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L'AN VERT de Vouziers : écologie et solidarité.

  • Baromètre de l’avifaune 2026

    Fruit d'un demi-siècle de suivis scientifiques, ce premier Baromètre de l’avifaune publié par la LPO dresse un tableau contrasté, révélateur de l’existence de deux France ornithologiques : d’un côté, un déclin massif et préoccupant des espèces communes, victime de pressions diffuses ; de l’autre, des succès de conservation pour certaines espèces emblématiques. Ce bilan démontre ainsi l’efficacité des mesures prises lorsque l’ambition est au rendez-vous, et invite à renforcer nos efforts pour réduire les pressions systémiques qui persistent.

    La LPO publie aujourd'hui son premier Baromètre de l'Avifaune, qui évalue l’état de conservation et les tendances des populations d’oiseaux en France hexagonale. Fondé sur plus de 50 ans de suivis, combinant expertise scientifique et sciences participatives, ce bilan inédit brosse le portrait le plus complet jamais réalisé de l'avifaune française.

    Plus d'espèces, mais moins d'oiseaux : un marqueur des changements environnementaux

    En cinquante ans, la France a perdu 4 espèces nicheuses et en a gagné 45. À première vue, le solde semble positif, mais la moitié de ces nouvelles venues sont des espèces introduites comme la Bernache du Canada ou encore la perruche à collier.

    Le véritable indicateur n'est donc pas le nombre d'espèces mais le nombre d'individus. Et là, le signal est sans équivoque : −18,2 % d'oiseaux communs en 25 ans. Les passereaux (hirondelles, mésanges, alouettes) qui représentent la moitié des 314 espèces nicheuses en France et 90 % du nombre total d'individus poursuivent leur chute !

    Les causes sont connues : usage massif de pesticides de synthèse, simplification des paysages, artificialisation des espaces naturels et agricoles… En cinquante ans, nous avons perdu près d'un oiseau commun sur cinq. Ceci n'est pas une statistique abstraite : c'est le silence qui s'installe dans nos campagnes, dans nos jardins, au-dessus de nos villes.

    La protection fonctionne… quand elle est effective

    Ce Baromètre démontre aussi que la protection de la nature produit des résultats mesurables quand elle est sérieuse et durable.

    En 1974, il ne restait que 11 couples de cigognes blanches en France. Grâce à des actions ciblées (réintroductions, plateformes de nidification, sécurisation des lignes électriques, protection des zones humides), la France en compte près de 6 000 aujourd’hui.

    Au bord de l'extinction dans les années 1970, les rapaces ont eux aussi bénéficié des avancées réglementaires initiées par la loi de protection de la nature du 10 juillet 1976. Le Faucon pèlerin a recolonisé la quasi-totalité du territoire. 

    La grande leçon du Baromètre, c’est que l’on sait faire de la conservation ciblée. Ce qu'on n'a pas encore su ou voulu faire, c'est enrayer le déclin de fond, conséquence directe de pressions diffuses et systémiques.

     

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  • Défenseur des droits : une nomination déterminante pour les droits et libertés

    Le problème

    Dans les semaines à venir, le Président de la République nommera une nouvelle personne à la tête du Défenseur des droits pour un mandat de six ans, irrévocable et non renouvelable, effectif à compter de juillet 2026.

    Autorité indépendante inscrite dans la Constitution, le Défenseur des droits est une institution essentielle à l’équilibre démocratique et au fonctionnement de l’État de droit. Il est garant des droits et des libertés fondamentales de toutes et tous, protège les citoyennes et citoyens face aux dysfonctionnements de l’administration, lutte contre les discriminations, défend les droits de l’enfant, veille au respect de la déontologie par les forces de sécurité et protège les lanceurs et lanceuses d’alerte.

    Depuis sa création en 2011, le Défenseur des droits constitue un recours pour des dizaines de milliers de personnes qui le saisissent chaque année pour être rétablies dans leurs droits. À travers ses décisions et analyses juridiques, ses rapports et ses recommandations, il contribue aussi, de manière unique, à enrichir et éclairer le débat public. Les Défenseurs des droits successifs ont pris des positions essentielles pour défendre les droits et libertés fondamentales : ils ont alerté sur la fracture numérique créée par la dématérialisation accélérée des démarches administratives, dénoncé les méthodes de maintien de l’ordre non respectueuses du cadre légal ou dangereuses lors de manifestations, documenté les défaillances de la protection de l’enfance, porté la lutte contre les discriminations notamment à l’encontre des personnes LGBTI+, en situation de handicap, d’origine étrangère ou considérées comme telles…

    La nomination d’une nouvelle ou d’un nouveau Défenseur des droits constitue un moment fort de notre démocratie. Dans un contexte national et international marqué par des atteintes croissantes aux droits et libertés individuelles et publiques et aux contre-pouvoirs démocratiques, les institutions indépendantes chargées de défendre les droits et de veiller à leur application doivent être protégées, renforcées et préservées de toute instrumentalisation politique.

