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écologie

  • Renard : 4 idées reçues sur un animal utile

    Article publié le 19 janvier 2022 par FNE

    1. Le renard est-il un animal nuisible ?

    Le renard est un auxiliaire précieux pour l’agriculture

    Cela tient à son régime alimentaire essentiellement constitué de petits rongeurs, responsables de dégâts sur les cultures. Le renard régule ces espèces et évite ainsi l’utilisation de produits toxiques (anti-coagulants) qui peuvent provoquer des réactions en cascade sur le reste de la chaîne alimentaire, comme les rapaces, les sangliers…

    Animal opportuniste, le renard peut aussi nettoyer les carcasses laissées par d’autres prédateurs. En jouant ce rôle d’équarisseur naturel, il évite la prolifération de maladies. Le renard est donc un maillon essentiel dans les écosystèmes.

    Le renard n’est pas responsable de la disparition d’autres espèces

    En tant que prédateur opportuniste, le renard peut consommer des espèces chassables telles que des oiseaux ou des petits mammifères, comme le grand hamster.

    Il ne fait que jouer son rôle de régulateur et n’est pas responsable de la raréfaction de ces espèces, qui est provoquée par les modifications des paysages, les pratiques agricoles intensives et l’étalement urbain. Par ailleurs, les oiseaux d’élevage lâchés pour la chasse et incapables de se défendre constituent pour lui une proie bien plus facile que les animaux sauvages.

    Une étude allemande a conclu que l’amélioration des habitats serait plus efficace que la régulation des populations de renards pour restaurer les populations de lièvres, lapins et perdrix.

    2. Le renard est-il un vecteur de maladies ?

    Le renard ne transmet pas la rage

    Aujourd’hui le renard n’est plus porteur de la rage grâce à une vaste campagne de vaccination orale menée à partir de 1986. En 2001, la rage du renard a été éradiquée, le dernier cas de rage « vulpine » datant de 1998. Un réseau de surveillance de la faune sauvage est en place sur tout le territoire national et permet de repérer tout animal présentant des signes de la maladie.

    Echinococcose alvéolaire : persécuter le renard est inutile

    Souvent présentée à tort comme la maladie du renard, cette maladie rare mais grave chez l’homme est due à un petit ver d’à peine quelques millimètres qui vit dans l’intestin des carnivores : renards, mais aussi chiens et chats. 30 % des chats et des chiens seraient porteurs de ce ver.

    L’homme se contamine en ingérant des aliments souillés par les déjections (mais pas l’urine) ou par contact avec les œufs du ver qui sont présents sur le pelage des chiens et des chats.

    Persécuter les renards ne fera pas reculer la maladie. Il faut appliquer des mesures de prévention simples dans les zones infestées (le Nord-Est de la France et le Massif central) :

    • Consommer cuits à plus de 60°C les plantes, légumes et fruits poussant au sol ;
    • Se laver les mains soigneusement après des travaux de jardinage, après tout contact avec les animaux familiers et avant chaque repas ;
    • Vermifuger plusieurs fois par an chiens et chats avec un produit spécifique contre ce parasite.

    Le renard est un rempart contre la maladie de Lyme

    La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est une maladie transmise à l’homme par des tiques porteuses des bactéries Borrelia. Ces tiques contractent ces bactéries lorsque, encore à l’état de larves ou de nymphes, elles se nourrissent du sang de rongeurs ou d’oiseaux infectés. Ces bactéries, une fois ingurgitées, remontent de l’intestin jusqu’aux glandes salivaires d’où elles pourront être réinjectées dans un nouvel hôte.

    Des études ont montré que l’activité des prédateurs (renard roux, martre, putois, blaireau) pouvait abaisser le nombre de tiques dans un écosystème, en régulant les populations de rongeurs porteurs de tiques. En effet, le renard élimine les rongeurs, qui sont moins actifs en sa présence, ce qui réduit leur taux de rencontre avec les tiques. Et les rongeurs qui se déplacent davantage et qui sont les plus infectés seront aussi les plus prédatés par le renard, ce qui réduit la part de rongeurs infestés. Il est donc contre-productif de tuer des renards pour lutter contre la maladie de Lyme, alors que la présence de ce canidé permet de diminuer la prévalence de cette maladie.

