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  • Au Liban, Israël intensifie ses opérations pour déplacer de force la population

    Communiqué d'Amnesty International, publié le 17.06.2026

    Nos équipes ont analysé deux ans d’opérations israéliennes au Liban, de 2024 à 2026. Le constat est sans appel : dans le sud Liban et au sud de Beyrouth, les ordres d’« évacuation » de l’armée israélienne se sont multipliés à un rythme sans précédent. Une stratégie visant à déplacer de force pour dépeupler. En droit international, c’est un crime de guerre. Entre témoignages, analyses d’ordre militaires, images satellites et vidéos, voici notre enquête. 

    « Les maisons sont détruites, les bâtiments ont disparu, les routes sont défoncées» Joumana décrit Odaisseh, son village du sud Liban, proche de la frontière israélienne. En 2024, l’armée israélienne démarre des opérations pour démolir le village. Joumana est forcée de fuir. Elle laisse derrière elle sa maison, qui sera détruite par l’armée israélienne. En 2025, elle obtient une autorisation pour revenir à Odaisseh afin d’enterrer sa tante. Le village qu’elle retrouve n’est plus le sien : il est défiguré, vidé de toute trace de vie. «Personne n’est revenu. Il n’y a plus de vie là-bas. » Le témoignage de Joumana date de 2025. Aujourd’hui, son village, Odaisseh, n’existe presque plus. Un village rayé de la carte, comme tant d’autres dans le sud Liban.

    La zone détenue par l’armée israélienne couvre aujourd’hui 6% du Liban, une superficie en nette augmentation par rapport à 2024. L’armée israélienne nomme cette partie du territoire comme «zone de défense».

    Notre enquête révèle que l’armée israélienne a considérablement intensifié ses recours aux déplacements forcés en 2026, en s’appuyant sur deux méthodes : les ordres d’ «évacuation» massifs et les ordres d’interdiction de retour. 

    Des ordres d’évacuation : « tout le monde doit partir » 

    Comme dans la bande de Gaza, l’armée israélienne émet au Liban des ordres d’ «évacuation», forçant les populations civiles à quitter leurs foyers. Entre septembre 2024 et mai 2026, elle en a publié 171 sur son compte X. Sur ces 171 ordres d’«évacuation», 136 ont été émis en 2026 – soit près de 80% en une seule année.

    L’exemple de Dahiyé, localité densément peuplée dans la banlieue sud de Beyrouth, illustre cette intensification des opérations israéliennes. En 2024, l’armée israélienne n’y avait émis aucun ordre d’évacuation. En 2026, elle en a émis 27 en seulement trois mois, de mars à mai. Dans le même temps, les avertissements préalables ont quasiment disparu : 107 en 2024, 15 en 2026. 

    Hala (pseudonyme), 60 ans, habitante du village de Chaqra, n’avait pas vu passer l’ordre. Le 2 mars 2026, à 4h du matin, l’armée israélienne ordonne l’évacuation de son village et de 52 autres localités. À son réveil, plus personne : «Tout le monde était parti avant moi, raconte-t-elle.Tout le quartier était désert

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  • Peine de mort : un combat toujours d’actualité

    Communiqué d'Amnesty International publié le 18.05.2026

    En 1981, une nouvelle victoire pour la dignité humaine avait lieu sur le long chemin de l’abolition universelle : la France abolissait enfin la peine de mort. Aujourd’hui, 113 pays ont aboli la peine de mort pour tous les crimes. Mais le combat continue pour l’abolition universelle de la peine de mort.

    45 ans plus tôt, la peine de mort était encore une réalité en France. C’est en 1981 que le pays se détourne de cette peine d’un autre âge. Chaque année, le 9 octobre, Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, est l’occasion de célébrer cet acte historique, ce jour où la France mettait fin aux homicides volontaires et prémédités, aux assassinats étatiques.

    Depuis cette date, quels que soient les gouvernements, la France a toujours affirmé son opposition, en toutes circonstances, à la peine capitale. Aujourd’hui, l’abolition de la peine de mort a fait son chemin, petit à petit, victoire après victoire, pays après pays.

