Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

société

  • « Les fumées nous tuent à petit feu » : la colère des pompiers monte

    Article d'Elina Barbereau , publié dans Politis le 25.08.2026

    Quatre morts. Des centaines de pompiers blessés ou intoxiqués. Pas de cagoules véritablement protectrices, pas de détecteurs de monoxyde de carbone, des camions inadaptés. Les pompiers payent au prix fort l’absence de moyens et de logistique sur les feux de forêt.

    Un jeune sapeur-pompier a perdu la vie à la suite d’un éboulement alors qu’il luttait contre un feu en Savoie, le 8 juillet. Deux sapeurs-pompiers sont morts piégés par les flammes à Mérignac le 21 juillet. Un quatrième est décédé dans les Bouches-du-Rhône alors qu’il conduisait un camion-citerne le 27 juillet. Derrière ce bilan tragique, un enjeu demeure invisible : celui de la santé des sapeurs-pompiers, minée par des années de retard en matière de prévention et de moyens.

    Selon le ministère de l’Intérieur, sur le seul incendie de Saumos, en Gironde, 50 pompiers ont été évacués. 19 ont été hospitalisés du fait d’une intoxication au monoxyde de carbone. 6 d’entre eux, gravement atteints, ont dû subir un passage en caisson hyperbare. Sur ce feu, on a aussi compté 16 hospitalisations pour des traumatismes et 5 pour brûlures. Mais ce bilan chiffré, incomplet, masque un autre bilan.

    « Les fumées nous tuent à petit feu », explique Laurent Guilloteau, responsable syndical à la CGT des SDIS. Les effets néfastes apparaissent avec le temps. Les fumées produites par les végétaux sont chargées de substances hautement cancérogènes comme le benzène ou le cyanure.

    Laurent Guilloteau dénonce l’absence d’équipements véritablement protecteurs et pointe la durée d’exposition : les pompiers enchaînent des gardes de 24, 48, voire 72 heures sans « bulle de frais » pour récupérer. La privation de sommeil, un effort physique intense, combinés à une déshydratation fréquente, accélère l’absorption des substances, dans les phases de combustion comme de déblaiement.

    Le système D comme politique publique

    « Difficile de récupérer quand on est entassés dans des salles municipales », s’indigne Sébastien Bouvier. L’envoi de colonnes de renfort contre les feux de forêt a révélé une impréparation dans de nombreux départements, contraints de s’en remettre à la générosité locale.

    Jérôme en est revenu « choqué ». Il raconte avoir été logé avec son équipe dans une colonie de vacances désaffectée, sans eau chaude – coupée en raison d’un risque de légionellose. Côté repas, « on a reçu une palette de coquillettes, ça a fait nos repas pendant une semaine ». Les militaires venus en renfort, habitués à des bases autonomes et des tentes climatisées, n’ont pas caché leur stupéfaction face à cette organisation de fortune.

    Lire la suite

  • Assez des coups de com', la grande distribution doit cesser de se gaver sur le dos des paysan.nes !

    Communiqué de la Confédération Paysanne du 20.08.2026

    Allègement des cahiers des charges, pour permettre la vente de produits habituellement déclassés en raison de leur aspect ou de leur calibre, raccourcissement des délais de paiement, ou encore intégration des surcoûts liés à l'alimentation du bétail. Si l'intention des acteurs de la grande distribution semble louable, et a d'ailleurs été plébiscitée par beaucoup, la Confédération paysanne souhaite rappeler que les mesures proposées corrigent à peine des comportements commerciaux systématiques et installés dans le temps, qui prédatent la valeur du travail des paysan·nes.

     

    Il y a moins de trois mois, à l'issue d'une commission d'enquête ayant réalisé 189 auditions, un rapport sénatorial pointait que « la course aux prix bas conduite par quelques enseignes, qui bénéficient d'un rapport de force à leur avantage, empêche toute répartition équitable de la valeur » (voir notre communiqué du 5 juin). Dans ce rapport sont notamment mis en évidence la brutalité dans les relations commerciales, la surmarge sur les produits sains et de première nécessité, en particulier les produits bio, ainsi que le contournement de la loi Egalim, notamment via les plateformes européennes. Par ailleurs, le 2 juin, un rapport publié par Inside Track confirmait les conclusions de cette commission d'enquête. Pas moins de 15 cadres des grandes enseignes y affirment : « La course aux prix bas empêche la transition écologique et sociale et génère des coûts cachés. »

     

    Lire la suite

  • Dernier été aux commandes

    une-1778.jpeg

  • 57 jours de grève au Samu social de Paris : ce qu’ont gagné les salariés

    Article de Guillaume Bernard , publié par Basta! le 21.08.2026

    Après 57 jours de grève, les travailleurs du Samu social de Paris ont signé un protocole de sortie de grève le 18 août 2026. La structure compte environ 900 salariés, qui accompagnent les personnes sans-abri en Île-de-France et gère notamment le numéro dédié au appels sociaux d’urgence, le « 115 ».

