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  • L’emprise des grandes fortunes françaises

    Article de Gabriel Zucman, publié dans Le Monde Diplomatique le 10.02.2026

    Pour comprendre la discussion budgétaire qui se clôt il faut objectiver, avec lucidité et sérénité, une réalité désormais structurante : l’emprise inédite des milliardaires sur la vie démocratique de la nation.

    Récapitulons les paramètres de la situation budgétaire de la France, et replaçons-les, pour commencer, dans la longue durée historique.

    En 2026, le déficit public va, pour la quatrième année consécutive, atteindre ou dépasser les 5 % du PIB. Il s’agit d’une situation sans précédent : la France n’a jamais connu une succession de déficits aussi élevés hors période de crise économique, de pandémie ou de guerre.

    La dette publique va atteindre 118 % du PIB en 2026. Soit le niveau le plus haut depuis la deuxième guerre mondiale, avant cela le premier conflit mondial, et précédemment la Révolution française.

    Le pays dans son ensemble ne s’appauvrit pas, loin de là : la hausse de la dette publique a été plus que compensée par l’envolée des patrimoines privés.

    Entre 2012 et 2024, alors que la dette publique a augmenté de 1 400 milliards d’euros, le patrimoine total des ménages français a crû de 4 700 milliards d’euros.

    Celui des 500 plus grandes fortunes à lui seul a bondi de près de 1 000 milliards d’euros – passant de l’équivalent de 13 % du PIB en 2012 à l’équivalent de 42 % du PIB en 2024.

    La hausse de la dette publique, au cours de cette période, a été à peine plus forte que l’augmentation de la fortune de ces centi-millionnaires.

    C’est dans ce contexte qu’ont eu lieu les débats budgétaires de 2025. Comment assainir les finances publiques du pays ? Les plus hauts patrimoines pourraient-ils, d’une façon ou d’une autre, y contribuer ?

    Il ne s’agissait pas de taxer l’augmentation de la fortune de ces derniers (ce que la France a fait par le passé, notamment en 1945 avec l’impôt de solidarité nationale qui imposa à 100 % les enrichissements de plus de 5 millions de francs), mais d’une proposition modeste et ciblée :

    Soumettre les foyers fiscaux dont la richesse dépasse les 100 millions d’euros à un impôt minimum égal à 2 % de leur patrimoine.

    L’objectif étant simplement de s’assurer que les plus grandes fortunes ne puissent pas payer moins d’impôts, proportionnellement à leur revenu, que les autres catégories sociales. Quelqu’un s’acquittant déjà d’un montant d’impôt personnel équivalent à 2 % ou plus de sa richesse n’aurait rien de plus à verser.

    La fortune des centi-millionaires avoisinant 40 % du PIB, un impôt égal à 2 % de leur richesse rapporterait à peu près 0,8 % du PIB en recettes fiscales : 40 % fois 2 %. Soit, après déduction des prélèvements déjà acquittés par les contribuables concernés, de l’ordre de 20 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires par an.

    Personne ne prétend que ce dispositif puisse à lui seul résoudre nos problèmes de finances publiques. Mais tout le monde comprend qu’il pourrait grandement y contribuer.

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  • Municipales 2026 : faire des communes des territoires de solidarité, partout et pour tous

    Communiqué du Collectif Alerte 

    À l’approche des élections municipales, le Collectif Alerte publie un plaidoyer à destination des candidates et candidats, des élus locaux et de l’ensemble des acteurs territoriaux.

    Objectif : faire de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion un pilier des politiques municipales.

    Alors que près de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, les communes apparaissent comme le premier échelon de solidarité. Accès aux droits, logement, alimentation, enfance, transition écologique, emploi, accueil des personnes étrangères : les choix municipaux ont un impact direct et immédiat sur la vie quotidienne des habitants.

    Dans ce contexte, le Collectif Alerte défend une conviction simple : les solidarités locales sont un choix politique. Si la lutte contre la pauvreté relève en grande partie de politiques nationales, son effectivité dépend largement de la capacité des territoires à rendre les droits accessibles et les services essentiels réellement atteignables.

