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Monde agricole

  • Les responsables de la traite des êtres humains en Champagne en appel après leur condamnation, la LDH reste mobilisée

    Communiqué de la LDH du 19.01.2026

    En septembre 2023, l’inspection du travail a découvert une situation d’esclavage moderne sur un site d’hébergement de vendangeurs à Nesle-le-Repons (51).

    L’enquête de la gendarmerie a révélé que cinquante-sept travailleur-ses saisonnier-es étranger-es, majoritairement en situation irrégulière, subissaient des conditions de vie indignes : matelas à même le sol, douches insalubres avec peu d’eau chaude, sanitaires et espaces communs dans un état déplorable, installation électrique dangereuse, nourriture avariée…

    Nathalie Tehio, présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme), a dénoncé « une véritable exploitation dans le travail au sein des vignes champenoises : travail à un rythme excessivement intense, sous des menaces verbales et physiques, eau insuffisante malgré la canicule, longs horaires, absence de salaire pour la plupart, etc ».

    La LDH s’est constituée partie civile en mars 2024 et, par un jugement rendu le 21 juillet 2025, le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a reconnu coupables tous les prévenus, de l’ensemble des faits reprochés.

    Les prévenus ayant interjeté appel du jugement, l’audience, à laquelle la LDH participera de nouveau, se déroulera les 21 et 22 janvier 2026.

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  • Signature accord UE-Mercosur : le Parlement européen doit maintenant faire entendre une voix d'opposition

    Communiqué de la Confédération Paysanne le 17.01.2026

    Comme nous l'avions déjà dit, les pays du Mercosur* ont confirmé que toutes les "promesses et clauses de sauvegarde évoquées par la Commission européenne" ne valent rien juridiquement et à leurs yeux. Ce qui, de fait, rend caduc le trilogue mis en place sur le règlement "clause de sauvegarde".

    C'est aussi une façon de dire que l'accord est "ratifié", avant même le vote des eurodéputé·es sur ⁠ce règlement "clause de sauvegarde", qui n'est plus àl'ordre du jour de la session plénière qui débute lundi, et surtout avant même le vote du Parlement européen sur l'accord lui-même ! 

    Le Parlement européen va-t-il accepter de ne compter pour RIEN !? Mercredi, il doit voter sur des résolutions déposées par près de 150 eurodéputé·es de plusieurs partis pour que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) se prononce sur la compatibilité avec des traités de l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur*. Si ces motions sont adoptées, la CJUE sera saisie. Le temps de l'examen du dossier le Parlement européen ne pourra pas se prononcer. Ce qui doit normalement bloquer la ratification et l'application de l'accord. Plane encore l'hypothèse d'une application provisoire par la Commission européenne.

    Le déni démocratique peut donc encore s'intensifier. C'est pourquoi nous lançons lundi prochain une campagne d'interpellation de tous les eurodéputé·es sur les réseaux sociaux, en plus des échanges bilatéraux avec les eurodéputé·es menés en collaboration avec nos partenaires syndicaux européens membres d'ECVC* et, au niveau international, de la Via Campesina.

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  • Loi Duplomb 2 : le retour

    Article publié le 15.01.2026 par FNE

    L’été dernier, plus de 2 millions de personnes s’étaient mobilisées pour s’opposer à la Loi Duplomb. Alors que le débat promis pour faire suite à cette pétition a (encore) était repoussé d’un mois, Sébastien Lecornu a annoncé pour mars prochain une nouvelle loi agricole, ainsi que d’autres mesures visant à apaiser la colère des agriculteurs.  Des annonces inefficaces pour aider réellement les agriculteurs mais qui vont peser lourdement sur l’ensemble de la population, en termes de santé, d’accès à l’eau potable, d’environnement et de finances publiques.

    Eau

    Ce qui a été annoncé : une loi (sans précision), le déblocage d’un « maximum de projets » d’irrigation agricole et la suspension jusqu’en septembre des nouveaux arrêtés préfectoraux fixant les volumes d’eau prélevables pour l’irrigation. En outre, suivant la demande de la FNSEA, un travail sera lancé sur la représentativité du monde agricole dans les commissions locales de l’eau.

