
Dessin de Chapatte
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Dessin de Chapatte
Extraits de l'article de , publié dans Basta! le 13.10.2026
Les étudiants sont de plus en plus nombreux à rejoindre le mouvement lycéen, malgré les fermetures administratives, les cours en distanciel et, parfois, la répression de la police. Les enseignants-chercheurs commencent aussi à se mobiliser.
Sur une dizaine de mètres, des poubelles et des cageots s’empilent devant l’entrée de l’université Sorbonne-Nouvelle, aussi appelée Paris 3. Des tags recouvrent le parvis et les murs. Des affiches « La fac est à nous » sont accrochées sur les grilles. Ici et là, des pancartes en soutien au mouvement lycéen : « BV les 2010 » (abréviation pour « bien vu »), « Bismillah c’est les ténèbres » (référence à une tentative d’infiltration policière sur Snapchat, le réseau sur lequel s’organise en grande partie la mobilisation lycéenne). Les étudiants de la Sorbonne-Nouvelle ont organisé un blocage et une assemblée générale (AG) devant leur fac. Un passant âgé s’arrête, le regard curieux, puis encourage les quelques étudiants réunis : « Bon courage pour la manifestation ! », en référence à la manifestation nationale du 13 octobre.
Celle-ci réunit 480 000 participants dans toute la France, selon l’intersyndicale étudiante et lycéenne, 161 000, selon le ministère de l’Intérieur. Pour les premiers, la mobilisation est donc au moins similaire à la journée de manifestation précédente du 8 octobre. Pour les services de Laurent Nuñez, au contraire, elle s’essouffle.
Lucas, en master lettres-philosophie, hoche la tête : ses camarades et lui vont défiler avec les manifestants du 13 octobre. Des rassemblements ont lieu partout en France pour cet acte V du mouvement lycéen. Les syndicats sont présents aux côtés de la jeunesse. À Paris, la marche intersyndicale contre le budget austéritaire s’y est cependant greffée avec un parcours différencié. « Il faut que, par le bas, se solidifie une mobilisation par secteurs entiers : que les lycéens, les étudiants, les travailleurs puissent assurer une continuité du mouvement et multiplier leurs jonctions », espère Lucas, qui milite au Poing levé, une organisation de jeunesse
Dans sa faculté, les AG ont réuni un nombre de plus en plus grand d’étudiants au fil des deux dernières semaines. « 500 personnes sont venues en AG la semaine dernière. Cela démontre que ce mouvement lycéen était destiné à se propager à cette université », retrace-t-il.
« Regarde le mail qui vient de tomber ! » lance à ses côtés Serge, étudiant en informatique, en montrant son écran de téléphone à Lucas.
Celui-ci s’empresse d’aller relayer l’information à un autre groupe, un peu plus loin : la direction de Paris 3 annonce une fermeture administrative anticipée pour la manifestation du mardi 13 octobre. La semaine dernière déjà, l’Union étudiante décomptait près de 30 % des sites universitaires fermés préventivement par l’administration.
Communiqué d'Amnesty International publié le 09.01.2026
Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran est marqué par une nouvelle vague de manifestations. Les autorités iraniennes y ont répondu par une répression sanglante dans tout le pays. Au moins 28 manifestant·es et passant·es ont été tué·es entre le 31 décembre 2025 et le 3 janvier 2026. Des centaines d’autres ont été blessées et arrêtées arbitrairement.
Des scènes de violences, qui rappellent tristement la répression du mouvement « Femme, Vie, Liberté » qui secoue l’Iran depuis 2022. Trois ans plus tard, les Iranien·nes qui osent exprimer leur colère face à des décennies de répression et réclamer des changements fondamentaux sont une fois de plus confronté·es aux schémas meurtriers des autorités. On fait le point.
À l’origine des manifestations
Les manifestations ont éclaté le 28 décembre 2025 à la suite d'un effondrement brutal de la monnaie, dans un contexte d'inflation galopante, de mauvaise gestion chronique des services essentiels par l'État, notamment l'accès à l'eau, et de détérioration des conditions de vie.
Les manifestations ont débuté par des fermetures de magasins et des grèves au Grand Bazar de Téhéran. Elles se sont rapidement étendues à tout le pays. D’abord économiques, les revendications ont rapidement évolué vers des appels à mettre fin à République islamique d'Iran, à un changement systémique ainsi qu’au respect des droits humains, à la dignité et à la liberté.
Majoritairement pacifiques, les manifestant·es ont été réprimé·es dans la violence, à coup d’arrestations arbitraires massives, de disparitions forcées, et de raids nocturnes dans les maisons. Certaines personnes arrêtées n’étaient encore que des enfants âgés d’à peine 14 ans.
