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société

  • Justice pour El Hacen Diarra !

    Communiqué du 21.06.2026

    Dans la nuit du 14 au 15 janvier 2026, El Hacen Diarra est mort alors qu’il se trouvait au commissariat du 20ᵉ arrondissement de Paris. Cet homme de 35 ans, travailleur immigré mauritanien, vivait dans un foyer de cet arrondissement. Il a été contrôlé par la police à proximité de son lieu de vie, puis plaqué au sol, et a reçu un coup de taser et des coups de poing d’un agent, avant d’être conduit au commissariat. C’est là qu’il a perdu la vie à la suite d’un arrêt cardiaque survenu pendant sa garde à vue, dans des circonstances qui demeurent à ce stade obscures et profondément préoccupantes. Sa mort soulève de graves questions sur les conditions de son interpellation, de son transport et de sa détention au commissariat.

    Rappelons que selon la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), l’Etat a l’obligation de prévenir les atteintes au droit à la vie, notamment en prévoyant des règles contraignantes à l’égard de la police pour toute intervention. La CEDH impose que le recours à la force ne soit possible qu’en cas d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité, sachant que si une arme doit être utilisée, ce ne doit être qu’en ultime recours.

    Dimanche 18 janvier 2026, un rassemblement de soutien s’est tenu dans le 20ᵉ arrondissement, réunissant la famille, les proches, des habitant-e-s, des collectifs et de nombreuses organisations. Ce moment de recueillement mais aussi de vive indignation a permis aux centaines de personnes présentes de rendre hommage à El Hacen Diarra, de dénoncer les violences policières et d’exprimer une solidarité sans réserve avec celles et ceux qui sont frappé-e-s par ce drame. Nos organisations affirment leur soutien à la famille et aux proches de la victime, dans leur deuil comme dans leur combat pour la vérité.

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  • Renard : 4 idées reçues sur un animal utile

    Article publié le 19 janvier 2022 par FNE

    1. Le renard est-il un animal nuisible ?

    Le renard est un auxiliaire précieux pour l’agriculture

    Cela tient à son régime alimentaire essentiellement constitué de petits rongeurs, responsables de dégâts sur les cultures. Le renard régule ces espèces et évite ainsi l’utilisation de produits toxiques (anti-coagulants) qui peuvent provoquer des réactions en cascade sur le reste de la chaîne alimentaire, comme les rapaces, les sangliers…

    Animal opportuniste, le renard peut aussi nettoyer les carcasses laissées par d’autres prédateurs. En jouant ce rôle d’équarisseur naturel, il évite la prolifération de maladies. Le renard est donc un maillon essentiel dans les écosystèmes.

    Le renard n’est pas responsable de la disparition d’autres espèces

    En tant que prédateur opportuniste, le renard peut consommer des espèces chassables telles que des oiseaux ou des petits mammifères, comme le grand hamster.

    Il ne fait que jouer son rôle de régulateur et n’est pas responsable de la raréfaction de ces espèces, qui est provoquée par les modifications des paysages, les pratiques agricoles intensives et l’étalement urbain. Par ailleurs, les oiseaux d’élevage lâchés pour la chasse et incapables de se défendre constituent pour lui une proie bien plus facile que les animaux sauvages.

    Une étude allemande a conclu que l’amélioration des habitats serait plus efficace que la régulation des populations de renards pour restaurer les populations de lièvres, lapins et perdrix.

    2. Le renard est-il un vecteur de maladies ?

    Le renard ne transmet pas la rage

    Aujourd’hui le renard n’est plus porteur de la rage grâce à une vaste campagne de vaccination orale menée à partir de 1986. En 2001, la rage du renard a été éradiquée, le dernier cas de rage « vulpine » datant de 1998. Un réseau de surveillance de la faune sauvage est en place sur tout le territoire national et permet de repérer tout animal présentant des signes de la maladie.

    Echinococcose alvéolaire : persécuter le renard est inutile

    Souvent présentée à tort comme la maladie du renard, cette maladie rare mais grave chez l’homme est due à un petit ver d’à peine quelques millimètres qui vit dans l’intestin des carnivores : renards, mais aussi chiens et chats. 30 % des chats et des chiens seraient porteurs de ce ver.

    L’homme se contamine en ingérant des aliments souillés par les déjections (mais pas l’urine) ou par contact avec les œufs du ver qui sont présents sur le pelage des chiens et des chats.

