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politique nationale

  • Violences politiques en France

    Éditorial de Cartooning for Peace du 19 février 2026

    Samedi 14 février, le jeune activiste d’extrême droite Quentin Deranque est décédé de ses blessures deux jours après une violente rixe à Lyon entre militants néofascistes et antifas, qui s’était déroulée en marge d’une intervention de la députée Rima Hassan (La France insoumise). Depuis, une enquête est ouverte pour faire toute la lumière sur ce sinistre événement. Parmi les 7 personnes qui vont être mises en examen pour homicide volontaire, on compte des membres du groupe antifasciste la Jeune Garde, dont un collaborateur parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, fondateur du groupe. Inévitablement, le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui a toujours assumé son attachement à la Jeune Garde, se trouve au cœur de la tourmente et au centre des critiques. Inévitablement, la récupération politique qui est faite de ces événements, dans un contexte de forte polarisation, rajoute du marasme au marasme et offre un spectacle peu reluisant du débat politique en France, à moins d’un mois des élections municipales.

     

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  • Les collaborateurs

    Extraits de l'article de Frédéric Lordon, publié dans le Monde Diplomatique du 18.02.2026

    (...)

    À tout prendre, et dans la situation où nous sommes, « rien » serait de très loin préférable. Car, il n’y a pas « rien » : il y a l’inversion. Le problème politique en France n’est pas l’inexorable montée du fascisme, il est le bloc de la gauche antifasciste. Qui, à la limite, suggère-t-on mezza voce, pourrait bien être le « vrai fascisme ». Il n’est donc pas exact que « tout se reproduit » à l’identique. Le deuxième fascisme historique a cette particularité de nier absolument être un fascisme et d’en réserver l’infamie à ses opposants. À cet égard, une vidéo déjà ancienne a tout dit — c’est une parodie, mais elle est du dernier sérieux. On y voit un officier SS, apostrophé par un passant qui le traite de nazi, réagir outré et sarcastique : « Et pourquoi pas d’extrême-droite pendant que vous y êtes ; voilà quand on est à court d’argument, on ressort la polémique nazie ; et notre Führer, je suppose que c’est aussi un nazi », etc. Tel est très exactement l’état réel du débat aujourd’hui. Un reportage de France Info se clôt sur l’évocation des « fleurs pour Quentin ».

    Il suffirait pourtant de trois minutes de vidéo pour faire connaître la nature des groupes auxquels ce malheureux appartenait. Nous aurons plutôt le « choriste et philosophe », ou l’« étudiant en mathématiques », ça varie, en tout cas une figure de sagesse, de modération et d’empathie chrétienne. Mais ce à quoi il était réellement affilié, les hordes noires, les parades aux flambeaux, les bannières à croix celtiques, les bras tendus, le défilé néonazi auquel il participa le 10 mai dernier par exemple — c’est-à-dire toutes les manifestations d’authentique fascisme aimablement autorisées par Darmanin-Retailleau-Nunez — cela, les médias ne le montreront pas. Ils ne montreront pas non plus les vidéos, pourtant largement disponibles, des milices fascistes à l’œuvre, manches de pioche à la main, dans les rues d’Angers, de Rennes, de Lyon et d’ailleurs. Ils ne diront pas ce que devient la vie nocturne, dans des bars, des boîtes ou des librairies, quand une descente peut avoir lieu à tout instant. Ils ne montreront pas la photo de Retailleau en agréable compagnie du « Jarl », notoire chef de milice, illustration pourtant parfaite de ce que c’est qu’un arc fasciste. Ils n’égrèneront pas la liste de tous les tués de l’extrême-droite — il est vrai qu’ils ont tous des noms à consonances bien trop peu chrétiennes, et puis personne alors n’en avait pas parlé. Ils ne diront pas les compassions différentielles de Macron qui prend quasiment le deuil pour un militant fasciste mais ne dit rien pour les meurtres commis par des militants fascistes — occasions pourtant nombreuses.

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  • Loi Duplomb 2 : Le retour des néonicotinoïdes

    Communiqué de la LPO le 20.02.2026

    On pensait le dossier clos après la censure du Conseil constitutionnel. Pourtant, quelques mois à peine après la Loi Duplomb 1 et la pétition aux 2,1 millions de signatures, voici déjà Duplomb 2. Même objectif, même logique : réautoriser des pesticides néonicotinoïdes pourtant interdits pour leurs impacts sur les pollinisateurs, l’environnement et la santé humaine, malgré les nombreuses alertes scientifiques. Décryptage d’un retour inquiétant.

    Un retour en arrière après une mobilisation historique

    L’été dernier, plus de 2 millions de personnes s’étaient mobilisées pour s’opposer à la Loi Duplomb, en particulier à la réintroduction d’un insecticide néonicotinoïde : l’acétamipride.