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  • Le Traité mondial sur la haute mer entre enfin en vigueur

    Après deux décennies de mobilisation sur ce sujet, Greenpeace salue l’entrée en vigueur du Traité sur la haute mer ce 17 janvier 2026. Cette date marque également le lancement d’un compte à rebours crucial pour protéger 30 % des océans d’ici 2030 sous la forme de réserves marines, comme le recommandent les scientifiques. La France, en tant que 3ème puissance maritime, doit continuer d’incarner son rôle de pionnière au sein de la mobilisation internationale, en prenant la tête des efforts pour  identifier les sites prioritaires, développer les aires marines protégées en haute mer et y garantir un niveau de protection plus élevé.

    Pour François Chartier, chargé de campagne Océans chez Greenpeace France : « La haute mer abrite des millions d’espèces et des écosystèmes essentiels à l’équilibre des océans. Il ne nous reste que quatre ans pour protéger 30% des océans d’ici 2030. Chaque mois de retard entraîne davantage de dégâts pour des écosystèmes magnifiques et fragiles dont nous dépendons toutes et tous. Or, nous ne pouvons pas faire confiance aux organisateurs de gestion de la pêche ou à l’industrie pour privilégier spontanément la préservation des océans et cesser de les surexploiter : la responsabilité revient donc aux gouvernements de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour limiter l’influence des entreprises qui détruisent l’océan. Parmi eux, la France peut illustrer son ambition en créant la première vague de sanctuaires marins en haute mer ». 

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  • Loi Duplomb 2 : le retour

    Article publié le 15.01.2026 par FNE

    L’été dernier, plus de 2 millions de personnes s’étaient mobilisées pour s’opposer à la Loi Duplomb. Alors que le débat promis pour faire suite à cette pétition a (encore) était repoussé d’un mois, Sébastien Lecornu a annoncé pour mars prochain une nouvelle loi agricole, ainsi que d’autres mesures visant à apaiser la colère des agriculteurs.  Des annonces inefficaces pour aider réellement les agriculteurs mais qui vont peser lourdement sur l’ensemble de la population, en termes de santé, d’accès à l’eau potable, d’environnement et de finances publiques.

    Eau

    Ce qui a été annoncé : une loi (sans précision), le déblocage d’un « maximum de projets » d’irrigation agricole et la suspension jusqu’en septembre des nouveaux arrêtés préfectoraux fixant les volumes d’eau prélevables pour l’irrigation. En outre, suivant la demande de la FNSEA, un travail sera lancé sur la représentativité du monde agricole dans les commissions locales de l’eau.

    Pourquoi c’est une mauvaise idée : la ressource en eau disponible va en se raréfiant : la contrainte n’est pas la réglementation qui protège ce bien commun, mais bien le changement climatique et nos usages déséquilibrés. Aujourd’hui, dans plus d’un tiers de la France hexagonale, l’eau disponible est inférieure aux besoins de la population, qu’il s’agisse d’une période de sécheresse ou non. Les mesures annoncées sont :

    -Injustes : en suspendant les arrêtés préfectoraux encadrant les prélèvements en eau, Sébastien Lecornu empêche toute mise à jour du partage de l’eau, y compris quand les déséquilibres sont déjà manifestes. Il ignore ainsi les recommandations des scientifiques et de son propre service de prospective soulignant le nécessaire encadrement de l’irrigation en matière de surface et de demande en eau.
     

