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société

  • Au pays des assurances privées et des soins hors de prix, la bataille pour une Sécu à l’américaine

    Article de  Christophe Deroubaix, publié dans Basta! le 29.10.2026 (extraits)

    Un candidat de la gauche du parti démocrate aux élections de mi-mandat a fait de l’assurance-maladie universelle sa principale revendication, dans un pays où se soigner peut coûter des milliers de dollars et où les assurances privées sont reines. 

    Presque une arme par destination. 500 grammes en main. 368 pages d’un beau papier et sa couverture cartonnée. Titre : Medicare pour tous. Guide à l’intention des citoyens (Medicare for All. A Citizen’s Guide), paru en 2021. Son auteur : Abdul El-Sayed, candidat démocrate pour le siège de sénateur de l’État du Michigan, le dixième plus peuplé des États-Unis, avec dix millions d’habitants.

    Politiquement, l’homme a fait de ce projet d’un système de couverture santé universelle la ponctuation de son slogan de campagne, rythmé comme un flow de rap : « L’argent hors de la politique. L’argent dans votre poche. Une assurance-maladie pour tous » (« Money out of politics. Money in your pocket. Medicare for All »). 

    Le droit à la santé, c’est le fil rouge de la vie de ce fils d’immigrés égyptiens, titulaire d’un doctorat de médecine de l’Université Columbia de New York. Plutôt que de faire fructifier son diplôme, il est ensuite rentré à Detroit en 2015 pour prendre en charge le département de santé publique de la ville, au bord de la faillite. Il avait alors à peine 30 ans. Cette défense du bien public qu’est la santé, il l’emportera ensuite dans l’arène politique : elle ne lui est d’aucune utilité en 2018, où il échoue à la primaire démocrate pour le poste de gouverneur ; elle sera son sésame en 2026 pour la primaire la plus tendue de cette année au sein de la coalition démocrate.

    Le seul grand pays industrialisé sans couverture maladie universelle

    Le plus souvent, les médias interrogent Abdul El-Sayed sur son rapport à Hasan Piker, le controversé streameur-influenceur de gauche, ou sur ses positions concernant Gaza, où il dénonce un génocide et demande l’arrêt de l’aide militaire états-unienne à Israël. Mais quand on lui en laisse la possibilité, le jeune démocrate tente plutôt de développer ses arguments en faveur d’une assurance-maladie universelle, qu’une majorité d’habitants approuvent aujourd’hui aux États-Unis. « Medicare for All nous garantirait une couverture santé de la naissance à la mort, explique-t-il, par exemple, lors d’un meeting. On ne perdrait pas notre assurance en ayant 26 ans, en perdant son boulot ou en passant les 65 ans ou si on se marie ou si on divorce. On n’aurait pas 225 milliards de dettes médicales et il n’y aurait pas de faillites personnelles. Et, puisqu’on aurait un payeur unique, il négocierait les prix à la baisse. »

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  • Une femme au sommet, et l’ordre demeure

    Extraits de l’article d'Oumaima Jmad, publié par le CADTM le 27.10.2026

    Une femme à la tête du gouvernement. Les applaudissements fusent, l’indignation aussi. Jusque dans leurs désaccords, nombre de réactions se rejoignent : elles regardent son entrejambe avant de regarder sa politique. Nous pourrions consacrer un papier à son genre, puis passer à son programme. Mais son genre reviendra à chaque discours, à chaque décision, à chaque faux pas. Une femme au pouvoir reste une femme à qui nous rappelons qu’elle est une femme.

    Faut-il, pour combattre cette obsession sexiste, applaudir sa nomination sans réserve ? La question féministe mérite mieux que cette alternative. Elle exige de regarder ce qui change au sommet et ce qui demeure dans l’ordre du pouvoir.

    (...)

     Dénoncer le sexisme, maintenir la critique

    Même celles qui accèdent aux responsabilités restent exposées au rappel à l’ordre sexiste. Nous leur demandons d’adopter les codes d’un pouvoir longtemps façonné sans elles, puis nous leur reprochons de manquer de douceur ou de féminité. Qu’elles s’en écartent, et leur autorité devient suspecte. Le piège se referme dans les deux sens : trop « masculine » pour être une femme convenable, trop « féminine » pour gouverner sérieusement.

