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société

  • « Défendons la démocratie ! » : les dessinateurs au secours de l’État de droit

    Communiqué d'Amnesty International, publié le

    Face à la montée des pratiques autoritaires dans de nombreuses régions du monde, l’association Cartooning for Peace publie « Défendons la démocratie ! » (Éd. La Martinière), à l’occasion de ses vingt ans. Soutenu par Amnesty International, cet ouvrage invite à la réflexion et à la mobilisation en faveur des droits humains.  

    Combat et résistance !  

    Dans une époque marquée par les crises (sociale, économique, politique, géopolitique, environnementale, etc.), les tensions et les replis, ce livre entend rappeler que l’art, l’humour et l’engagement collectif demeurent de puissants leviers pour défendre les libertés fondamentales, nourrir le débat public et redonner de l’élan à l’action démocratique.  

    À travers 150 planches et plusieurs textes de spécialistes, le réseau international de dessinateurs et dessinatrices de presse du monde entier réaffirme son engagement pour la défense de l’État de droit et le respect des droits humains, à l’heure où ils sont plus que jamais remis en cause.  

    Face aux pressions croissantes qui s’exercent sur les médias, à la désinformation galopante et aux autres atteintes à la liberté d’informer, cet ouvrage collectif pose une question fondamentale : comment revitaliser nos démocraties ? Une réponse se dessine… Ne pas se résigner, et penser qu’un autre monde est toujours possible. 

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  • Iran : la fabrique de l’atrocité

    Article publié par Amnesty International le 16.09.2026

    En Iran, les atrocités commises par les autorités durant le mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022 ont marqué nos mémoires. Après des années d’enquête approfondie, nous accusons aujourd’hui 87 membres des autorités iraniennes de crimes contre l’humanité. Des crimes rendus possibles par un système qui fabrique, encourage et nourrit la répression sur place depuis des décennies. Nous nous sommes plongés dans les méandres de cette machine à produire l’atrocité. Voici nos révélations.  

    C’est l’une des plus grosses enquêtes jamais réalisées par Amnesty International. Quatre ans après le décès en détention de Jina Mahsa Amini aux mains de la police des mœurs en Iran le 16 septembre 2022, nous publions un nouveau rapport d’envergure de plus de 1 000 pages intitulé « Les architectes de l’atrocité », voué à ouvrir la voie vers davantage de justice en Iran.  

    Ce rapport, c’est une documentation extrêmement riche et précise, des centaines de témoignages et un corpus de preuves considérable… En clair : des années d’enquête sur les atrocités commises par autorités iraniennes durant les trois premiers mois de la répression du mouvement « Femme, Vie, Liberté », de septembre à décembre 2022. 

    Une enquête qui nous mène à une conclusion majeure : durant la répression, les autorités iraniennes ont commis six catégories de crimes contre l’humanité : meurtres, emprisonnements, disparitions forcées, tortures, viols et persécutions. Des atrocités commises de manière généralisée et systématique à l’échelle nationale contre le peuple iranien.  

    Comment de telles violences ont-elles été rendues possibles ?  

    En enquêtant au cœur de cette machine à produire l’atrocité, nous sommes remontés jusqu’à la source. Notre recherche révèle une chaîne de commandement implacable avec à sa tête, le Guide Suprême, doté d’une autorité absolue sur l’ensemble des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Un système dirigé d’une main de fer. Verrouillé. Vertical. Coercitif. Implacable. 

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  • Un défi existentiel

    Editorial du Monde diplomatique d'octobre 2026 par Akram Belkaïd  (Extraits)

    Des sirènes hurlantes, des embouteillages monstres étendus sur des kilomètres, des forces de l’ordre déployées dans les rues pour dissuader émeutes, manifestations et pillages tandis que quatorze millions d’habitants évacuent Téhéran et sa banlieue. Ces scènes dignes d’un film dystopique auraient pu avoir lieu. Ce n’est pas la menace du président américain Donald Trump de faire disparaître la civilisation iranienne en une nuit (lire « Une journée comme une autre ») qui en aurait été la cause, mais un ordre des autorités de la République islamique. En novembre 2025, les pluies d’automne ne sont pas au rendez-vous. L’Iran connaît la pire sécheresse depuis un siècle. Les cinq barrages qui approvisionnent la capitale sont presque à sec et les coupures d’eau sont quotidiennes, surtout la nuit. La tension est identique dans la ville de Machhad (nord-est), que quatre barrages environnants sont bien en peine d’alimenter. Le président Massoud Pezechkian met alors en garde ses compatriotes. Si la situation ne s’améliore pas, il faudra évacuer la mégapole et ses environs (1). Pour le long terme, il évoque même un possible transfert définitif de la capitale surpeuplée vers la région de Makran, près du détroit d’Ormuz. Un projet jugé irréalisable par nombre d’experts mais dont l’évocation frappe tout de même les esprits, tant elle conforte l’idée d’un choc environnemental majeur à venir.

