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  • Un an sous Trump : 5 preuves de la dérive autoritaire des États-Unis

    Article publié par Amnesty International le 20.01.2026

    Un an après le retour de Donald Trump, les États-Unis basculent vers un État autoritaire. Amnesty International a documenté de nombreuses attaques contre les droits fondamentaux qui s’enchaînent avec une force et une rapidité fulgurante. A l’intérieur et au-delà des frontières, Donald Trump exporte le chaos. Voici 5 dérives du pouvoir qui doivent nous alerter. 

     

    Le retour de Donald Trump au pouvoir sème le chaos et la peur aux États-Unis. Personnes étrangères traquées, médias libres muselés, contestation neutralisée, justice instrumentalisée, savoir scientifique étouffé, droits des femmes et des personnes LGBTI+ piétinés. L’un après l’autre, les piliers de l’État de droit s’effondrent dans le pays qui se targuait d’être le champion des droits humains.  

    Depuis des années, Amnesty International recense les pratiques autoritaires à travers le monde. Et le schéma qui est à l’œuvre aux États-Unis nous est malheureusement trop familier. Le pays multiplie les mesures qui concentrent les pouvoirs, sapent l’État de droit et violent les droits humains. Les attaques répétées depuis un an contre le droit international et contre le multilatéralisme signent l’avènement d’un nouveau désordre mondial où seule la loi du plus fort semble faire foi. 

    Depuis un an, nos équipes ont enquêté sur les multiples attaques de l’administration de Donald Trump contre les droits. Nous publions les résultats de nos recherches dans une analyseRinging the Alarm Bells: Rising Authoritarian Practices and Erosion of Human Rights in the United States. Elle dresse le sombre bilan d’un autoritarisme qui s’enracine dans la société américaine et émet une série de recommandations pour rectifier la trajectoire. Voici cinq illustrations de la dérive autoritaire aux États-Unis. 

    1. Une police aux pouvoirs démultipliés : l’ICE traque les personnes étrangères

    La peur est devenue quotidienne pour des milliers de personnes étrangères aux États-Unis : peur de sortir faire ses courses, peur d’accompagner ses enfants à l’école, peur de se rendre à l’hôpital. Los Angeles, Minneapolis, Chicago, Washington…  la police fédérale de l’immigration américaine (ICE), les cherche partout, jusque dans les écoles, les hôpitaux, les églises, les tribunaux, lieux qui lui étaient autrefois interdits. La chasse lancée par l’administration Trump est assumée, affichée et déshumanisante. Les droits des personnes étrangères sont volontairement piétinés. 

    Dans une vidéo, la Maison Blanche compare les personnes étrangères à des « Pokémons à attraper ». L’objectif annoncé de Donald Trump : un million d’expulsions par an. Pour l’atteindre, il a fait de l’ICE son bras armé en augmentant ses effectifs et son champ d’action. La méthode : instiller la peur permanente et organiser une machine de détention. Des personnes sont arrêtées, placées en détention ou expulsées dans des pays tiers même lorsqu’elles sont en règle.

    Et celles et ceux qui cherchent à défendre les droits des personnes étrangères sont aussi ciblées. Face aux manifestations de soutien aux personnes étrangères qui ont éclaté en juin à Los Angeles, Donald Trump a répondu par la force et la peur : des troupes armées ont été déployées dans les rues pour réprimer les manifestants qui protestaient. Par ces méthodes, Trump cherche à intimider des communautés entières en contrôlant des zones urbaines et à écraser la dissidence.

    Dans un rapport publié en décembre 2025 nous avons enquêté sur « Alligator Alcatraz », nouveau centre de détention financé par l'État, créé à la hâte en juillet 2025. Les personnes arrêtées arbitrairement par l’ICE se retrouvent détenues dans des conditions inhumaines et insalubres, révélées dans notre rapport. Pour l’un de nos chercheurs, Amy Fischer : « ces conditions à Alligator Alcatraz illustrent une pratique de négligence délibérée visant à déshumaniser et sanctionner les personnes qui y sont détenues » La Floride est l’un des laboratoires de la politique anti-immigration de Donald Trump. Dans cet État, le nombre de personnes détenues par l’ICE a augmenté de 47 % en seulement huit mois. La peur d’être arrêté, placé en détention ou expulsé est omniprésente. Depuis le 20 janvier 2025, plus de 1,5 million de personnes étrangères ont perdu ou vont perdre leur statut de résident temporaire légal. Du jamais vu dans l’histoire récente des États-Unis.  

