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société

  • Le gouvernement mise sur la fée électricité dans un aveuglement total

    Extraits de l'article de Laure Noualhat publié sans Reporterre le 11.04.2026

    1 litre d’essence à plus de 2 euros, une guerre en toile de fond… La réponse du gouvernement tient en un mot : é-lec-tri-fier ! Fin des chaudières à gaz, plus de voitures électriques... Comme si changer de prise suffisait à éviter la décharge.

    Vendredi 10 avril, Sébastien Lecornu présentait les mesures de son plan d’électrification. Annoncées en catimini à 18 heures, elles n’ont pas électrisé grand monde. Sans grand mystère, tout converge vers la fée électricité. Le bâtiment, les transports, l’industrie. Une stratégie transversale, pilotée depuis le sommet de l’État, où chaque secteur est sommé de « brancher » ses usages. Du pur « Plug, baby, plug ! » dans le texte.

    Pour cela, l’État sort les milliards. De 5,5 milliards d’euros par an aujourd’hui, l’effort financier pour électrifier nos usages doit doubler pour 10 milliards d’euros en 2030. Dans le logement, la promesse de bascule est nette : fin des chaudières à gaz dans le neuf dès la fin de l’année (!), déploiement accéléré des pompes à chaleur, avec l’objectif d’en installer jusqu’à 200 000 de plus par an d’ici à 2030 — soit seulement +20 % par rapport à 2025, puisqu’il s’en est vendu 1 million tous secteurs confondus.

    Le Premier ministre a également mentionné la sortie du gaz pour 2 millions de logements sociaux d’ici à 2050. Et 100 premiers territoires qui seront accompagnés pour emprunter une trajectoire « zéro gaz » d’ici à 2030. « Au total, 85 térawattheures de gaz devraient être remplacés par de l’énergie produite en France à l’horizon 2030, soit l’équivalent de 20 % des importations françaises de gaz. »

    Dans les transports, l’ambition affichée est tout aussi claire : 2 voitures neuves sur 3 feront leur plein en kilowattheures dans quatre ans. Pour cela, le gouvernement renforce le leasing social (paiement en mensualités pour acquérir un véhicule électrique), avec des aides ciblées pour les utilitaires et poids lourds. L’ensemble vise à réduire notre dépendance aux fossiles, mais surtout à injecter du jus français dans les veines du quotidien — sur ce point, la dernière publicité d’EDF joue sur la fibre de l’électron bien français.

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  • C’est quoi la malnutrition ?

    Article publié par >ATD quart monde le 10.04.2026

    La France aux milles fromages, la France dont le repas gastronomique et l’art du bien-manger sont inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité, la France … frappée par la malnutrition. Un comble ! Mais c’est quoi la malnutrition ? Explications.

    La malnutrition c’est ne pas manger à sa faim
    « _ Ma mère quand on était petits, combien de fois elle est allée au lit la faim au ventre. Mais nous, on n’a jamais été au lit la faim au ventre.
    _ Moi c’est pareil. C’est toujours les enfants d’abord. Je leur donne à manger et dans ma tête c’est : ‘Pourvu qu’il y en ait un qui ne veut pas tout, au moins je mangerai !’ Mais il y a le deuxième qui dit : ‘Je peux lui prendre, elle n’en veut plus ?’ ‘Ben vas-y !’ Bon ben, on boit un verre d’eau, un verre de café »
    rapportaient en novembre 2012, des militants d’ATD Quart Monde au Réseau santé Wresinski.
    En 1985, à leur création, les Restos du Coeur distribuaient 8,5 millions de repas, désormais ce sont plus de 160 millions. Même son de cloche, du côté des Banques alimentaires, le public s’agrandit de nouvelles têtes. En 2024, 22 % des personnes qui ont eu recours à l’aide alimentaire étaient en emploi, 20 % étaient à la retraite, 26 % habitent à la campagne. Et encore, toutes les personnes qui pourraient prétendre à cette aide ne la sollicitent pas. D’après une étude du Crédoc, aujourd’hui 16 % de la population française déclare ne pas avoir assez à manger. La faute aux revenus (salaires comme les minimas sociaux) qui stagnent. À son instauration, le RMI était fixé à 49 % du salaire minimum, aujourd’hui le RSA c’est 39 %. La faute surtout aux dépenses contraintes qui augmentent : le loyer, le tickets de bus, l’essence, la facture de gaz, d’électricité, tout coûte plus cher. Alors mécaniquement, on rogne sur le budget des courses, on saute des repas, on rétrécit les portions.