    Pourquoi c’est une mauvaise idée : la ressource en eau disponible va en se raréfiant : la contrainte n’est pas la réglementation qui protège ce bien commun, mais bien le changement climatique et nos usages déséquilibrés. Aujourd’hui, dans plus d’un tiers de la France hexagonale, l’eau disponible est inférieure aux besoins de la population, qu’il s’agisse d’une période de sécheresse ou non. Les mesures annoncées sont :

    -Injustes : en suspendant les arrêtés préfectoraux encadrant les prélèvements en eau, Sébastien Lecornu empêche toute mise à jour du partage de l’eau, y compris quand les déséquilibres sont déjà manifestes. Il ignore ainsi les recommandations des scientifiques et de son propre service de prospective soulignant le nécessaire encadrement de l’irrigation en matière de surface et de demande en eau.
     

    -Fallacieuses : le Premier ministre reprend le narratif des lobbys irrigants disant que les projets de stockages seraient systématiquement “bloqués”. Pourtant, entre juin 2022 et juin 2023, 56 nouvelles retenues ont pu être mises en service. En 2025, le fond hydraulique agricole (une enveloppe d’aide publique de 20 millions d’euros) a financé la création de 23 ouvrages de stockage de l’eau et l’agrandissement d’un ouvrage existant, ainsi que la rénovation et l’optimisation de réseaux d’irrigation. Les stockages ne sont pas contestés par principe. C’est leur localisation, leur destination, leur multiplication et surtout leur systématisation qui l’est.
     

    -Inadaptées : l’irrigation et le stockage d’eau, en particulier sur les grandes cultures de modèle intensif, se poursuivent sans qu’une trajectoire de sobriété, pourtant urgente, ne soit définie par les politiques publiques. Afin de s’adapter à la raréfaction de la ressource, il faut accompagner les agriculteur·ices vers un autre modèle agricole avec des productions moins consommatrices en eau et des cultures diversifiées, et soutenir les pratiques agroécologiques qui préservent les sols et utilisent l’eau de manière raisonné. L’agriculture ne s’adaptera pas en multipliant les stockages et l’irrigation. Au contraire, les agriculteur·ices se retrouvent enfermé·es dans une dépendance à l’eau toujours plus forte et coûteuse.
     

    -Malhonnêtes : Sébastien Lecornu reprend et consolide une fake-news du lobby irrigant : le monde agricole serait mal représenté dans les commissions locales de l’eau. Un rapport de Greenpeace pointe au contraire la sur-représentation (en effectif et en temps de parole) de l’agro-industrie dans les instances locales de l’eau. Des instances par ailleurs malmenées par la FNSEA et la Coordination rurale qui se permettent d’en bloquer physiquement les réunions lorsque les décisions leurs déplaisent. Soulignons enfin que les acteurs de l’agriculture biologique et paysanne (FNAB, Confédération Paysanne, CIVAM, …) sont souvent exclus ou oubliés des instances locales (Commissions Locales de l’Eau, PTGE, COPIL d’animation de captages …).

    Loup

    Ce qui a été annoncé : une loi (sans précision)

    Pourquoi c’est une mauvaise idée : l’annonce est très floue mais l’idée semble être de faciliter la possibilité d’abattre des loups, alors même que le gouvernement vient déjà d’augmenter le nombre de loups qui pourront être abattus. C’est une méthode :

    -Inefficace : il n’existe aucune étude démontrant qu’abattre des loups a une efficacité pour réduire les dégâts sur les troupeaux. Au contraire, les études existantes montrent que les foyers de prédation sont peu corrélés aux effectifs de loups et que les tirs de loup pourraient même aggraver la prédation du bétail (notamment parce que la désorganisation des meutes engendrée par les tirs entraîne une hausse des attaques l’année suivante). Trois décennies de présence du loup montrent que c’est la mise en œuvre effective des moyens de protection (surveillance, chiens de troupeau…) qui permet de prévenir le plus efficacement les dommages.