    La hausse, toute relative, de la pluviométrie au premier semestre 2026 a conjuré le scénario de l’évacuation forcée, mais le problème de fond demeure. Trente-cinq millions d’Iraniens sont confrontés quotidiennement à la pénurie d’eau. Les réserves totales ont diminué de 211 kilomètres cubes entre 2003 et 2019 — l’équivalent de deux années de consommation nationale —, tandis que le niveau moyen des nappes souterraines a fortement baissé (2). Dans certaines régions, notamment dans l’Est et dans le Sud, l’eau potable n’est accessible aux habitants que via des camions-citernes payants, ce qui provoque de longues files d’attente. Une centaine de zones humides ont disparu, et l’assèchement des rivières contribue à l’aggravation des tempêtes de poussière qui sévissent à partir du printemps.

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  • Déchets radioactifs : la commission d’enquête favorable à la création de Cigéo

    Article de Pierre-Julien Prieur, publié dans le jhm le 14.09.2026

    Terminée le 16 juillet, l’enquête publique sur la demande d’autorisation de création de Cigéo a rendu ses conclusions, hier. Et malgré une majorité d’avis défavorables au projet, les commissaires-enquêteurs ont donné leur feu vert.

    « La commission d’enquête conclut que les avantages d’autoriser dès maintenant le projet l’emportent sur les inconvénients. » Les conclusions de l’enquête publique sur la demande d’autorisation de création (DAC) de Cigéo ont été publiées hier matin. Sans surprise, les commissaires-enquêteurs émettent un avis favorable au lancement du projet d’enfouissement des déchets radioactifs de moyenne activité à vie longue (MA-VL) et de haute activité (HA).

    L’enquête, qui s’est déroulée du 18 mai au 16 juillet, après une prolongation de quatorze jours, a permis de recueillir 3 166 contributions. Et la commission de préciser : « 1 528 contributions sont favorables à la DAC ; 1 548 contributions sont défavorables à la DAC ». Mais selon elle, « les incertitudes, lacunes et manquements identifiés par les opposants peuvent être levés par l’Andra pendant la Phipil (phase industrielle pilote, Ndlr) sous le contrôle de l’ASNR ». En résumé, construisons le centre de stockage pour lever les doutes…

    Deux réserves et deux recommandations après l’enquête publique

    Du côté de l’Andra, on ne peut que se réjouir de cet avis. « C’est une étape de plus de franchie. Et une étape importante », souligne Patrice Torres, directeur industriel et des activités du Grand Est de l’Andra, rencontré hier. « Un avis favorable était nécessaire pour que le projet puisse se poursuivre. »

    Un avis favorable, qui s’accompagne toutefois de deux réserves et de deux recommandations. La commission d’enquête demande ainsi que les revues de réversibilité soient organisées au moins tous les cinq ans et que leurs rapports soient transmis au Parlement, et que le décret d’autorisation limite la phase industrielle pilote à « 6 000 colis, cinq alvéoles MA-VL dont un démonstrateur et un quartier HA ».

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  • La victoire de l’AfD en Allemagne réveille de vieux fantômes

    Éditorial de Cartooning for peace du 09.09.2026

    L’extrême droite allemande a remporté, dimanche 6 septembre, sa plus importante victoire électorale depuis la fin du nazisme. L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu 43,8 % en Saxe-Anhalt, un des Länder les plus pauvres de l’Est du pays, lors des élections régionales. Si le parti loupe de peu la majorité absolue et doit construire une coalition avec ses opposants pour gouverner, ce résultat est un électrochoc.

    Le programme de l’AfD pour la Saxe-Anhalt, ouvertement xénophobe, préconise la « remigration », des restrictions de l’accès à l’IVG, le rejet de l’écologie, une « révolution patriotique culturelle » visant notamment à reconsidérer la mémoire du nazisme… Au cœur de l’Europe, la victoire de ce parti favorable à Donald Trump et Vladimir Poutine lance l’alerte. Pour l’Allemagne et le reste de l’Union européenne.

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  • Démographie scolaire : le ministère publie pour la première fois des projections d'effectifs d'élèves à dix ans, département par département

    Extraits du communiqué du ministère en date du 08.04.2026

    La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'Éducation nationale publie ce jour un travail inédit : des projections d'effectifs d'élèves à l'horizon 2035, déclinées pour chaque département. Ces projections confirment l'ampleur de la baisse démographique qui touche l'École française : près de 1,7 million d'élèves en moins en dix ans. 

    Une baisse de 1,7 million d'élèves d'ici 2035

    D'après le scénario de référence retenu par la DEPP, la France compterait 1 676 800 élèves de moins en 2035 qu'aujourd'hui dans les écoles et établissements publics et privés sous contrat, soit une baisse de 14,2 % de la population scolaire.

    Cette diminution s'explique par la baisse continue des naissances, amorcée en 2010 et accélérée ces dernières années. En 2025, la France enregistre 645 000 naissances, soit 24 % de moins qu'en 2010.

