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  • Canicule : quand les scientifiques passent pour des « idéologues » et des « petits dictateurs »

    Extraits de l'article de Léa Guedj, publié dans Reporterre le 07.07.2026

    Entre déni du chaos climatique et mépris des scientifiques, certaines séquences médiatiques lors des dernières vagues de chaleur peuvent donner l’impression de vivre, réellement, dans le scénario fictionnel du film « Don’t Look Up ».

    Des scientifiques inaudibles, des alertes méprisées… Les vagues de chaleur ont entraîné un réel backlash écologique dans nombre de médias mainstream. Et si nous étions déjà entrés dans le film dystopique Don’t Look Up ? Certaines séquences médiatiques donnent en tout cas cette amère impression.

    Sorti en 2021, le film dépeint l’inaction des politiques et l’inconsistance des médias face à l’imminence d’une catastrophe, en l’occurrence une comète qui se dirige droit vers la Terre. Deux astronomes tentent désespérément d’alerter la société, mais ils reçoivent désintérêt, mépris et dérision. Les solutions engagées pour se prémunir du cataclysme s’avèrent technosolutionnistes et inutiles. De quoi quelque peu rappeler notre séquence actuelle...

    « Dans “Don’t Look Up” on parle du sujet, mais on ne pointe pas vers la bonne problématique ou solution. C’est ce qui est en train de se passer avec les périodes de vagues de chaleur », analyse Eva Morel, cofondatrice de l’association QuotaClimat, qui suit de près le traitement médiatique des enjeux climatiques, notamment pendant les deux dernières vagues de chaleur, en mai et juin.

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  • « C’est officiel » : l’autoroute A69 définitivement validée par le Conseil d’État

    Article d'Emmanuel Clévenot, publié dans Reporterre le 29.06.2026

    Le Conseil d’État a entériné le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres. Les autorisations environnementales de ce projet aux répercussions désastreuses et largement documentés sont désormais définitives.

    Les espoirs étaient maigres, deux semaines après une audience marquée par la défense corps et âme du projet d’autoroute A69 par le rapporteur public. Les voilà définitivement enterrés. Le 29 juin, le Conseil d’État a entériné la réalisation de l’ouvrage devant relier Toulouse à Castres : « C’est officiel, dans un monde qui brûle, le déni climatique est décrété par la plus haute sphère du pouvoir juridique », ont réagi les militants du collectif La Voie est libre.

    En choisissant de suivre les recommandations du magistrat, formulées le 15 juin, les juges rejettent ainsi les pourvois en cassation sollicités par les associations anti-A69 et confirment donc la légalité du chantier. « La semaine où nous ressentons comme jamais les températures létales du mur climatique, le pire signal vient d’être envoyé par le Conseil d’État, incapable d’appliquer le droit face aux pressions du lobby politicofinancier de l’A69, poursuit La Voie est libre. Ils valident le parfait emblème de notre fuite en avant : l’A69. C’est terrifiant. »

    Très attendue, cette décision est le dernier épisode d’un dossier judiciaire interminable. En février 2025, le tribunal administratif de Toulouse avait annulé l’autorisation environnementale du projet, jugeant que celui-ci n’était pas d’un intérêt public suffisant pour justifier de détruire des espèces protégées. Une « victoire historique », se réjouissaient à l’époque les activistes écologistes. Problème : onze mois plus tard, le 30 décembre, la cour administrative d’appel avait contredit ce verdict en validant la poursuite du chantier… poussant dès lors les défenseurs de l’environnement à saisir le Conseil d’État pour trancher.

     

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  • A69 : le Conseil d’État pourrait confirmer la légalité du chantier

    Article de Justin Carrette publié dans Reporterre le 12.06.2026

    C’est une toute petite phrase qui vient en partie doucher les espoirs des opposants à l’A69. Alors qu’une audience décisive sur le sort de l’autoroute se tient le lundi 15 juin au Conseil d’État, le rapporteur public recommande aux juges de confirmer la légalité du chantier de l’autoroute entre Toulouse et Castres.

    Il demande ainsi aux magistrats de rejeter le pourvoi en cassation déposé par plusieurs associations requérantes et, par conséquent, de confirmer la décision de la cour administrative d’appel de Toulouse rendue le 30 décembre. Même si les conclusions du rapporteur public sont généralement suivies par les juges, la singularité du dossier de l’A69 invite à la prudence, et rend tout pronostic extrêmement délicat.

    « Il nous paraît important de rappeler qu’il ne s’agit que de l’avis extérieur d’un magistrat censé éclairer la formation de jugement qui aura à statuer prochainement », a notamment réagi le collectif d’opposants La Voie est libre.

