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L'AN VERT de Vouziers : écologie et solidarité. - Page 2

  • Canicule : quand les scientifiques passent pour des « idéologues » et des « petits dictateurs »

    Extraits de l'article de Léa Guedj, publié dans Reporterre le 07.07.2026

    Entre déni du chaos climatique et mépris des scientifiques, certaines séquences médiatiques lors des dernières vagues de chaleur peuvent donner l’impression de vivre, réellement, dans le scénario fictionnel du film « Don’t Look Up ».

    Des scientifiques inaudibles, des alertes méprisées… Les vagues de chaleur ont entraîné un réel backlash écologique dans nombre de médias mainstream. Et si nous étions déjà entrés dans le film dystopique Don’t Look Up ? Certaines séquences médiatiques donnent en tout cas cette amère impression.

    Sorti en 2021, le film dépeint l’inaction des politiques et l’inconsistance des médias face à l’imminence d’une catastrophe, en l’occurrence une comète qui se dirige droit vers la Terre. Deux astronomes tentent désespérément d’alerter la société, mais ils reçoivent désintérêt, mépris et dérision. Les solutions engagées pour se prémunir du cataclysme s’avèrent technosolutionnistes et inutiles. De quoi quelque peu rappeler notre séquence actuelle...

    « Dans “Don’t Look Up” on parle du sujet, mais on ne pointe pas vers la bonne problématique ou solution. C’est ce qui est en train de se passer avec les périodes de vagues de chaleur », analyse Eva Morel, cofondatrice de l’association QuotaClimat, qui suit de près le traitement médiatique des enjeux climatiques, notamment pendant les deux dernières vagues de chaleur, en mai et juin.

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  • Rapport – Vagues de déréglementations en Europe. Que fait la France ?

    Publié le 06.07.2026 par le CCFD terres solidaires

    Plus de 50 reculs sur le climat, l’environnement et la santé à stopper

    À l’initiative du Réseau Action Climat, 10 associations – Générations Futures, Transport & Environnement, Ligue pour la Protection des Oiseaux, CCFD-Terre Solidaire, Fondation pour la Nature et l’Homme, France Nature Environnement, Greenpeace France, Reclaim Finance et WWF-France – publient un rapport décryptant et chiffrant les vagues de déréglementations sur l’environnement et la santé à l’oeuvre à Bruxelles depuis 2024.

    Le rapport recense au moins 20 reculs déjà adoptés en deux ans à peine, et une trentaine d’autres qui pourraient être entérinés ces prochains mois,  contre lesquels la société civile est mobilisée. Ces reculs portent sur les pesticides, la protection de la biodiversité et de l’eau, les pollutions industrielles avec des impacts sur l’environnement, le climat, la santé et les droits humains. En analysant les dynamiques de votes au Parlement européen, le rapport montre également une nouvelle tendance lourde : les partis de droite et d’extrême droite, dont les partis français, créent des majorités qui permettent de démanteler des pans entiers du Pacte vert et plus largement les protections environnementales européennes. Face à cette vague de reculs, les décideurs français doivent tout faire pour s’y opposer et protéger nos concitoyens. 

    Depuis deux ans, la Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen, propose des dizaines de « simplifications » sous la forme d’« Omnibus », des véhicules législatifs uniques qui permettent de modifier en une seule fois un ensemble de lois. Ils contiennent des dizaines de reculs sur les droits de l’environnement et de la santé des Européens difficilement acquis ces dernières années. Parmi eux, exposition aux pesticides et produits toxiques, frein à la lutte contre la déforestation mondiale, suppression des plans de transition climatique des entreprises, baisse du financement de la biodiversité, frein à la transition vers la voiture électrique, fragilisation des milieux naturels, risques accrus de pollution de l’eau et de diminution de la ressource, ou encore décalage de la baisse de quotas gratuits pour les industries polluantes.

    Selon notre décompte exclusif, ces initiatives ont déjà débouché sur l’adoption de 20 reculs depuis juillet 2024, et pourraient conduire à l’adoption de 30 de plus ces prochains mois avec des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé des citoyens.

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  • Guerre en Ukraine : la Russie sous pression

    Éditorial de Cartooning for Peace du 02.07.2026

    Ces derniers mois, l’Ukraine a intensifié ses frappes sur le territoire russe et dans les régions ukrainiennes occupées, en réponse aux bombardements quasi quotidiens menés par Moscou. Les missiles et drones ukrainiens gagnent en portée, au point que Zelensky affirme avoir ouvert un « corridor » dans la défense aérienne vers Moscou. Kiev a fait des infrastructures pétrolières des cibles prioritaires, afin d’assécher la principale source de financement de l’effort de guerre russe. En une semaine, la principale raffinerie de pétrole du pays, à Oufa, a été frappée deux fois. Ces attaques provoquent des pénuries de carburant, et les Russes font la queue pour de l’essence. La guerre obsessionnelle de Poutine apparaît de plus en plus impopulaire au sein de la population russe, y compris d’une partie de l’armée. Dans la nuit du 2 au 3 juillet, Kiev a subi en représailles une attaque particulièrement massive qui a fait au moins 13 morts.

