Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

iran

  • Iran : répression sanglante à huis clos

    Éditorial de Cartooning for peace du 15.01.2026

    Le mouvement de contestation qui embrase l’Iran depuis une vingtaine de jours a pris un tournant particulièrement sanglant. Selon plusieurs ONG, la répression aurait déjà fait 2500 victimes. Le régime a également amorcé plusieurs dizaines de milliers de procès rapides, qui aboutiront dans de nombreux cas à des pendaisons.

    Les Etats-Unis de Donald Trump menacent de s’impliquer, tandis que les pays du Golfe tentent de les en dissuader. Le fils du Shah exilé en 1979, Mohammad Reza Pahlavi, proche des Etats-Unis, tente d’incarner la contestation et se propose pour prendre la relève en cas de chute du régime des mollahs. Il est à craindre que la dictature religieuse, bien qu’affaiblie par plusieurs mouvements de contestation et par la guerre des 12 jours avec Israël en juin dernier, n’ait pas dit son dernier mot et fasse payer au peuple iranien sa longue et violente agonie.

    Lire la suite

  • En Iran, de nouvelles manifestations réprimées dans le sang

    Communiqué d'Amnesty International publié le 09.01.2026

    Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran est marqué par une nouvelle vague de manifestations. Les autorités iraniennes y ont répondu par une répression sanglante dans tout le pays. Au moins 28 manifestant·es et passant·es ont été tué·es entre le 31 décembre 2025 et le 3 janvier 2026. Des centaines d’autres ont été blessées et arrêtées arbitrairement.

    Des scènes de violences, qui rappellent tristement la répression du mouvement « Femme, Vie, Liberté » qui secoue l’Iran depuis 2022. Trois ans plus tard, les Iranien·nes qui osent exprimer leur colère face à des décennies de répression et réclamer des changements fondamentaux sont une fois de plus confronté·es aux schémas meurtriers des autorités. On fait le point.

    À l’origine des manifestations

    Les manifestations ont éclaté le 28 décembre 2025 à la suite d'un effondrement brutal de la monnaie, dans un contexte d'inflation galopante, de mauvaise gestion chronique des services essentiels par l'État, notamment l'accès à l'eau, et de détérioration des conditions de vie.

    Les manifestations ont débuté par des fermetures de magasins et des grèves au Grand Bazar de Téhéran. Elles se sont rapidement étendues à tout le pays. D’abord économiques, les revendications ont rapidement évolué vers des appels à mettre fin à République islamique d'Iran, à un changement systémique ainsi qu’au respect des droits humains, à la dignité et à la liberté.

    Majoritairement pacifiques, les manifestant·es ont été réprimé·es dans la violence, à coup d’arrestations arbitraires massives, de disparitions forcées, et de raids nocturnes dans les maisons. Certaines personnes arrêtées n’étaient encore que des enfants âgés d’à peine 14 ans.

    Violences contre les manifestant·es

    Fusils, fusils à pompes chargés de projectiles en métal, canons à eau, gaz lacrymogène, passages à tabac… L’usage illégal de la force et de ces armes par les forces de sécurité iraniennes n’avaient qu’un seul but : disperser, intimider, punir. Tuer.

    Aux côtés de Human Rights Watch, les informations que nous avons recueillies attestent de la mort d'au moins 28 personnes dans 13 villes de huit provinces entre le 31 décembre 2025 et le 3 janvier 2026. Parmi les victimes, des manifestant·es, mais aussi des passant·es… Et des enfants. Taha Safari, 16 ans, était l’une d'elles.

    Les provinces du Lorestan et d'Ilam, où vivent les minorités ethniques kurde et lor, ont été le théâtre des répressions les plus meurtrières, avec au moins huit morts au Lorestan et cinq à Ilam. Les provinces de Chaharmahal et Bakhtiari ainsi que Fars et Kermanshah, comptent au moins quatre morts chacune, ainsi qu'Ispahan, Hamedan et Qom, avec un mort chacune.

    Lire la suite

  • Iran : après les bombes, la répression

    Article Publié par Amnesty International  le 27.06.2025

    Après l’offensive israélienne contre l’Iran, la population civile subit une autre forme de violence : la répression de la société civile s'est considérablement durcie. Depuis la mi-juin, sous prétexte d'une chasse aux espions et aux personnes accusées de « collaboration » avec Israël, les arrestations et les exécutions arbitraires et expéditives  se multiplient. Un engrenage alarmant.

