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  • Une coupe du monde à l’image de Trump

    Editorial de Cartooning for Peace du 11.06.2026

    Le coup d’envoi du Mondial de football 2026, coorganisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada, est donné ce jeudi 11 juin, avec d’ores et déjà son lot de controverses. Donald Trump a tout fait pour accaparer la lumière de cet évènement planétaire. Mais les conséquences de sa politique gâchent la fête avant même le premier coup de sifflet. Deux années d’outrance de Donald Trump ont d’une part profondément affecté les relations entre les trois pays hôtes. D’autre part, les supporters venus du monde entier font face à des prix inaccessibles, des trajets sans fin et, pour un certain nombre de nationalités, à une politique migratoire discriminante et des raids de ICE. En pleine guerre au Moyen-Orient, l’équipe iranienne doit faire le déplacement sans une grande partie de son staff et dans des conditions de sécurité incertaines. Pour combler le tout, la Coupe du Monde, annoncée comme la plus polluante de l’histoire, se fera sous une chaleur écrasante… Bon match !

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  • Dure réalité du doux commerce

    Éditorial du Monde Diplomatique daté de juin 2026 par Benoît Bréville  (Extraits)

    Après avoir accusé cinq raffineries chinoises de se fournir en pétrole iranien, le Trésor américain les a ajoutées, le 24 avril dernier, à son interminable liste d’entreprises sanctionnées. Une routine, en apparence. Voilà des décennies que Washington s’arroge le pouvoir de déterminer qui peut commercer avec le reste du monde, chacun se pliant à ses diktats par crainte d’être exclu d’un système financier international arrimé au dollar.

    Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Pékin, qui se contentait jusque-là de protestations verbales et de contournements discrets, a annoncé qu’il ne se soumettrait pas à ces sanctions, et qu’il poursuivrait devant ses tribunaux toute entreprise chinoise qui s’y conformerait. Une décision justifiée par la nécessité de « préserver la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement du pays ». Autrement dit : empêcher que les sanctions américaines ne désorganisent des flux énergétiques devenus essentiels à l’économie régionale.

    (...)

    Face à ce risque, Pékin durcit le ton, d’autant qu’il dispose désormais d’instruments lui permettant d’atténuer l’effet des sanctions financières américaines : système de paiement transfrontalier et règlement croissant du commerce pétrolier en yuans, accords entre banques centrales, ou encore projets de monnaies numériques interopérables. Dès lors, le calcul chinois s’en trouve modifié : un bras de fer avec les États-Unis devient moins coûteux qu’une perturbation prolongée des flux commerciaux.

    (...)

    En contestant l’hégémonie américaine, Pékin défend ainsi la continuité d’un ordre libre-échangiste dont Washington a longtemps fixé les contours. Il en reprend la logique : dans le commerce mondial, les règles comptent moins que la puissance de ceux qui les imposent.

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  • Après Trump, Poutine : ballet diplomatique à Pékin

    Éditorial de Cartooning for Peace du Jeudi 21 mai 2026

    Seulement quatre jours après la visite très médiatisée de Donald Trump, c’est au tour de Vladimir Poutine de rencontrer Xi Jinping à Pékin les 19 et 20 mai. Pour la Chine, ce ballet diplomatique renforce une image de puissance incontournable sur la scène internationale. Pour la Russie, affaiblie par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, c’est l’occasion de reprendre appui sur un puissant allié.

    Les deux pays amis de longue date veulent renforcer leur coopération sur tous les sujets. Une quarantaine d’accords bilatéraux, dont la construction d’un gazoduc géant, leur permettent d’atténuer les perturbations économiques et énergétiques liées à la guerre au Moyen-Orient. Diplomatiquement, Xi Jinping et Vladimir Poutine veulent réaffirmer leur position en tête d’un bloc « anti-Occidental », après avoir échoué à protéger le Venezuela, l’Iran, et bientôt Cuba des frasques imprévisibles de Donald Trump.

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  • No Kings Day (Etats-Unis) : par millions contre la guerre de Trump et sa politique migratoire

    Article de Dan La Botz publié sur le site du CADTM le 12.05.2026

    Aux États-Unis, huit millions de personnes ont pris part aux 3 300 manifestations « No Kings » contre le président Donald Trump et sa politique, défilant dans les 50 États le samedi 28 mars. J’ai moi-même manifesté avec ma famille à Brooklyn, à New York.

    Il s’agissait de la troisième mobilisation de ce type, chacune plus massive que la précédente, démontrant l’ampleur du rejet populaire de la présidence Trump. Saint Paul, capitale du Minnesota et ville jumelle de Minneapolis, était le point central de cette journée nationale d’action, en raison de l’exemple particulièrement courageux de résistance populaire face aux actions violentes et illégales de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). À Minneapolis, des agents de l’ICE ont tué deux citoyenNEs, Renee Good et Alex Pretti, en janvier, alors que la ville se soulevait dans des ­mobilisations pacifiques pour se défendre.