    Persécuter les renards ne fera pas reculer la maladie. Il faut appliquer des mesures de prévention simples dans les zones infestées (le Nord-Est de la France et le Massif central) :

    • Consommer cuits à plus de 60°C les plantes, légumes et fruits poussant au sol ;
    • Se laver les mains soigneusement après des travaux de jardinage, après tout contact avec les animaux familiers et avant chaque repas ;
    • Vermifuger plusieurs fois par an chiens et chats avec un produit spécifique contre ce parasite.

    Le renard est un rempart contre la maladie de Lyme

    La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est une maladie transmise à l’homme par des tiques porteuses des bactéries Borrelia. Ces tiques contractent ces bactéries lorsque, encore à l’état de larves ou de nymphes, elles se nourrissent du sang de rongeurs ou d’oiseaux infectés. Ces bactéries, une fois ingurgitées, remontent de l’intestin jusqu’aux glandes salivaires d’où elles pourront être réinjectées dans un nouvel hôte.

    Des études ont montré que l’activité des prédateurs (renard roux, martre, putois, blaireau) pouvait abaisser le nombre de tiques dans un écosystème, en régulant les populations de rongeurs porteurs de tiques. En effet, le renard élimine les rongeurs, qui sont moins actifs en sa présence, ce qui réduit leur taux de rencontre avec les tiques. Et les rongeurs qui se déplacent davantage et qui sont les plus infectés seront aussi les plus prédatés par le renard, ce qui réduit la part de rongeurs infestés. Il est donc contre-productif de tuer des renards pour lutter contre la maladie de Lyme, alors que la présence de ce canidé permet de diminuer la prévalence de cette maladie.

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  • Un an sous Trump : 5 preuves de la dérive autoritaire des États-Unis

    Article publié par Amnesty International le 20.01.2026

    Un an après le retour de Donald Trump, les États-Unis basculent vers un État autoritaire. Amnesty International a documenté de nombreuses attaques contre les droits fondamentaux qui s’enchaînent avec une force et une rapidité fulgurante. A l’intérieur et au-delà des frontières, Donald Trump exporte le chaos. Voici 5 dérives du pouvoir qui doivent nous alerter. 

     

    Le retour de Donald Trump au pouvoir sème le chaos et la peur aux États-Unis. Personnes étrangères traquées, médias libres muselés, contestation neutralisée, justice instrumentalisée, savoir scientifique étouffé, droits des femmes et des personnes LGBTI+ piétinés. L’un après l’autre, les piliers de l’État de droit s’effondrent dans le pays qui se targuait d’être le champion des droits humains.  

    Depuis des années, Amnesty International recense les pratiques autoritaires à travers le monde. Et le schéma qui est à l’œuvre aux États-Unis nous est malheureusement trop familier. Le pays multiplie les mesures qui concentrent les pouvoirs, sapent l’État de droit et violent les droits humains. Les attaques répétées depuis un an contre le droit international et contre le multilatéralisme signent l’avènement d’un nouveau désordre mondial où seule la loi du plus fort semble faire foi. 

    Depuis un an, nos équipes ont enquêté sur les multiples attaques de l’administration de Donald Trump contre les droits. Nous publions les résultats de nos recherches dans une analyseRinging the Alarm Bells: Rising Authoritarian Practices and Erosion of Human Rights in the United States. Elle dresse le sombre bilan d’un autoritarisme qui s’enracine dans la société américaine et émet une série de recommandations pour rectifier la trajectoire. Voici cinq illustrations de la dérive autoritaire aux États-Unis. 

    1. Une police aux pouvoirs démultipliés : l’ICE traque les personnes étrangères

    La peur est devenue quotidienne pour des milliers de personnes étrangères aux États-Unis : peur de sortir faire ses courses, peur d’accompagner ses enfants à l’école, peur de se rendre à l’hôpital. Los Angeles, Minneapolis, Chicago, Washington…  la police fédérale de l’immigration américaine (ICE), les cherche partout, jusque dans les écoles, les hôpitaux, les églises, les tribunaux, lieux qui lui étaient autrefois interdits. La chasse lancée par l’administration Trump est assumée, affichée et déshumanisante. Les droits des personnes étrangères sont volontairement piétinés. 

    Dans une vidéo, la Maison Blanche compare les personnes étrangères à des « Pokémons à attraper ». L’objectif annoncé de Donald Trump : un million d’expulsions par an. Pour l’atteindre, il a fait de l’ICE son bras armé en augmentant ses effectifs et son champ d’action. La méthode : instiller la peur permanente et organiser une machine de détention. Des personnes sont arrêtées, placées en détention ou expulsées dans des pays tiers même lorsqu’elles sont en règle.

