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société

  • Surnommé "le penseur planétaire", le philosophe et sociologue Edgard Morin est mort à l'âge de 104 ans

    Extraits de l'article de Kevin Dero pour rtbf info

    Un esprit brillant, qui avait éclairé pas moins de presque 80 ans d’histoire contemporaine, vient de s’éteindre. Edgar Morin, philosophe et sociologue français, était un fin observateur de la société. Théoricien de ce qu’il appelait la "pensée complexe", engagé et parfois indigné, il n’a eu de cesse de se battre pour un monde meilleur.

    Le sociologue et philosophe Edgar Morin, figure majeure de la vie intellectuelle française, est mort vendredi à l'âge de 104 ans, a appris l'AFP samedi auprès de son épouse.

    Géant de la pensée marqué politiquement à gauche, il était l'auteur d'une œuvre très diverse, connue bien au-delà de la France, à contre-courant de la sociologie traditionnelle se présentant comme une réflexion sur l'Homme à partir des données de la science.

    Morin n’était pas son vrai nom. Né Edgar Nahoum, il a commencé à appréhender la vie, cette vie qu’il chérissait et dont il a disséqué bien des aspects, juste après la première guerre mondiale. Ses parents, juifs originaires de Thessalonique, en Grèce, le voient arriver dans leur existence en 1921, à Paris. On le croit mort-né (sa mère avait décidé d'avorter), mais il s'accroche à la vie. Comme un avant-goût de sa tenacité à venir et son amour pour l'humanité...  

    C’est à 21 ans, lors d’une réunion de résistants à Toulouse, que le jeune combattant pour la liberté se verra surnommé Morin. Un nouveau patronyme venu d’un… malentendu. L’homme s’était alors présenté comme "Magnin", un personnage (résistant et meneur d’hommes) d’André Malraux dans son livre l’Espoir. Un partisan entendra "Morin", et le jeune résistant s’en accommodera finalement tout le reste de sa vie.

    Comme le soulignait le Monde dans un article de 2020, le sociologue prendra part, depuis ses débuts dans l’antifascisme lors de la guerre d’Espagne, à bien des événements historiques. Il en sera, toute sa vie durant, un franc-tireur.

    Communiste anti-stalinien (il sera exclu du parti en 1951), il sera à Baden-Baden en 46 pour décrire une Europe en ruine, à Paris lors des soubresauts sociaux en 61, décrivant le phénomène "yé-yé" quelques mois plus tard et bien évidemment mai 68, partisan d’une Algérie indépendante durant "les événements", en Californie en plein mouvement hippie… Jusqu’à un demi-siècle plus tard en observateur attentif d’une société en proie à une pandémie planétaire et de guerres impitoyables, comme celles d’Ukraine et de Gaza.

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  • Rennes 2026, la LDH en congrès, vent debout pour l’Etat de droit

    Communiqué LDH

    Les 23, 24 et 25 mai 2026, la LDH a réuni ses membres délégués, représentant les sections, fédérations et comités régionaux, lors de son 93e congrès national, à Rennes.

    Adoption d’une résolution générale « Contre la loi du plus fort, choisir l’État de droit »

    Dans cette résolution, la LDH rappelle avec solennité que l’extrême droite au pouvoir s’emploie toujours à détruire l’Etat de droit, faisant courir un danger mortel à la démocratie.

    À l’approche des élections de 2027, face au péril d’un vote pour l’extrême droite plus haut que jamais, la LDH exhorte les citoyennes et citoyens, toutes celles et tous ceux qui sont attachés aux libertés fondamentales et à l’égalité des droits des êtres humains, à se mobiliser et à faire entendre une voix forte de résistance et d’opposition, de solidarité et d’espoir. La LDH initiera des mouvements de la société civile et participera, partout et sans relâche, aux mobilisations citoyennes pour éloigner le spectre de l’autoritarisme et du fascisme.

    La LDH en appelle aux forces politiques progressistes, qui doivent, au-delà de leurs divergences, enfin entendre les voix de la société civile, pour permettre à l’espoir de se traduire dans les urnes, par la construction d’une alternative écologique, sociale et démocratique promouvant l’accès effectif aux droits.

    Elle appelle aussi les libéraux à prendre toute la mesure du péril et à choisir de défendre l’État de droit et la démocratie, qui seuls permettent un débat apaisé, des alternances et le respect de tous les droits politiques proclamés dans notre pays depuis plus de deux siècles, tout en promouvant des politiques publiques qui favorisent l’accès effectif aux droits. Seul ce choix nous permettra de vivre ensemble et en paix sans subir l’arbitraire et la violence de la loi du plus fort.

    Invités à intervenir en clôture du congrès, les mouvements politiques, tant progressistes que libéraux, ont eu l’occasion de réagir immédiatement à cet appel et de se positionner, après que les représentantes et représentants des organisations de la société civile (CGT, CFDT, FSU, Syndicat de la magistrature) ont souligné à leur tour l’urgence de protéger l’État de droit dans toutes ses composantes et de faire face à l’extrême droite.

