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société

  • « Plus de 250 associations et personnalités redoutent la possible « extinction » de l’Ademe, à cause d’une loi »

    Tribune collective

    Réorganisée ce mardi 5 mai, l’Agence de la Transition écologique pourrait être placée sous l’égide des préfets et ses membres mutés sans leur consentement. Plus de 250 associations et personnalités du monde environnemental s’alarment.

    Le 16 avril dernier, le média « Contexte » révélait la version du projet de loi « visant à renforcer l’Etat local » transmise au Conseil d’Etat. Ce texte a suscité une mobilisation inédite : le 28 avril, les six organisations syndicales du Comité social d’administration ministériel de l’Ademe (Agence de la Transition écologique) publiaient une déclaration commune dénonçant « un dispositif qui détruit l’Ademe sans le dire ». En cause, l’article 7, qui prévoit l’intégration des directions régionales de l’Ademe au sein des Dreal, « placées sous l’autorité du représentant de l’Etat », en l’occurrence, ici, le préfet.

    Si cette décision était mise en œuvre, les salariés de l’Ademe se retrouveraient ainsi directement soumis à leur autorité hiérarchique, faisant dépendre la priorisation de leurs missions d’une logique administrative relevant du ministère de l’Intérieur.

    En complément, le texte prévoit également la possibilité d’une « mis[e] à disposition d’office » des personnels, « pendant une durée de trois ans, renouvelable ». Autrement dit, une mutation imposée sans leur accord. Un tiers des effectifs de l’Ademe serait concerné.

    La combinaison de ces dispositions revient, de fait, à supprimer les directions régionales de l’Ademe, en diluant l’expertise de ses personnels dans des structures qui ne disposent ni de leur savoir-faire technique et scientifique, ni de leur ancrage auprès des élus et porteurs de projets locaux.

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  • Une journée comme une autre

    Éditorial de Benoît Bréville, publié dans le Monde Diplomatique de mai 2026

    Ce fut un soir comme un autre. À la télévision, le mardi 7 avril à 21 heures, TF1 diffusait un nouvel épisode de « Koh-Lanta », M6 misait sur un ancien numéro de « Cauchemar en cuisine » et Arte, la chaîne franco-allemande, se livrait à son passe-temps favori — traquer la menace russe —, avec un documentaire sobrement titré « L’Europe dans la main de Poutine ? ».

    La journée, elle, sortait pourtant de l’ordinaire. Quelques heures plus tôt, sur les réseaux sociaux, M. Donald Trump avait publié un message d’une violence inédite : « Une civilisation va mourir ce soir, pour ne plus jamais renaître. » Il visait l’Iran et ses 90 millions d’habitants, fixant même l’échéance de ce génocide annoncé : 20 heures à Washington, au moment du prime time.

    Les mots peuvent être criminels. À Nuremberg, en 1946, l’éditeur et propagandiste nazi Julius Streicher — qui n’avait ni exécuté, ni personnellement ordonné de massacres — fut condamné pour crimes contre l’humanité au motif qu’il avait encouragé à l’extermination des Juifs. Depuis, la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide prohibe l’« incitation directe et publique à commettre un génocide ». Et le droit international humanitaire interdit les « actes ou menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi la population civile ». Comme l’écrit le philosophe Mathias Risse, c’est même « l’un des accomplissements majeurs de l’ordre juridique international issu de la seconde guerre mondiale. Celui-ci repose sur la reconnaissance du fait que le discours de la destruction civilisationnelle n’est pas seulement le symptôme de l’atrocité, mais l’un de ses instruments (1) ».

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  • Partout, la liberté de la presse recule

    Éditorial de Cartooning for Peace du  Jeudi 30 avril 2026

    Le 3 mai marque la journée mondiale de la liberté de la presse, un des combats constitutifs de Cartooning for Peace. Le constat de Reporters sans Reporters sans frontières (RSF), qui vient de sortir son dernier classement mondial de la liberté de la presse, est sans précédent : « Plus de la moitié des pays du monde sont en situation “difficile” ou “très grave” […] En 25 ans, le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas […] Le journalisme est criminalisé à l’échelle internationale […] L’instrumentalisation de lois de plus en plus restrictives fait reculer le droit à l’information, y compris au sein des démocraties. »

    Partout où la liberté de la presse recule, la démocratie et les droits humains reculent aussi. C’est pourquoi Cartooning for Peace se mobilise autour de trois temps forts :

     

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  • Accord UE-Mercosur : une application provisoire scandaleuse

    Communiqué de la Confédération Paysanne, publié le 30.04.2026

    Pour la Confédération paysanne, l'accord de libre-échange UE*-Mercosur* est délétère pour l'agriculture et l'alimentation en France, en Europe, et de l'autre côté de l'Atlantique. A partir du 1er mai, il va s'appliquer à titre « provisoire ». C'est un scandale démocratique.

    Le Parlement européen n'a pas encore pu voter sur le fond. La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), saisie par le Parlement européen, n'a même pas rendu son avis sur sa conformité avec le droit européen. De plus, le choix de la date du 1er mai, journée internationale des travailleur·euses, est d'un cynisme sans nom.

    Ce passage en force piétine le Parlement et toutes les voix qui se sont exprimées contre cet accord. Pourtant, pour la première fois de l'histoire de l'UE*, un accord de libre-échange n'a pas réuni l'unanimité des États-membres lors du vote en janvier dernier lors du Conseil européen.

    La Pologne vient d'ailleurs à son tour de saisir la CJUE pour contester la mise en œuvre de cet accord et son application provisoire. La France qui prétend s'y opposer est aux abonnés absents !