    Un combat ininterrompu

    En 1977, nous lancions notre combat en organisant une conférence qui s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de Stockholm, texte fondateur pour l’abolition universelle de la peine de mort. À cette époque, seuls 16 pays avaient totalement aboli la peine de mort. Aujourd’hui, grâce à votre mobilisation,145 pays, soit plus des deux tiers des pays du monde entier, ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Des progrès énormes et mesurables continuent d’être faits même si un dernier tiers des pays reste à convaincre.

    En 1979, nous publions notre premier rapport statistique mondial sur la peine de mort. À partir de ce moment, nous devenons une référence mondiale en matière d’observation et de rédaction de rapports sur les condamnations à mort prononcées et les exécutions menées par les gouvernements dans le monde.

    Nous avons milité sans relâche sur des cas emblématiques qui ont clairement mis en évidence la nature injuste de la peine de mort, à l’instar de Troy Davis, un jeune afro-américain condamné à mort dans l’État de Géorgie et exécuté en 2011. Son histoire a remis en avant la nécessité de lutter contre l’application arbitraire de la peine capitale aux États-Unis. Plus récemment, notre organisation a agi en faveur de Rocky Myers, la première personne noire à avoir été graciée aux États-Unis en 2025.

    Nous avons également soutenu le mouvement abolitionniste au niveau international. Nous avons été l’un des membres fondateurs de la Coalition mondiale contre la peine de mort, en 2002, et aidé à la création d’un réseau asiatique de lutte contre la peine de mort en 2006. En 2007, nous remettons aux Nations unies plus de cinq millions de signatures en faveur d’une suspension mondiale de toutes les exécutions. Un mois plus tard, l’ONU adoptera sa première résolution sur la suspension des exécutions.

    Vers l’abolition universelle

    Cette dynamique positive vers l’abolition se poursuit aujourd’hui. En 2025, le Viêt Nam a aboli la peine de mort pour huit crimes et la Gambie a aboli la peine de mort pour les crimes de meurtre, de trahison et d’autres infractions contre l’Etat. Au Liban et au Nigéria, des projets de loi visant à l’abolition sont en cours d’examen devant les assemblées législatives.

    Alors que le monde se dirige progressivement vers l’abolition totale, nous ne devons pas baisser la garde. En 2025, plus de 2700 exécutions ont été recensées dans le monde, un bond de 78% en un an. Une petite poignée d’Etats dont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite ou encore les Etats-Unis continuent à avoir recours au châtiment le plus cruel et inhumain qui existe.

    Parce que la peine de mort est irréversible, l’abolition universelle doit l’être aussi. Nous combattrons sans relâche jusqu’à la disparition totale de ce châtiment inhumain.

  • Au Liban, les soignants et les hôpitaux ciblés par Israël

    Communiqué d'Amnesty International, publié le

    Les populations civiles libanaises sont prises en étau entre les frappes d’Israël et celles du Hezbollah. Les professionnel·les de santé libanais, qui risquent leur vie pour sauver celles des autres, sont ciblés par Israël. Plusieurs dizaines d’entre elles et eux sont morts en quelques semaines. Ces frappes israéliennes doivent faire l’objet d’une enquête pour crimes de guerre.  

    Les attaques israélo-américaines et les répliques iraniennes du 28 février 2026 ont entrainé une escalade du conflit dans tout le Moyen-Orient. Le Liban est particulièrement impacté.  

    En réaction à l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei, le Hezbollah (organisation chiite libanaise) a lancé une nouvelle série d’attaques contre Israël le 2 mars. L’armée israélienne a alors annoncé sur X que ses forces frappaient des cibles du Hezbollah au Liban dans le cadre de l’opération « Rugissement du lion ».  

    Dans les jours qui ont suivi, Israël a mené des centaines de frappes à travers le pays et diffusé des ordres d’évacuation massive qui ont entrainé la peur, la panique et une grave crise humanitaire au Liban.  

    Les populations civiles sont les principales victimes de ces attaques. Et les professionnels de santé, qui risquent leur vie pour sauver celles des autres, sont ciblés par l’armée israélienne. 