    Face à des méthodes violentes, racistes et arbitraires, la résistance s’organise. Des habitants de plusieurs villes se regroupent pour protéger les personnes étrangères ciblées qui ne souhaitent plus sortir de chez elles par crainte d’être arrêtées. Renee Nicole Good, citoyenne américaine, se trouvait en plein dans une opération de contrôle de la police de l’immigration à Minneapolis quand elle a été abattue par un agent de l’ICE le 8 janvier 2026. Le meurtre de cette mère de famille de 37 ans a suscité une vague de manifestations contre la police de l’immigration. 

    2. Les universités et la recherche sous haute surveillance : le savoir mis au service du politique

    La liberté d’expression des étudiant·es bafouée

    Des étudiant·es qui s’expriment en faveur des droits des populations palestiniennes sont sanctionnés. Les étudiant·es étranger·es sont particulièrement visés. Nous avons enquêté sur la surveillance de leurs réseaux sociaux, scrutés par des outils dopés à l’IA pour déceler la moindre prise de parole en faveur des droits des Palestinien·nes. Mahmoud Khalil, ancien étudiant de l’université Columbia, a été illégalement arrêté pour avoir été porte-parole de manifestations sur le campus. Nous avions activement milité pour sa libération, mais il reste menacé d’expulsion du territoire américain.

    La résistance à ces attaques passe en premier lieu par la mobilisation étudiante. Et c’est ce que cherche à neutraliser Trump en s’attaquant aux manifestations sur les campus. Pour protéger les droits des étudiant·es à s’exprimer, se rassembler et s’organiser, la section américaine d’Amnesty International a lancé sa campagne “Halte à la répression : Protégeons le pouvoir des étudiants

    Le savoir scientifique bâillonné  

    Les universités qui ne s’alignent pas sur les politiques du Président Trump sont menacées par les retraits de financement et par des enquêtes à leur encontre. Donald Trump a demandé la révocation du statut d’exonération fiscale de l’université Harvard pour avoir “encouragé un virus politique, idéologique et terroriste” qui n’est pas “dans l’intérêt public”. Six autres établissements d'enseignement supérieur ont fait l'objet d'une enquête pour avoir accordé des « bourses d'études fondées sur la race », jugées inadmissibles. 

    Donald Trump multiplie les mesures pour cloisonner la science et l’éducation dans une vision trumpiste du monde. Le changement climatique ou les politiques de diversité ne font pas partie du vocabulaire officiel sont effacés par le pouvoir. Nous avions rencontré le chercheur et professeur d’histoire Brian Sandberg qui témoignait de la censure à laquelle il faisait face dans ses projets de recherche. Ses études portant sur le changement climatique ne pouvaient plus recevoir de bourse fédérale à cause de l'objet même de sa recherche. Le Washington Post a révélé qu’une liste de mots clés interdits circulait dans la recherche universitaire : “femme”, “diversité”, “antiracisme”, “changement climatique”, “genre” sont accusés de propager une “idéologie wokiste”. Des milliers de pages web et de données sur la santé et le climat ont été supprimées des sites web gouvernementaux et une vague de coupes budgétaires et de licenciements vise les organismes de recherche.  

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  • Venezuela : un retour à l’ère coloniale

    Éditorial de Denis Sieffert  pour Politis, paru le 6 janvier 2026

    L’enlèvement de Nicolas Maduro dans un complexe militaire de Caracas, le 2 janvier, est évidemment un acte de piraterie inadmissible, quelle que soit la détestation que nous inspire le dictateur vénézuélien. Mais chacun a compris (sauf apparemment Emmanuel Macron) que le pire est ailleurs, dans le discours qui a immédiatement suivi l’opération de forces spéciales dont on ne doutait pas du « savoir-faire ».

    Il ne s’agit pas d’un acte isolé, mais d’une promesse impériale pour demain qui fait vaciller le monde. Il ne s’agit pas d’un acte isolé, mais inscrit dans la continuité d’une pratique déjà à l’œuvre en d’autres contrées. On n’a pas assez souligné que le soutien le plus enthousiaste est venu de Benyamin Netanyahou.

    Après tout, Gaza a servi de terrain d’expérimentation. Le massacre en plus. Le même mépris du droit, le même projet d’annexion. Les mêmes visées mercantiles : au Venezuela le pétrole, à Gaza l’immobilier. Et, hélas, la même mise à l’épreuve d’une Europe qui s’est révélée dramatiquement défaillante au Proche-Orient.

    Dès lors, l’affaire n’était pas inimaginable. Pour Donald Trump, c’est un bon coup politique. Son électorat a sans doute aimé l’entendre plastronner que « nous [les États-Unis et lui, Donald] sommes les plus forts de la planète ». En réalité, si Trump fait peur, ce n’est pas en raison de la technicité de ses bataillons d’élite, mais par le message qu’il délivre à toutes les puissances, grandes ou moyennes, qui auraient envie de s’inspirer de son exemple.