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  • Cadmium : la droite et l’extrême droite s’opposent à des mesures qui réduisent l’exposition de la population

    Extraits de l'article de Sophie Chapelle publié dans Basta! le 2 juin 2026

    Enfants et adultes de France sont surexposés au cadmium. En cause, le laisser-faire de l’État qui autorise des seuils plus élevés qu’ailleurs en Europe. Un texte propose de réduire drastiquement la teneur en cadmium mais le RN s’y oppose. 

    « Nous sommes la population la plus contaminée au cadmium de toute l’Union européenne. » C’est ainsi que débute la proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation. Portée par le député écologiste Benoît Biteau, elle doit être examinée dans l’hémicycle ce mercredi 3 juin.

    Le cadmium est un métal lourd classé cancérogène certain depuis 1993 par le Centre international de recherche sur le cancer. Il s’accumule dans les sols, migre dans les plantes, avant d’imprégner directement notre alimentation de base : le pain, les pâtes, les pommes de terre… Les activités agricoles contribuent fortement à augmenter sa présence dans l’environnement. On retrouve notamment du cadmium, sous forme de fines particules, dans les engrais minéraux phosphatés, très utilisés en agriculture dite « conventionnelle » pour soutenir les rendements.

    Le gouvernement « veut attendre encore 12 ans »

    C’est précisément à ces seuils que la proposition de loi française s’attaque. Elle comporte un seul article qui propose d’abaisser la teneur maximale de cadmium dans les engrais phosphatés : 40 mg par kilo au 1er janvier 2027, puis 20 mg/kilo en 2030. Ce seuil de 20 mg est recommandé par l’Anses dans son rapport publié le 25 mars dernier. Il est déjà appliqué dans plusieurs pays européens, comme la Finlande ou la Slovaquie.

    Cette baisse de la teneur en cadmium se veut plus rapide que ce que propose le gouvernement dans le projet d’arrêté qui vient d’être mis en consultation publique le 26 mai et jusqu’au 30 juin. Le ministère de l’Agriculture préconise un abaissement à 60 mg/kg en 2027 (soit le niveau européen), puis à 40 mg/kg en 2030 et à 20 mg/kg « au plus tard le 1er janvier 2038 » à l’issue d’une étude d’impact. « Le temps est compté, nous savons que l’imprégnation de la population a doublé en 10 ans. On ne peut pas se permettre d’attendre encore 12 ans de plus comme le prévoit le gouvernement » analyse Benoît Biteau.

    (...)

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  • PJLUA : l’Assemblée nationale choisit l’agro-industrie au détriment de la majorité des paysan·nes

    La Confédération paysanne déplore l'adoption du projet de loi d'urgence agricole. Nous sommes scandalisés de voir une majorité de député·es privilégier les lobbies de l'industrialisation de l'agriculture au détriment de l'intérêt de la majorité des paysan·nes et des citoyen·nes. Ce texte est pourtant déconnecté des urgences réelles du monde agricole qui fait face aux aléas climatiques, aux crises sanitaires et aux conséquences délétères du libre-échange et de la compétitivité à tout prix. Certaines dispositions sont même archaïques et totalement inadaptées.

    Les articles relatifs à l'eau sont nuisibles. Le refus de tout objectif de sobriété et d'évolution des pratiques agricoles sur les périmètres de captage, l'affaiblissement des procédures et des instances démocratiques locales, le développement du stockage à marche forcée ne sont pas des solutions. Nous serons donc mobilisé·es le 7 juin à Rennes pour un grand rassemblement national, avec plus d'une quarantaine de syndicats et d'organisations, pour refuser ces graves reculs et défendre l'eau, les paysan·nes, la santé publique et les écosystèmes.

    Nous craignons fortement que le Sénat acte de nouveaux reculs, en supprimant les quelques avancées obtenues sur la question du revenu. S'agissant de l'acétamipride, nous mettons en garde contre toutes velléités de réintroduire ce néonicotinoïde interdit en France depuis 2020. Il en va de l'intérêt des paysan·nes et des citoyen·nes, qui ont été plus 2 millions à demander la suppression de cette disposition et de la loi Duplomb.

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  • Tribune de l’Observatoire de la liberté de création (OLC)

    Depuis plus de quarante ans, Canal+ joue un rôle essentiel dans la vitalité et la diversité des cinémas français et européen, y compris celles des films indépendants et du cinéma d’auteur. De fait, il s’agit d’un pilier de l’économie du cinéma, et non d’un acteur ordinaire : la chaîne occupe une position dominante. Les autres diffuseurs, notamment publics, disposent de moyens nettement moindres.

    Canal+ est une chaîne commerciale qui fonctionne par abonnement et dont l’un des arguments commerciaux principaux est l’offre de films nouveaux et variés à ses abonnés. C’est de là que provient l’argent investi par Canal+ dans la chaîne de cinéma, et non de subventions publiques. La chaîne a le devoir contractuel et légal de l’investir en contrepartie de son autorisation d’émettre, sous le contrôle de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), à laquelle elle doit rendre des comptes. En conséquence, le groupe a des obligations d’achat de droits de diffusion afin d’aider les films à être produits.

    Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire du groupe Canal+, a montré sa capacité de nuisance dans le secteur de l’édition. Alors qu’il est à la tête d’une chaîne du livre qui va des éditeurs aux distributeurs et aux points de vente, il a mis en coupe réglée des maisons d’édition autrefois réputées pour le sérieux et la diversité de leurs publications.

    La filière du cinéma n’est pas structurée de la même manière, puisqu’elle repose sur plusieurs piliers et une politique culturelle publique : le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), les conventions passées avec les chaînes, les obligations de diffusion, le rôle de l’Arcom et celui du service public audiovisuel.

    Un tournant majeur

    Or, tous ces mécanismes qui permettent d’éviter les mêmes dérives que dans le domaine du livre sont aujourd’hui la cible de l’extrême droite. D’abord, l’Arcom, parce qu’elle sanctionne les chaînes du groupe Bolloré qui diffusent des contenus illégaux, notamment racistes, jusqu’à leur retirer leur autorisation de diffusion. Ensuite, le CNC, par haine du cinéma d’auteur et en raison du prétendu mauvais usage d’un argent qui, contrairement à ce qu’elle affirme, n’est pas public (le CNC redistribue une partie du prix payé par les spectateurs selon des règles qui sont connues de tous), et dont elle demande la suppression. Enfin, le secteur public audiovisuel, qu’elle veut privatiser pour des raisons avant tout politiques, à savoir faire taire toute pensée critique ou progressiste et imposer la pensée unique du capital lié aux idées réactionnaires.

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  • Vague de chaleur précoce en France

    Edito de Cartooning for Peace du Jeudi 28 mai 2026

    Difficile de ne pas voir derrière cet épisode météo les effets du réchauffement climatique, qui est déjà de 1,3°C en moyenne dans le monde. La France fait face, depuis une semaine, à une intense vague de chaleur. Du jamais vu à cette période de l’année. Un dôme d’air chaud venu du Maroc stagne au-dessus de l’Europe occidentale et fait grimper les thermomètres à plus de 35°C dans de nombreuses villes (17 départements sont en alerte orange). La canicule se double en outre d’un inquiétant pic de pollution à l’ozone. Le premier ministre Sébastien Lecornu organise une réunion interministérielle ce jeudi 28 mai pour tenter de rassurer, mais de nombreuses associations dénoncent l’impréparation du gouvernement français, notamment concernant les écoles et les logements, faute de moyens mis en œuvre, quand le réchauffement climatique devrait être un enjeu prioritaire.

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  • Surnommé "le penseur planétaire", le philosophe et sociologue Edgard Morin est mort à l'âge de 104 ans

    Extraits de l'article de Kevin Dero pour rtbf info

    Un esprit brillant, qui avait éclairé pas moins de presque 80 ans d’histoire contemporaine, vient de s’éteindre. Edgar Morin, philosophe et sociologue français, était un fin observateur de la société. Théoricien de ce qu’il appelait la "pensée complexe", engagé et parfois indigné, il n’a eu de cesse de se battre pour un monde meilleur.

    Le sociologue et philosophe Edgar Morin, figure majeure de la vie intellectuelle française, est mort vendredi à l'âge de 104 ans, a appris l'AFP samedi auprès de son épouse.

    Géant de la pensée marqué politiquement à gauche, il était l'auteur d'une œuvre très diverse, connue bien au-delà de la France, à contre-courant de la sociologie traditionnelle se présentant comme une réflexion sur l'Homme à partir des données de la science.

    Morin n’était pas son vrai nom. Né Edgar Nahoum, il a commencé à appréhender la vie, cette vie qu’il chérissait et dont il a disséqué bien des aspects, juste après la première guerre mondiale. Ses parents, juifs originaires de Thessalonique, en Grèce, le voient arriver dans leur existence en 1921, à Paris. On le croit mort-né (sa mère avait décidé d'avorter), mais il s'accroche à la vie. Comme un avant-goût de sa tenacité à venir et son amour pour l'humanité...  

    C’est à 21 ans, lors d’une réunion de résistants à Toulouse, que le jeune combattant pour la liberté se verra surnommé Morin. Un nouveau patronyme venu d’un… malentendu. L’homme s’était alors présenté comme "Magnin", un personnage (résistant et meneur d’hommes) d’André Malraux dans son livre l’Espoir. Un partisan entendra "Morin", et le jeune résistant s’en accommodera finalement tout le reste de sa vie.

    Comme le soulignait le Monde dans un article de 2020, le sociologue prendra part, depuis ses débuts dans l’antifascisme lors de la guerre d’Espagne, à bien des événements historiques. Il en sera, toute sa vie durant, un franc-tireur.

    Communiste anti-stalinien (il sera exclu du parti en 1951), il sera à Baden-Baden en 46 pour décrire une Europe en ruine, à Paris lors des soubresauts sociaux en 61, décrivant le phénomène "yé-yé" quelques mois plus tard et bien évidemment mai 68, partisan d’une Algérie indépendante durant "les événements", en Californie en plein mouvement hippie… Jusqu’à un demi-siècle plus tard en observateur attentif d’une société en proie à une pandémie planétaire et de guerres impitoyables, comme celles d’Ukraine et de Gaza.

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