    « Lorsque les agentes s’organisent et construisent le rapport de force, des victoires sont possibles », écrit le syndicat CGT du Samu social de Paris, majoritaire et fortement impliqué dans le conflit, dans un communiqué de presse du 19 août.

    Car la bataille a été rude, en plein été caniculaire. La lutte des salariés du Samu social s’est doublée d’une occupation de parvis du siège social de la structure, dans le 13e arrondissement de la capitale, par des familles sans logement. Au plus fort du mouvement, 450 personnes y ont participé, dont 200 enfants, avant leur évacuation par la police, le 13 août, par 38 degrés.

    Pour 250 d’entre elles, dont 70 enfants, l’occupation continue désormais devant la mairie du 3e arrondissement de Paris. « Et il en arrive de plus en plus, dit Florence*, ex-gréviste du Samu social de Paris, qui continue à se rendre sur le nouveau lieu d’occupation. Ce sont des familles auxquelles on parle tous les jours, il va de soi que l’on continue à les soutenir, depuis le début leur lutte est liée à la nôtre. »

    La grève reconductible déclenchée le 23 juin est principalement due à la superposition d’une situation d’urgence sociale croissante pour les personnes hébergées avec une dégradation des conditions de travail des salariés du Samu social. Selon les grévistes interrogés, quelques dizaines de salariés ont maintenu cette grève sur la durée. Des journée dites « de temps fort » ont en revanche permis de mobiliser davantage. Des chiffres globalement confirmés par la direction qui comptabilise « 10 grévistes en moyenne par jour, à l’exception de 5 journées de mobilisation importante où l’on a pu décompter entre 50 et 70 grévistes ».

    Ces derniers revendiquent des avancées significatives sur leurs conditions de travail et la limitation des risques psychosociaux auxquels ils sont exposés, notamment pour « les écoutantes » du 115, professions principalement à l’origine de la grève.

    Au 115, la souffrance en continu

    Ces salariées, dans leur grande majorité des femmes, sont chargées de répondre aux personnes appelant le numéro d’urgence. « On fait des journées de 8 heures 45 avec 45 minutes de pause le midi. Au total, on doit passer environ 7 heures 30 à répondre au téléphone à des personnes qui cherchent un logement, qui subissent des viols, des violences de la rue... et nous sommes celles qui doivent leur dire qu’il n’y a pas de places d’hébergement pour elles », détaille Louise*, une écoutante impliquée dans la grève.

    Une des revendications des grévistes était donc d’être mieux outillées face à ces appels durs psychologiquement. Pour faire face aux souffrances qui s’égrènent au téléphone, « quoi de mieux que de pouvoir parler à celles qui nous comprennent, c’est-à-dire nos collègues ? Sauf qu’avec les appels qui s’enchainent, on avait absolument pas le temps pour ça », souligne Florence.

    Lire la suite

  • Bure'lesques édition 2026 : gros succès et belle réussite !

    Article du site Burefestival, publié le 19.08.2026

    Un moment suspendu et unique au sein de 6 magnifiques chapiteaux, d’une tente du désert et de diverses tonnelles. Ambiance festive, échanges riches, convivialité, savoureux repas et bières fraiches, le festival a tenu toutes ses promesses.

    Tout était là pour repartir chargé.es d’énergie pour continuer la lutte contre Cigéo et son monde... et pour un futur désirable.
    Face aux grands projets destructeurs, la convergence des luttes est plus que jamais nécessaire. De nouveaux liens se sont noués ou renforcés : personnes en lutte contre le chantier titanesque de la LGV Lyon-Turin ou mobilisées contre le nucléaire et ses déchets (Suède, Finlande, Belgique, Suisse…). La dernière conférence du dimanche soir nous a donné de l’espoir en listant près de 200 victoires de terrain obtenues face à des projets d’artificialisation ou polluants.

    On repart la tête emplie d’images de spectacles engagés, de projections de films qui interpellent, de stands d’informations fournis, de concerts et de naturaliste un peu zinzin.

    Plus de 3500 festivalier.es cumulé.es sur les 3 jours, venu.es de loin comme de près, étaient au rendez-vous malgré la canicule.
    Grâce à nos recours juridiques contre deux arrêtés liberticides déposés en urgence, si la préfecture semble avoir été plus souple lors des contrôles routiers qu’à l’accoutumée, on peut tout de même déplorer 40 minutes de survol bruyant du site par un hélicoptère intrusif et la saisie du matériel de jardinage d’une festivalière.