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  • École et grande pauvreté : Lutter contre les discriminations

    Communiqué de ATD quart monde, publié le 23.01.2026

    • Pourquoi la pauvreté continue-t-elle de déterminer, dès l’école primaire, des trajectoires scolaires dégradées et souvent irréversibles ?
      Après six années d’une recherche participative menée dans une douzaine d’écoles maternelles et élémentaires, ATD Quart Monde présente les résultats de la recherche CIPES – Choisir l’Inclusion Pour Éviter la Ségrégation à l’Académie des sciences le 24 janvier 2026.

    • UN CONSTAT DOCUMENTÉ ET DÉRANGEANT[1]
    • 72,1 % des élèves en SEGPA et 80 % des élèves en ULIS sont issus de milieux défavorisés.
    • En SEGPA, 5 % seulement des élèves sont inscrits au Diplôme national du brevet, 1 % l’obtient.
    • Neuf ans après l’entrée en 6e SEGPA, 37 % seulement des élèves ont obtenu un CAP, souvent non choisi.
    • Ces orientations produisent une ségrégation scolaire durable et contribuent directement à la reproduction de la grande pauvreté.
    • UNE RECHERCHE INÉDITE PAR SA MÉTHODE
    • La recherche CIPES a reposé sur des travaux menés conjointement par des chercheurs, des enseignants et des militants Quart Monde ayant l’expérience de la grande pauvreté et avec le soutien des partenaires (syndicats, AGSAS, mouvements pédagogiques et fédérations de parent d’élèves). Observations de classes, entretiens avec des élèves et des personnels des écoles, questionnaires enseignants et projets conduits dans les écoles ont fait l’objet de temps de réflexion en commun. C’est cette démarche participative qui a permis d’interroger les savoirs et les pratiques.

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  • Repas des anciens 2026

    Le repas des anciens a réuni en ce début d'année près de 200 convives à la salle des fêtes de Vouziers. Les plus de 70 ans de la commune sont conviés à ce repas organisé par le CCAS de la ville,et pour ceux qui ne pouvaient se déplacer, un colis leur avait été proposé pour marquer ce passage en 2026.

    Les tables s'organisent en fonction des affinités, et l'ambiance était assurée par l'orchestre Dany Daniel.

    Voici quelques clichés de ce moment toujours attendu par les anciens de Vouziers.

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    C'est Françoise Payen, la responsable du CCAS, qui a prononcé le mot de bienvenue, en remerciant tous ceux qui ont contribué à la préparation et au bon déroulement de ce repas.

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    C'est par un verre de Champagne que s'ouvre cet après-midi.

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    Au menu, de quoi satisfaire tous les gourmets.

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    200 convives, un chiffre équivalent à celui de l'an dernier.

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    C'est Hervé Buffet et son équipe qui étaient en charge de la cuisine.

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    Rien de tel qu'un peu d'exercice pour mieux digérer.

  • “On a toujours été écolos, sans le savoir” – Comment tordre le cou aux idées fausses sur la pauvreté

    Communiqué d'ATD quart monde du 20.01.2026

    Idée fausse n°1 « Riches ou pauvres, on est égaux face à la pollution. »

    Les personnes en situation de pauvreté « vivent souvent près des autoroutes, des usines, des endroits pollués. Elles subissent la pollution sonore, mais aussi la pollution de l’air. Ce n’est pas la même chose d’habiter dans une maison loin de la route ou dans une barre d’immeuble à côté d’un incinérateur », constate Fatiha Ayad. Certes les personnes riches sont également touchées par la pollution, notamment les enfants. Le ministère de la Santé a ainsi montré dans une étude publiée en 2024 que les jeunes enfants de familles favorisées, habitant souvent dans les grandes métropoles, respiraient un air moins bon que les autres. Mais les inégalités sociales accentuent la vulnérabilité des enfants des familles en situation de pauvreté et ces derniers sont beaucoup plus nombreux à être admis à l’hôpital en urgence pour de l’asthme par exemple. Les plus défavorisés sont par ailleurs plus touchés par les pollutions au travail et à l’intérieur du logement.