Violences contre les manifestant·es
Fusils, fusils à pompes chargés de projectiles en métal, canons à eau, gaz lacrymogène, passages à tabac… L’usage illégal de la force et de ces armes par les forces de sécurité iraniennes n’avaient qu’un seul but : disperser, intimider, punir. Tuer.
Aux côtés de Human Rights Watch, les informations que nous avons recueillies attestent de la mort d'au moins 28 personnes dans 13 villes de huit provinces entre le 31 décembre 2025 et le 3 janvier 2026. Parmi les victimes, des manifestant·es, mais aussi des passant·es… Et des enfants. Taha Safari, 16 ans, était l’une d'elles.
Les provinces du Lorestan et d'Ilam, où vivent les minorités ethniques kurde et lor, ont été le théâtre des répressions les plus meurtrières, avec au moins huit morts au Lorestan et cinq à Ilam. Les provinces de Chaharmahal et Bakhtiari ainsi que Fars et Kermanshah, comptent au moins quatre morts chacune, ainsi qu'Ispahan, Hamedan et Qom, avec un mort chacune.
Depuis une semaine, le Sénégal est en flamme. Le pays est en proie à une explosion de colère suite à l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko. Des violences ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants. Au cours des cinq derniers jours on compte déjà huit morts et des dizaines de blessés par balles. De quoi aggraver une situation déjà tendue dans le pays à la suite d'une série d’arrestations arbitraires de plusieurs militants sénégalais ces dernières semaines.
Le 3 mars, l’arrestation d’Ousmane Sonko, chef de file de l’opposition au président Macky Sall, a embrasé le Sénégal. Alors qu’il se trouvait dans son véhicule, il a été arrêté et inculpé pour troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée. Des heurts ont alors éclaté entre les soutiens de l’opposant et les forces de sécurité dans plusieurs villes du pays, occasionnant des arrestations, des scènes de pillages et la mort de manifestants. Ousmane Sonko a été libéré le 7 mars, mais les manifestations se poursuivent au Sénégal.
D’après la Croix Rouge sénégalaise, 235 personnes ont été blessées lors des manifestations à Dakar le 5 mars dernier. La situation est préoccupante. Nous appelons les forces de sécurité à user de la force avec retenue et uniquement quand cela est nécessaire et que la réponse est proportionnée. Nous demandons aux autorités d’ouvrir des enquêtes impartiales sur les victimes des dernières manifestations.
Communiqué LDH
Le Conseil constitutionnel vient de censurer l’interdiction administrative de manifester que le gouvernement a voulu imposer dans sa loi de circonstance, reprise de la droite sénatoriale. Cependant, il valide l’inspection visuelle, la fouille des bagages et des véhicules aux abords d’une manifestation dès lors que le procureur de la République l’aura autorisé. Le Conseil constitutionnel a aussi validé la sanction d’avoir son visage en partie dissimulé.
En validant deux dispositions qui permettent de retarder voire d’empêcher l’accès à une manifestation et de sanctionner pénalement toute personne dont la police jugera qu’elle dissimule « une partie de son visage », le Conseil constitutionnel cautionne une restriction sans précédent du droit de manifester et ouvre à un arbitraire dangereux.
Que reste-t-il d’une liberté lorsqu’elle est soumise au bon vouloir d’un magistrat qui n’est pas indépendant du pouvoir exécutif et que son exercice peut valoir d’être condamné et fiché ?
La LDH, qui à de nombreuses reprises s’est exprimée sur un mode de nomination des membres du Conseil constitutionnel ne pouvant qu’alimenter les doutes sur son indépendance, exprime sa plus profonde préoccupation devant ce nouveau recul des libertés.
Paris, le 4 avril 2019
Communiqué LDH
Le Premier ministre a ouvert, ce lundi 7 janvier une nouvelle surenchère sécuritaire face à des mouvements
sociaux qui persistent. En visant les casseurs, les mesures envisagées portent de lourdes menaces sur la liberté de manifester et la liberté d’opinion de toutes et tous.
Le poison de l’état d’urgence poursuit ces effets liberticides et le Premier ministre annonce le retour de la responsabilité collective qu’avait instituée la loi « anticasseurs », de sinistre mémoire. Les mesures adoptées par le Sénat, et qui seraient portées et aggravées par le gouvernement, s’en inspirent grandement. Plus de pouvoir administratif, moins de justice, moins de libertés.
La LDH dénonce avec force les violences policières dont certains jeunes manifestants ont été victimes ces derniers jours un peu partout en France, lors des manifestations contre la loi El Khomri.
Il est légitime que la jeunesse manifeste son inquiétude face à un projet qui met en cause son avenir.
Rien ne justifie que la violence s’exerce contre les manifestants et il appartient au gouvernement de faire en sorte que les jeunes et les salariés de ce pays puissent manifester dans de bonnes conditions.