’a accès qu’à cette réserve. Il est concerné par un autre arrêté de mise en demeure. Au total, les cinq retenues visées ont une capacité de 1,4 million de m3.

    Constatant l’utilisation des bassines malgré trois arrêtés demandant la régularisation de la situation (en 2018, 2019 et 2023), et ce, même sous un régime de restrictions sur l’usage de l’eau lié à la sécheresse, la préfecture de Charente-Maritime avait continué d’attendre. L’instance a accordé des délais pour transmettre une demande d’autorisation qui n’est jamais arrivée.

    Lire la suite

  • Nomination de François-Noël Buffet : Emmanuel Macron, meilleur défenseur des droites

    Article de Rozenn Le Carboulec publié dans Basta ! le 21.07.2026

    Sur proposition d’Emmanuel Macron, le sénateur LR François-Noël Buffet est devenu, ce 21 juillet, le nouveau Défenseur des droits, après un avis favorable rendu par les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un nouveau cadeau fait par le président de la République aux droites les plus réactionnaires. 

    Il défilait avec La Manif pour tous (LMPT) en 2013 contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de personnes de même sexe. Un an plus tard, ce maire UMP d’Oullins, en région Auvergne-Rhône-Alpes, faisait partie des 1000 personnalités politiques, dont une majorité d’élus d’extrême droite, qui signaient la charte proposée par La Manif pour tous. À travers elle, il s’engageait, entre autres, à « préserver l’enfant de toute expérimentation basée sur les concepts de genre, diffusée sous couvert de lutte contre les stéréotypes et pour l’égalité homme/femme » ; à « abroger la loi Mariage et adoption pour tous sans rétroactivité pour préserver et restaurer la filiation père-mère-enfant » ; et à « refuser la marchandisation du corps, en particulier via l’ouverture de la PMA [procréation médicalement assistée] aux couples de femmes et aux célibataires »...

    Il votait, en 2021, contre l’extension de cette même PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. En 2024, il s’abstenait lors du vote pour la constitutionnalisation du droit à l’avortement. Longtemps chargé du dossier de l’immigration à l’UMP, il a défendu le durcissement des politiques contre les étrangers, fustigeant une « incapacité à maîtriser nos frontières » ; il a promu l’affaiblissement de l’AME (aide médicale d’État) pour les sans-papiers ; une restriction de l’accueil des « gens du voyage » ; et s’est opposé à plusieurs évolutions concernant les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).

    Un CV à rebours du poste

    Ce CV d’un anti-droits multirécidiviste est celui du sénateur Les Républicains (LR) François-Noël Buffet, proposé par Emmanuel Macron pour le poste de… Défenseur des droits, en remplacement de Claire Hédon, dont le mandat a pris fin ce 20 juillet. Fort de ses nombreux soutiens de la droite et du centre, il vient officiellement d’être nommé à ce poste, ce 21 juillet, après sa deuxième audition, en commission des lois du Sénat où la droite est majoritaire (une majorité des trois cinquièmes était requise pour sa révocation). Dans le détail, la commission des lois du Sénat s’est prononcée pour à 17 voix contre 12 et 1 bulletin blanc ou nul. De son côté, l’Assemblée nationale a été plus mitigée, avec 26 voix pour, 27 contre et 6 bulletins blancs ou nuls.

    Partout ailleurs, un CV si éloigné de la fiche de poste aurait été mis à la poubelle. En tant qu’autorité administrative indépendante, le Défenseur des droits a deux missions : défendre les personnes dont les droits ne sont pas respectés et permettre l’égalité de toustes. Parmi ses prérogatives figure notamment la lutte contre les discriminations – par exemple à l’égard d’un couple de femmes à qui l’on refuse la location d’un appartement, est-il précisé sur le site de l’institution. Des positions que l’on voit mal François-Noël Buffet, au regard de son parcours et positionnement, incarner.

    Dénonçant « un pied de nez à la société civile » et « un recul pour la démocratie », près de 70 associations et syndicats, parmi lesquels le Planning familial, SOS Homophobie, la Cimade ou l’Association France handicap ont lancé une pétition, déjà signée par plus de 150 000 personnes ce 21 juillet. Augurant, selon elles, d’un « dévoiement de l’institution », elles appelaient le président de la République à renoncer à cette nomination d’un candidat qui ne correspond à « aucun des critères ».