    Contrairement à ce que disent les partisans de l'accord UE*-Mercosur*, il va s'appliquer alors même que les filières agricoles les plus fragiles, comme l'élevage, ne sont pas protégées.

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  • Résultats trimestriels de TotalEnergies : profits de guerre sur fond de crise énergétique

    Communiqué publié par Greenpeace  le 29 avril 2026

    Pour le premier trimestre 2026, TotalEnergies affiche des bénéfices en hausse de 51% par rapport au premier trimestre 2025, en période de très fortes tensions sur le marché de l’énergie, en pleine guerre au Moyen-Orient. Greenpeace France dénonce la logique cynique des géants du pétrole comme TotalEnergies qui transforment des drames humains en opportunités financières, tandis que les ménages paient le prix fort à la pompe. 

    TotalEnergies, profiteur de guerre

    Alors que le commerce international de pétrole est fortement perturbé par la fermeture du détroit d’Ormuz, TotalEnergies parvient néanmoins à engranger 5,8 milliards de dollars de bénéfices sur le premier trimestre 2026, soit près de 2 milliards de dollars ou 51% de plus que le premier trimestre 2025.

    Dans le même temps, l’envolée du cours de l’action TotalEnergies a entraîné un enrichissement massif de ses actionnaires estimé à 55,4 milliards d’euros. Parmi eux, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, s’est lui-même enrichi de près de 15 millions d’euros.

    Pour Sarah Roussel, chargée de campagne Énergies fossiles à Greenpeace France :

    « Le schéma est bien connu : comme au début de la guerre en Ukraine en 2022, TotalEnergies profite de l’envolée des prix du pétrole liée à l’instabilité géopolitique pour maximiser ses bénéfices. Derrière ces résultats records se cachent des profits de guerre indécents, qui atterrissent en grande partie dans la poche de ses actionnaires, alors que des millions de personnes voient leur facture énergétique exploser. Il est urgent que le gouvernement français prenne ses responsabilités et mette fin à cette situation inacceptable en taxant plus fortement les profits des grandes entreprises pétrolières.»

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  • ATD Quart Monde alerte sur les dangers du projet de loi « fraudes sociales et fiscales »

    A quelques jours de la commission mixte paritaire du 28 avril sur le projet de loi « fraudes sociales et fiscales », ATD Quart Monde tire la sonnette d’alarme, conforté par le rapport du Défenseur des droits publié ce jour. Le projet de loi menace gravement l’accès au droit des personnes et particulièrement celles en situation de grande pauvreté.

    Un engrenage dangereux pour l’accès au droit

    Année après année, les mêmes mécanismes se répètent : durcissement des contrôles, suspicion généralisée, sanctions disproportionnées à l’encontre des allocataires de prestations sociales. Le projet de loi actuel n’est pas un tournant isolé, mais un pas de plus dans une logique qui fait peser la suspicion sur les plus pauvres.

    Dans un contexte où 11,2 millions de personnes sont concernées par la pauvreté[1] et où 13,1 %[2] de la population vit en situation de privation matérielle et sociale[3] – un niveau record depuis douze ans – ce texte interroge sur les priorités politiques.

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  • Travail du 1er mai : malgré un recul du gouvernement, des motifs d’inquiétude persistent

    Article de Stéphane Ortega, publié dans Bastamag le 27.04.2026

    Alors qu’aucune proposition ou projet de loi visant à étendre le travail des salariés le 1er mai ne peut s’appliquer cette année, le gouvernement a inventé l’autorisation d’enfreindre la loi en attendant de la réécrire. 

    Pas de doute, le Premier ministre est bien un macroniste disruptif. « Les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans pourront ouvrir ce 1er mai », en faisant travailler leurs employés sur la base du volontariat et en les payant double, a déclaré Sébastien Lecornu, sur le perron de Matignon le vendredi 17 avril. Accompagné des représentants des professionnels de la boulangerie, il a indiqué qu’un « projet de loi d’origine gouvernementale [allait] être présenté avant ce 1er mai [mais débattu dans l’hémicycle après cette date, ndlr] pour renvoyer à une discussion sociale par branche ».

    L’objectif de ce texte sera donc de permettre aux artisans boulangers et fleuristes d’employer leurs salariés ce jour-là, « sur la base du volontariat et en les payant double ». En clair, l’emploi des salariés des boulangeries artisanales et des fleuristes le 1er mai se fera sur la base d’un projet de loi qui n’a pas encore été présenté au Parlement. En plus de contourner le débat parlementaire, le Premier ministre s’engage à contourner le Code du travail : « Pour ce 1er mai 2026, une instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’État pour préserver, protéger, sécuriser ce que je viens de vous annoncer ».

    Seul jour obligatoirement chômé et payé

    Ce point de chute ubuesque n’est en réalité que l’aboutissement d’une volonté politique partagée par la droite, le camp présidentiel et l’extrême droite d’élargir le recours au travail salarié le 1er mai, seul jour obligatoirement chômé et payé. Tout commence en 2024, lorsqu’une poignée de boulangers sont verbalisés pour avoir fait travailler leurs employés à l’occasion de la journée internationale de lutte des travailleurs.

    Un an plus tard, le 25 avril 2025, ils sont relaxés par le tribunal de police de La Roche-sur-Yon. Le même jour, deux sénateurs centristes déposent une proposition de loi pour inscrire de nombreuses dérogations au travail salarié du 1er mai. Ils sont immédiatement soutenus par le gouvernement, qui place cette proposition législative en procédure accélérée et envoie sa ministre du Travail, Catherine Vautrin, travailler bénévolement, sous l’œil des caméras, dans une boulangerie le 1er mai 2025.

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