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  • Mission Artemis-2 vers la Lune : un dangereux délire d’enfants gâtés

    Extraits de l'éditorial de Vincent Lucchese, publié par Reporterre le 04.04.2026

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    Conquête et quête de puissance

    Tout ça pour quoi ? Certainement pas pour la science. Celle-ci sert trop souvent de prétexte et de cache-misère à l’inutilité des vols spatiaux habités. La plupart des missions scientifiques d’exploration du cosmos sont tout aussi bien, voire mieux réalisables par des robots, à un coût infiniment moindre. C’est d’ailleurs ce que notait l’un des chercheurs interrogés par la revue scientifique Nature le 31 mars, témoignant du peu d’enthousiasme, voire du désintérêt d’une bonne partie de la communauté scientifique pour le programme Artemis.

    Il convient de bien distinguer deux choses : l’exploration spatiale de la conquête spatiale. La première, animée par l’esprit de curiosité, la fascination pour les mystères de l’univers, le désir de mieux comprendre le monde, peut être pleine des vertus de la science, y compris dans le lancement de satellites d’observation, cruciaux aujourd’hui pour étudier le climat terrestre, entre autres.

    La conquête spatiale, elle, relève d’une tout autre ambition. Il s’agit de coloniser de nouveaux territoires, de faire frémir les nationalismes en plantant des drapeaux et d’exploiter sans limites les ressources minérales des corps célestes. C’est d’abord et avant tout une course à la puissance et aux symboles de puissance.

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  • Cigéo : la justice autorise l’expulsion « sans délai » de la gare de Luméville

    Article publié dans Reporterre le 23.03.2026

    C’est un coup dur pour les opposants au projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo. Lundi 23 mars, la juge d’expropriation a autorisé l’expulsion « sans délai » de la gare de Luméville-en-Ornois (Meuse), lieu historique de la lutte contre la poubelle nucléaire. Cette décision fait suite à l’audience du mercredi 11 février dédiée à cette expulsion. Un huissier devrait passer dans les prochains jours pour notifier cette décision. « Le recours à la force publique est également autorisé en cas de refus de quitter les lieux », ont rapporté les opposants.

    L’ancienne gare de la ligne Jessains-Sorcy, démantelée dans les années 1970-1980, est convoitée par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) car elle se situe sur le tracé de la future installation terminale embranchée (ITE), la voie ferrée censée acheminer les convois de déchets radioactifs jusqu’au stockage. Conscients de cet emplacement stratégique, des opposants au projet l’avaient achetée en 2007.

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  • Municipales : pourquoi le vote de dimanche est crucial pour l’écologie

    Article d'Erwan Manac’h, publié dans Reporterre le 14.03.2026

    Avec leurs pouvoirs d’urbanisme et leur proximité, les maires sont incontournables pour la transformation écologique. Les élections municipales des 15 et 22 mars auront des répercussions nationales sur les politiques environnementales.

    Que peut un ou une maire, de ses petits bras musclés, face au péril climatique et à l’effondrement de la biodiversité ? Lâchés par l’État, houspillés à chaque sortie par leurs concitoyens, perclus d’injonctions administratives contradictoires, les édiles sont souvent perçus comme impuissants. Sur les questions environnementales, leur pouvoir est en réalité considérable, et même incontournable.

    Ils ont la main sur tout ce qui a trait à l’urbanisme, dont dépendent de nombreux enjeux environnementaux. « Les collectivités portent deux tiers de l’investissement public hors dépenses militaires, ce sont vraiment elles qui entretiennent et renouvellent le territoire », souligne Aurore Colin, chercheuse spécialiste des collectivités locales pour l’Institut de l’économie pour le climat.

    Les communes ou les intercommunalités gèrent aussi en grande partie les transports — un tiers des émissions de gaz à effet de serre de la France —, la distribution de l’eau, les cantines scolaires et le chauffage urbain. 15 % de l’empreinte carbone du pays vient du secteur résidentiel.

    Capital confiance

    Non seulement les maires ont du pouvoir, mais ils bénéficient également du plus important capital sympathie auprès des Français : 60 % des sondés déclarent avoir confiance dans leur maire, contre 18 % dans le président de la République et 20 % dans l’Assemblée nationale, selon le baromètre Cevipof. « Les maires sont toujours à distance de baffe, c’est cette proximité qui fait qu’on a confiance. C’est un ingrédient indispensable pour engager dans des projets de transformation écologique », dit Antoine Maudinet, du réseau d’agents publics Le Lierre.