    -Destructrice : les études démontrent également que multiplier les tirs aggrave fortement le risque de décroissance de la population, menaçant la viabilité à long terme des loups en France.

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  • Moins de pesticides, plus d’oiseaux

    Communiqué du Museum National d'Histoire Naturelle, publié le 14.01.2026

    Une nouvelle étude menée par plusieurs scientifiques du Muséum met en lumière l’impact généralisé de la contamination de la biodiversité par les pesticides, se concentrant particulièrement sur les oiseaux vivant proche des terres cultivées en France. L’exposition à un large éventail de substances actives est largement associée à un plus faible nombre d’oiseaux chez la majorité des espèces communes, même lorsque d’autres composantes de l’intensification agricole sont prises en compte.

    Un manque de données et une biodiversité fragilisée

    Les pesticides, utilisés largement dans les cultures, provoquent un nombre croissant d’inquiétudes quant à leurs effets sur le reste du vivant. Faute de données précises sur leur utilisation, il reste très difficile de comprendre l’étendue de l’impact des pesticides sur la biodiversité. Les études de terrain, bien que plus proches de la réalité, restent limitées : elles manquent souvent de données détaillées sur l’utilisation de ces produits, portent sur un nombre restreint d’espèces ou se focalisent sur une poignée de molécules médiatisées, alors que de multiples substances contaminent l’environnement.

    Face à ces défis, la France présente un terrain d’étude unique : depuis la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, la déclaration obligatoire des ventes de pesticides offre un jeu de données inédit pour relier pratiques agricoles et biodiversité.

     

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  • La Confédération paysanne à nouveau partie civile contre des trafiquants de pesticides interdits

    Communiqué de la Confédération Paysanne du 12.01.2026

    Un nouveau procès sur les pesticides interdits se déroule devant le tribunal correctionnel de Marseille du 12 au 14 janvier. Un procès hors norme dans une salle dédiée, la Caserne du Muy, pour 3 jours d'audience. Les gérants de sept sociétés agricoles, ainsi que le fournisseur présumé des produits, sont poursuivis pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture ».

     

    Ce procès est le prolongement de l'affaire dite « des carottes de Créances », dans laquelle les juges avaient condamné des exploitants agricoles ayant fait massivement usage d'un pesticide interdit, le dichloropropène, ainsi que le fournisseur ayant illégalement acheminé le produit en France. La Cour de cassation avait mis fin à cette longue affaire par un arrêt rendu le 23 avril 2024, qui est venu confirmer les condamnations prononcées par la Cour d'appel de Caen.

    Dans ces deux affaires, il s'agit de la même filière d'approvisionnement de pesticides interdits provenant d'Espagne.

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  • Municipales 2026 : 4 questions écolos à (se) poser

    Communiqué de Greenpeace, le 19 décembre 2025

    Alors que les reculs sur le plan environnemental se multiplient aux niveaux national, européen et international, un autre défi se joue dans les 34 875 communes françaises à l’occasion des élections municipales de mars 2026 : celui de l’écologie locale, au quotidien. Les prochains conseils municipaux influeront non seulement sur nos paysages et notre cadre de vie, mais aussi sur l’eau que l’on boit, l’alimentation de nos enfants, nos factures énergétiques ou encore nos déplacements.

    Des choix déterminants pour les six années à venir, illustrés à travers quatre grandes questions à se poser et… à poser aux listes candidates aux élections municipales.

    1. À quoi ressembleront nos rues, nos quartiers, nos écoles dans six ans ?

    C’est l’une des premières responsabilités des maires : autoriser ou non les permis de construire, dans le cadre défini par le Plan local d’urbanisme (PLU). Celui-ci est déterminé au niveau des communes ou des groupements de communes (communautés de communes, d’agglomération ou métropoles).

    Les zones agricoles seront-elles préservées, étendues ou grignotées pour laisser la place à des hypermarchés ou des plateformes logistiques d’Amazon, Shein ou Temu (comme le souhaiterait Jordan Bardella) au détriment des producteurs et commerces locaux ? Les futurs conseils municipaux et communautaires favoriseront-ils l’extension des espaces verts et la végétalisation des espaces publics, des écoles et des infrastructures sous leur responsabilité ou au contraire l’étalement urbain et la bétonisation ?