    Que pourrait-il dire si Xi Jinping jugeait le moment opportun pour envahir Taïwan ? Ou si Poutine s’en prenait aux États baltes ou à la Moldavie ? Je ne parle pas d’attaques d’Israël contre le Liban, c’est déjà le lot quotidien du sud de Beyrouth, ou contre l’Iran, c’est en projet. Sans parler du Rwanda au Congo.

    C’est cette dimension planétaire de l’opération de Caracas qu’Emmanuel Macron a tenu pour négligeable, et qui s’appelle le droit international. Il a fallu 48 heures au président français pour s’inquiéter de la méthode employée par Trump, après s’en être félicité. Opportunisme ? Sa faiblesse l’a en tout cas délégitimé pour porter une voix européenne déjà tremblante.

    On sait pourtant que la diplomatie de molle soumission n’a aucun effet sur des personnages comme Trump, Poutine ou Netanyahou, et qu’elle les encourage au contraire. Bien entendu, personne n’a envie, ou ne devrait avoir envie, de verser des larmes sur le sort de Maduro. Ce dictateur qui s’est maintenu au pouvoir en refusant, en 2024, le verdict des urnes, en emprisonnant ses opposants et en ruinant son pays au point de faire fuir un quart de sa population.

    Mais qui peut croire un instant que Trump se soucie des Vénézuéliens ? La chute de ce tyran post-stalinien ne serait qu’anecdotique si on n’en mesurait pas les conséquences pour le Venezuela, pour l’Amérique latine, et la planète entière. Pour le pays de Simon Bolivar, l’avenir est très incertain.

    Trump a décidé de le mettre sous tutelle, en transformant en marionnette la numéro deux du régime, Delcy Rodríguez, menacée, à mots à peine couverts, de mort (« un sort pire que celui de Maduro ») si elle n’obtempère pas. Il a écarté sans ménagement l’opposante la plus légitime, María Cocina Machado, pourtant bien de droite, mais réputée indocile. Il songe tout juste à mettre sa grosse patte démangée par le lucre sur un pays qui regorge de pétrole.

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  • Des millions de manifestantEs contre Trump

    Article de Dan La Botz, publié le 23.06 par le CADTM

    Au moins cinq millions de personnes ont participé à 2 000 manifestations « No Kings Day » dans les grandes villes et les petites localités des 50 États, la plus grande manifestation nationale jamais organisée contre Trump.

    Dans une ambiance festive et rebelle, accompagnéEs de fanfares et de tambours, les manifestantEs ont scandé des slogans, chanté des chansons et brandi des pancartes avec des slogans tels que « No Kings since 1776 » (« Pas de rois depuis 1776 ») ou des pancartes s’opposant aux attaques du président Donald Trump contre les soins de santé, les programmes alimentaires pour les enfants et les personnes âgées, ou encore contre l’éducation et la science.

     Pas de rois ! Liberté !

    Certaines banderoles affichaient le slogan « Fight Oligarchy » (À bas l’oligarchie). Plus de pancartes que précédemment portaient le slogan « Non au fascisme ! » Dans toutes les manifestations, il y avait davantage de drapeaux américains et de chants exprimant un désir de rédemption nationale. À New York, où j’ai manifesté, les gens scandaient « À qui appartient ce pays ? À nous ! » À Philadelphie, fer de lance des manifestations, l’historien Timothy Snyder a répété à plusieurs reprises « Pas de rois », et la foule a répondu « Liberté ! »

    Il s’agissait presque exclusivement de manifestations pacifiques, sans incident notable. À Riverside, en Californie, un contre-manifestant poursuivi par la police a été trouvé en possession d’une arme à feu dans sa voiture. En Virginie, un homme a foncé avec sa grosse voiture sur les manifestantEs, blessant une personne. À Los Angeles, où les conflits duraient depuis plusieurs jours, quelques manifestantEs ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont réagi en frappant et en arrêtant certains d’entre eux, mais il ne s’agissait là que d’un incident mineur dans le cadre d’une manifestation massive.

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  • Iran-Israël : nouvel embrasement dans le chaos du Moyen-Orient

    Edito de Cartooning for Peace du Jeudi 19 juin

    A la veille de négociations prévues entre iraniens et américains, Israël a attaqué par surprise les 12 et 13 juin les infrastructures mais aussi les leaders du programme nucléaire iranien et des Gardiens de la Révolution, faisant au passage des victimes civiles. Un rapport de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) sur l’accélération des capacités d’enrichissement d’uranium de l’Iran aurait alarmé et motivé l’attaque d’Israël, farouchement opposé au développement d’armes nucléaires par ses ennemis. La réplique iranienne ne s’est pas faite attendre et les deux pays, animés par quarante ans d’antagonisme, échangent désormais des tirs quotidiens.