    Et celles et ceux qui cherchent à défendre les droits des personnes étrangères sont aussi ciblées. Face aux manifestations de soutien aux personnes étrangères qui ont éclaté en juin à Los Angeles, Donald Trump a répondu par la force et la peur : des troupes armées ont été déployées dans les rues pour réprimer les manifestants qui protestaient. Par ces méthodes, Trump cherche à intimider des communautés entières en contrôlant des zones urbaines et à écraser la dissidence.

    Dans un rapport publié en décembre 2025 nous avons enquêté sur « Alligator Alcatraz », nouveau centre de détention financé par l'État, créé à la hâte en juillet 2025. Les personnes arrêtées arbitrairement par l’ICE se retrouvent détenues dans des conditions inhumaines et insalubres, révélées dans notre rapport. Pour l’un de nos chercheurs, Amy Fischer : « ces conditions à Alligator Alcatraz illustrent une pratique de négligence délibérée visant à déshumaniser et sanctionner les personnes qui y sont détenues » La Floride est l’un des laboratoires de la politique anti-immigration de Donald Trump. Dans cet État, le nombre de personnes détenues par l’ICE a augmenté de 47 % en seulement huit mois. La peur d’être arrêté, placé en détention ou expulsé est omniprésente. Depuis le 20 janvier 2025, plus de 1,5 million de personnes étrangères ont perdu ou vont perdre leur statut de résident temporaire légal. Du jamais vu dans l’histoire récente des États-Unis.  

    Face à des méthodes violentes, racistes et arbitraires, la résistance s’organise. Des habitants de plusieurs villes se regroupent pour protéger les personnes étrangères ciblées qui ne souhaitent plus sortir de chez elles par crainte d’être arrêtées. Renee Nicole Good, citoyenne américaine, se trouvait en plein dans une opération de contrôle de la police de l’immigration à Minneapolis quand elle a été abattue par un agent de l’ICE le 8 janvier 2026. Le meurtre de cette mère de famille de 37 ans a suscité une vague de manifestations contre la police de l’immigration. 

    2. Les universités et la recherche sous haute surveillance : le savoir mis au service du politique

    La liberté d’expression des étudiant·es bafouée

    Des étudiant·es qui s’expriment en faveur des droits des populations palestiniennes sont sanctionnés. Les étudiant·es étranger·es sont particulièrement visés. Nous avons enquêté sur la surveillance de leurs réseaux sociaux, scrutés par des outils dopés à l’IA pour déceler la moindre prise de parole en faveur des droits des Palestinien·nes. Mahmoud Khalil, ancien étudiant de l’université Columbia, a été illégalement arrêté pour avoir été porte-parole de manifestations sur le campus. Nous avions activement milité pour sa libération, mais il reste menacé d’expulsion du territoire américain.

    La résistance à ces attaques passe en premier lieu par la mobilisation étudiante. Et c’est ce que cherche à neutraliser Trump en s’attaquant aux manifestations sur les campus. Pour protéger les droits des étudiant·es à s’exprimer, se rassembler et s’organiser, la section américaine d’Amnesty International a lancé sa campagne “Halte à la répression : Protégeons le pouvoir des étudiants

    Le savoir scientifique bâillonné  

    Les universités qui ne s’alignent pas sur les politiques du Président Trump sont menacées par les retraits de financement et par des enquêtes à leur encontre. Donald Trump a demandé la révocation du statut d’exonération fiscale de l’université Harvard pour avoir “encouragé un virus politique, idéologique et terroriste” qui n’est pas “dans l’intérêt public”. Six autres établissements d'enseignement supérieur ont fait l'objet d'une enquête pour avoir accordé des « bourses d'études fondées sur la race », jugées inadmissibles. 

    Donald Trump multiplie les mesures pour cloisonner la science et l’éducation dans une vision trumpiste du monde. Le changement climatique ou les politiques de diversité ne font pas partie du vocabulaire officiel sont effacés par le pouvoir. Nous avions rencontré le chercheur et professeur d’histoire Brian Sandberg qui témoignait de la censure à laquelle il faisait face dans ses projets de recherche. Ses études portant sur le changement climatique ne pouvaient plus recevoir de bourse fédérale à cause de l'objet même de sa recherche. Le Washington Post a révélé qu’une liste de mots clés interdits circulait dans la recherche universitaire : “femme”, “diversité”, “antiracisme”, “changement climatique”, “genre” sont accusés de propager une “idéologie wokiste”. Des milliers de pages web et de données sur la santé et le climat ont été supprimées des sites web gouvernementaux et une vague de coupes budgétaires et de licenciements vise les organismes de recherche.  

