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  • Plan national de restauration de la nature : la France doit passer des engagements aux résultats

    Avec un mois de retard sur l’échéance réglementaire, la France a transmis à la Commission européenne son projet de Plan National de Restauration de la Nature (PNRN), « Agir pour restaurer la nature ». Nos associations, France Nature Environnement, la Société nationale de protection de la nature, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, Surfrider Foundation Europe, Humanité & Biodiversité et la Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères saluent cette étape et appellent à renforcer le portage politique et les moyens financiers.

    Une opportunité pour la résilience après un été catastrophique

    En France, seuls 16,5 % des habitats remarquables et 23,8 % des espèces protégées sont en bon état de conservation. Depuis 2001, les populations d’oiseaux communs ont chuté de 18,2 %. Malgré quelques succès de conservation, les politiques publiques n’ont pas encore permis d’enrayer le déclin de la biodiversité.

    Cet effondrement impacte directement nos vies, nos activités et notre capacité à faire face aux effets du changement climatique. L’année 2026 nous a offert un aperçu alarmant de la nouvelle réalité climatique qui s’installe et de notre impréparation. Pour nous y adapter, nous dépendons d’une nature en bonne santé.

    Restaurer la nature nécessite avant tout de protéger les milieux encore en bon état, et de lever les pressions affectant le vivant afin de garantir que les milieux restaurés ne seront pas à nouveau dégradés. La restauration ne peut devenir un substitut à la protection, ni un argument pour légitimer de nouvelles destructions.

    Restaurer les zones humides et les prairies, reméandrer les rivières, replanter des haies, réduire les intrants chimiques ou protéger les habitats marins : autant d’actions qui renforcent la captation du carbone, régulent l’eau, limitent sécheresses et inondations et plus globalement, qui favorisent le retour d’une biodiversité indispensable à notre équilibre. Restaurer la nature, c’est investir dans notre résilience collective !

    La crédibilité du plan dépendra de ses moyens et de sa cohérence

    Pour atteindre son ambition, le plan doit bénéficier d’un portage politique fort, et fixer des objectifs précis, assortis d’un calendrier, de financements pluriannuels et d’indicateurs permettant de mesurer les progrès réels.

    En l’état le plan se borne à articuler des politiques publiques existantes en matière de biodiversité. L’absence de mesures nouvelles d’ici 2030 est préoccupante, alors même que ces politiques peinent déjà à enrayer son déclin, notamment du fait du manque de cohérence avec les politiques sectorielles. Les politiques agricoles, énergétiques, économiques et d’aménagement doivent contribuer à cette ambition dans l’intérêt général, et non en compromettre les résultats.

    Cette ambition limitée est d’autant plus préoccupante que les reculs environnementaux se multiplient : lois agricoles productivistes, menaces sur l’objectif Zéro artificialisation nette, Omnibus européens, assouplissement du régime de protection des espèces… Autant de régressions qui fragilisent directement l’atteinte des objectifs du PNRN.

    Face à cette dynamique de déréglementation, un sursaut politique s’impose. La restauration de la nature doit devenir une priorité dans tous les secteurs de politiques publiques et non un objectif isolé.

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  • Soutenons le droit européen qui protège la nature

    Communiqué de FNE publié le 13.06.2026

    Depuis plus de 40 ans, deux textes européens protègent nos oiseaux, nos milieux naturels, notre faune et notre flore sauvages. Aujourd’hui, la Commission européenne veut les réévaluer — et tout indique qu’elle cherche en réalité à les affaiblir. France Nature Environnement dit non. Rejoignez-nous : quelques minutes suffisent pour faire entendre votre voix. Explications.

    Le droit européen de protection de la nature bientôt détricoté ?

    La directive dite « Oiseaux » et la directive dite « Habitats-Faune-Flore » sont les deux piliers du droit européen visant à préserver la nature. Ce sont elles qui permettent de préserver la biodiversité sur le territoire de l’Union européenne, par la protection des espèces menacées et la gestion des sites Natura 2000.

