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société

  • France : magistrats, préjugés coupables

    Article publié par Amnesty International le 28.08.2026

    Menaces de mort, campagnes de haine, labyrinthe administratif, précarisation économique : partout en France, les avocats qui défendent les étrangers racontent la même usure. Une pression multiforme érode jour après jour l’accès au droit des personnes migrantes.

    « Juges rouges », « tyrannie judiciaire », tribunaux « idéologisés »… Les magistrats français sont, à l’instar des avocats, de plus en plus souvent la cible d’attaques venues de la sphère politique.

    Les verdicts rendus contre Marine Le Pen, dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, et contre Nicolas Sarkozy, dans celle du financement libyen de sa campagne de 2007, ont été emblématiques. Condamnée en mars 2025 à une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire [NDRL : le jugement doit être appliqué immédiatement, même en cas d’appel], puis déboutée en appel le 7 juillet 2026, Marine Le Pen a accusé les magistrats d’avoir « violé l’État de droit » en rendant une « décision politique » visant à « l’empêcher d’être élue présidente de la République ». Nicolas Sarkozy, condamné à cinq ans de prison ferme, a, quant à lui, accusé ses juges d’être animés par la « haine », tandis que son entourage dénonçait un « jugement politique ».

    Dans les deux cas, les magistrats impliqués ont fait l’objet de menaces de mort.

    Un homme a notamment écopé de huit mois de prison avec sursis pour avoir publié sur les réseaux sociaux une image de guillotine assortie du commentaire : « Ce que mérite cette salope. » Bénédicte de Perthuis, ayant jugé Marine Le Pen, a été placée sous protection policière. Un déferlement de haine similaire a accompagné la condamnation de Nicolas Sarkozy, conduisant à l’ouverture de deux enquêtes pour des « messages menaçants » visant les magistrats du dossier.

    Cette hostilité envers les juges [NDRL : selon le ministère de la Justice, 182 attaques contre des magistrats ont été traitées en 2025 contre 26 en 2021] ne se cantonne pas aux affaires politico-financières. Le meurtre de Lyhanna, une fillette de 12 ans violée, puis assassinée dans le Gers en juin 2026, l’a rappelé avec force. Si les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire ont légitimement suscité l’émoi – le suspect n’ayant jamais été interpellé malgré plusieurs signalements antérieurs –, ils ont aussi servi de prétexte à des attaques contre les magistrats en provenance de la droite et de l’extrême droite.

    L’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a ainsi dénoncé le « corporatisme » du Conseil supérieur de la magistrature, qu’il a appelé à abolir. Éric Zemmour s’est indigné que « l’idéologie des droits de l’homme » conduise les magistrats au « laxisme » et à « privilégier souvent les criminels au détriment des innocents ». Certains médias, comme CNews et Europe 1, ont une nouvelle fois soufflé sur les braises, accusant en plateau les juges d’être « en roue libre » et « au-dessus des lois ».

    Dernier épisode en date : le verdict de « l’affaire Frontières », rendu le 18 juin. Dans les heures qui ont suivi la décision, l’un des trois magistrats, Youssef Badr, a été la cible d’une vague de haine à caractère raciste et de plusieurs menaces de mort. Sur les réseaux sociaux, Erik Tegnèr l’a accusé d’être un « juge rouge » et un « militant pro-diversité ». En cause : l’engagement du magistrat, qui a créé une association d’aide aux étudiants défavorisés, originaires de banlieues ou de zones rurales, pour qu’ils puissent accéder à la magistrature. Ces accusations ont été relayées par Elon Musk, propriétaire de X, auprès de 240 millions d’abonnés. Face à cette campagne de harcèlement, Youssef Badr a déposé plainte et a dû annuler une rencontre avec des étudiants à Reims par mesure de sécurité.

    Perte en légitimité des juges

    « Comme tout citoyen, un juge a des opinions et le droit de s’engager. Il n’est pas un robot, il participe à la société », rappelle Jean-Pierre Rosenczveig, ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny. La liberté politique des juges ne les empêche pas, selon lui, d’exercer leur fonction avec impartialité : « Un magistrat peut avoir des convictions personnelles sur de nombreux sujets. Ce qui compte, c’est qu’au moment de juger, il applique la loi et ne reçoive d’instructions de personne. »

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  • Crues meurtrières au Népal : comment le dérèglement climatique fragilise le toit du monde

    Article de Côme Bastin, publié dans Reporterre le 27.08.2026

    Une immense coulée d’eau, de boue et de pierres dans le nord du Népal, à la frontière avec le Tibet, a fait au moins 389 morts. La faute, notamment, à l’« effondrement d’une partie des glaciers himalayens », décrit un expert.