    Bref, en attendant les prochains rendez-vous sur le territoire, 1000 mercis à toutes celles et ceux qui ont contribué à cette belle réussite : artistes, collectifs militants locaux, monteurs et monteuses de chapiteaux étoilés, techniciennes et techniciens, gestionnaires de l’accueil, des parkings et des toilettes sèches, cuisiniers et cuisinières, boulangers et boulangères, décorateurs,… et à tous les bénévoles présent.es pendant deux semaines !

    Lire la suite

  • La LPO demande le report de l'ouverture de la chasse aux oiseaux d'eau !

    La sécheresse extrême que notre pays connaît actuellement est l'une des plus intenses que nous ayons subies durant ces 100 dernières années. Selon l’Office Français de la Biodiversité (OFB), 43% des cours d’eau sont en assec ou en rupture d’écoulement. Il en va de même pour les zones humides. L'assèchement quasi total de ces milieux est observé dans tous les pays. Seules quelques petites zones sont encore en eau aujourd'hui. Ces zones d'eau douce accueillent l'ensemble des populations d'oiseaux d'eau actuellement présentes sur notre territoire ainsi que les premiers migrateurs : on y retrouve des espèces chassables, comme les canards et certains limicoles, mais également des espèces protégées en grand nombre, comme les cigognes, les hérons, les spatules blanches, etc… L'assèchement généralisé, y compris dans les réserves naturelles, est tel qu'aucun espace protégé n’a la capacité d'assurer aujourd'hui une solution de secours, d'accueil et de quiétude optimale, à la veille des premiers grands mouvements de migrateurs.

    Ainsi, en l'absence d'échappatoire pour les oiseaux, l’ouverture de la chasse le 21 août, entraînera des prélèvements très importants sur des oiseaux, très concentrés sur des surfaces réduites et qui ne pourront aller ailleurs pour assurer leurs besoins vitaux. Ces populations d'oiseaux sont déjà en situation très critique compte tenu du contexte climatique actuel, avec de grandes difficultés pour accéder à la nourriture, se reposer et s’hydrater dans de bonnes conditions : cela entraîne d'ores et déjà un affaiblissement des individus, les rendant vulnérables à différentes pathologies. Inutile d’en rajouter, sachant que si la météo et le climat ne sont pas contrôlables, ne pas ouvrir la chasse le 21 août, n’est qu’une affaire de volonté.

    Nous demandons donc que soit reportée a minima l'ouverture de la chasse anticipée, prévue le 21 août 2026 jusqu'à l'ouverture générale de la chasse, fixée au 20 septembre 2026.

    303a8854041f-chevalier-aboyeur-fabrice-cahez.webp

    Chevalier aboyeur — Crédits photo : Fabrice Cahez

     

  • Loi d’urgence agricole : le coup de grâce du Conseil constitutionnel

    Communiqué de la Confédération Paysanne du 14.08.2026

    La décision du Conseil constitutionnel sur la loi d'urgence agricole, rendue publique aujourd'hui, sonne comme un terrible affront à la situation de crise climatique qui frappe de plein fouet les paysan·nes. Le contenu de la décision sur les gravissimes volets eau et néonicotinoïdes est scandaleux.

     

    Sur le volet eau de la loi, les interprétations du Conseil constitutionnel sont totalement hors sol, à l'image des parlementaires qui les ont votés. Le Conseil constitutionnel jette à la poubelle les principes à valeur constitutionnelle de la Charte de l'environnement. Ses considérants sont lunaires s'agissant par exemple de la gestion équilibrée de l'eau. Le Conseil constitutionnel part du principe que la loi garantira un usage « partagé » de l'eau alors même qu'elle organise et accélère l'accaparement de l'eau par une minorité. 

    Le Conseil constitutionnel ignore donc la réalité de la priorisation des usages de l'eau, dont l'eau potable, et des conflits qui en découlent déjà, bien au-delà du monde agricole.

    Sur le volet néonicotinoïdes, le Conseil constitutionnel salue presque la prise en compte des réserves qui lui avait fait censurer la loi Duplomb ! Le Conseil formule une réserve quant au délai de deux mois, fixé dans la loi pour que l'Anses rende son avis sur une demande de dérogation "jugeant que l'absence de décision dans le délai de deux mois vaut refus de la dérogation". Pour autant, il ne censure pas l'article 6. La santé des paysan·nes et des citoyen·nes, le maintien de la qualité des sols et de l'eau ne valent donc rien.

    Cette décision tombe alors même que le monde agricole vit la pire crise qu'il n'a jamais connu au 21e siècle. Si cette crise est bien historique, elle n'est en rien inéluctable. Si la transition avait été financée depuis tout ce temps nous n'en serions pas là !

    arton28403-a53c5.jpg?1737370846