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  • Aucune discrimination n’a sa place dans le cinéma, Canal+ comparaitra devant la justice pour avoir violé la loi

    Communiqué commun LDH (Ligue des droits de l’Homme) et CGT Spectacle

    Dimanche 17 mai, le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a annoncé ne plus vouloir travailler avec les 600 signataires de la tribune du collectif « Zapper Bolloré ».

    Maxime Saada, qui travaille de longue date pour le compte de Canal+, connaît le caractère incontournable du groupe dans le financement des films en France et la dépendance des différents acteurs de la filière.

    Sa décision n’est donc pas une réaction à chaud mais un choix inacceptable/brutal de discriminer en raison d’une expression politique et syndicale pour museler les voix qui s’élèvent dans la profession contre l’emprise croissante de Vincent Bolloré sur l’ensemble de la chaîne de fabrication et de diffusion du cinéma.

    En responsabilité et en conformité avec les valeurs démocratiques que nous partageons – la garantie des libertés fondamentales et la lutte contre toutes les discriminations – nous avons demandé à Maître Arié Alimi de saisir le tribunal judiciaire de Nanterre afin d’assigner Canal+ en vue d’obtenir l’annulation sous astreinte de cette décision inacceptable et faire désigner un mandataire dont la mission sera de constater les discriminations que le groupe Canal+ a annoncé commettre.

    Enfin, nous examinons également la possibilité d’un recours devant la Commission européenne pour sanctionner l’abus de dépendance économique de Canal+ qui s’inscrit dans un schéma de concentration réactionnaire de tous les vecteurs de la culture élaboré par Vincent Bolloré.

    A Cannes, le 23 mai 2026

  • Féminicides, les paradoxes d’une victoire politique

    Article publié dans Le Monde Diplomatique le 15 mai 2026

    Le vendredi 8 mai, un policier municipal a utilisé son arme de service et tué son ex-compagne et leurs deux filles de 9 et 13 ans, à son domicile du Val-d’Oise, avant de se donner la mort. « Six féminicides en neuf jours », se sont alarmées des associations de défense des droits des femmes, en pointant une subite accélération du compteur que plusieurs d’entre elles tiennent à jour à travers l’Inter Orga Féminicides. Cet outil de suivi est régulièrement repris par la presse française, ce qui signale à la fois une victoire politique et sa limite. Victoire, car le mot « féminicide » a été imposé dans le vocabulaire courant et dans les médias, à l’issue d’un long parcours militant, qui a traversé plusieurs fois l’Atlantique, l’Europe à l’Amérique latine, et qu’avait retracé Laurène Daycard dans un article paru en novembre 2024. Les journalistes évitent désormais de romantiser le meurtre des compagnes ou ex-compagnes à travers le traitement de ce que l’on appelait auparavant les “crimes passionnels”. Mais lorsque la presse et le parquet s’interrogent sur l’enchaînement des évènements, les conclusions se ressemblent : en dépit des signalements ou des dépôts de plainte, la victime, et souvent avec elle ses enfants, n’ont pu être efficacement protégés. Pourquoi ?

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  • En abandonnant le plan vélo, l’État a aussi sacrifié la santé

    Article de Laury-Anne Cholez publié dans Reporterre le 21.05.2026

    Améliorer la santé et faire des économies pour la société, ce sont là les bénéfices de la marche et du vélo, selon la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette. Mais les politiques publiques sont à la traîne.

    Marcher et faire du vélo, c’est bon pour la santé. Les associations et les écologistes ne cessent de le répéter, mais le dernier rapport de la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette (FUB) enfonce le clou en convoquant un panel d’experts du monde de la santé sur le sujet et en rassemblant toute une série d’études sanitaires et économiques.

    Le rapport rappelle un constat : la sédentarité tue et coûte cher à la société. Environ 17 milliards d’euros par an. En trente ans, les capacités cardiovasculaires des enfants et adolescents ont diminué d’environ 25 %. Et l’inactivité physique constitue la quatrième cause mondiale de mortalité prématurée.

    Face à cette situation, les solutions existent : enfourcher sa bicyclette ou ses baskets. Toujours selon le rapport, un kilomètre à vélo équivaut à un euro économisé pour la société. Pédaler cent minutes chaque semaine réduit de 10 % la mortalité. Enfin, une augmentation de la part modale de la marche dans nos déplacements — aujourd’hui établie à 23 % — pourrait générer jusqu’à 57 milliards d’euros de bénéfices.

    Manque de politiques publiques volontaristes

    Mais les efforts individuels demeurent insuffisants, faute de politiques publiques volontaristes pour adapter les espaces publics à ces mobilités actives. Le rapport dénonce « des injonctions contradictoires » en incitant « les familles à modifier leurs comportements sans garantir des environnements adaptés ».

    L’exemple du sacrifice du plan vélo et marche est à ce titre éloquent. Lancé en 2023 et initialement doté d’un budget de 250 millions d’euros par an, il visait à structurer des politiques publiques en faveur des mobilités actives. En 2025, moins d’un cinquième des cofinancements promis ont été effectivement investis par l’État, regrette la FUB.