    En février 2025, dans un jugement largement motivé s’appuyant notamment sur des données fournies par des organismes indépendants, le tribunal administratif avait annulé en première instance l’autorisation environnementale du chantier, suspendant immédiatement les travaux. Quelques mois plus tard, en décembre, la cour administrative d’appel de Toulouse annulait cette décision, estimant que la construction de l’autoroute répondait bien à une raison impérative d’intérêt public majeur, dans une motivation jugée plus succincte.

    La balle est désormais dans le camp du Conseil d’État, qui devra entendre les différentes parties le 15 juin avant de statuer dans les semaines à venir afin de valider, ou non, la légalité du chantier de l’autoroute.

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    Sur le tracé de l'A69, le 6 mars 2026.

  • En abandonnant le plan vélo, l’État a aussi sacrifié la santé

    Article de Laury-Anne Cholez publié dans Reporterre le 21.05.2026

    Améliorer la santé et faire des économies pour la société, ce sont là les bénéfices de la marche et du vélo, selon la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette. Mais les politiques publiques sont à la traîne.

    Marcher et faire du vélo, c’est bon pour la santé. Les associations et les écologistes ne cessent de le répéter, mais le dernier rapport de la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette (FUB) enfonce le clou en convoquant un panel d’experts du monde de la santé sur le sujet et en rassemblant toute une série d’études sanitaires et économiques.

    Le rapport rappelle un constat : la sédentarité tue et coûte cher à la société. Environ 17 milliards d’euros par an. En trente ans, les capacités cardiovasculaires des enfants et adolescents ont diminué d’environ 25 %. Et l’inactivité physique constitue la quatrième cause mondiale de mortalité prématurée.

    Face à cette situation, les solutions existent : enfourcher sa bicyclette ou ses baskets. Toujours selon le rapport, un kilomètre à vélo équivaut à un euro économisé pour la société. Pédaler cent minutes chaque semaine réduit de 10 % la mortalité. Enfin, une augmentation de la part modale de la marche dans nos déplacements — aujourd’hui établie à 23 % — pourrait générer jusqu’à 57 milliards d’euros de bénéfices.

    Manque de politiques publiques volontaristes

    Mais les efforts individuels demeurent insuffisants, faute de politiques publiques volontaristes pour adapter les espaces publics à ces mobilités actives. Le rapport dénonce « des injonctions contradictoires » en incitant « les familles à modifier leurs comportements sans garantir des environnements adaptés ».

    L’exemple du sacrifice du plan vélo et marche est à ce titre éloquent. Lancé en 2023 et initialement doté d’un budget de 250 millions d’euros par an, il visait à structurer des politiques publiques en faveur des mobilités actives. En 2025, moins d’un cinquième des cofinancements promis ont été effectivement investis par l’État, regrette la FUB.

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  • « Il faut changer notre regard » : en Lorraine, une association promeut des forêts en libre évolution

    Extraits de l'article de Zoé Neboit et Mathieu Génon (photographies), publié dans Reporterre le 12.05.2026

    « Notre forêt fait 13 hectares. Pour vous faire une idée, c’est simple : 1 hectare, c’est à peu près la place Stan’ [Stanislas] à Nancy . » Jean-François « Jeff » Petit, président et cofondateur de Libre forêt sait comment s’adresser à son public, en l’occurrence une quinzaine d’auditeurs de tous âges, réunis dans la salle du café associatif Les trois vallées, à Tréveray (Meuse).

    Au programme de ce samedi après-midi de la fin mars : discussion autour de la libre évolution, puis balade en forêt. Certains sont venus par curiosité, beaucoup ignoraient jusqu’ici que cette petite association lorraine avait fait l’acquisition, en 2025, d’un bon morceau de forêt à 2 km de leur village.

    « Pour quoi faire ? » s’essaye un habitué. « Pour ne rien y faire, pardi ! » lance joyeusement Hugo Roussel depuis la table du fond, où il attend que le groupe de promeneurs se mette en chemin. Graphiste, mais avec l’allure d’un pirate des bois, ce trentenaire fait partie des bénévoles les plus actifs. Ce samedi, il forme avec Jeff, ex-forestier reconverti dans le commerce du bio à la retraite, une étonnante paire de guides.

    Des vestiges du fonds forestier national 

    Depuis sa création en 2021, Libre forêt est devenue propriétaire de trois forêts, et gestionnaire via un bail emphytéotique [1] de 99 ans d’une quatrième. Alors que les massifs de Lorraine font face depuis 2018 à de lourds problèmes de dépérissement et de pressions sur la ressource sylvicole — entre récoltes de la filière bois et coupes sanitaires (qui ont atteint à leur paroxysme 3,5 millions de m3 en 2020 dans le Grand Est) — l’association, elle, achète des forêts pour les laisser faire.

    Diffusée il y a quelques années par des associations et des philosophes comme Baptiste Morizot, notamment inspirés par le concept nord-américain de wilderness (naturalité), la « libre évolution » permet à un écosystème de se développer spontanément, sans activité humaine.