    Des professionnel·les de la santé ciblé·es par les frappes israéliennes 

    Entre le 2 et le 15 mars 2026, l’Organisation mondiale de la Santé a comptabilisé 28 attaques contre des établissements de santé au Liban, faisant 30 morts et 35 blessés. Le lendemain, le 16 mars 2026, le ministère libanais de la Santé publique a quant à lui dénombré 40 soignants qui ont été tués et 96 blessés.  

    L’Autorité islamique de santé est particulièrement visée par les tirs israéliens. Cette institution civile, affiliée au Hezbollah, fournit des services médicaux et d’urgence à travers le Liban en collaboration avec le ministère de la Santé et l’Association des scouts islamiques Risala.  

    Un ambulancier de la Croix-Rouge libanaise a également été tué par une frappe israélienne. Le ministère a ajouté que cinq hôpitaux ont été contraints de fermer. 

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  • Au moins 110 écoliers tués par les frappes américaines en Iran : comment en est-on arrivé là ?

    Article publié par Amnesty International le 17.03.2026

    Nos équipes ont enquêté sur les bombardements d’une école de Minab en Iran. Nos conclusions sont formelles : le 28 février, l’armée américaine s’est rendue responsable d’une grave violation du droit international humanitaire. Parce que les familles des victimes méritent justice et vérité, nous demandons la mise en place d’une enquête impartiale, transparente et approfondie.

    Le 28 février 2026, une école de la ville de Minab en Iran est le théâtre d’un véritable massacre. Aux côtés de 12 bâtiments militaires iraniens, l’école bondée d’enfants est délibérément ciblée par des frappes américaines. Les attaques font 168 décès parmi la population civile, dont au moins 110 écoliers.

    Les murs de l’école faisaient auparavant partie d’un complexe militaire iranien adjacent. Mais ce n’était plus le cas depuis 2016. L’armée américaine aurait dû savoir qu’il s’agissait d’une école au moment des frappes.

    Mais dans le cadre de leurs opérations en Iran, les Etats-Unis s’appuient massivement sur l’intelligence artificielle pour le traitement de données. Or aucune précaution n’a été prise par l’armée américaine pour s’assurer de la véracité de ces données. 

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  • En Iran, la peine de mort comme arme de répression

    Communiqué d'Amnesty International du 26.02.2026

    En Iran, au moins 30 personnes risquent la peine de mort pour avoir participé aux manifestations de janvier. La communauté internationale doit réagir de toute urgence pour mettre un terme au bain de sang !  

    Ils sont une trentaine. Ils sont majoritairement jeunes, certains à peine majeurs. Deux d’entre eux sont encore des enfants. Aujourd’hui, ils risquent la peine de mort pour avoir participé aux récentes manifestations de janvier en Iran.  

    Des manifestations, réprimées dans une violence inimaginable par les autorités iraniennes. En janvier, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et d’autres blessées.

    Aujourd’hui, les autorités continuent de faire régner la peur. Depuis le 28 décembre 2025, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées arbitrairement et menacées de la peine capitale « dans les plus brefs délais ».  

    Dans le pays, la peine de mort est utilisée comme un véritable outil de dissuasion contre l’opposition. Une arme pour semer la peur et briser la résistance d’un peuple entier face aux crimes et à l’impunité du pouvoir iranien.   

    Le monde ne doit pas fermer les yeux. 

    Nous devons soutenir la résistance des Iranien·nes. 

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  • Ukraine : quatre ans après l’invasion totale par la Russie, comment la population continue de résister ?

    Extraits de l'article d'Amnesty International publié le 24.02.2026

    L’Ukraine tient encore debout quatre ans après l’invasion totale. Le pays tire sa force de son peuple qui résiste face aux assauts répétés de la Russie. Sur place, nos équipes enquêtent sans relâche sur les violations des droits humains, avec pour objectif de rendre justice. Entretien avec Veronika Velch, directrice d’Amnesty International Ukraine. 

