Après plus d’un an d’enquête et avoir recueilli 126 témoignages dans 36 départements, ATD Quart Monde, le Secours Catholique-Caritas France et AequitaZ publient un rapport documenté sur les effets de la loi dite « pour le plein emploi ». Entre stigmatisation, déshumanisation et sanctions, le rapport décrypte les effets délétères de la loi en matière de pauvreté, d’exclusion et de recul des droits. De l’autre côté du guichet, il raconte aussi la souffrance au travail et la crise de sens vécue par les professionnels.
LA PROMESSE DE L’ACCOMPAGNEMENT A BASCULÉ DANS LE CONTRÔLE SOCIAL
La loi dite « pour le plein emploi » prétendait apporter aux allocataires du RSA et aux demandeurs d’emploi l’accompagnement individuel nécessaire pour sécuriser les personnes et leur permettre de retrouver un emploi.
L’enquête révèle ce qu’elle produit en réalité : un suivi renforcé d’actions à assurer par la personne qui devient un véritable outil de contrôle social. L’enquête démontre que l’orientation vers des parcours d’accompagnement et les actions à mener par les allocataires sont automatisés et industrialisés, sans réel choix des personnes.
« J’ai découvert mon contrat d’engagement déjà signé numériquement par moi-même alors que je ne l’avais jamais lu », indique un allocataire.
Des heures d’activités sont imposées de manière obligatoire sous peine de suspension de l’allocation, niant parfois les contraintes de personnes cumulant les insécurités, comme les mères seules, les habitants de zones reculées, les proches aidants, les personnes très isolées ou avec des difficultés de santé.
Sommées sans cesse de se justifier, les personnes se sentent humiliées et regardées comme suspectes, et non comme des citoyennes titulaires de droits. Cette situation aggrave les peurs et souffrances vécues, dégrade l’état de santé et les conditions de vie.