    Loin des regards et sous couvert de sécurité nationale, des dizaines de personnes ont été arrêtées par les autorités iraniennes depuis le déclenchement  de l’offensive israélienne Rising Lion dans la nuit du 12 au 13 juin. Toutes sont accusées de « collaboration » ou d’« espionnage » pour le compte d’Israël.  

    Ces arrestations s’accompagnent d’appels officiels à des procès expéditifs et à des exécutions rapides lancé par les autorités judiciaires. Au moins cinq personnes ont d’ailleurs été exécutées en l’espace de quelques jours. Parmi elles, Esmail Fekri, sommairement pendu le 16 juin à l’issue d’un procès d’une iniquité flagrante.

    Fragilisée par les frappes israéliennes et américaines, les autorités iraniennes se retournent désormais contre leur propre population, resserrant encore un peu plus leur étau contre la société civile.

    Lire la suite

  • En Iran, une loi prévoit la peine de mort contre les femmes qui militent contre le port obligatoire du voile

    Une nouvelle loi des autorités iraniennes, qui doit entrer en vigueur le 13 décembre, intensifie l’oppression des femmes et des filles en Iran : peine de mort, flagellations, prison… Voici les dispositions prévues par cette loi draconienne, honteuse et inhumaine.

     

    Son intitulé est déjà scandaleux : « La loi sur la protection de la famille par la promotion de la culture de chasteté et du hijab. » Les autorités iraniennes ont adopté cette nouvelle loi qui efface, encore davantage, les droits des femmes et des filles, en prévoyant la peine de mort, la flagellation, l’emprisonnement et d’autres sanctions pour écraser le soulèvement contre le port obligatoire du voile. Composée de 74 articles, cette loi met gravement en danger des millions de femmes iraniennes.

    L’art. 37 de la loi prévoit que « la promotion ou la propagation de la nudité, de l’indécence, du dévoilement ou des mauvaises tenues vestimentaires » en collaboration avec des entités étrangères est passible d’une peine allant jusqu’à 10 ans de prison et l’équivalent de 12 000 dollars d’amende.

    Le même article précise que si la conduite équivaut à de la « corruption sur terre », elle peut être punie de mort en vertu de l’article 286 du Code pénal islamique. Les femmes qui envoient des vidéos d'elles sans voile à des médias étrangers peuvent être condamnées à mort. Celles qui militent pacifiquement contre le port obligatoire du voile peuvent être, aussi, condamnées à mort. 

    Lire la suite

  • Deux ans après la mort de Mahsa Amini, la France doit se donner les moyens de condamner l’Iran

    Tribune collective publiée le 10.09.2024

    Le 16 septembre 2022, Jina Mahsa Amini, Kurde iranienne, était assassinée par la police des mœurs pour un voile mal porté. Elle devint le symbole d’un puissant mouvement social et politique mobilisé autour de la devise universelle « Femme, vie, liberté » et revendiquant l’instauration d’une démocratie laïque et sociale, respectueuse des droits des femmes, du vivant, et des groupes ethniques et religieux.

    En dépit de la répression tous azimuts déployée par la théocratie militaire iranienne, qualifiée par l’ONU de possible crime contre l’humanité, les Iranien-n-es poursuivent inlassablement leur lutte. En deux ans, rien ne leur a été épargné, et la machinerie de la mort s’est déployée dans toute sa cruauté envers chaque frange de la société mobilisée : répression des étudiants et des enseignants sur les campus, écolier-e-s gazé-e-s, traque des syndicalistes et des objecteurs de conscience (avocat·es, journalistes, médecins, artistes, athlètes, etc.) et criminalisation du mouvement féministe et écologiste dont les militant·es ont été massivement arrêté·es et emprisonné·es.

    Rejeté par l’écrasante majorité de la population et dépourvu de légitimité, le pouvoir théocratique ne se maintient aujourd’hui que par la terreur, aussi bien à l’intérieur du pays où un nouveau cap dans la violence a été franchi, que sur la scène internationale où il déstabilise la paix et alimente les conflits armés. Alors que l’attention mondiale se focalise sur ses velléités belliqueuses au Proche-Orient, la république islamique tire prétexte de l’escalade militaire pour amorcer, à huis clos, la militarisation et la mise au pas de la société. Ces dernières semaines, au nom de la lutte contre un prétendu «ennemi intérieur», la république islamique a livré sa véritable guerre, interne, dirigée contre les femmes et la société civile organisée : reprise massive des condamnations à mort, y compris de femmes, à l’instar de la militante des droits humains Kurde, Pakhshan Azizi, de la syndicaliste Sharifeh Mohammadi, de la militante féministe Varisheh Moradi, et de Nassim Gholami Simiari, accélération des pendaisons (29 pour la seule journée du 7 août 2024) dont l’exécution, la veille, du manifestant Gholamreza Rasaei, sans information préalable de ses proches, aux termes d’un procès inéquitable et en méconnaissance des droits à la défense, mais également regain de la répression des prisonnier·es politiques après l’attaque inédite, le 6 août dernier, du quartier des femmes de la prison d’Evin par leurs geôliers.