    Le premier degré serait le plus touché, avec 933 000 élèves en moins (- 15,2 %). Le second degré perdrait 743 800 élèves (- 13,2 %). La baisse toucherait tous les niveaux successivement : d'abord la maternelle et l'élémentaire, puis le collège, puis le lycée.

    (...)

    Des disparités fortes entre territoires

    L'un des apports majeurs de cette étude est sa déclinaison territoriale : tous les départements ne seront pas touchés avec la même intensité.

    Dans le premier degré, les baisses à dix ans s'échelonneraient de - 29,3 % pour l'académie de Paris à - 4,5 % pour Mayotte. L'académie de Lille perdrait 20,7 % de ses effectifs, l’académie de Nancy-Metz 22,1 %. À l'inverse, les académies de Nice et Nantes connaîtraient des baisses plus limitées, autour de 12 %.

    Les écarts sont aussi marqués au sein d'une même académie : dans celle de Limoges, la Creuse perdrait 20 % de ses élèves contre 7,4 % pour la Corrèze. Dans l'académie de Rennes, les Côtes-d'Armor reculeraient de 20,7 % contre 8,2 % pour l'Ille-et-Vilaine.

    Dans le second degré, les baisses les plus fortes concerneraient le Nord et l'Est (Lille - 19,6 %, Reims - 18,3 %, Nancy-Metz - 17,6 %). Seules les académies de Guyane (+ 5,3 %) et Mayotte (+ 6,2 %) verraient leurs effectifs augmenter.

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  • L’Éducation nationale se débarrasse de centaines d’enseignants contractuels en dépit des services rendus

    Extraits de l'article de Maïa Courtois, publié dans Basta! le 10.09.20236.

    Les enseignants contractuels, au statut précaire, paient le prix fort de la suppression de plus de 3000 postes dans l’Éducation nationale, qui s’ajoute à la réforme du concours. Des mobilisations s’organisent, alors que nombre de classes restent sans prof. 

    Cette rentrée aurait dû signer la fin d’années de contrats précaires pour Benjamin*. Le jeune homme de 33 ans travaille depuis fin 2020 comme enseignant contractuel dans l’Éducation nationale, dans l’académie de Versailles. Un statut particulièrement précaire, fait de missions en CDD, réservé aux personnes non titulaires du concours du Capes (collèges et lycées) ou du CRPE (premier degré). Et moins bien payé que les enseignants titulaires.

    Cette année, Benjamin aurait pu enfin obtenir son CDI. C’est la règle : au bout de six ans à exercer comme agent contractuel, l’Éducation nationale a l’obligation d’embaucher en CDI. Mais, alors que, depuis cinq ans, Benjamin se voyait renouveler sans encombre son contrat en mai-juin pour une nouvelle affectation à la rentrée scolaire suivante, cette fois : rien.

    Le jeune homme, qui enseignait l’histoire-géographie, vient de recevoir son attestation pour s’inscrire à France Travail. « J’ai toujours eu de bons avis de mes chefs d’établissements, des retours positifs de mes inspections... Avec d’autres collègues comme moi, on se projetait dans le CDI, évidemment. On ne s’y attendait pas, puisque d’une année sur l’autre on n’avait pas de souci à être renouvelé. Ça nous a fait tomber de haut », déplore Benjamin.

    Pour lui, l’espoir du CDI s’éloigne car, après quatre mois de carence, l’ancienneté de l’agent contractuel est remise à zéro. Encore quelques semaines sans affectation et ce sera le retour à la case départ pour le professeur d’histoire-géographie.

    « Si c’est pour être maltraité comme ça après avoir travaillé six ans... »

    Aujourd’hui, le jeune homme vit dans le brouillard. Que faut-il faire ? Attendre que le rectorat l’appelle plus tard, peut-être, pour un remplacement ? Quitter l’Île-de-France pour tenter sa chance dans une autre académie ? Passer le concours, lui qui n’a jamais pu le faire, faute de temps ? « Je privilégiais mes cours au jour le jour. C’était difficile de sortir de l’engrenage, entre les corrections de copies, la préparation des cours qui demande une adaptation permanente – puisqu’en tant que contractuel, on fait du collège et du lycée, des bouts de cours, de nouvelles classes… »

    Sauf que la motivation nécessaire pour passer le concours n’est plus vraiment là. « Si c’est pour être maltraité comme ça après avoir travaillé six ans... Cela fait beaucoup réfléchir. Y compris à une reconversion professionnelle », lâche-t-il.

    Comme Benjamin, 160 agents contractuels se sont découverts sans affectation en cette rentrée scolaire dans l’académie de Versailles, selon les décomptes syndicaux. La situation n’est pas plus reluisante dans d’autres académies. Selon les premières données centralisées par la CGT-Éduc’action, on compte 200 postes de moins dans l’académie de Bordeaux, moins 412 dans celle de Créteil, moins 200 à Paris, moins 275 pour Poitiers, et environ moins 200 dans celle de Toulouse. Soit près de 1500 postes de contractuels en moins dans 6 académies (sur les 25 que compte la France métropolitaine).

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