    Le vêtement, la coiffure, la voix, la manière de saluer deviennent alors des pièces à charge. Qui garde en mémoire la couleur de la djellaba des précédents chefs du gouvernement lors de leur nomination, leur coiffure ou leur façon de faire la bise ? Leur apparence a pu être commentée ; elle n’a pas servi avec la même insistance à juger l’aptitude des hommes à gouverner. Pour une femme, le détail devient vite un verdict. Aux hommes, la présomption d’être à leur place ; aux femmes, l’obligation de surveiller jusqu’à leur manière de l’occuper. Dans les affaires publiques, aux hommes, l’être ; aux femmes, le paraître ; aux personnes non binaires, malheureusement, l’injonction à disparaître.

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  • Il est urgent que l’Assemblée nationale vote la loi transpartisane visant à interdire le commerce avec les colonies israéliennes

    Le CCFD-Terre Solidaire, l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Oxfam France et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine appellent les député-es à se saisir de l’opportunité de mettre la France en conformité avec ses obligations en droit international et de ne plus se montrer complice de la colonisation et de la violation des droits humains en Cisjordanie et dans le Golan syrien. .

    Mardi 27 octobre, le Parti socialiste a annoncé qu’il soumettra au vote à l’Assemblée nationale le 19 novembre, durant sa niche parlementaire, la proposition de loi n°3088 portant sur les relations économiques entre la France et les colonies israéliennes [1].  

    Cette proposition de loi transpartisane, co-signée par 108 député-es issus de 8 groupes parlementaires, vise à mettre un terme à l’ensemble du commerce avec les colonies israéliennes illégales (biens, services, investissements et publicité). Si elle était adoptée, elle permettrait à la France d’enfin se conformer à ses obligations en droit international. 

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  • "Une chose vraie" le jeudi 05 novembre aux Tourelles

    À partir de la vie de la comédienne Ysanis Padonou, Romain Gneouchev propose une vertigineuse autofiction sur la question des maladies neuro-dégénératives.

    Seule sur scène, la comédienne fait le récit d'une mise à nu et nous convie à la suivre dans un labyrinthe de réalités déformantes ou comment se construit une jeune actrice touchée par la maladie d'Alzheimer ?


    Un spectacle intimiste où viennent s'enchevêtrer récit social et histoire familiale ; théâtre et quotidien sur les planches ; histoires de deuil et d'amitié.

     

    Durée : 1h20
    Dès 14 ans

    Avec Ysanis Padonou
    En partenariat avec l’Association Huntington France.

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  • Face à l’horreur raciste, un tournant politique s’impose !

    Communiqué LDH

    La LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) est profondément bouleversée par l’attentat raciste, islamophobe de ce 23 octobre 2026 à Trappes et à La Verrière. La haine raciste a tué un jeune homme, Pengo Bossio Wangi de 26 ans, parce que noir, et blessé gravement, cinq personnes au total dont une enfant de douze ans. La LDH présente ses plus sincères condoléances, s’associant à la douleur des familles et des victimes de cette fusillade qui révulse notre humanité partagée.

    Ce tragique événement ne peut être interprété comme un simple fait divers, œuvre d’un déséquilibre personnel de l’auteur. Selon les premiers éléments rapportés, l’homme interpellé aurait voulu « venger les commerçants » après les évènements du 17 octobre 2026 en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes ». Ces propos mettent en cause la responsabilité politique et morale des médias et des responsables politiques qui ont alimenté une lecture raciste de ces évènements en désignant des populations entières à la vindicte.

    Depuis des années, la LDH, avec de nombreuses autres voix de la société civile, alerte sur le racisme actuel dans lequel cet attentat vient d’être perpétré. Les propos racistes, xénophobes, islamophobes, toujours plus haineux et stigmatisants, se diffusent dans notre société, portés par une part croissante des acteurs politiques et relayés par de puissants médias. Ils instillent la violence des exclusions identitaires et nourrissent des passages à l’acte meurtriers.

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  • Quelle gestion des déchets nucléaires en Belgique ?