    Ce sont aussi les futur·es élu·es locaux qui pourront décider de faciliter les déplacements des piétons (notamment avec des rues piétonnes et des trottoirs élargis), créer des pistes cyclables sécurisées, encourager le covoiturage, mettre en place des bornes de recharge électrique ou faciliter l’accès et améliorer la qualité des transports en commun en lien avec les autres collectivités locales… Des mesures qui peuvent considérablement améliorer notre cadre de vie ou au contraire maintenir notre dépendance à la voiture.

    2. On mangera quoi à la cantine ?

    Ce sont les municipalités qui ont la charge de fixer les menus des cantines scolaires des écoles primaires publiques, dans le respect d’un certain nombre de règles nutritionnelles nationales. De leurs choix dépendra ce que nos enfants mangeront quotidiennement au déjeuner : nuggets industriels ultra-transformés distribués par une multinationale de la restauration collective ou aliments locaux, sains et goûteux cuisinés sur place et/ou produits localement par une régie agricole municipale ou des paysans bio des environs ?

    Il en va non seulement de l’alimentation et de la santé de nos enfants mais aussi de celle de l’ensemble des habitant·es. En soutenant les producteurs locaux bio via les commandes municipales (pour les écoles ou les autres établissements sous leur responsabilités), les maires peuvent stimuler la production locale et bio et permettre à tout le monde d’avoir accès à des maraîchers de proximité et de se procurer des produits sains.

    Les maires disposent par ailleurs de leviers importants pour contribuer à la qualité de notre alimentation, favoriser les circuits courts et de proximité et garantir la souveraineté alimentaire locale. Ils et elles peuvent notamment contribuer à l’élaboration et la mise en oeuvre d’un « Projet alimentaire territorial » (qui peut être porté à l’échelle d’une petite commune comme à celle d’une région). Ils et elles ont aussi la possibilité d’affecter des terrains pour des jardins partagés, des potagers communaux ou des activités de maraîchage bio destinés à nourrir la population locale, plutôt qu’à des activités agro-industrielles tournées vers les exportations, des plateformes logistiques de vente en ligne ou des promoteurs immobiliers.

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  • L’Europe à contresens sur l’autoroute de l’histoire

    Extrait de l'article de Morvan Burel  pour le Monde Diplomatique 

    Aux États-Unis, M. Donald Trump accentue un virage protectionniste amorcé lors de son premier mandat et poursuivi par M. Joseph Biden. En Inde, M. Narendra Modi préfère encourir l’ire de Washington plutôt que d’ouvrir son marché aux produits agricoles américains. En Chine, la célébration officielle du libre-échange n’empêche pas Pékin de soutenir ses champions nationaux et de protéger ses industries stratégiques. « Le système commercial mondial tel que nous l’avons connu est mort », résume M. Michael Froman, représentant au commerce des États-Unis entre 2013 et 2017 . Partout ? Non ! Un village d’irréductibles bureaucrates persiste à infliger à ses populations la pénitence du libre-échange : l’Union européenne.

    Le camouflet commercial administré à Bruxelles par Washington aurait pu conduire les dirigeants européens à réévaluer leurs certitudes. Soucieuse d’écarter la menace américaine de taxer à 30 % les produits européens, la Commission a accepté, le 27 juillet dernier, un accord asymétrique extrêmement défavorable. Le texte prévoit que les exportations européennes acquitteront un droit de douane de 15 % à leur entrée aux États-Unis, cependant que les produits industriels et certains produits agricoles (huile de soja, semences de culture, céréales, fruits à coque, ketchup, biscuits, cacao) en provenance d’Amérique pénétreront librement sur le territoire européen. La Commission s’est également engagée à ce que le Vieux Continent acquière pour 700 milliards d’euros de produits énergétiques américains et à réunir 550 milliards d’euros d’investissements privés européens sur le territoire des États-Unis

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