    La malnutrition c’est ne pas avoir accès à une alimentation saine et durable
    Manger cinq fruits et légumes par jour, manger bio et équilibré, c’est un devoir pour notre santé et notre planète, nous rabâchent les campagnes du Ministère de la Santé. Pas faux, mais c’est vite oublié que les 8 millions de personnes en France en insécurité alimentaire, selon les chiffres de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), n’ont pas le choix. Dans les associations d’aide alimentaire, on prend ce qui vient des dons des particuliers ou des entreprises. Dans les super et hypermarchés, faute de moyens, on se rabat sur les pâtes ou viennoiseries*, plutôt que sur les fruits et légumes. Penser que bien manger est une question d’éducation et de volonté, c’est aussi oublier les stratégies affûtées du marketing et de la publicité. Les dépenses annuelles de publicité et communication du secteur agroalimentaire (5,5 milliards d’euros, soit 1000 fois le budget de communication du programme national Nutrition Santé) orientent vers les produits trop gras, sucrés ou salés.

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  • La FNSEA veut en finir avec le principe de précaution

    Article de Nolwenn Weiler publié dans Basta! le 09.04.2026

    La FNSEA propose de supprimer le principe de précaution inscrit dans la Constitution pour le remplacer par le principe d’innovation. Le syndicat agricole recycle là un vieux projet des industriels de la chimie, du tabac et des pesticides. 

    « Supprimer le principe de précaution » et le remplacer par le « principe d’innovation ». C’est la dernière « trouvaille » d’Arnaud Rousseau, président de la FNSEA lors du 80e congrès du syndicat agricole qui s’est tenu à Caen, en Normandie, du 31 mars au 2 avril. L’idée semble si bonne que la FNSEA aimerait que les candidats à l’élection présidentielle l’intègrent dans leurs programmes et qu’ils envisagent une « impérieuse réforme constitutionnelle ».

    En effet, pourquoi s’embarrasser d’un principe qui invite à la prudence quant à l’usage de produits ou procédés potentiellement dangereux ? Et ce, alors même que les dommages sanitaires de nos modes de développement ne cessent de croître, particulièrement dans le domaine agricole. Une étude très solide publiée fin mars dans la revue Nature Health vient de mettre en évidence un important surrisque de cancer dans les territoires exposés aux pesticides....

    Le principe de précaution a été introduit dans la Constitution française en 2005, via la charte de l’environnement. Il impose que, lorsqu’un dommage risque d’« affecter de manière grave et irréversible l’environnement », les autorités publiques doivent veiller à « une évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ».

    C’est en vertu de ce principe que le Conseil d’État recommande une meilleure évaluation des risques pour la santé et l’environnement de l’acétamipride et du flupyradifurone. L’utilisation de ces deux pesticides est interdite en France depuis 2018, mais le sénateur Laurent Duplomb demande leur réautorisation, dans le cadre d’une nouvelle proposition de loi (dite Duplomb 2) pour les cultures de betteraves, cerises, noisettes et pommes.

     

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  • Projet de loi agricole : l’eau en danger​

    Communiqué de FNE publié le 07.04.2026

    Le Gouvernement présente demain en Conseil des Ministres un nouveau projet de loi agricole, sous la pression d’une partie du monde agricole industriel. Le texte comprend plusieurs dispositions dangereuses pour notre santé, notre environnement et notre capacité à développer une alimentation durable et délivrer de l’eau potable.

    Encourager l’irrigation illégale et la multiplication des stockages

    Aujourd’hui, dans plus d’un tiers de la France hexagonale, l’eau réellement disponible est inférieure aux prélèvements existants, qu’il s’agisse d’une période de sécheresse ou non. Nous sommes de plus en plus nombreux.ses à être affecté.es par les sécheresses, avec les restrictions qu’elles nous imposent. La Cour des Comptes l’affirme : «une stratégie déterminée de réduction des prélèvements d’eau et d’utilisation raisonnée de la ressource est seule susceptible d’apporter une solution de long terme».

    À rebours de cette préconisation, ce projet de loi multiplie les mesures pour favoriser la monopolisation de l’eau par une minorité d’agriculteurs. Il prévoit notamment de permettre à un agriculteur de continuer à prélever de l’eau dans un cours d’eau même quand le juge a déclaré ce prélèvement illégal, pendant deux années supplémentaires, par simple décision du préfet.

    Cette loi propose aussi de donner des clés de contournement via des dérogations du préfet pour imposer des projets de stockages d’eau qui ne seraient pas compatibles avec la règlementation définie localement dans Les Schémas d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE). C’est un affaiblissement de la démocratie locale de l’eau. Rappelons qu’entre 2020 et 2025, un peu plus de 450 nouvelles retenues ont été construite en France, pour à peu près 15 millions de mètres cubes. Nul besoin de faciliter et systématiser toujours plus de projets.

