Communiqué commun
Les organisations soussignées expriment leur profonde inquiétude face à la détention arbitraire de la dirigeante autochtone et défenseure des droits humains Daria Egereva et de la défenseure des droits humains Natalia Leongardt, et se joignent aux peuples autochtones, aux organisations de la société civile et aux défenseurs des droits humains du monde entier pour exiger leur libération immédiate et inconditionnelle.
Représentante du peuple Selkoupe, l’un des peuples autochtones de Russie comptant une population totale de 3 500 personnes, Mme Egereva est une défenseuse des droits humains reconnue, prête à mettre son expertise au service d’un dialogue pacifique et constructif pour faire avancer l’action climatique et les droits des peuples autochtones, notamment en participant régulièrement aux conférences des Nations unies sur le climat.
Le 17 décembre 2025, les autorités russes ont perquisitionné le domicile de Mme Egereva et l’ont arrêtée pour sa participation présumée aux activités d’une soi-disant « organisation terroriste », en vertu de l’article 205.5 (paragraphe 2) du Code pénal russe. L’arrestation de Mme Egereva s’inscrivait dans le cadre d’une opération coordonnée menée par le service fédéral de sécurité (FSB), qui visait au moins 17 autres dirigeants autochtones dans différentes régions.[1]
Parmi les personnes visées par cette même vague d’arrestations figurait également Natalia Leongardt, qui collaborait avec Mme Egereva pour protéger et promouvoir les droits des peuples autochtones.
Le 11 février, le tribunal municipal de Moscou a rejeté l’appel interjeté par Mmes Egereva et Leongardt contre leur détention provisoire et l’a confirmée sans modification. La décision de tenir l’audience d’appel à huis clos soulève de graves préoccupations quant aux garanties d’une procédure régulière et au droit à un procès équitable. Le 15 mars, leur détention a été prolongée jusqu’au 15 juin. Si elles sont reconnues coupables, Mme Egereva et Mme Leongardt encourent jusqu’à 20 ans d’emprisonnement. Au moment de la rédaction de cette déclaration, Mme Egereva et Mme Leongardt sont toujours détenues au centre de détention provisoire n° 6 de Moscou dans l’attente de leur procès.[2] [3]
