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  • les États doivent agir maintenant pour protéger la Cour Pénale Internationale des attaques illégales des États-Unis

    Communiqué collectif de la Coalition pour la Cour pénale internationale (CCPI) et plus de 120 organisations dont la LDH et la FIDH 

    La Coalition pour la Cour pénale internationale (CCPI) et plus de 120 organisations venant de plus de 60 pays, des dizaines d’experts en droit, défenseurs de droits humains et membres du Parlement européen, condamnent sans équivoque et avec la plus grande fermeté la décision des États-Unis d’imposer des sanctions illégales à la Cour pénale internationale (CPI). Cette mesure sans précédent constitue une attaque directe contre l’État de droit, l’indépendance de la Cour et la justice internationale, compromettant les droits de millions de victimes et de survivant-e-s de crimes de masse à travers le monde.

    La CPI a fait preuve d’une résilience remarquable en continuant avec détermination son mandat face aux attaques. Les États parties doivent maintenant défendre la Cour qu’ils ont eux-mêmes créée, et protéger ceux qui coopèrent avec elle. Les condamnations à elles seules ne suffisent pas ; une action coordonnée est urgemment nécessaire pour protéger la capacité de la Cour à continuer de fonctionner.

    Le 9 octobre 2026, les États-Unis ont annoncé l’imposition de sanctions visant la CPI en tant qu’institution sur le fondement du décret présidentiel 14203. Ces sanctions constituent la plus grave escalade d’une campagne menée de manière continue par les États-Unis, dont l’objectif déclaré est de démanteler la CPI « brique par brique », au motif qu’elle a enquêté sur des crimes présumément commis, sur le territoire d’un État partie, par des ressortissants américains ou leurs alliés, en particulier des ressortissants israéliens.

    En vertu du Statut de Rome, la Cour peut exercer sa compétence à l’égard de crimes commis sur le territoire d’un État partie, quelle que soit la nationalité de l’auteur présumé.

    Depuis février 2025, l’administration Trump a imposé des sanctions à l’encontre de l’ancien procureur de la CPI, Karim Khan ; des deux procureurs adjoints ; du président de la CPI et de huit autres juges ; d’un membre du personnel également candidat à l’élection judiciaire ; d’une rapporteuse spéciale des Nations unies ; ainsi que de trois organisations palestiniennes de défense des droits humains.

    Ces mesures visent à saper l’ensemble du système institué par le Statut de Rome et à empêcher les enquêtes sur les crimes internationaux et la poursuite des auteurs.

    Le décret présidentiel 14203 interdit aux “personnes américaines” de fournir un soutien matériel ou des services aux personnes et entités désignées, y compris des services financiers, et expose les “personnes non américaines” au risque de sanctions secondaires lorsqu’elles adoptent des comportements interdits par ce décret. Les personnes américaines qui enfreignent ces dispositions s’exposent à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement et à des amendes pouvant atteindre un million de dollars américains, ainsi qu’à des sanctions civiles.

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  • Le pétrole vénézuélien accaparé par Washington : que sont devenus les revenus pétroliers depuis le 3 janvier 2026 ?

    Article d’Eric Toussaint, publié par la CADTM le 16.08.2026 (Extraits)

    Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé une opération militaire contre le Venezuela qui s’est soldée par la capture et la séquestration du président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores et leur transfert aux États-Unis. Lors de cette agression effectuée avec 150 aéronefs, une centaine de personnes ont perdu la vie dont 32 Cubains qui ont tenté de protéger la présidence du pays, le reste des victimes étaient vénézuéliennes. Quelques heures après cette intervention, Donald Trump annonçait que Washington prétendait désormais contrôler temporairement le Venezuela et exploiter ses ressources pétrolières.

    Cette intervention a donc marqué une rupture majeure dans l’histoire récente du Venezuela. La vice-présidente de la république et d’autres autorités ont accepté de fait la situation et se sont soumis à la volonté de Donald Trump et de son administration. L’agression armée perpétrée par l’armée étasunienne et la soumission des autorités de Caracas ont permis à Washington de prendre le contrôle des exportations pétrolières du pays et de posséder les comptes sur lesquels sont versées les recettes tirées de ces exportations.

    Cette question est d’autant plus importante que le Venezuela dispose des plus importantes réserves pétrolières prouvées au monde. Pendant des décennies, le pétrole a constitué la principale source de revenus extérieurs du pays. Le contrôle de ces revenus constitue donc un instrument essentiel de contrôle économique et politique.

     Des revenus pétroliers relativement modestes avant l’intervention américaine

    Il convient d’abord de rappeler que les recettes pétrolières enregistrées avant l’intervention du 3 janvier 2026. Selon les données publiées en mars 2026 par la Banque centrale du Venezuela, les exportations pétrolières ont rapporté 18,4 milliards de dollars en 2024 et 18,2 milliards de dollars en 2025. Il s’agit de recettes d’exportation pétrolière et non du bénéfice net de la société pétrolière publique PDVSA ou des recettes fiscales de l’État.