    Pour la deuxième fois en dix ans, la Commission européenne soumet ces deux textes à une évaluation de leur efficacité ou « stress-test ». Derrière ce vocabulaire technique se cache un projet bien plus politique : celui de la « simplification » du droit environnemental - un terme qui, trop souvent, rime avec dérégulation.

    Pourquoi faut-il se mobiliser ?

    Le test cible précisément les dispositions les plus protectrices de ces deux directives :

    • le statut des espèces protégées,
    • l’évaluation des incidences pour les projets susceptibles d’affecter les sites Natura 2000.

    Officiellement, l’objectif de la Commission européenne est de juger si elles font peser ou non trop de contraintes sur les activités économiques et donc, entravent la compétitivité et la souveraineté européennes. Auquel cas il serait conclu qu’il est nécessaire de les assouplir.

    Or, l’assouplissement de ces dispositions ouvrirait la voie à des projets toujours plus destructeurs pour la nature, contribuant à dégrader notre environnement et, par conséquent, notre santé.

    Lors de la 1ère évaluation de leur efficacité, la Commission européenne a conclu qu’il n’y a pas trop de contraintes et que « le cadre légal des directives ne crée pas d’obstacles aux investissements ».  

    Affaiblir ces textes aujourd’hui, ce serait saper demain notre capacité collective à faire face au changement climatique et à bâtir des sociétés dynamiques et résilientes. Une nature abîmée est une nature qui protège moins bien les sociétés humaines face aux crises économiques, sociales et écologiques.

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  • Rapport – Vagues de déréglementations en Europe. Que fait la France ?

    Publié le 06.07.2026 par le CCFD terres solidaires

    Plus de 50 reculs sur le climat, l’environnement et la santé à stopper

    À l’initiative du Réseau Action Climat, 10 associations – Générations Futures, Transport & Environnement, Ligue pour la Protection des Oiseaux, CCFD-Terre Solidaire, Fondation pour la Nature et l’Homme, France Nature Environnement, Greenpeace France, Reclaim Finance et WWF-France – publient un rapport décryptant et chiffrant les vagues de déréglementations sur l’environnement et la santé à l’oeuvre à Bruxelles depuis 2024.

    Le rapport recense au moins 20 reculs déjà adoptés en deux ans à peine, et une trentaine d’autres qui pourraient être entérinés ces prochains mois,  contre lesquels la société civile est mobilisée. Ces reculs portent sur les pesticides, la protection de la biodiversité et de l’eau, les pollutions industrielles avec des impacts sur l’environnement, le climat, la santé et les droits humains. En analysant les dynamiques de votes au Parlement européen, le rapport montre également une nouvelle tendance lourde : les partis de droite et d’extrême droite, dont les partis français, créent des majorités qui permettent de démanteler des pans entiers du Pacte vert et plus largement les protections environnementales européennes. Face à cette vague de reculs, les décideurs français doivent tout faire pour s’y opposer et protéger nos concitoyens. 

    Depuis deux ans, la Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen, propose des dizaines de « simplifications » sous la forme d’« Omnibus », des véhicules législatifs uniques qui permettent de modifier en une seule fois un ensemble de lois. Ils contiennent des dizaines de reculs sur les droits de l’environnement et de la santé des Européens difficilement acquis ces dernières années. Parmi eux, exposition aux pesticides et produits toxiques, frein à la lutte contre la déforestation mondiale, suppression des plans de transition climatique des entreprises, baisse du financement de la biodiversité, frein à la transition vers la voiture électrique, fragilisation des milieux naturels, risques accrus de pollution de l’eau et de diminution de la ressource, ou encore décalage de la baisse de quotas gratuits pour les industries polluantes.

    Selon notre décompte exclusif, ces initiatives ont déjà débouché sur l’adoption de 20 reculs depuis juillet 2024, et pourraient conduire à l’adoption de 30 de plus ces prochains mois avec des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé des citoyens.