    Cette mobilisation massive traduisait une inquiétude profonde : celle de voir revenir des substances toxiques pour les insectes pollinisateurs, la biodiversité… et la santé humaine.

    Une première loi censurée par le Conseil constitutionnel

    Le 7 août, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition phare de la loi, rappelant que les produits néonicotinoïdes ont :

    • des incidences sur la biodiversité, en particulier sur les insectes pollinisateurs et les oiseaux
    • des conséquences sur la qualité de l’eau et des sols
    • des risques pour la santé humaine

    Le Conseil constitutionnel a reproché au texte de permettre des dérogations trop larges, accordées “pour toutes les filières agricoles, sans les limiter à celles pour lesquelles le législateur aurait identifié une menace particulière dont la gravité compromettrait la production agricole“ et pas uniquement “à titre transitoire, pour une période déterminée” qui privaient “de garanties légales le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé garanti par l’article 1er de la Charte de l’environnement”.

    Duplomb 2 : une nouvelle proposition pour contourner la censure

    Quelques mois plus tard, le 30 janvier, avant même que le débat prévu à l’Assemblée nationale n’ait lieu suite à la pétition citoyenne (il s’est tenu le 11 février), le sénateur Laurent Duplomb revient à la charge.

    Il dépose une nouvelle proposition de loi : Duplomb 2, visant à réautoriser non pas un, mais deux néonicotinoïdes par dérogation.

    Cette démarche s’inscrit dans une vision très réductrice de la souveraineté alimentaire, limitée à la compétitivité sur le marché mondial et à la balance commerciale, ignorant, les impacts environnementaux sanitaires, les alternatives disponibles, et les conséquences à long terme sur l’agriculture elle-même.

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  • Crues : « On a détruit tout ce qui permettait d’absorber la pluie »

    Extraits de l'entretien de Lorène Lavocat avec l’ingénieure hydrologue Charlène Descollonges, publié dans Reporterre le 19.02.2026

    Après le passage de la tempête Nils, toute la moitié ouest de la France était encore en vigilance pluies et inondations le 18 février. Si ces crues sont des aléas naturels, « certaines pratiques et activités humaines aggravent fortement la situation », explique l’ingénieure hydrologue Charlène Descollonges.

    Dans son livre Eaux vives, paru le 4 février (éd. Actes Sud), elle résume : « En accélérant les flux d’eau en surface, en surexploitant l’eau douce et en l’évacuant rapidement vers la mer, nous nous rendons vulnérables aux sécheresses comme aux pluies intensifiées par le changement climatique. »

     

    Reporterre — Une grande partie de la France connaît des crues et des inondations exceptionnelles. Comment expliquez-vous ces phénomènes ?

    Charlène Descollonges — Nous assistons à un phénomène de crues généralisées, qui touchent plusieurs bassins versants, essentiellement sur la partie ouest de la France. Les inondations sont dues à un aléa naturel — des cumuls de précipitation importants sur un temps très court — intensifié par le changement climatique, et à des vulnérabilités — des constructions en zone inondable, par exemple.

    Mais entre les deux, il existe tout un tas de facteurs aggravants : des sols agricoles drainés, des villes imperméables, des haies arrachées, des rivières rectifiées, transformées en autoroute à eau. En gros, tout ce qui permettait de ralentir et d’infiltrer l’eau a été détruit ou dégradé. Sur la carte de Vigicrues, les tronçons en rouge sont en aval des bassins versants, ce qui veut bien dire que l’eau qui tombe en amont n’est pas retenue, tout se concentre dans les cuvettes, dans les exutoires, et déborde.

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  • Oiseaux des milieux agricoles : le signal d'alarme !

    Communiqué de la LPµO du 18.02.2026

    Alors que le SIA (Salon international de l’agriculture) ouvre ses portes ce weekend, dans un contexte de recul réglementaire, la LPO alerte sur le déclin marqué des oiseaux spécialistes des milieux agricoles. Leur diminution de plus de 30 % en moins d’un quart de siècle, ce qui représente la disparition de plusieurs millions d’oiseaux, est révélatrice de l’impact profond du modèle agricole actuel sur le vivant. 

    Les oiseaux, témoins des transformations de notre environnement 

    Parmi les groupes d’espèces les mieux suivis en France, et ce depuis des décennies, l’évolution des oiseaux constitue un signal robuste pour comprendre les transformations en cours et orienter l’action.  

    Présents dans tous les paysages, les oiseaux sont aussi de précieux bio-indicateurs, capables de refléter l’état des habitats, des ressources et des pressions qui pèsent sur la biodiversité. Le suivi des tendances de l’avifaune nous renseigne directement sur l’état de santé de nos écosystèmes. 

    Ces suivis nous apportent un constat alarmant : les populations d’oiseaux déclinent, en particulier chez les oiseaux spécialistes des milieux agricoles : - 32.5 % entre 2001 et 2024. 