    Les images sont cataclysmiques. En quelques secondes et sans avertissement, une immense avalanche de poussière et de boue a envahi une vallée de pins où coulait, l’instant d’avant, une paisible rivière. Se nourrissant des routes, ponts et maisons, la crue noire a ensuite dévalé vers la vallée et le village suivants. Le bilan de cette coulée de boue survenue le 26 août à la frontière du Népal et du Tibet est d’au moins 389 morts. Seuls ceux et celles qui ont eu la chance de gagner les hauteurs de cette région himalayenne proche des plus hauts sommets du monde pouvaient espérer y échapper.

    « J’étais dans ma chambre lorsque j’ai vu tout le monde courir et crier que la crue arrivait », raconte Rojan Dhami, joint par Reporterre. Cet homme de 38 ans habite dans le village de Devighat, dans la vallée de Nuwakot. « Moi, ma mère, ma tante et sa fille sommes allés chercher et aider mon grand-père à s’enfuir. Nous avions à peine commencé à monter que l’eau était arrivée à toute vitesse. Nous avons à peine eu le temps de gagner le toit d’une maison du voisinage qui avait résisté. » Il a depuis été secouru par l’armée népalaise mais reste sans nouvelles de certains de ses proches.

    Comme lui, de nombreux habitants des vallées de Rasuwa et Nuwakot, logés entre Katmandou et la frontière du Tibet en Chine, racontent une crue incroyablement rapide. Car si les coulées de boue sont souvent causées par l’accumulation des pluies dans l’Himalaya, cette catastrophe n’a pas directement été déclenchée par la mousson. Sans que l’on ne connaisse précisément l’étincelle initiale, les images satellites montrent le rôle d’un glacier situé à la frontière sino-népalaise.

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  • Face à l’inaction des politiques, mobilisons-nous !

    Communiqué commun

    42°C à l’ombre, au moins 7300 morts supplémentaires liées à la canicule, 42 000 hectares brûlés en Gironde… Nous ne pouvons plus vivre un été comme celui que nous venons de passer, sans réponse face à la situation.

    Canicules, incendies, sécheresses… Ces dernières semaines nous ont dramatiquement rappelé que les conséquences du changement climatique nous frappent déjà au quotidien. Nous sommes très nombreuses et nombreux – particulièrement les personnes les plus vulnérables – à être impacté-es alors que nombre de nos responsables politiques se rendent coupables d’inaction climatique.

    C’est pourquoi, nous avons décidé d’agir. Face à l’urgence, un collectif inédit de près d’une trentaine d’organisations s’est créé : syndicats de pompiers, d’infirmières et d’infirmiers, de travailleuses et travailleurs, associations de protection de l’environnement, d’aide aux personnes vulnérables, de droits humains, de protections des animaux… Nous lançons, ensemble, un appel à se rassembler pour exiger des moyens pour lutter contre les changements climatiques et les atteintes aux droits qu’ils provoquent.

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  • ESOD : la LPO engage un nouveau recours devant le Conseil d’État

    La LPO prépare un nouveau recours devant le Conseil d’État contre l’arrêté qui vient de renouveler pour trois ans la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD). Malgré une mobilisation citoyenne sans précédent et des études scientifiques mettant en évidence l’inefficacité de ce dispositif, l’État maintient un régime permettant la destruction de nombreuses espèces sauvages et revient sur ses engagements en faveur de la biodiversité, notamment avec le reclassement parmi les ESOD de la Martre des pins.

    L’arrêté ministériel du 10 août 2026, publié au Journal officiel du 21 août, renouvelle jusqu’en 2029 le classement ESOD de neuf espèces sauvages, 4 mammifères et 5 oiseaux : la Martre, la Belette, la Fouine, le Renard, la Pie bavarde, le Geai des chênes, la Corneille noire, le Corbeau freux et l’Étourneau sansonnet.

    Selon les départements, ces animaux pourront être piégés ou abattus en dehors des périodes ordinaires de chasse, parfois toute l’année et sans quota.

    Cette décision intervient malgré les 75 000 contributions du public déposées lors de la consultation publique organisée du 9 au 30 juillet 2026. Ces avis étaient pourtant défavorables à 89 %. Au travers de sa campagne « Condamnés sans preuve », la LPO avait appelé les citoyens à dénoncer cette politique qui conduit chaque année à la mise à mort d’environ 1,7 million d’animaux sauvages alors que son inefficacité est démontrée.