    Une fois franchi le canal, grimpé un chemin de terre et attendu que tout le monde arrive à bon port, Jeff s’arrête et exhibe la carte Géoportail sur son téléphone. « Celles-ci, ce sont nos parcelles. » À droite, une étendue de champs qui parait infinie, à gauche une forêt. C’est ici qu’on tourne. « Cette forêt nous a intéressés pour sa naturalité et sa grande diversité, car elle a été laissée en libre évolution depuis au moins trente ou quarante ans. »

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  • Farine d’insectes : l’État a dilapidé 284 millions d’euros dans une filière en faillite

    Extraits de l'article de  Hortense Chauvin, paru dans Reporterre le 22.04.2026

    Les élevages d’insectes reçoivent bien plus de subventions que des filières plus durables comme les protéines végétales et la bio. Ce, alors que la farine d’insectes est un échec économique et écologique.

    Plus cigale que fourmi, l’État a dépensé des sommes colossales pour soutenir un secteur bancal sur le plan économique, et bien moins vertueux que promis sur le plan écologique : l’élevage d’insectes. Depuis le début des années 2010, au moins 284 millions d’euros d’argent public ont été octroyés aux entreprises françaises du secteur, révèle un rapport de l’Observatoire des subventions et aides agricoles (Obsaf) et de l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (Onei) publié le 22 avril.

    Cette analyse montre que les fabricants de farine d’insectes, présentée comme une source alternative et durable de protéines, ont bénéficié d’un traitement très favorable par rapport à des filières végétales, plus écologiques que la fabrication de viande. Les subventions accordées aux start-up du secteur correspondent à près de 2,5 fois la somme allouée au plan protéines végétales de France Relance (qui visait à doubler les surfaces dédiées à la production de légumineuses d’ici 2030) et à trente-trois années de financement du fonds Avenir Bio, dont la dotation a été réduite de moitié en 2025. « C’est énorme, note Julie Coumau, analyste à l’Obsaf. Il n’y a pas de montant équivalent pour d’autres filières innovantes agricoles et agroalimentaires. »

    Chaque kilogramme de farine d’insectes produit en France a bénéficié de 20 euros d’aide publique — ce qui revient à cinq fois le prix de vente de ce produit. L’Obsaf et l’Onei ont obtenu ces chiffres plancher en utilisant des données en sources ouvertes, provenant de bases européennes, administratives et financières, croisées avec des articles de presse et des communications d’entreprises. « Dans un contexte de crises budgétaire et agricole, avec des décisions prises au détriment de la justice sociale, alimentaire et environnementale, il nous semblait important d’évaluer la pertinence de la prise de risque de l’État pour soutenir la filière », explique Julie Coumau.

    Si l’Union européenne, les régions et les collectivités locales ont contribué à l’effort, l’essentiel (90 %) des financements a été octroyé par l’État et ses opérateurs (Ademe, Caisse des dépôts…), sous forme de prêts, d’avances, de prises de participation au capital et de subventions directes.

    La Banque publique d’investissement (Bpifrance) a joué un rôle crucial, « en intervenant de manière précoce dans les levées de fonds de plusieurs entreprises de la filière », ce qui a donné « un signal de crédibilité » aux investisseurs privés. À la même époque, le directeur de Bpifrance Nicolas Dufourcq critiquait dans les médias « l’État-providence galopant » et « la course folle des déficits sociaux », relève Mediapart. Contactée, Bpifrance n’a pas répondu aux sollicitations de Reporterre dans ses délais de publication.

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  • « Ça va craquer » : le cri de détresse des laboratoires français du CNRS

    Extraits de l'article de Vincent Lucchese publié dans Reporterre le 17.04.2026

    Baisse des subventions, conditions de travail dégradées... La recherche publique souffre et craint pour sa survie. Dans les laboratoires d’écologie, les chercheurs pointent une « perte de sens au travail ».

    Le CNRS, plus grand organisme de recherche français et européen, est au bord du gouffre. Cela fait des années que les scientifiques de cette institution souffrent du manque de moyens et de conditions de travail dégradées, à l’instar de l’ensemble de la recherche publique. Mais la nouvelle coupe budgétaire imposée par le gouvernement ressemble à la goutte de trop. Une « rupture » dénoncée par la moitié des responsables de laboratoires et d’unités de l’institution.

    Sur demande du Premier ministre, le Conseil d’administration du CNRS a dû voter, le 13 mars, une économie de 20 millions d’euros sur son budget 2026. Ces efforts touchent directement les dotations aux laboratoires, amputées de 13,5 millions d’euros. Fait aussi ubuesque qu’inédit : ces économies concernent des sommes déjà allouées, sur lesquelles comptaient les laboratoires pour l’année en cours.

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