    Cette escalade dans la violence ne suffit pas à stopper les forces, puissantes, de résistance qui continuent de se déployer, au prix de lourds sacrifices humains. La désobéissance civile se poursuit, partout dans le pays, dans les urnes, dans les rues, mais aussi dans les prisons politiques. Boycottant massivement les simulacres d’élections, les Iranien-ne-s ont refusé d’entériner la logique du «bonnet blanc» et du «blanc bonnet» qui a vu triompher Masoud Pezeshkian, président aux ordres de l’ayatollah Khamenei et dépourvu d’autonomie institutionnelle. Malgré le retour massif de la police des mœurs, les femmes continuent de refuser, au péril de leurs vies, le voile obligatoire et défient les lois discriminatoires de l’apartheid de genre qui se renforcent à l’instar d’Arezoo Badri, mère de famille grièvement blessée par la police pour «non-port approprié» du voile et dont des aveux forcés ont été obtenus sur son lit d’hôpital.

    Lire la suite

  • Les cinq pays qui ont le plus exécuté de personnes en 2023

    En 2023, deux pays ont été responsables de 89% des exécutions que nous avons recensées dans le monde. Coup de projecteur sur ces États pris par une folie meurtrière.

    1 – La Chine : des milliers d’exécutions

    Une fois de plus, c’est en Chine qu’ont été exécutées le plus grand nombre de personnes condamnées. Toutefois, il est toujours impossible de connaître la véritable ampleur du recours à la peine capitale dans ce pays, ces données étant classées secret d’État. Les chiffres mondiaux enregistrés par Amnesty International ne prennent donc pas en compte les milliers d’exécutions probablement réalisées en Chine, ni celles qui ont eu lieu au Viêt-Nam et en Corée du Nord, où l’organisation estime que le recours à la peine de mort a été massif.

    2 – L’Iran : au moins 853 exécutions

    L’Iran a exécuté au moins 853 personnes ont été exécutées, ce qui représente une augmentation de près de 48% par rapport à 2022. Les exécutions ont visé de manière disproportionnée la minorité ethnique baloutche d’Iran, laquelle représentait 20 % des exécutions recensées mais seulement 5 % environ de la population iranienne. Au moins 24 femmes et cinq personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur étaient reprochés ont été exécutées. 

    Depuis le début du soulèvement déclenché par la mort en détention de Mahsa Amini, le 16 septembre 2022, la peine de mort est notamment utilisée par les autorités pour étouffer le soulèvement.

    Lire la suite

  • Risque d’escalade au Proche-Orient

    Edito de Cartooning for Peace du Jeudi 18 avril 2024

    Dans la nuit du samedi 13 avril, l’Iran a lancé plus de 300 drones et missiles vers Israël, en réponse à une frappe contre son consulat à Damas le 1er avril dernier. Une agression inédite entre ces deux Etats et un quatrième front qui s’ouvre en quelques mois pour Benjamin Netanyahou après le Hamas à Gaza, les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban. L’offensive n’a fait aucune victime, et 99 % des missiles ont été interceptés par le « dôme de fer » israélien, aidé par l’intervention des États-Unis, de la France, mais aussi de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis. Téhéran qualifie cette salve de missiles d’avertissement, en « réponse aux crimes répétés » de l’État hébreu, et laisse entendre qu’à moins d’une réponse israélienne, elle ne sera pas suivie d’autres attaques. L’armée israélienne promet quant à elle une « riposte », malgré les inquiétudes exprimées par la communauté internationale qui appelle à la retenue face au risque d’embrasement régional. Les Etats-Unis et l’Europe ont cependant annoncé de nouvelles sanctions contre l’Iran quand Moscou et Pékin font bloc derrière Téhéran, contre Washington.

    Lire la suite