     

    Lire la suite

  • Un vote historique contre la nature : Le Parlement adopte la Loi Duplomb 2

    Communiqué de la LPO publié le 21.07.2026

    Le Parlement a définitivement adopté la Loi d’urgence agricole, après plusieurs mois de débats intenses. La LPO dénonce un texte désastreux pour notre avenir, une fuite en avant vers l’intensification de notre agriculture, au mépris des alertes scientifiques, de l’urgence écologique et climatique et des demandes citoyennes répétées.

    L’adoption hier par l’Assemblée Nationale et aujourd’hui par le Sénat de la Loi d’urgence agricole apparaît comme une réplique amplifiée de la Loi dite « Duplomb », adoptée il y a tout juste un an : logique productiviste, nature écrasée, débat parlementaire enjambé sur les mesures les plus sensibles… C’est un véritable sabordage de nos protections environnementales et sanitaires qui met en péril notre propre résilience face aux changements environnementaux en cours.

    Les ingrédients réunis pour une crise de l’eau aggravée

    Alors que les sécheresses se multiplient et que des tensions sur l’eau s’accroissent, le texte fait le choix de la mal adaptation au changement climatique et d’un accaparement massif de l’eau, en visant le doublement des méga-bassines et en fragilisant la démocratie locale de l’eau (renforcement du poids des agriculteurs dans les instances de gouvernance de l’eau au détriment des autres acteurs, contournement des documents de planification issus de la concertation locale, etc.). La sobriété des usages, un temps évoqué, est définitivement écartée au profit de cultures gourmandes en eau, inadaptées au climat actuel et futur.

    En facilitant la construction de plans d’eau artificiels et en réduisant la portée des mesures compensatoires pour les zones humides dégradées, le texte accélère la dégradation de ces milieux à forts enjeux écologiques, alliés indispensables pour la résilience de nos écosystèmes et de nos sociétés. 

    Les principes fondamentaux de la Loi de 1992, qui faisait de l’eau un « patrimoine commun de la nation » et de la préservation des zones humides une priorité, sont un lointain souvenir.

    Lire la suite

  • Loi d’urgence agricole : accaparement de l’eau et graines de discorde dans les territoires 

    Communiqué de FNE du 16 juillet 2026

    La Commission mixte paritaire vient de rendre sa copie finale sur la loi d’urgence agricole. Ce troisième texte agricole en à peine 18 mois sera soumis au vote final des deux chambres les 20 et 21 juillet prochains. France Nature Environnement appelle les député·es à voter contre ce texte, qui met en péril aussi bien notre santé que notre eau, sans aider les agriculteurs et agricultrices.

    Au lieu d’accompagner notre agriculture face au choc climatique, ce projet de loi organise une fuite en avant irresponsable, fragilisant durablement notre souveraineté alimentaire et notre capacité à produire demain. En s’obstinant dans une logique de court terme, le texte condamne nos biens communs les plus précieux.

    «Face au changement climatique, l’agriculture a besoin d’investissements massifs dans la transition agroécologique et de garantir un revenu digne aux paysan.nes, pas de nouveaux reculs environnementaux. Affaiblir la protection de l’eau, détruire les zones humides et réintroduire des pesticides dont la dangerosité est avérée, c’est saborder la capacité même de notre agriculture à produire demain.»  Morgane Piederrière, Responsable du plaidoyer chez France Nature Environnement

    Lire la suite

  • France : même condamnée, Marine Le Pen lance sa campagne

    Éditorial de Cartooning for Peace du 09.07.2026

     

    Mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris a condamné Marine Le Pen pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires de son parti. Elle pourra toutefois se présenter à l’élection présidentielle de 2027, la cour d’appel ayant été plus clémente puisqu’elle écope de trois ans d’emprisonnement, dont une année ferme à domicile, et de quarante-cinq mois d’inéligibilité, dont trente avec sursis et quinze déjà purgés.