    -Fallacieuses : le Premier ministre reprend le narratif des lobbys irrigants disant que les projets de stockages seraient systématiquement “bloqués”. Pourtant, entre juin 2022 et juin 2023, 56 nouvelles retenues ont pu être mises en service. En 2025, le fond hydraulique agricole (une enveloppe d’aide publique de 20 millions d’euros) a financé la création de 23 ouvrages de stockage de l’eau et l’agrandissement d’un ouvrage existant, ainsi que la rénovation et l’optimisation de réseaux d’irrigation. Les stockages ne sont pas contestés par principe. C’est leur localisation, leur destination, leur multiplication et surtout leur systématisation qui l’est.
     

    -Inadaptées : l’irrigation et le stockage d’eau, en particulier sur les grandes cultures de modèle intensif, se poursuivent sans qu’une trajectoire de sobriété, pourtant urgente, ne soit définie par les politiques publiques. Afin de s’adapter à la raréfaction de la ressource, il faut accompagner les agriculteur·ices vers un autre modèle agricole avec des productions moins consommatrices en eau et des cultures diversifiées, et soutenir les pratiques agroécologiques qui préservent les sols et utilisent l’eau de manière raisonné. L’agriculture ne s’adaptera pas en multipliant les stockages et l’irrigation. Au contraire, les agriculteur·ices se retrouvent enfermé·es dans une dépendance à l’eau toujours plus forte et coûteuse.
     

    -Malhonnêtes : Sébastien Lecornu reprend et consolide une fake-news du lobby irrigant : le monde agricole serait mal représenté dans les commissions locales de l’eau. Un rapport de Greenpeace pointe au contraire la sur-représentation (en effectif et en temps de parole) de l’agro-industrie dans les instances locales de l’eau. Des instances par ailleurs malmenées par la FNSEA et la Coordination rurale qui se permettent d’en bloquer physiquement les réunions lorsque les décisions leurs déplaisent. Soulignons enfin que les acteurs de l’agriculture biologique et paysanne (FNAB, Confédération Paysanne, CIVAM, …) sont souvent exclus ou oubliés des instances locales (Commissions Locales de l’Eau, PTGE, COPIL d’animation de captages …).

    Loup

    Ce qui a été annoncé : une loi (sans précision)

    Pourquoi c’est une mauvaise idée : l’annonce est très floue mais l’idée semble être de faciliter la possibilité d’abattre des loups, alors même que le gouvernement vient déjà d’augmenter le nombre de loups qui pourront être abattus. C’est une méthode :

    -Inefficace : il n’existe aucune étude démontrant qu’abattre des loups a une efficacité pour réduire les dégâts sur les troupeaux. Au contraire, les études existantes montrent que les foyers de prédation sont peu corrélés aux effectifs de loups et que les tirs de loup pourraient même aggraver la prédation du bétail (notamment parce que la désorganisation des meutes engendrée par les tirs entraîne une hausse des attaques l’année suivante). Trois décennies de présence du loup montrent que c’est la mise en œuvre effective des moyens de protection (surveillance, chiens de troupeau…) qui permet de prévenir le plus efficacement les dommages.

    -Destructrice : les études démontrent également que multiplier les tirs aggrave fortement le risque de décroissance de la population, menaçant la viabilité à long terme des loups en France.

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  • Moins de pesticides, plus d’oiseaux

    Communiqué du Museum National d'Histoire Naturelle, publié le 14.01.2026

    Une nouvelle étude menée par plusieurs scientifiques du Muséum met en lumière l’impact généralisé de la contamination de la biodiversité par les pesticides, se concentrant particulièrement sur les oiseaux vivant proche des terres cultivées en France. L’exposition à un large éventail de substances actives est largement associée à un plus faible nombre d’oiseaux chez la majorité des espèces communes, même lorsque d’autres composantes de l’intensification agricole sont prises en compte.