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  • PROTECTION DE L’ENFANCE : NE SACRIFIONS PAS UNE RÉFORME ATTENDUE À UNE LOI DE CIRCONSTANCE

    Communiqué d'ATD quart monde publié le 02.07.2026

    Le projet de loi (PJL) « protection des enfants[1] » présenté par le Gouvernement rompt avec la promesse d’une refondation ambitieuse de la protection de l’enfance[2]. Peu à peu, la réforme annoncée s’est effacée au profit d’un texte construit en réponse à une actualité dramatique. Les violences faites aux enfants appellent à une réponse ferme. Elles ne doivent pas faire oublier une autre urgence : réparer l’ASE dont chacun reconnaît aujourd’hui les défaillances. Les enfants confiés à l’Aide social à l’enfance, leurs familles et les professionnels méritent mieux qu’une réforme dictée par le calendrier médiatique.

    Une réforme qui renonce à transformer l’ASE

    Après deux années de travaux, d’auditions et de concertation, un diagnostic partagé avait enfin été établi, accompagné de quatre-vingt-douze recommandations pour refonder la protection de l’enfance[1]. Le Gouvernement renonce à l’ambition initiale de transformer durablement l’Aide sociale à l’enfance, en présentant un projet de loi court, mal construit, dont plusieurs dispositions relèvent de la protection générale des mineurs et auraient davantage leur place dans une loi d’ensemble consacrée à la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.

    Un PJL dangereux et inadapté aux familles qui vivent l’exclusion et la pauvreté

    Les grands absents du texte sont la prévention et le soutien à la parentalité pourtant au cœur de la réforme annoncée.  Chaque jour, ATD Quart Monde rencontre des parents dont la pauvreté fragilise l’exercice de la parentalité : logement indigne, difficultés d’accès aux soins, isolement, épuisement, etc. Des réalités qui restent trop souvent invisibles ou interprétées comme des défaillances parentales plutôt que comme les conséquences de la pauvreté.

    ATD Quart Monde est profondément inquiet pour les familles qui vivent la pauvreté. Le texte renforce le flou et l’arbitraire des procédures de déclaration de délaissement parental, tout en réduisant les délais, en particulier pour les enfants de moins de trois ans. Une telle mesure est préoccupante, car elle ne laisse pas aux professionnels le temps ni les moyens de mettre en place un accompagnement adapté à la situation particulière de chaque famille.

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  • Projet de loi d’urgence agricole : le Sénat, complice de l'agrobusiness, enterre l'intérêt général

    Communiqué de la Confédération Paysanne du 03.07.2026

    En pleine canicule, alors que tout nous appelle à engager une réelle bifurcation agroécologique, de manière hors-sol, la majorité sénatoriale vient par son vote d'aggraver davantage le projet de loi d'urgence d'agricole.

     

    Il y a pourtant urgence à apporter des réponses concrètes aux problèmes structurels qui traversent l'agriculture. Les priorités sont nombreuses et criantes : renforcer les outils de régulation et de répartition de la valeur afin d'assurer aux paysan·nes un revenu digne, permettre l'installation des futures générations, maintenir des paysan·nes dans les campagnes, relocaliser notre alimentation, préserver notre souveraineté alimentaire et nous donner les capacités de faire face aux bouleversements environnementaux et donc réorienter les aides publiques avec pour boussole l'intérêt général !

    La réintroduction des deux néonicotinoïdes, dont l'acétamipride, au mépris de la santé publique, des pollinisateurs, du respect et de la préservation des sols et de l'eau, est un exemple flagrant d'une défense à tout prix d'un modèle avant tout exportateur. Un modèle pourtant en échec, comme le montre l'état du monde agricole en France et ailleurs, et sur le dos de paysan·nes qu'ils prétendent vouloir sauver. En betteraves, c'est bien la suppression des outils de régulation qui a placé les producteur·rices à la merci du dumping économique et social.

    La majorité sénatoriale, à l'instar du sénateur Duplomb qui invoque à longueur de débats le « bon sens paysan », acte, en pleine sécheresse, sa volonté de faire disparaître les zones humides. Lunaire ! Les dispositions sur la non prise en compte des pollutions historiques dans la protection des captages, comme le verrouillage de la gestion de l'eau sur les territoires, augurent le pire.