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  • PJLUA : un texte dangereux pour l’agriculture

    Communiqué de la Confédération Paysanne publié le 18.05.2026

    Les député·es entament demain l'examen du projet de loi d'urgence agricole en séance publique. Ce texte, la Confédération paysanne y est défavorable. Le passage en commissions n'a pas fait évoluer notre position. Certaines modifications peuvent-elles le rendre acceptable ?

    Nous saluons le travail des député·es qui, en commissions, se sont opposé·es à de graves reculs, parfois avec réussite, s'agissant de la protection des zones humides, la gestion et la démocratie de l'eau dans ce pays. Ces prises de position sont importantes dans le paysage actuel. Les dispositions relatives à une meilleure prise en compte des coûts de production, via un prix plancher, vont dans le bon sens et nous les avions défendues auprès des député·es lors de nos auditions. Sans surprise, le gouvernement va en proposer la suppression.

    Le tunnel de prix reste une expérimentation et ne sera pas obligatoire, comme nous le demandions. De plus, le gouvernement fait le choix de confier cette expérimentation aux interprofessions, sans cadre réglementaire. Compte tenu de l'opposition affichée de certaines filières, l'expérimentation pourrait ne jamais voir le jour.

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  • Peine de mort : un combat toujours d’actualité

    Communiqué d'Amnesty International publié le 18.05.2026

    En 1981, une nouvelle victoire pour la dignité humaine avait lieu sur le long chemin de l’abolition universelle : la France abolissait enfin la peine de mort. Aujourd’hui, 113 pays ont aboli la peine de mort pour tous les crimes. Mais le combat continue pour l’abolition universelle de la peine de mort.

    45 ans plus tôt, la peine de mort était encore une réalité en France. C’est en 1981 que le pays se détourne de cette peine d’un autre âge. Chaque année, le 9 octobre, Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, est l’occasion de célébrer cet acte historique, ce jour où la France mettait fin aux homicides volontaires et prémédités, aux assassinats étatiques.

    Depuis cette date, quels que soient les gouvernements, la France a toujours affirmé son opposition, en toutes circonstances, à la peine capitale. Aujourd’hui, l’abolition de la peine de mort a fait son chemin, petit à petit, victoire après victoire, pays après pays.

    Un combat ininterrompu

    En 1977, nous lancions notre combat en organisant une conférence qui s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de Stockholm, texte fondateur pour l’abolition universelle de la peine de mort. À cette époque, seuls 16 pays avaient totalement aboli la peine de mort. Aujourd’hui, grâce à votre mobilisation,145 pays, soit plus des deux tiers des pays du monde entier, ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Des progrès énormes et mesurables continuent d’être faits même si un dernier tiers des pays reste à convaincre.

    En 1979, nous publions notre premier rapport statistique mondial sur la peine de mort. À partir de ce moment, nous devenons une référence mondiale en matière d’observation et de rédaction de rapports sur les condamnations à mort prononcées et les exécutions menées par les gouvernements dans le monde.

    Nous avons milité sans relâche sur des cas emblématiques qui ont clairement mis en évidence la nature injuste de la peine de mort, à l’instar de Troy Davis, un jeune afro-américain condamné à mort dans l’État de Géorgie et exécuté en 2011. Son histoire a remis en avant la nécessité de lutter contre l’application arbitraire de la peine capitale aux États-Unis. Plus récemment, notre organisation a agi en faveur de Rocky Myers, la première personne noire à avoir été graciée aux États-Unis en 2025.

    Nous avons également soutenu le mouvement abolitionniste au niveau international. Nous avons été l’un des membres fondateurs de la Coalition mondiale contre la peine de mort, en 2002, et aidé à la création d’un réseau asiatique de lutte contre la peine de mort en 2006. En 2007, nous remettons aux Nations unies plus de cinq millions de signatures en faveur d’une suspension mondiale de toutes les exécutions. Un mois plus tard, l’ONU adoptera sa première résolution sur la suspension des exécutions.

    Vers l’abolition universelle

    Cette dynamique positive vers l’abolition se poursuit aujourd’hui. En 2025, le Viêt Nam a aboli la peine de mort pour huit crimes et la Gambie a aboli la peine de mort pour les crimes de meurtre, de trahison et d’autres infractions contre l’Etat. Au Liban et au Nigéria, des projets de loi visant à l’abolition sont en cours d’examen devant les assemblées législatives.

    Alors que le monde se dirige progressivement vers l’abolition totale, nous ne devons pas baisser la garde. En 2025, plus de 2700 exécutions ont été recensées dans le monde, un bond de 78% en un an. Une petite poignée d’Etats dont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite ou encore les Etats-Unis continuent à avoir recours au châtiment le plus cruel et inhumain qui existe.

    Parce que la peine de mort est irréversible, l’abolition universelle doit l’être aussi. Nous combattrons sans relâche jusqu’à la disparition totale de ce châtiment inhumain.