    Un manque de données et une biodiversité fragilisée

    Les pesticides, utilisés largement dans les cultures, provoquent un nombre croissant d’inquiétudes quant à leurs effets sur le reste du vivant. Faute de données précises sur leur utilisation, il reste très difficile de comprendre l’étendue de l’impact des pesticides sur la biodiversité. Les études de terrain, bien que plus proches de la réalité, restent limitées : elles manquent souvent de données détaillées sur l’utilisation de ces produits, portent sur un nombre restreint d’espèces ou se focalisent sur une poignée de molécules médiatisées, alors que de multiples substances contaminent l’environnement.

    Face à ces défis, la France présente un terrain d’étude unique : depuis la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, la déclaration obligatoire des ventes de pesticides offre un jeu de données inédit pour relier pratiques agricoles et biodiversité.

     

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  • Déchets radioactifs : un député pronucléaire d’extrême droite chargé du dossier Cigéo

    Article d'Émilie Massemin, publié dans Reporterre le 13.01.2026

    Le dossier Cigéo a été confié à Maxime Amblard, député du Rassemblement national et voix pronucléaire influente à l’Assemblée nationale.

    Un coup de pouce politique au projet de poubelle nucléaire ? Le député Rassemblement national (RN) de la Meuse, Maxime Amblard, a été nommé rapporteur sur l’évaluation de la demande d’autorisation de création (DAC) du centre de stockage des déchets radioactifs Cigéo, situé à Bure (Meuse). Il a été nommé par le président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), et ce, malgré ses liens étroits avec la filière nucléaire française.

    À l’Assemblée, Maxime Amblard s’est affirmé comme une voix pronucléaire influente. Il a déposé ou soutenu de nombreux amendements visant à relancer et développer massivement la filière nucléaire française dans la loi de programmation énergétique. Certains textes proposaient la construction de nouvelles capacités nucléaires (par exemple 16 gigawatts d’ici 2026/2030 et plus) ou le renforcement du parc existant.

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  • La Confédération paysanne à nouveau partie civile contre des trafiquants de pesticides interdits

    Communiqué de la Confédération Paysanne du 12.01.2026

    Un nouveau procès sur les pesticides interdits se déroule devant le tribunal correctionnel de Marseille du 12 au 14 janvier. Un procès hors norme dans une salle dédiée, la Caserne du Muy, pour 3 jours d'audience. Les gérants de sept sociétés agricoles, ainsi que le fournisseur présumé des produits, sont poursuivis pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture ».

     

    Ce procès est le prolongement de l'affaire dite « des carottes de Créances », dans laquelle les juges avaient condamné des exploitants agricoles ayant fait massivement usage d'un pesticide interdit, le dichloropropène, ainsi que le fournisseur ayant illégalement acheminé le produit en France. La Cour de cassation avait mis fin à cette longue affaire par un arrêt rendu le 23 avril 2024, qui est venu confirmer les condamnations prononcées par la Cour d'appel de Caen.

    Dans ces deux affaires, il s'agit de la même filière d'approvisionnement de pesticides interdits provenant d'Espagne.

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  • 24 et 25 janvier 2026 : comptage national des oiseaux des jardins

    Le grand rendez-vous du Comptage National des Oiseaux des Jardins est de retour ! Les 24 et 25 janvier 2026, la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle invitent tous les curieux de nature à consacrer 1 heure à observer et compter les oiseaux de leur jardin.

    Parce que chaque observation compte !

    Prenez vos jumelles (si vous en avez), installez-vous confortablement et observez : vous allez devenir le témoin d’un ballet ailé qui nous permet d’en apprendre plus sur la santé des populations d’oiseaux des jardins. Moineaux, mésanges, rougegorges, sittelle... Qui sera de la partie cette année ? Et attention chaque espèce doit être comptabilisée, même les pigeons !

    Ce week-end d’observation est bien plus qu’un simple loisir : c’est une occasion unique de contribuer à la science depuis chez vous. Les données récoltées lors de ces deux journées nous aident à mieux comprendre les raisons qui amènent les oiseaux à fréquenter nos jardins et nous permettent de suivre les tendances de population de ces espèces en période hivernale.

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