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  • Un optimisme farouche

    Éditorial de Benoît Bréville pour le Monde Diplomatique d'avril 2026

    Le samedi 7 mars, cinquante mille personnes défilaient à Londres pour protester contre la guerre menée par Israël et les États-Unis en Iran. Une affluence notable au regard des autres métropoles occidentales, mais dérisoire si l’on remonte dans le temps : le 15 février 2003, plus d’un million de manifestants battaient le pavé londonien contre l’invasion de l’Irak. Plusieurs centaines de milliers marchaient à New York et Washington, et près de quinze millions à travers le monde — la plus vaste mobilisation internationale jamais enregistrée. Vingt ans plus tôt, le 12 juin 1982, c’était pour réclamer le désarmement nucléaire qu’un million de personnes envahissaient Central Park, au son des concerts de Joan Baez et de Bruce Springsteen. Le camp antiguerre avait ses musiciens, ses écrivains, ses cinéastes. Cette tradition s’est effacée.

    Aujourd’hui, les guerres se multiplient, les grandes puissances se réarment, mais les rues restent clairsemées. Même la menace nucléaire semble laisser indifférent. Le traité New Start, dernier accord en vigueur sur la limitation des armes nucléaires stratégiques entre Washington et Moscou, vient d’expirer, M. Donald Trump évoque la reprise des essais atomiques, M. Emmanuel Macron propose de renforcer l’arsenal français. Aucune manifestation, aucun débat public.

    Stigmatisé par les médias, qui y voient vite un soutien au Hamas, aux mollahs ou au Kremlin, et parfois réprimé, l’engagement pacifiste s’accorde mal avec l’air du temps. Il exige en effet un optimisme farouche, cette conviction, forgée au fil de luttes parfois victorieuses, que rien n’est joué, que l’action collective peut infléchir le cours des événements. Les opposants à la guerre du Vietnam s’appuyaient sur les succès du mouvement pour les droits civiques ; en 2003, l’élan altermondialiste nourrissait les manifestants contre l’invasion de l’Irak. Rien de tel aujourd’hui.

    Le pacifisme requiert en outre de la patience ; il faut combattre pied à pied des conflits que l’on n’a pas pu empêcher. Mais les effets se mesurent dans la durée : gagner le soutien de l’opinion, accélérer un retrait militaire, peser sur des élections Ces avancées, lentes et indirectes, parfois invisibles, peinent à galvaniser dans une époque qui valorise l’immédiateté.

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  • Mission Artemis-2 vers la Lune : un dangereux délire d’enfants gâtés

    Extraits de l'éditorial de Vincent Lucchese, publié par Reporterre le 04.04.2026

    (...)

    Conquête et quête de puissance

    Tout ça pour quoi ? Certainement pas pour la science. Celle-ci sert trop souvent de prétexte et de cache-misère à l’inutilité des vols spatiaux habités. La plupart des missions scientifiques d’exploration du cosmos sont tout aussi bien, voire mieux réalisables par des robots, à un coût infiniment moindre. C’est d’ailleurs ce que notait l’un des chercheurs interrogés par la revue scientifique Nature le 31 mars, témoignant du peu d’enthousiasme, voire du désintérêt d’une bonne partie de la communauté scientifique pour le programme Artemis.

    Il convient de bien distinguer deux choses : l’exploration spatiale de la conquête spatiale. La première, animée par l’esprit de curiosité, la fascination pour les mystères de l’univers, le désir de mieux comprendre le monde, peut être pleine des vertus de la science, y compris dans le lancement de satellites d’observation, cruciaux aujourd’hui pour étudier le climat terrestre, entre autres.

    La conquête spatiale, elle, relève d’une tout autre ambition. Il s’agit de coloniser de nouveaux territoires, de faire frémir les nationalismes en plantant des drapeaux et d’exploiter sans limites les ressources minérales des corps célestes. C’est d’abord et avant tout une course à la puissance et aux symboles de puissance.

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  • Pour la sortie des pesticides, la Confédération paysanne marche pour un "printemps bruyant"

     

    Le 4 avril la Confédération paysanne sera présente à la marche pour "un printemps bruyant" organisée à Paris. La sortie des pesticides chimiques est une question urgente portée par une part de plus en plus importante de la société. Les preuves du désastre en cours s'accumulent : effondrement de la biodiversité, explosion des cancers et des maladies neuro-dégénératives… Les paysan·nes et les salarié·es agricoles en sont les premières victimes. 

    Malgré ce constat, des textes de loi cherchent à affaiblir la législation sur les pesticides et à en ré-autoriser certains, comme les propositions de loi Duplomb. De son côté, le gouvernement va défendre un projet de loi dont le maître mot est l'intensification, dans tous les domaines. 

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