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  • « On en voit un, puis deux, puis trois… » Au fond de l’Atlantique, un cimetière de fûts radioactifs

    Extraits de l'article d'Émilie Massemin publié dans Reporterre le 02.06.2026

    Une expédition a collecté des échantillons autour des fûts contenant des déchets radioactifs immergés dans l’océan Atlantique jusqu’en 1990. L’heure est maintenant à l’analyse pour comprendre les effets de cette pratique sur les fonds marins.

    Nous sommes à 4 700 m de profondeur, dans les plaines abyssales de l’Atlantique Nord-Est. Sur la vidéo, la seule lumière provient des projecteurs du Nautile, un sous-marin scientifique habité de 8 m de long, qui éclairent cette immense étendue de sédiments toute plate. « Ce qui est saisissant, c’est l’approche des fûts de déchets radioactifs. On en voit un, puis deux, puis trois, puis quatre… » raconte Patrick Chardon, ingénieur de recherche au CNRS, spécialiste de la mesure de la radioactivité dans l’environnement.

    La plupart sont dévorés par la rouille. « Leurs parois ondulées sont complètement corrodées, avec des couleurs très vives, très rouges. On devine encore les marquages sur certains fûts : le symbole de la radioactivité, des étiquettes, des inscriptions. Et autour, il y a aussi des déchets plus récents comme des sacs plastiques, des bouteilles et des pots de peinture », poursuit Javier Escartín, directeur de recherche au CNRS et au Laboratoire de géologie de l’École normale supérieure, spécialiste des océans profonds.

    Autour de ces funestes rebuts, une explosion de coraux, d’éponges, de crabes et d’anémones. Et l’invisible ballet des radionucléides, les atomes radioactifs relâchés par ces colis empoisonnés. Ces images spectaculaires sont celles de la deuxième campagne de la mission Nodssum. Pilotée par Patrick Chardon et Javier Escartín, elle vise à « comprendre le comportement de la radioactivité dans l’océan profond », résume l’expert.

    Des colis oubliés depuis trois décennies

    Entre 1946 et 1990, avant que cette pratique ne soit interdite par la Convention de Londres, pas moins de 200 000 fûts de déchets enrobés de ciment, de bitume ou de résine ont été balancés dans la zone par plusieurs pays européens. « À la fin des années 1970, on voyait à la télévision les campagnes de Greenpeace, les Zodiac et les barils qui tombaient à la mer. C’est une image qui m’est restée », se souvient Javier Escartín.

    Patrick Chardon, lui aussi, a été frappé par « le contraste entre l’image du nucléaire comme une énergie d’avenir, propre, et le fait que ses déchets aient été rejetés au fond de l’océan ». Puis, plus rien. Les colis ont été oubliés dans leur cimetière marin pendant trois décennies, sans que les évaluations régulières des sites promises n’aient jamais été réalisées.

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  • Procès de Sainte-Soline : la Cour d'appel confirme les condamnations et la lutte va se poursuivre sur le terrain et devant la justice

    Communiqué de la Confédération paysanne du 01.07.2026

    Ce 1er juillet, la Cour d'appel de Poitiers vient de confirmer une partie des condamnations des quatre défenseurs de l'eau jugés pour l'organisation de la manifestation contre la mégabassine de Sainte-Soline le 25 mars 2023.

    Les quatre prévenus sont à nouveau condamnés à des peines relativement similaires à celles de première instance et requises par la procureure. Les parties civiles, la Coop 79 de l'eau et la Coordination rurale sont déboutées de toutes leurs demandes ! 

    - Julien Le Guet, co-porte-parole de Bassines Non Merci, est condamné à 6 mois de prison avec sursis.

    - Benoit Feuillu des Soulèvements de la Terre à 3 mois avec sursis. Est également prononcée une interdiction de port d'arme contre eux deux pendant 5 ans.

    - Nicolas Girod, ancien porte-parole de la Confédération paysanne et Benoit Jaunet, ancien porte-parole de la Confédération paysanne des Deux-Sèvres, à 800 euros d'amende chacun, contre 1000 euros en première instance.

    - L'interdiction de territoire est réduite à 3 communes : Mauzé, Sainte-Soline et Vanzay pour les 4 prévenus.

    La Cour d'appel persiste à vouloir criminaliser comme des actions individuelles une manifestation collective qui avait réuni plus de 30 000 personnes pour la défense et le partage de ce commun qu'est l'eau. Alors que la France est frappée par une canicule sans précédent, elle rejette à son tour l'urgence à agir et l'état de nécessité concernant le changement climatique. Le mécanisme de répression ciblée de porte-paroles de mouvements et syndicaux, condamnés ici en tant qu'"organisateurs",  est une atteinte grave à la liberté d'expression et au droit de manifestation.

    Les quatre prévenus ont donc décidé de se pourvoir en cassation.

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