    Ces montants sont relativement faibles au regard du potentiel pétrolier du pays et de ses réserves. Ils reflètent notamment le niveau encore très inférieur de la production par rapport aux décennies précédentes, les difficultés de l’industrie pétrolière, les sanctions américaines et les conditions dans lesquelles le Venezuela devait commercialiser son pétrole.

    Le contraste avec la période qui suit le 3 janvier 2026 est donc particulièrement frappant.

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  • Expulsions massives, prisons privées : les États-Unis de Trump se transforment en État policier

    Extraits de l'article de Charlotte Recoquillon, publié par Basta ! le 20.07.2026

    Meurtres policiers, détention de masse, surveillance généralisée : guidé par la discrimination raciale, Trump redessine jour après jour les contours de l’appareil policier états-unien. Une politique qui bénéficie de puissants relais publics comme privés. 

    Les meurtres – en public et en plein jour – de Renee Good et Alex Pretti, des manifestants qui s’opposaient aux rafles d’immigrés, tués par des agents fédéraux des services de l’immigration (ICE) à Minneapolis en janvier 2026, ont marqué un tournant politique de la seconde présidence de Donald Trump. Les images d’agents fédéraux des polices des frontières (CBP) et de l’immigration, masqués et surarmés, brisant des vitres de voiture pour en arracher les occupants, terrorisant migrants sans-papiers comme citoyens, sont devenues les symboles d’une politique anti-immigration brutale, dont l’emprise s’étend désormais bien au-delà de la frontière américano-mexicaine.

    Ces démonstrations de force, largement mises en scène et assumées, ont aussi nourri d’importantes mobilisations citoyennes et une forte pression de l’opinion. Celles-ci ont finalement conduit l’administration Trump à opérer un retrait tactique.

    Expulsions massives, assassinats de migrants et décès en détention

    Pour autant, l’objectif d’expulsion massive n’a pas été abandonné. Au 4 avril 2026, environ 60 000 migrants étaient détenus, un chiffre en léger recul par rapport au record de janvier (plus de 70 000 migrants détenus), mais historiquement élevé. Depuis la prise de fonctions de Donald Trump, le 20 janvier 2025, un nombre record de 52 personnes sont aussi décédées en détention, selon un rapport de Human Rights Watch publié le 25 juin 2026, illustrant le traitement cruel et inhumain dont sont victimes les migrants.

    Le média The Trace recense quant à lui au moins neuf personnes tuées par ICE depuis janvier 2025, et des dizaines d’autres blessées, y compris par des armes dites « moins létales » telles que les Tasers ou les balles en caoutchouc. En outre, au moins 500 bébés et enfants de moins de trois ans ont été détenus par l’administration entre janvier 2025 et mars 2026 selon The Marshall Project, dont 175 au-delà de la limite légale de 20 jours. Une limite que les architectes de cette politique espèrent supprimer selon leur feuille de route, le Projet 2025.

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  • Iran – États-Unis : une guerre en mode on/off

    Éditorial de Cartooning for Peace du 17.07.2026

    C’était prévisible. Le cessez-le-feu signé le 17 avril dernier entre les États-Unis et l’Iran n’aura pas duré longtemps puisque les hostilités ont repris la semaine dernière. Alors que le texte visait notamment à rouvrir le passage stratégique du détroit d’Ormuz, l’Iran revendique son contrôle par la force et a annoncé dimanche 12 juillet sa fermeture jusqu’à la fin des « agressions » américaines. Dès le lendemain, Washington a répliqué par le blocus des ports iraniens et tente désormais de dévier le trafic maritime par les eaux d’Oman pour court-circuiter Téhéran. La reprise des tensions s’illustre également par six nuits de frappes américaines sur le sol iranien et de représailles de Téhéran contre les pays du Golfe. Pressé par la hausse globale des prix du pétrole et par l’impopularité de la guerre à quelques mois des élections de mi-mandat, Donald Trump cherche toutefois à poursuivre les négociations, l’Iran n’ayant pas intérêt non plus à une aggravation de la guerre.

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  • La rente pétrolière du Venezuela a été mise sous contrôle états-unien

    Article de Luis Reygada, publié par le CADTM le 30.06.2026

    Vidéo à l’appui, le président Donald Trump a annoncé, vendredi 12 juin, que l’armée états-unienne avait mené une opération militaire (un bombardement ciblé visant un supposé chef de gang) sur le territoire du Venezuela, « en coordination » avec ses autorités locales.