     « Regime Change Here Now »

    S’exprimant à Saint Paul, Bernie Sanders a déclaré : « Face à l’occupation sans précédent de cette ville par l’ICE, l’armée intérieure de Trump, cette communauté s’est levée et, avec une solidarité extraordinaire, a riposté et a gagné. Le Minnesota a montré au peuple américain, et au monde entier, ce qu’est la démocratie, ce qu’est l’action militante de terrain, et ce que signifie défendre les idéaux américains de liberté et de justice. » Sanders a également dénoncé l’oligarchie économique : « Nous ne laisserons pas ce pays basculer dans l’autoritarisme ou l’oligarchie. Aujourd’hui, nous ne disons pas seulement non à l’autoritarisme de Trump : nous disons non à M. Musk, non à M. Bezos et à M. Zuckerberg… Vous ne pouvez pas tout avoir. »

    Comme toujours, les manifestantEs portaient leurs pancartes artisanales. Un slogan très répandu était : « No Kings, No War, No ICE ». D’autres proclamaient : « No Kings, No Fascists », ou encore : « Regime Change Here Now ». Il m’a semblé qu’il y avait moins de drapeaux américains que lors des deux précédentes mobilisations « No Kings », peut-être parce que, dans un mouvement devenu massif, les participantEs ne ressentent plus le besoin de prouver leur patriotisme.

     Une démonstration de force collective

    Cette mobilisation était plus importante, plus dense, plus profonde, plus large. Dans de nombreuses grandes villes, les manifestantEs ont convergé depuis leurs quartiers vers les centres urbains, signe d’une organisation locale en progression. Les syndicats, en revanche, étaient peu présents et la vie quotidienne n’a pas été fortement perturbée. La fonction principale de ces manifestations a peut-être été de donner un visage humain aux sondages qui montrent un recul de Trump et des Républicains. Mais ces mobilisations sont aussi essentielles parce qu’elles permettent à chacunE de s’exprimer et de prendre conscience de sa propre force collective.

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  • L’OTAN en voie de décomposition

    Extraits de l'article de Philippe Leymarie paru dans le Monde Diplomatique le 18.04.2026

    « L’Amérique ne peut rien faire pour vous, et il n’y a rien, non plus, que vous puissiez faire pour le peuple américain » : le vice-président J.D. Vance avait conclu ainsi une charge d’une agressivité inusitée contre les Européens, dans un discours à la Conférence annuelle de Munich sur la sécurité en février 2025, livré quelques jours après les débuts d’une seconde présidence Trump, qui devait donner le ton aux relations euro-américaines pour les temps actuels, et sans doute à venir...

    Un an plus tard, les déconvenues américaines autour de la circulation dans le détroit d’Ormuz, à l’entrée du Golfe arabo-persique, conséquence de la guerre lancée contre l’Iran, ainsi que le refus des principales nations européennes de prêter leur concours à l’US Navy pour en reprendre le contrôle, n’ont pas incité Washington à plus de complaisance.

    Décidé à faire payer les Européens pour leur manque de soutien, Donald Trump, au fil de ses innombrables numéros de « showman », a successivement :

     traité ses alliés de « lâches »,
     clamé que les États-Unis « s’en souviendront »,
     qualifié une fois de plus l’OTAN de « tigre de papier » (ce qu’il proclamait déjà il y a vingt cinq ans, lorsqu’il était simple promoteur immobilier),
     et promis qu’il pourrait décider finalement de quitter un jour cette alliance transatlantique si peu fidèle aux sollicitations de son parrain,
     et au minimum ne pas appliquer son article 5, le mécanisme de protection solidaire au cas où un membre serait agressé (dont les États-Unis avaient profité après l’attentat de septembre 2001 contre les tours de New-York).

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  • Moyen-Orient : trêve en Iran et furie au Liban

    Éditorial de Cartooning for peace du 09.04.2026

    Au grand soulagement de la population iranienne, un cessez-le-feu de deux semaines a été arraché mercredi 8 avril entre les États-Unis et l’Iran, à la suite des menaces d’anéantissements vociférées par Donald Trump. Comme souvent, chaque camp revendique une victoire. Mais les Etats-Unis ont échoué à faire tomber le régime des mollahs et à rouvrir le détroit d’Ormuz, et l’Iran a subit d’importantes pertes et destructions. Des négociations sont censées se tenir à partir de vendredi à Islamabad, sur des bases confuses. Cette trêve est d’autant plus fragile que le Liban, qui n’est pas concerné par le cessez-le-feu, continue de subir la fureur du gouvernement Netanyahou. Mercredi, des frappes massives sur Beyrouth et plusieurs villes et villages ont fait plus de 250 morts et des milliers de blessés en quelques heures. Face au carnage, l’Iran a menacé de rompre la trêve si le cessez-le-feu ne s’étendait pas au Liban.

     

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  • Guerre en Iran : nouvel embrasement au Moyen-Orient

     

    Éditorial de Cartooning for Peace de mars 2026

    Le samedi 28 février, les États-Unis, en coordination avec Israël, ont unilatéralement lancé une série de frappes aériennes contre l’Iran alors que des pourparlers étaient en cours. Washington et Tel-Aviv ont présenté l’opération « Epic Fury » (« Furie Épique ») comme une action préventive face à la montée des tensions régionales et aux capacités militaires et nucléaires iraniennes. Dès les premières heures de l’offensive, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a été tué lors d’une frappe à Téhéran. Sa mort, après 37 ans de règne sanguinaire, ouvre une période d’incertitude. Jouant sa survie, le régime étend le conflit par l’envoi de missiles sur les pays du Golfe, et le Hezbollah libanais réplique dès le 2 mars par des tirs de roquette contre Israël pour venger la mort de Khamenei, provoquant un exode massif au Sud Liban. Économiquement, le conflit a des répercussions mondiales, le blocage du détroit d’Ormuz entraînant une forte hausse des prix de l’énergie et le risque d’un choc boursier. Les civils de la région paient le prix le plus fort de ce nouveau conflit à commencer par le courageux peuple iranien, pris en étau entre la crainte de cette nouvelle guerre et l’espoir d’un nouvel avenir à construire après des décennies de terreur.

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