    Lire aussi : Municipales : la carte des enjeux près de chez vous

    Le mandat qui s’achève a confirmé le rôle central des maires sur les enjeux écologiques. Le bloc communal est celui où persiste encore une réelle dynamique de transition, alors que la planification écologique s’enlise à l’échelle nationale. C’est un ancien personnage clé de la macronie qui le dit : Antoine Pellion, symbole malgré lui du backlash écologique — ce retour de bâton observé depuis deux ans jusqu’au plus haut de l’État. Il a été secrétaire général à la planification écologique de 2022, année de création de l’instance, à 2025. Avant de la quitter sur un constat d’impuissance.

    « La maille locale est aujourd’hui la seule à pouvoir planifier une politique sur plusieurs années, avec une continuité d’action, dit Antoine Pellion à Reporterre. Cela signifie que les élections municipales sont ultra-importantes pour la transition écologique et que la décentralisation est un sujet clé, si on veut donner de la visibilité et de la stabilité. »

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  • Nucléaire : coup d’accélérateur pour le projet d’enfouissement des déchets Cigéo

    Article publié par Reporterre le 13.03.2026

    Coup d’accélérateur pour le projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo. L’enquête publique, initialement prévue à l’été, se déroulera de mi-mai à fin juin, a annoncé Régine Pam, préfète de Haute-Marne, lors d’une assemblée générale à Saint-Dizier le 13 mars.

    Selon le Journal de la Haute-Marne, Mme Pam a laissé entendre que la demande d’autorisation de création (DAC) de Cigéo était terminée. La décision gouvernementale finale est désormais attendue à partir de septembre 2026.

    La mobilisation contre Cigéo se poursuit

    En décembre 2025, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a jugé globalement « satisfaisante » l’évaluation de sûreté du projet. Les associations Bure Stop, Cedra et Meuse Nature Environnement, elles, ont qualifié ce document d’« indigent » et alerté sur des incertitudes sur plusieurs points — corrosion, incendie, scellements, géologie.

    La mobilisation contre Cigéo se poursuit. Le 23 mars, la justice doit rendre le délibéré sur le recours aux forces de l’ordre pour l’expulsion de la gare de Luméville, achetée par des militants antinucléaires en 2004, expropriée et toujours occupée par des opposantes et opposants au stockage. Par ailleurs, le 4 mars, la Commission nationale du débat public a demandé à l’ASNR d’étudier un entreposage de subsurface de longue durée pour les déchets de haute activité durant la phase pilote du projet.

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  • Crues : « On a détruit tout ce qui permettait d’absorber la pluie »

    Extraits de l'entretien de Lorène Lavocat avec l’ingénieure hydrologue Charlène Descollonges, publié dans Reporterre le 19.02.2026

    Après le passage de la tempête Nils, toute la moitié ouest de la France était encore en vigilance pluies et inondations le 18 février. Si ces crues sont des aléas naturels, « certaines pratiques et activités humaines aggravent fortement la situation », explique l’ingénieure hydrologue Charlène Descollonges.

    Dans son livre Eaux vives, paru le 4 février (éd. Actes Sud), elle résume : « En accélérant les flux d’eau en surface, en surexploitant l’eau douce et en l’évacuant rapidement vers la mer, nous nous rendons vulnérables aux sécheresses comme aux pluies intensifiées par le changement climatique. »

     

    Reporterre — Une grande partie de la France connaît des crues et des inondations exceptionnelles. Comment expliquez-vous ces phénomènes ?

    Charlène Descollonges — Nous assistons à un phénomène de crues généralisées, qui touchent plusieurs bassins versants, essentiellement sur la partie ouest de la France. Les inondations sont dues à un aléa naturel — des cumuls de précipitation importants sur un temps très court — intensifié par le changement climatique, et à des vulnérabilités — des constructions en zone inondable, par exemple.

    Mais entre les deux, il existe tout un tas de facteurs aggravants : des sols agricoles drainés, des villes imperméables, des haies arrachées, des rivières rectifiées, transformées en autoroute à eau. En gros, tout ce qui permettait de ralentir et d’infiltrer l’eau a été détruit ou dégradé. Sur la carte de Vigicrues, les tronçons en rouge sont en aval des bassins versants, ce qui veut bien dire que l’eau qui tombe en amont n’est pas retenue, tout se concentre dans les cuvettes, dans les exutoires, et déborde.