    Alors que le gouvernement de son homologue Delcy Rodriguez a confirmé une « opération conjointe », cette nouvelle concession alimente les questions quant à la nature des nouvelles relations avec l’ancien ennemi juré. Le chercheur Luis Alejandro Avila Gomez décrypte cette nouvelle phase qui a permis à Washington de contrôler des ressources énergétiques.

     Six mois après l’enlèvement du président Nicolas Maduro, les États-Unis ont-ils abandonné l’idée de renverser le chavisme ?

    Pour Washington le changement de régime n’est plus un impératif immédiat, même s’il demeure, à terme, un objectif. L’administration trumpiste s’accommode très bien du maintien de Delcy Rodriguez au pouvoir, tandis que l’opposition de droite est devenue, pour le moment, un paramètre secondaire. Les objectifs des États-Unis restent l’encadrement stratégique et l’accès aux ressources : l’idéologie du gouvernement passe au second plan.

    Après la séquestration de Nicolas Maduro le 3 janvier, ils appliquent un réajustement tactique qui s’explique, entre autres, par une correction de diagnostic. Le chavisme n’est pas un château de cartes dépendant d’un seul homme, mais il constitue une force politique structurée, portée par une matrice idéologique, enracinée socialement et territorialement, appuyée sur un appareil de gouvernement et institutionnel cohésif.

    La question électorale n’est pas encore d’actualité : il s’agit pour le moment de terminer progressivement les poutres porteuses de cet édifice bolivarien, depuis l’intérieur. Les États-Unis ont aujourd’hui besoin de composer avec sa large structure précisément parce que la réalisation de leurs objectifs nécessite une stabilité.

    Ainsi, Washington opte maintenant pour la « négociation imposée ». Il s’agit de contraindre le chavisme, notamment en contrôlant les flux d’hydrocarbures, en s’appuyant en particulier sur le département du Trésor états-unien (DT-EU). Et plus précisément sur le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (Office of Foreign Assets Control : OFAC), chargé d’appliquer le dispositif administrant les sanctions économiques et commerciales décidées par l’exécutif. On peut parler d’un encadrement coercitif.

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  • Une coupe du monde à l’image de Trump

    Editorial de Cartooning for Peace du 11.06.2026

    Le coup d’envoi du Mondial de football 2026, coorganisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada, est donné ce jeudi 11 juin, avec d’ores et déjà son lot de controverses. Donald Trump a tout fait pour accaparer la lumière de cet évènement planétaire. Mais les conséquences de sa politique gâchent la fête avant même le premier coup de sifflet. Deux années d’outrance de Donald Trump ont d’une part profondément affecté les relations entre les trois pays hôtes. D’autre part, les supporters venus du monde entier font face à des prix inaccessibles, des trajets sans fin et, pour un certain nombre de nationalités, à une politique migratoire discriminante et des raids de ICE. En pleine guerre au Moyen-Orient, l’équipe iranienne doit faire le déplacement sans une grande partie de son staff et dans des conditions de sécurité incertaines. Pour combler le tout, la Coupe du Monde, annoncée comme la plus polluante de l’histoire, se fera sous une chaleur écrasante… Bon match !

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  • Une journée comme une autre

    Éditorial de Benoît Bréville, publié dans le Monde Diplomatique de mai 2026

    Ce fut un soir comme un autre. À la télévision, le mardi 7 avril à 21 heures, TF1 diffusait un nouvel épisode de « Koh-Lanta », M6 misait sur un ancien numéro de « Cauchemar en cuisine » et Arte, la chaîne franco-allemande, se livrait à son passe-temps favori — traquer la menace russe —, avec un documentaire sobrement titré « L’Europe dans la main de Poutine ? ».

    La journée, elle, sortait pourtant de l’ordinaire. Quelques heures plus tôt, sur les réseaux sociaux, M. Donald Trump avait publié un message d’une violence inédite : « Une civilisation va mourir ce soir, pour ne plus jamais renaître. » Il visait l’Iran et ses 90 millions d’habitants, fixant même l’échéance de ce génocide annoncé : 20 heures à Washington, au moment du prime time.

    Les mots peuvent être criminels. À Nuremberg, en 1946, l’éditeur et propagandiste nazi Julius Streicher — qui n’avait ni exécuté, ni personnellement ordonné de massacres — fut condamné pour crimes contre l’humanité au motif qu’il avait encouragé à l’extermination des Juifs. Depuis, la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide prohibe l’« incitation directe et publique à commettre un génocide ». Et le droit international humanitaire interdit les « actes ou menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi la population civile ». Comme l’écrit le philosophe Mathias Risse, c’est même « l’un des accomplissements majeurs de l’ordre juridique international issu de la seconde guerre mondiale. Celui-ci repose sur la reconnaissance du fait que le discours de la destruction civilisationnelle n’est pas seulement le symptôme de l’atrocité, mais l’un de ses instruments (1) ».

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