    C’est le pire hiver que l’Ukraine a connu depuis le début de l’invasion totale par la Russie le 24 février 2022. Les températures chutent jusqu’à -20°C. Les frappes russes s’acharnent contre le réseau énergétique et provoquent des coupures d’électricité massive dans tout le pays. Les populations peinent à se nourrir, à se réchauffer et restent coupées du reste du monde pendant des heures, voire des jours entiers. La stratégie de la Russie vise à saper le moral d’une population qui souffre depuis quatre ans mais qui tient encore debout.  

    Car la capacité de l’Ukraine à résister a pu surprendre. La Russie au premier chef qui pensait gagner une guerre éclair mais qui s’enlise dans un conflit qui parait sans fin. Si la vie en Ukraine a basculé lors de l’invasion lancée aux premières heures de l’aube du 22 février 2022, elle avait déjà changé dès 2014. La Russie avait envahi la Crimée et le Donbass à l’est de l’Ukraine. Depuis, l’Ukraine se préparait à l’éventualité d’une guerre totale. 

    Face à l’acharnement russe, la population ukrainienne a tissé un rempart de solidarité. A l’image de ces vastes tentes improvisées qui se déploient pour offrir des espaces de chaleur humaine. Les habitant·es s’y retrouvent autour d’une tasse de thé fumante, pour recharger leurs téléphones et passer quelques heures dans un espace chauffé.  

    A Kyiv, où la ville a été plongée dans le noir à plusieurs reprises, les équipes d’Amnesty International Ukraine font face aux mêmes difficultés. Nos collègues ont choisi de rester sur place pour enquêter au plus près du terrain et rendre compte des violations des droits humains. A l’approche des quatre ans de l’invasion totale de l’Ukraine, nous nous sommes entretenus avec Veronika Velch, directrice d’Amnesty International Ukraine. Elle nous raconte comment le travail de nos équipes se poursuit dans ces conditions. Leur objectif : enquêter et alerter pour enfin obtenir justice. 

     

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  • Les victimes de l’ICE, la police anti-immigration de Donald Trump

    Un dossier d'Amnesty International, publié le 30.01.2026

    Devenue le bras armé de Donald Trump, l’ICE frappe sans distinction : elle arrête des personnes étrangères n’ayant commis aucune infraction, des enfants sur le chemin de l’école et tue des citoyens américains venus protéger les personnes visées. Nous rassemblons ici une liste non exhaustive des victimes de la politique anti-immigration de Donald Trump. Rappeler leurs noms, leurs histoires, c’est mesurer la dérive autoritaire à l’œuvre aux États-Unis et l’obligation d’y résister.

    Alex Pretti, tué par l’ICE le 24 janvier 2026

    Alex Pretti avait 37 ans. Il était infirmier dans un hôpital pour anciens combattants. Le 24 janvier, l’ICE patrouille dans un quartier de Minneapolis dans sa traque contre les personnes étrangères. Alex Pretti filme une descente anti-immigration en cours pour tenter de défendre les personnes visées. L’ICE l’a abattu, en pleine rue.

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    © Krista Kennell/ZUMA Press Wire

    Liam, arrêté avec son père par l’ICE le 23 janvier 2026

    Liam, 5 ans, rentrait de son école maternelle avec son père, Adrian Conejo. L’ICE a d’abord arrêté son père et ensuite utilisé le petit garçon comme « appât » pour tenter d’arrêter la mère, à l’intérieur de leur maison. Les agents de l’ICE ont embarqué Liam, sac à dos Spiderman sur le dos et bonnet bleu lapin sur les oreilles. Liam et son père ont été arrêtés à Minneapolis et envoyés dans un centre de détention au Texas, à 1500 kilomètres de chez eux.

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    © Columbia Heights Public School

    ChongLy Scott Thao, arrêté par l’ICE le 18 janvier 2026

    ChongLy Scott Thao, 56 ans, citoyen américain était dans sa maison du Minnesota quand l’ICE a débarqué, sans mandat, pour l’arrêter. Chez lui. Les agents de l’ICE l’ont traîné en sous-vêtements sous la neige et l’ont embarqué. Après une arrestation très violente, ils l’ont finalement redéposé chez lui au bout de deux heures, car affirment s’être « trompés » de personne.

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    © Reuters / Leah Millis

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