    Les pays occidentaux semblent pour le moment faire bloc derrière Netanyahou, qui retrouve ainsi ses appuis diplomatiques, progressivement dérobés avec la tragédie de Gaza. Le monde a les yeux rivés sur les États-Unis, mais difficile de savoir pour le moment si Donald Trump va s’engager directement dans ce conflit. Les ennemis de l’Iran voient dans ce nouveau front l’occasion de faire chuter l’indéfendable régime des Mollahs, honni par une grande majorité d’iraniens. Mais les civils de la région ne peuvent que souffrir de cet embrasement et de cette prédominance de la force, au détriment du droit international et de la diplomatie.

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  • Elon Musk quitte le DOGE et retourne à ses affaires

    Edito de Cartooning for Peace du Mercredi 4 juin 2025

    Elon Musk s’est retiré le 30 mai de ses fonctions à Washington, après avoir été l’autre figure centrale de la campagne et des premiers mois de présidence de Donald Trump. À la tête du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), Elon Musk s’était donné l’objectif de débiter à la tronçonneuse les dépenses publiques jugées inutiles. Son objectif de 2000 milliards d’économies, revu plusieurs fois à la baisse, n’a jamais été atteint. Le DOGE affiche un bilan de 175 milliards d’économies, réduits à moins d’une dizaine selon certaines sources qui prennent en compte le chaos engendré par les coupes aveugles et les milliers de licenciements.

    Après ce sabordage infructueux, l’homme le plus riche du monde va retourner à la gestion de ses entreprises, dont Tesla qui a vu ses ventes chuter ces derniers mois. Politique et business ne font pas toujours bon ménage. Il a assuré qu’il restera « l’ami et le conseiller » de Donald Trump, dont il a pourtant qualifié le nouveau projet budgétaire annoncé en début de semaine « d’abomination dégoûtante ». L’inconstance, l’excentricité et la suractivité d’Elon Musk semblent par ailleurs cadrer avec les révélations du New York Times, dans un article du 30 mai, sur sa consommation débridée de diverses drogues, ce qu’il dément.

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  • C’est parti pour la nouvelle ère Trump !

    Edito de Cartooning for Peace du 23.01.2025

    Donald Trump a officiellement pris ses fonctions de 47e président des États-Unis lundi 20 janvier, à l’issue d’une journée d’investiture scrutée par le monde entier. Une étrange journée, marquée par un froid polaire qui a cloué la cérémonie à l’intérieur du Capitole, et par le double salut fasciste lancé par Elon Musk au meeting d’investiture*, tout un symbole…
    Dès lundi, Donald Trump a signé plusieurs « executive orders » parmi la centaine qu’il a préparé pour son début de mandat, un record. Il a signé, entre autres, des lois anti-immigration, une grâce présidentielle pour les assaillants du Capitole, et le retrait des États-Unis des accords de Paris.
    Sur la scène internationale, Donald Trump va appliquer son principe « America First ». Il compte refondre l’ordre mondial sous le signe de la puissance, à l’instar de ses homologues Russes et Chinois. Il cherche à s’émanciper du droit international et de ses institutions, du dialogue et des alliances. L’Europe, que ce soit sur le terrain stratégique ou commercial, sera la première à faire les frais de cette nouvelle ère Trump.

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  • Serpillière européenne

    Éditorial du "Monde Diplomatique" de décembre 2024 par Benoît Bréville  (extraits)

    (...)

    La victoire du candidat républicain a semé la panique dans les chancelleries du Vieux Continent, où chacun redoute qu’il applique son programme : arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine, fin du parapluie sécuritaire américain, remise en cause des alliances traditionnelles, protectionnisme agressif… Des mesures qui bouleverseraient l’ordre international mis en place au lendemain de la seconde guerre mondiale et auxquelles l’Union européenne n’est pas préparée.

    Qu’à cela ne tienne, de Paris à Bruxelles, les responsables politiques roulent des mécaniques. « Nous avons démontré que l’Europe pouvait prendre son destin en main quand elle était unie », se targue la présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen, tandis que M. Emmanuel Macron annonce l’avènement d’« une Europe plus unie, plus forte et plus souveraine », dotée d’une « autonomie stratégique ». De belles paroles auxquelles personne ne croit plus vraiment.

    D’une part car la promesse a déjà été faite maintes fois — à la chute du mur de Berlin, après l’intervention américaine en Irak, pendant la crise financière de 2008, au début du premier mandat de M. Trump… —, sans rien modifier à la vassalisation des Européens.

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