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  • « Les fumées nous tuent à petit feu » : la colère des pompiers monte

    Article d'Elina Barbereau , publié dans Politis le 25.08.2026

    Quatre morts. Des centaines de pompiers blessés ou intoxiqués. Pas de cagoules véritablement protectrices, pas de détecteurs de monoxyde de carbone, des camions inadaptés. Les pompiers payent au prix fort l’absence de moyens et de logistique sur les feux de forêt.

    Un jeune sapeur-pompier a perdu la vie à la suite d’un éboulement alors qu’il luttait contre un feu en Savoie, le 8 juillet. Deux sapeurs-pompiers sont morts piégés par les flammes à Mérignac le 21 juillet. Un quatrième est décédé dans les Bouches-du-Rhône alors qu’il conduisait un camion-citerne le 27 juillet. Derrière ce bilan tragique, un enjeu demeure invisible : celui de la santé des sapeurs-pompiers, minée par des années de retard en matière de prévention et de moyens.

    Selon le ministère de l’Intérieur, sur le seul incendie de Saumos, en Gironde, 50 pompiers ont été évacués. 19 ont été hospitalisés du fait d’une intoxication au monoxyde de carbone. 6 d’entre eux, gravement atteints, ont dû subir un passage en caisson hyperbare. Sur ce feu, on a aussi compté 16 hospitalisations pour des traumatismes et 5 pour brûlures. Mais ce bilan chiffré, incomplet, masque un autre bilan.

    « Les fumées nous tuent à petit feu », explique Laurent Guilloteau, responsable syndical à la CGT des SDIS. Les effets néfastes apparaissent avec le temps. Les fumées produites par les végétaux sont chargées de substances hautement cancérogènes comme le benzène ou le cyanure.

    Laurent Guilloteau dénonce l’absence d’équipements véritablement protecteurs et pointe la durée d’exposition : les pompiers enchaînent des gardes de 24, 48, voire 72 heures sans « bulle de frais » pour récupérer. La privation de sommeil, un effort physique intense, combinés à une déshydratation fréquente, accélère l’absorption des substances, dans les phases de combustion comme de déblaiement.

    Le système D comme politique publique

    « Difficile de récupérer quand on est entassés dans des salles municipales », s’indigne Sébastien Bouvier. L’envoi de colonnes de renfort contre les feux de forêt a révélé une impréparation dans de nombreux départements, contraints de s’en remettre à la générosité locale.

    Jérôme en est revenu « choqué ». Il raconte avoir été logé avec son équipe dans une colonie de vacances désaffectée, sans eau chaude – coupée en raison d’un risque de légionellose. Côté repas, « on a reçu une palette de coquillettes, ça a fait nos repas pendant une semaine ». Les militaires venus en renfort, habitués à des bases autonomes et des tentes climatisées, n’ont pas caché leur stupéfaction face à cette organisation de fortune.

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  • Assez des coups de com', la grande distribution doit cesser de se gaver sur le dos des paysan.nes !

    Communiqué de la Confédération Paysanne du 20.08.2026

    Allègement des cahiers des charges, pour permettre la vente de produits habituellement déclassés en raison de leur aspect ou de leur calibre, raccourcissement des délais de paiement, ou encore intégration des surcoûts liés à l'alimentation du bétail. Si l'intention des acteurs de la grande distribution semble louable, et a d'ailleurs été plébiscitée par beaucoup, la Confédération paysanne souhaite rappeler que les mesures proposées corrigent à peine des comportements commerciaux systématiques et installés dans le temps, qui prédatent la valeur du travail des paysan·nes.

     

    Il y a moins de trois mois, à l'issue d'une commission d'enquête ayant réalisé 189 auditions, un rapport sénatorial pointait que « la course aux prix bas conduite par quelques enseignes, qui bénéficient d'un rapport de force à leur avantage, empêche toute répartition équitable de la valeur » (voir notre communiqué du 5 juin). Dans ce rapport sont notamment mis en évidence la brutalité dans les relations commerciales, la surmarge sur les produits sains et de première nécessité, en particulier les produits bio, ainsi que le contournement de la loi Egalim, notamment via les plateformes européennes. Par ailleurs, le 2 juin, un rapport publié par Inside Track confirmait les conclusions de cette commission d'enquête. Pas moins de 15 cadres des grandes enseignes y affirment : « La course aux prix bas empêche la transition écologique et sociale et génère des coûts cachés. »

     

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  • Dernier été aux commandes

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