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  • Défendre les droits des peuples palestiniens et libanais au sein de l’UE

    Lettre ouverte adressée à la présidente de la Commission européenne, à la haute représentante aux affaires étrangères de l’UE et aux ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE

    Madame la présidente Von der Leyen,

    Madame la Haute représentante/vice-présidente Kallas,

    Mesdames et Messieurs les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE,

    Nous, organisations humanitaires et de défense des droits humains et syndicats soussignés, vous écrivons face à l’escalade de la répression brutale et des politiques d’annexion illégales menées par les autorités israéliennes en Palestine, ainsi qu’aux violations du droit international humanitaire (DIH) en Palestine et au Liban. Nous vous exhortons à adopter les mesures, attendues depuis trop longtemps, proposées par la présidente Von der Leyen en septembre 2025, notamment la suspension de l’accord d’association UE-Israël, ainsi que toute autre mesure nécessaire au respect du droit international, y compris l’interdiction du commerce avec les colonies israéliennes illégales et la suspension de tous les transferts et transits d’armes vers Israël.

    Déjà en juin 2025, l’UE avait constaté qu’Israël violait l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël, qui qualifie le respect des droits humains et des principes démocratiques d’« éléments essentiels » du traité. Les actions menées par les autorités israéliennes en Israël, dans l’ensemble du territoire palestinien occupé et au Liban aggravent encore cette violation et causent d’immenses souffrances à des millions de personnes dans toute la région. Le mois dernier, la Knesset israélienne a adopté une loi discriminatoire sur la peine de mort qui en élargit considérablement le champ d’application, visant de fait la seule population palestinienne. Cette loi constitue non seulement une violation flagrante des droits à la vie et à un procès équitable du peuple palestinien, mais elle vient également s’ajouter à l’ensemble croissant de lois et de politiques discriminatoires mises en œuvre par les autorités israéliennes à leur encontre. La Cour internationale de Justice a jugé, dans son avis consultatif de juillet 2024, que ces mesures violaient l’article 3 de la Convention relative aux droits de l’homme (CERD), qui interdit la ségrégation raciale et l’apartheid. De nombreux organes et experts des Nations Unies, des organisations palestiniennes, israéliennes et internationales de défense des droits humains, ainsi que d’éminents juristes, ont également démontré comment ces politiques et lois s’apparentent au système et au crime contre l’humanité qu’est l’apartheid.

    En Cisjordanie occupée, Israël accélère sa politique d’annexion illégale et intensifie la répression et les graves exactions commises contre la population palestinienne. Depuis le début du conflit avec l’Iran et le Liban, la situation s’est considérablement aggravée. Depuis le 28 février, les autorités israéliennes imposent des restrictions de circulation strictes dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés. Outre les points de contrôle déjà existants, des dizaines de nouvelles barrières routières ont été installées par les autorités israéliennes en Cisjordanie depuis octobre 2023. La plupart sont désormais fermées, ce qui entrave fortement l’accès de la population palestinienne à ses terres, ses lieux de travail, ses écoles, ses services de santé et aux services d’urgence. De plus, les forces israéliennes et les colons soutenus par l’Etat ont multiplié les attaques contre les Palestiniennes et Palestiniens, avec plus de 200 attaques recensées pour le seul mois de mars, dont des cas d’agressions sexuelles. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les forces israéliennes et les colons ont tué 34 Palestiniens, dont sept enfants, et en ont blessé 771, dont 97 enfants. Les attaques visent de plus en plus les grands villages palestiniens de la zone B et se propagent à travers la Cisjordanie. Depuis octobre 2023, les violences perpétrées par les colons avec le soutien de l’Etat ont entraîné le déplacement de 38 communautés palestiniennes entières. Moins de trois mois après le début de l’année 2026, 1 700 Palestiniennes et Palestiniens avaient déjà été déplacés, un chiffre supérieur au total enregistré pour l’ensemble de l’année 2025. L’impunité reste la norme pour les colons violents : selon les ONG israéliennes, seulement 3 % des affaires aboutissent à une condamnation, même partielle. À l’inverse, le taux de condamnation des Palestiniens par les tribunaux militaires atteint 99 %.

    Cette violence de plus en plus meurtrière, orchestrée par les colons avec le soutien de l’Etat, va de pair avec l’accélération de l’expansion illégale des colonies et les politiques d’annexion mises en œuvre par un ensemble de mesures récemment adoptées par Israël.

