Article de Julien de Saint Phalle, publié dans Resourcerie.fr le 13.04.2026
Alors que la Commission Mixte Paritaire (CMP) doit sceller le sort de la loi contre la fast-fashion, la coalition Stop Fast-Fashion publie une enquête de terrain inédite menée dans 33 ressourceries du réseau. Le verdict est sans appel : les acteurs de “l’ultra fast-fashion” pèsent seulement pour 5% des textiles non réemployables (rebuts) de la filière textile alors les acteurs de la fast-fashion de première génération sont responsables de près de la moitié des rebuts. L’obsession actuelle pour cibler uniquement les acteurs de « l’ultra fast-fashion » (Shein, Boohoo) est un écran de fumée. C’est toute la filière de la fast fashion (ultra fast-fashion incluse) qu’il faut réguler avec cette loi.
49% de rebut pour la 1ére génération contre 5% pour l’ultra fast-fashion
L’argument d’une baisse de la qualité des vêtements exclusivement imputable aux nouveaux arrivants asiatiques est trompeur. Les résultats de notre enquête, coordonnée par la Coalition Stop Fast-Fashion et le Réseau National des Ressourceries et Recycleries (RNRR), révèlent une réalité sans appel :
- 49% des textiles non réemployables proviennent de la fast-fashion de première génération” (Zara, H&M, Kiabi,Primark…).
- Seulement 5% de ces textiles non réemployables sont identifiés comme issus de l’ultra fast-fashion.
- Le volume de déchets de la fast-fashion de « première génération » est donc douze fois supérieur à celui de l’ultra fast-fashion dans les points de collecte.
“Si l’ultra fast-fashion implique une aggravation préoccupante des cycles de productions, elle s’inscrit dans une continuité incontestable de pratiques désastreuses (exploitation humaine, pollution, surproduction et incitation à la surconsommation) entamée il y a des décennies par les enseignes de la première génération.”
Marie Castagné, Réseau National des Ressourceries et Recycleries