    Le soir même, Marine Le Pen annonçait son pourvoi en cassation (ce qui suspend sa peine de prison) et sa candidature à la présidentielle, déclarant : « les Français seront juges ». Un pari à haut risque pour la cheffe de file de l’extrême droite française, dont les opposants dénoncent l’indécence et l’hypocrisie : un des slogans du Front National a longtemps été « mains propres et tête haute », et Marine Le Pen a toujours appelé à l’inéligibilité à vie des politiciens condamnés par la justice…

    Lire la suite

  • La loi 1901 sur la liberté d’association fête cette année ses 125 ans

    À l'occasion du 125e anniversaire de la loi, la LPO, association fondée en 1912, rappelle le rôle essentiel des associations comme espaces de cohésion sociale, de démocratie et d’engagement citoyen, en prenant part à la campagne « La France qui (se) bat », initiée par le Mouvement Associatif et France Générosités.

    Facebook_Banni%C3%A8re_2%20-%20La%20France%20qui%20(se)%20bat.png

    « La loi de 1901 n’a pas besoin d’être réformée, elle a besoin d’être honorée »

    La France célèbre cette année les 125 ans de la loi 1901. Ce texte fondateur de la liberté associative a permis d’ouvrir en France un espace unique : celui où des citoyens ordinaires, sans mandat électif ni pouvoir institutionnel, peuvent se rassembler, s’organiser et agir en faveur d’une multitude de causes.

    Aujourd’hui, notre pays compte 1,6 million d’associations actives. Elles fédèrent près de 13 millions de bénévoles et emploient 1,8 million de salariés (soit plus que les secteurs du transport ou de la construction) et interviennent dans tous les domaines de la vie collective.

    Leur action est reconnue et plébiscitée par une grande majorité de Français : 76 % des Français estiment que les responsables associatifs contribuent à rassembler le pays tandis qu'un Français sur deux est engagé dans une association, comme bénévole, donateur ou adhérent. Dans un contexte de défiance croissante envers les institutions, cette confiance constitue un précieux capital démocratique. Lire la tribune.

    Lire la suite

  • Dites non à la destruction des espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts » !

    Communiqué de la LPO du 10.07.2026

    Le ministère de la transition écologique a ouvert une consultation publique concernant les espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts » ou ESOD (les anciens « nuisibles »). Ce sont le renard, la belette, la fouine, la martre, la corneille, le corbeau freux, la pie, le geai et l’étourneau. Ce projet autoriserait leur destruction par tir et par piégeage durant les trois prochaines années. Il autorise également le déterrage du renard, une pratique particulièrement brutale.

    Pourquoi faut-il se mobiliser contre ce classement ?

    Ces espèces sont accusées de causer des dommages aux activités humaines, en particulier aux cultures et aux petits élevages. Dans les départements où elles sont classées ESOD, elles peuvent être détruites par tir après la fermeture de la chasse et par piégeage toute l’année, sans limitation de nombre, alors qu’on ne connaît pas toujours l’état des populations.

    Or, le classement ESOD de ces animaux ne repose pas sur des preuves solides :

    • les déclarations de dégâts ne sont pas vérifiées
    • l’identification précise de l’espèce est souvent impossible
    • l’estimation des coûts est très aléatoire

    La prédation des petits carnivores, phénomène naturel, est considérée comme un « dégât » par les chasseurs qui voient les prédateurs comme des concurrents à éliminer. Enfin, lorsqu’il n’y a pas de dégâts constatés dans un département, l’espèce peut quand même y être classée ESOD au seul motif qu’elle serait « susceptible » d’en causer !

    Si la loi oblige à mettre en œuvre des méthodes de prévention des dégâts (protection des élevages, effarouchement sonore, etc.), en pratique celles-ci sont rarement utilisées.

    Des bénéfices souvent ignorés

    Les bénéfices apportés par ces animaux ne sont jamais pris en compte dans la balance. Ainsi, le renard qui rend service à l’agriculture – chaque renard consomme des milliers de petits rongeurs chaque année - est pourtant classé ESOD sur la quasi-totalité du territoire français.

    Enfin, rien ne démontre que ces destructions massives auraient un quelconque impact sur la quantité de dégâts. Au contraire, une étude récente conclut que la destruction de millions d’animaux sauvages (dont un million de renards et trois millions de corvidés) ne réduit pas les dommages économiques qui leur sont attribués. Ces destructions ne régulent pas non plus les populations animales concernées, et représentent un coût économique huit fois plus élevé que les déclarations de dégâts imputés à ces espèces.

    Lire la suite