    Idée fausse n°4 « Les pauvres ne savent pas se nourrir sainement. »

    D’une seule voix, Fatiha Ayad et Patricia Daran l’affirment : jamais elles n’achèteront de plats préparés. Toutes les deux prennent soin d’analyser ce qu’elles mettent dans leur assiette. « Tous ces produits transformés coûtent cher pour être fabriqués, mais ils coûtent cher aussi à la planète et aux humains », constate Patricia Daran. « Les personnes en situation de pauvreté savent le prix des aliments, calculent sans cesse », souligne Fatiha Ayad.

    Toutes deux ont cependant conscience que manger sainement peut peser lourd dans un budget déjà très serré. C’est alors « la double peine », selon Patricia Daran. « Les gens savent qu’ils mangent des produits mauvais pour leur santé et pas bons, mais ils n’ont pas le choix », précise la militante Quart Monde. « On est pauvre, mais on n’est pas bête. On sait que les plus bas prix, ce sont les produits les plus nocifs », ajoute Fatiha Ayad. Elle aimerait que la composition des aliments soit « plus lisible », que les consommatrices et consommateurs soient mieux informés des effets dévastateurs des aliments ultra-transformés sur leur santé et que la vente de ces produits soit mieux encadrée. « On mange pour vivre, pas pour se détruire ou s’empoisonner. Cela devrait être interdit », préconise-t-elle.

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  • Les responsables de la traite des êtres humains en Champagne en appel après leur condamnation, la LDH reste mobilisée

    Communiqué de la LDH du 19.01.2026

    En septembre 2023, l’inspection du travail a découvert une situation d’esclavage moderne sur un site d’hébergement de vendangeurs à Nesle-le-Repons (51).

    L’enquête de la gendarmerie a révélé que cinquante-sept travailleur-ses saisonnier-es étranger-es, majoritairement en situation irrégulière, subissaient des conditions de vie indignes : matelas à même le sol, douches insalubres avec peu d’eau chaude, sanitaires et espaces communs dans un état déplorable, installation électrique dangereuse, nourriture avariée…

    Nathalie Tehio, présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme), a dénoncé « une véritable exploitation dans le travail au sein des vignes champenoises : travail à un rythme excessivement intense, sous des menaces verbales et physiques, eau insuffisante malgré la canicule, longs horaires, absence de salaire pour la plupart, etc ».

    La LDH s’est constituée partie civile en mars 2024 et, par un jugement rendu le 21 juillet 2025, le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a reconnu coupables tous les prévenus, de l’ensemble des faits reprochés.

    Les prévenus ayant interjeté appel du jugement, l’audience, à laquelle la LDH participera de nouveau, se déroulera les 21 et 22 janvier 2026.

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  • Soutien du CADTM France à Sophie Binet

    Communiqué du CADTM publié le 02.01.2026

    Le CADTM France assure plein soutien, à l’image d’ATTAC France (cf message de Youlie Yamamoto sur sa page fcbk ), organisation soeur de la sphère altermondialiste, à la syndicaliste Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, dans la procédure-bâillon engagée contre elle et contre l’usage de l’image populaire - d’une vérité accablante pour certains patrons - « les rats quittent le navire » ; à savoir la fraction du patronat qui préfère fuir et délocaliser plutôt que de rester en payant l’impôt dû comme tous les autres .

    L’indignité n’est pas du côté de Sophie Binet mais du côté de cette fraction du capital qui en veut toujours plus sans vouloir participer à la redistribution fiscale !

    Honte à eux !

    Christian DELARUE
    Président CADTM France

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    Photo : Selbymay, Wikimedia Commons, CC, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Huma2023SophieBinet_2.jpg