    Article paru dans Sortir du nucléaire n°110, Été 2026. Mis en ligne le 16 octobre 2026  (extraits)

    La question des déchets nucléaires est brûlante aujourd’hui en Belgique (même si on en parle trop peu). D’une part, le gouvernement a pris la décision d’enfouir en profondeur les déchets les plus dangereux et doit en choisir l’emplacement. D’autre part, il a la volonté de replacer le nucléaire au centre de sa politique énergétique, de prolonger la durée de vie des réacteurs existants et d’en relancer certains qui avaient été arrêtés. Cela remet à l’ordre du jour les négociations avec Engie, le gestionnaire français des centrales belges, pour organiser la gestion des centrales, de leurs déchets et leur problématique démantèlement.

    (...)

    Aujourd’hui, on stocke provisoirement à sec et en piscine aux abords des deux centrales belges : Doel près d’Anvers, et Tihange près de Liège. Ça déborde un peu, et les bâtiments ont été agrandis récemment.

    La Belgique doit aussi gérer les déchets issus de l’industrie minière du radium, provenant de l’exploitation des mines de son ex-colonie la République Démocratique du Congo. L’ONDRAF (Organisme National des Déchets Radioactifs et des matières Fissiles enrichies, équivalent de l’ANDRA) a proposé d’enterrer les 30 000 m³ à 10 mètres pour 1600 ans (sic). Cependant, il n’y a toujours pas de décision officielle du gouvernement. Notons également que tous les déchets liés à l’extraction sont bien entendu restés sur place et polluent les sols congolais.

    Concernant les autres déchets radioactifs (ceux des réacteurs et de l’industrie), l’État belge a décidé de construire un site de stockage pour "les moins dangereux" (appelés catégorie A) à Dessel, géré par Belgoprocess, une filiale de l’ONDRAF. Une fois construit et rempli, il faudra trouver un moyen de surveiller le site tout en le maintenant fermé pendant 300 ans. Les chiffres avant la relance du nucléaire parlaient déjà d’un volume total d’"environ 158 156 m³" de déchets.

     

     

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  • Coordination rurale : le président condamné, une nouvelle action en justice lancée

    Communiqué de FNE du 15.10.2026

    Le délibéré rendu par le tribunal judiciaire d’Auch ce 15 octobre à 13h30 est clair : Bertrand Venteau, qui préside depuis un an le syndicat de la Coordination rurale au niveau national, a été jugé coupable du délit de provocation à commettre des violences sur les “écolos”. La liberté d’expression syndicale ne peut être invoquée lorsqu’il s’agit d’appeler à s’en prendre physiquement à des membres d’associations ou des élu·es favorables au vivant et à la transition écologique. Il est condamné à 15 000 euros d’amende.

    Par ailleurs, France Nature Environnement et Générations Futures saisissent ce jour le juge civil pour faire retirer plusieurs communications de la Coordination rurale qui appellent à créer des retenues d’eau en toute illégalité et ne pas respecter les arrêtés sécheresse visant une priorisation des usages en cas de manque d’eau important.

    Le juge gersois retient la culpabilité du militant syndical qui assumait ses propos malgré les violences qui ont suivi

    À l’audience le 3 septembre dernier, Bertrand Venteau assumait totalement ses propos, alors que les juges lui rappelaient que faire la peau signifiait « dépecer » et que cela « n’était pas digne du combat syndical ». France Nature Environnement avait rappelé les nombreux faits de violences survenus dans les locaux de plusieurs associations membres (Nature environnement 17, Indre nature, FNE Limousin) dans les jours qui avaient suivi ses déclarations du 19 novembre 2025. Générations Futures, par sa directrice avait témoigné de la violence des soutiens du prévenu devant le tribunal judiciaire d’Auch, proférant des menaces et lançant sur une quinzaine de personnes des œufs pourris, cailloux, pétards…

    «La coordination rurale n’est plus au-dessus des lois,  les juges ont retenu sa culpabilité et ont publié un communiqué pour souligner l’importance de la décision rendue.» souligne Anne Roques, juriste qui représentait FNE à l’audience.

    12 plaintes ont été déposées par les victimes personnes physiques, élu·es, par deux syndicats et deux associations que sont FNE et Générations Futures, pour les violences commises en marge de l’audience du 3 septembre sur les parties civiles, en raison de leur plainte ou dénonciation, par plusieurs personnes avec usage d’une arme et préméditation (article 222-13 du code pénal) ; participation à un groupement formé en vue de commettre des violences (article 222-14-2 du code pénal).

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