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  • JO d’hiver en Italie : neige artificielle, flambée de l’immobilier et privatisation dénoncés par les opposants

    Article de Caroline Bordecq pour Reporterre, publié le 07.02.2026

    Alors que s’ouvrent les Jeux olympiques d’hiver à Milan, des activistes donnent le coup d’envoi de leurs « Jeux utopiques ». Une manifestation populaire de 3 jours pour dénoncer une ville transformée pour les plus riches.

    Milan (Italie), reportage

    « J’adore Milan, mais ces Jeux d’hiver sont l’énième confirmation que cette ville ne m’appartient plus », soufflait Matilda le mardi 3 février. L’enseignante était venue assister à un débat avec le Comité des olympiades insoutenables (CIO). Ce dernier a réalisé le documentaire Il Grande Gioco sur les conséquences des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) Milan Cortina qui s’ouvrent vendredi 6 février.

    Depuis trois ans, ce réseau d’associations s’oppose à l’arrivée de cette grand-messe du sport dans les Alpes italiennes et la métropole lombarde. De vendredi à dimanche 8 février, les activistes organisent des « Jeux utopiques ». Au programme : une manifestation nationale samedi et des séances de sport (boxe, football, capoeira, pole dance...) dans un ancien palais des sports occupé.

    L’objectif est multiple. D’abord, se réapproprier la ville «  devenue toujours plus exclusive et excluante », explique Marco, membre du CIO venu présenter le film. « Même ces JO qui devraient célébrer le sport sont réservés aux plus aisés », pointe Martino Iniziato, de l’association de randonnée APE Milano. À Milan, seuls quelques billets pour le hockey féminin sont à moins de 100 euros.

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  • Montée des eaux : comment l’Antarctique fait planer la menace du pire

    Extraits de l'article de Vincent Lucchese, publié dans Reporterre le 02.02.2026

    Le niveau des mers augmente, et va encore s’intensifier avec la fonte des glaciers. À quel point ? La réponse à cette question dépend d’une source d’incertitude majeure, étudiée par les scientifiques : le cas de l’Antarctique.

    Jusqu’à quelle hauteur la mer va-t-elle monter ? Et, surtout, à quel point le changement climatique va-t-il accélérer cette élévation du niveau des océans, qui a déjà commencé ? La question taraude les climatologues et glaciologues, dont les regards convergent vers une source d’incertitude massive pour l’avenir : l’Antarctique.

    Des millions de milliards de tonnes de glace recouvrent le continent polaire. Elles forment une calotte dont la structure et les dynamiques sont d’une très grande complexité. Or, l’écoulement de cette glace vers l’océan constitue l’un des facteurs majeurs de l’élévation à venir du niveau de la mer. Si l’ensemble de la calotte antarctique fondait, la mer monterait de 58 mètres.

    Un tel scénario est fort heureusement totalement exclu. Pour autant, de nombreuses inconnues entourent la fonte partielle en cours du continent, et notamment la vitesse d’écoulement et les mécanismes de déstabilisation de certains glaciers. Ce sont ces inconnues qui expliquent que les projections pour 2100 soient très incertaines.

    1 milliard d’humains bientôt concernés

    Si l’on suit notre trajectoire climatique actuelle, menant à 2,7 °C de réchauffement en 2100, la mer devrait monter de 44 à 76 cm en fin de siècle, selon les projections du Giec, par rapport au niveau de référence de la période 1995-2014. Dans le scénario pessimiste de très fortes émissions, la hausse serait comprise entre 63 cm et 1,01 m. Voire, en prenant en compte le déclenchement d’éléments jugés très improbables, de 1,6 m. Et encore : des experts du sujet sondés dans une étude en 2019 estimaient plausible que l’élévation dépasse les 2 mètres dès 2100.

    De tels écarts d’estimation sont d’autant plus problématiques qu’une dizaine de centimètres d’élévation supplémentaire est déjà catastrophique. Si le réchauffement planétaire atteint 2 °C plutôt que 1,5 °C en 2100, la mer monterait en moyenne d’environ 10 cm de plus, estime le Giec, avec pour conséquence de rendre 10 millions de personnes supplémentaires vulnérables à cette hausse.

    Plus la mer monte, plus s’accroissent les risques de submersion, d’érosion côtière, de salinisation des sols et des ressources en eau douce, et de destructions catastrophiques provoquées par des événements climatiques extrêmes. Dès 2050, 1 milliard d’habitants des régions côtières dans le monde seront vulnérables à de tels risques, d’après la synthèse des connaissances établie par le Giec.

    Les mystères de la calotte Antarctique font partie des « lacunes majeures dans les connaissances des processus critiques » qui « entravent l’adaptation au changement climatique », alertait une étude publiée en février 2025 dans le journal Science.

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