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  • Les responsables de la traite des êtres humains en Champagne en appel après leur condamnation, la LDH reste mobilisée

    Communiqué de la LDH du 19.01.2026

    En septembre 2023, l’inspection du travail a découvert une situation d’esclavage moderne sur un site d’hébergement de vendangeurs à Nesle-le-Repons (51).

    L’enquête de la gendarmerie a révélé que cinquante-sept travailleur-ses saisonnier-es étranger-es, majoritairement en situation irrégulière, subissaient des conditions de vie indignes : matelas à même le sol, douches insalubres avec peu d’eau chaude, sanitaires et espaces communs dans un état déplorable, installation électrique dangereuse, nourriture avariée…

    Nathalie Tehio, présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme), a dénoncé « une véritable exploitation dans le travail au sein des vignes champenoises : travail à un rythme excessivement intense, sous des menaces verbales et physiques, eau insuffisante malgré la canicule, longs horaires, absence de salaire pour la plupart, etc ».

    La LDH s’est constituée partie civile en mars 2024 et, par un jugement rendu le 21 juillet 2025, le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a reconnu coupables tous les prévenus, de l’ensemble des faits reprochés.

    Les prévenus ayant interjeté appel du jugement, l’audience, à laquelle la LDH participera de nouveau, se déroulera les 21 et 22 janvier 2026.

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  • Iran : répression sanglante à huis clos

    Éditorial de Cartooning for peace du 15.01.2026

    Le mouvement de contestation qui embrase l’Iran depuis une vingtaine de jours a pris un tournant particulièrement sanglant. Selon plusieurs ONG, la répression aurait déjà fait 2500 victimes. Le régime a également amorcé plusieurs dizaines de milliers de procès rapides, qui aboutiront dans de nombreux cas à des pendaisons.

    Les Etats-Unis de Donald Trump menacent de s’impliquer, tandis que les pays du Golfe tentent de les en dissuader. Le fils du Shah exilé en 1979, Mohammad Reza Pahlavi, proche des Etats-Unis, tente d’incarner la contestation et se propose pour prendre la relève en cas de chute du régime des mollahs. Il est à craindre que la dictature religieuse, bien qu’affaiblie par plusieurs mouvements de contestation et par la guerre des 12 jours avec Israël en juin dernier, n’ait pas dit son dernier mot et fasse payer au peuple iranien sa longue et violente agonie.

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  • Le Traité mondial sur la haute mer entre enfin en vigueur

    Après deux décennies de mobilisation sur ce sujet, Greenpeace salue l’entrée en vigueur du Traité sur la haute mer ce 17 janvier 2026. Cette date marque également le lancement d’un compte à rebours crucial pour protéger 30 % des océans d’ici 2030 sous la forme de réserves marines, comme le recommandent les scientifiques. La France, en tant que 3ème puissance maritime, doit continuer d’incarner son rôle de pionnière au sein de la mobilisation internationale, en prenant la tête des efforts pour  identifier les sites prioritaires, développer les aires marines protégées en haute mer et y garantir un niveau de protection plus élevé.

    Pour François Chartier, chargé de campagne Océans chez Greenpeace France : « La haute mer abrite des millions d’espèces et des écosystèmes essentiels à l’équilibre des océans. Il ne nous reste que quatre ans pour protéger 30% des océans d’ici 2030. Chaque mois de retard entraîne davantage de dégâts pour des écosystèmes magnifiques et fragiles dont nous dépendons toutes et tous. Or, nous ne pouvons pas faire confiance aux organisateurs de gestion de la pêche ou à l’industrie pour privilégier spontanément la préservation des océans et cesser de les surexploiter : la responsabilité revient donc aux gouvernements de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour limiter l’influence des entreprises qui détruisent l’océan. Parmi eux, la France peut illustrer son ambition en créant la première vague de sanctuaires marins en haute mer ». 

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  • Loi Duplomb 2 : le retour

    Article publié le 15.01.2026 par FNE

    L’été dernier, plus de 2 millions de personnes s’étaient mobilisées pour s’opposer à la Loi Duplomb. Alors que le débat promis pour faire suite à cette pétition a (encore) était repoussé d’un mois, Sébastien Lecornu a annoncé pour mars prochain une nouvelle loi agricole, ainsi que d’autres mesures visant à apaiser la colère des agriculteurs.  Des annonces inefficaces pour aider réellement les agriculteurs mais qui vont peser lourdement sur l’ensemble de la population, en termes de santé, d’accès à l’eau potable, d’environnement et de finances publiques.