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  • Accord UE-Mercosur : une application provisoire scandaleuse

    Communiqué de la Confédération Paysanne, publié le 30.04.2026

    Pour la Confédération paysanne, l'accord de libre-échange UE*-Mercosur* est délétère pour l'agriculture et l'alimentation en France, en Europe, et de l'autre côté de l'Atlantique. A partir du 1er mai, il va s'appliquer à titre « provisoire ». C'est un scandale démocratique.

    Le Parlement européen n'a pas encore pu voter sur le fond. La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), saisie par le Parlement européen, n'a même pas rendu son avis sur sa conformité avec le droit européen. De plus, le choix de la date du 1er mai, journée internationale des travailleur·euses, est d'un cynisme sans nom.

    Ce passage en force piétine le Parlement et toutes les voix qui se sont exprimées contre cet accord. Pourtant, pour la première fois de l'histoire de l'UE*, un accord de libre-échange n'a pas réuni l'unanimité des États-membres lors du vote en janvier dernier lors du Conseil européen.

    La Pologne vient d'ailleurs à son tour de saisir la CJUE pour contester la mise en œuvre de cet accord et son application provisoire. La France qui prétend s'y opposer est aux abonnés absents !

    Contrairement à ce que disent les partisans de l'accord UE*-Mercosur*, il va s'appliquer alors même que les filières agricoles les plus fragiles, comme l'élevage, ne sont pas protégées.

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  • Non au « Règlement retour » ! Ne laissons pas l’Union européenne (UE) céder à l’inhumanité et à la xénophobie

    Communiqué du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs 

    Le « Règlement retour », adopté par le Parlement européen jeudi 26 mars 2026, constitue une nouvelle étape de la politique migratoire indigne qui transforme l’Europe en une forteresse et la rend complice de violations répétées des droits humains. L’objectif est une fois encore de renforcer la politique d’expulsions des étrangères et étrangers en situation irrégulières, qui sont déjà quotidiennement maltraité-e-s dans la plupart des Etats, et soumis-es à des procédures attentatoires aux droits et libertés fondamentales.

    Sous les applaudissements nourris des eurodéputé-e-s d’extrême droite, et de celles et ceux de droite qui les ont rejoints sans honte, le Parlement fait un pas de plus vers l’infamie. Ces propositions évoquent la brutale politique de l’immigration étatsuniennes dont l’ICE est l’incarnation.

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  • L’Europe à contresens sur l’autoroute de l’histoire

    Extrait de l'article de Morvan Burel  pour le Monde Diplomatique 

    Aux États-Unis, M. Donald Trump accentue un virage protectionniste amorcé lors de son premier mandat et poursuivi par M. Joseph Biden. En Inde, M. Narendra Modi préfère encourir l’ire de Washington plutôt que d’ouvrir son marché aux produits agricoles américains. En Chine, la célébration officielle du libre-échange n’empêche pas Pékin de soutenir ses champions nationaux et de protéger ses industries stratégiques. « Le système commercial mondial tel que nous l’avons connu est mort », résume M. Michael Froman, représentant au commerce des États-Unis entre 2013 et 2017 . Partout ? Non ! Un village d’irréductibles bureaucrates persiste à infliger à ses populations la pénitence du libre-échange : l’Union européenne.

    Le camouflet commercial administré à Bruxelles par Washington aurait pu conduire les dirigeants européens à réévaluer leurs certitudes. Soucieuse d’écarter la menace américaine de taxer à 30 % les produits européens, la Commission a accepté, le 27 juillet dernier, un accord asymétrique extrêmement défavorable. Le texte prévoit que les exportations européennes acquitteront un droit de douane de 15 % à leur entrée aux États-Unis, cependant que les produits industriels et certains produits agricoles (huile de soja, semences de culture, céréales, fruits à coque, ketchup, biscuits, cacao) en provenance d’Amérique pénétreront librement sur le territoire européen. La Commission s’est également engagée à ce que le Vieux Continent acquière pour 700 milliards d’euros de produits énergétiques américains et à réunir 550 milliards d’euros d’investissements privés européens sur le territoire des États-Unis

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