    Pour exemples, le pipit farlouse a perdu 80% de sa population depuis les années 1980. La perdrix grise inféodée aux milieux agricoles a perdu 90% de ses populations en 40 ans. Le râle des genêts qui comptait 1200 mâles chanteurs dans les années 1985, aujourd’hui il en reste 120. 

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  • Salon international de l'agriculture : non à la dérégulation agricole, oui à la santé, à l’agroécologie et à la solidarité internationale

    Communiqué de CCFD terre solidaire , Publié le 17.02.2026

    Du 21 février au 1er mars 2026, Le Salon international de l’agriculture ouvre ses portes à Paris.

    À cette occasion, Judith Lachnitt, chargée de plaidoyer alimentation, climat et biodiversité au CCFD-Terre Solidaire sera présente pour porter un message clair : la souveraineté alimentaire ne doit pas servir de prétexte à des reculs en matière de santé publique, de protection de l’environnement et de droits des paysans et paysannes, en France, en Europe et dans les pays du Sud.

    Depuis la pandémie de COVID-19, la guerre en Ukraine et la montée des tensions commerciales internationales, l’alimentation est redevenue un enjeu stratégique central. Cette prise de conscience aurait pu ouvrir la voie à une transformation ambitieuse des systèmes agricoles et alimentaires dans un contexte où l’adaptation aux changements climatiques devient cruciale. Elle sert aujourd’hui, au contraire, de justification à une dérégulation des mesures environnementales, présentée comme une réponse d’urgence aux crises économiques.

    Une fuite en avant législative au détriment de l’intérêt général 

    Les annonces récentes du gouvernement, et en particulier celle d’une nouvelle loi d’urgence agricole, s’inscrivent dans une dynamique préoccupante. Elles risquent d’aggraver les atteintes à l’environnement, de fragiliser l’agriculture paysanne et d’exposer davantage les agriculteurs, agricultrices et les consommateurs et consommatrices à des risques sanitaires évitables. 

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  • Pour une réforme sur la fin de vie respectueuse des droits

    Communiqué LDH

    Depuis le 16 février, les député-e-s examinent en 2e lecture deux propositions de loi sur la fin de vie, la première sur l’aide à mourir et l’autre sur les soins palliatifs. La LDH (Ligue des droits de l’Homme) salue la prochaine consécration du droit à être aidé activement à mourir et la volonté affichée de renforcer les soins palliatifs, comme elle l’appelait de ses vœux dans sa résolution de 2020, Pour un droit d’obtenir une aide à mourir. Toutefois, dans un contexte particulièrement préoccupant pour le système de santé et l’accès aux soins, la LDH attire l’attention sur quelques points de vigilance indispensables pour que cette réforme majeure soit conforme aux exigences des droits et libertés.

    Rendre effectif le droit aux soins palliatifs. Reconnu depuis une loi de 1999 à toute personne dont l’état de santé l’exige, le droit aux soins palliatifs est largement ineffectif. Seuls 50% des besoins seraient couverts avec de très fortes disparités territoriales (20 départements ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs). La priorité aujourd’hui est donc de rendre effectif ce droit en allouant des moyens humains et financiers à hauteur des besoins et en assurant la formation de l’ensemble des professionnels aux soins palliatifs. Dans cette perspective, rendre opposable le droit aux soins palliatifs, en ouvrant la possibilité aux personnes malades (ou leurs proches) de saisir le juge en référé pour que l’accès soit ordonné constitue un levier supplémentaire que l’Assemblée nationale doit rétablir après sa suppression par le Sénat.

    Réformer les directives anticipées pour en faire un réel outil d’aide à la décision médicale en situation complexe. Possibles depuis 2005, les directives anticipées – qui permettent d’exprimer des volontés concernant la fin de vie, pour le cas où une décision médicale devrait être prise alors que la ou le patient-e est hors d’état de s’exprimer – sont boudées par les citoyennes et citoyens (7% seulement de la population en a rédigé en 2025) et ne sont pas toujours prises en compte par les professionnel-le-s du fait qu’elles ne sont pas nécessairement portées à leur connaissance ou que leur contenu est inadapté à la situation médicale concrète. Ces constats conduisent la LDH à rappeler que leur rédaction – qui ne doit en aucun cas devenir une obligation (même pour les patient-e-s gravement malades ou les personnes âgées accueillies en Ehpad) -, devrait être précédée de la délivrance d’une information médicale précise et adaptée de nature à permettre que les choix exprimés soient éclairés, leur accessibilité assurée de manière sécurisée – eu égard à la sensibilité des données y figurant (grâce à la mise en place du fichier national prévu par la loi de 2016 mais jamais mis en place depuis) – et que leur usage ne soit pas détourné de leur objet (comme cela a pu être le cas lors de la crise du Covid 19).

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