    Eau

    Ce qui a été annoncé : une loi (sans précision), le déblocage d’un « maximum de projets » d’irrigation agricole et la suspension jusqu’en septembre des nouveaux arrêtés préfectoraux fixant les volumes d’eau prélevables pour l’irrigation. En outre, suivant la demande de la FNSEA, un travail sera lancé sur la représentativité du monde agricole dans les commissions locales de l’eau.

    Pourquoi c’est une mauvaise idée : la ressource en eau disponible va en se raréfiant : la contrainte n’est pas la réglementation qui protège ce bien commun, mais bien le changement climatique et nos usages déséquilibrés. Aujourd’hui, dans plus d’un tiers de la France hexagonale, l’eau disponible est inférieure aux besoins de la population, qu’il s’agisse d’une période de sécheresse ou non. Les mesures annoncées sont :

    -Injustes : en suspendant les arrêtés préfectoraux encadrant les prélèvements en eau, Sébastien Lecornu empêche toute mise à jour du partage de l’eau, y compris quand les déséquilibres sont déjà manifestes. Il ignore ainsi les recommandations des scientifiques et de son propre service de prospective soulignant le nécessaire encadrement de l’irrigation en matière de surface et de demande en eau.
     

    -Fallacieuses : le Premier ministre reprend le narratif des lobbys irrigants disant que les projets de stockages seraient systématiquement “bloqués”. Pourtant, entre juin 2022 et juin 2023, 56 nouvelles retenues ont pu être mises en service. En 2025, le fond hydraulique agricole (une enveloppe d’aide publique de 20 millions d’euros) a financé la création de 23 ouvrages de stockage de l’eau et l’agrandissement d’un ouvrage existant, ainsi que la rénovation et l’optimisation de réseaux d’irrigation. Les stockages ne sont pas contestés par principe. C’est leur localisation, leur destination, leur multiplication et surtout leur systématisation qui l’est.
     

    -Inadaptées : l’irrigation et le stockage d’eau, en particulier sur les grandes cultures de modèle intensif, se poursuivent sans qu’une trajectoire de sobriété, pourtant urgente, ne soit définie par les politiques publiques. Afin de s’adapter à la raréfaction de la ressource, il faut accompagner les agriculteur·ices vers un autre modèle agricole avec des productions moins consommatrices en eau et des cultures diversifiées, et soutenir les pratiques agroécologiques qui préservent les sols et utilisent l’eau de manière raisonné. L’agriculture ne s’adaptera pas en multipliant les stockages et l’irrigation. Au contraire, les agriculteur·ices se retrouvent enfermé·es dans une dépendance à l’eau toujours plus forte et coûteuse.
     

    -Malhonnêtes : Sébastien Lecornu reprend et consolide une fake-news du lobby irrigant : le monde agricole serait mal représenté dans les commissions locales de l’eau. Un rapport de Greenpeace pointe au contraire la sur-représentation (en effectif et en temps de parole) de l’agro-industrie dans les instances locales de l’eau. Des instances par ailleurs malmenées par la FNSEA et la Coordination rurale qui se permettent d’en bloquer physiquement les réunions lorsque les décisions leurs déplaisent. Soulignons enfin que les acteurs de l’agriculture biologique et paysanne (FNAB, Confédération Paysanne, CIVAM, …) sont souvent exclus ou oubliés des instances locales (Commissions Locales de l’Eau, PTGE, COPIL d’animation de captages …).

    Loup

    Ce qui a été annoncé : une loi (sans précision)

    Pourquoi c’est une mauvaise idée : l’annonce est très floue mais l’idée semble être de faciliter la possibilité d’abattre des loups, alors même que le gouvernement vient déjà d’augmenter le nombre de loups qui pourront être abattus. C’est une méthode :

    -Inefficace : il n’existe aucune étude démontrant qu’abattre des loups a une efficacité pour réduire les dégâts sur les troupeaux. Au contraire, les études existantes montrent que les foyers de prédation sont peu corrélés aux effectifs de loups et que les tirs de loup pourraient même aggraver la prédation du bétail (notamment parce que la désorganisation des meutes engendrée par les tirs entraîne une hausse des attaques l’année suivante). Trois décennies de présence du loup montrent que c’est la mise en œuvre effective des moyens de protection (surveillance, chiens de troupeau…) qui permet de prévenir le plus efficacement les dommages.

    -Destructrice : les études démontrent également que multiplier les tirs aggrave fortement le risque de décroissance de la population, menaçant la viabilité à long terme des loups en France.

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