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politique internationale - Page 4

  • Mondial de football : la Fifa ferme encore les yeux sur les droits humains

    Article de Martin Eteve, publié dans Politis le 10.06.2026 (extraits)

    Par la voix de son président, Gianni Infantino, l’institution organisant la compétition s’aligne sur la politique xénophobe et violente d’un des pays hôtes, les États-Unis. La proximité entre des régimes autoritaires et la Fifa n’est pourtant pas une nouveauté.

    La Coupe du monde de football, qui s’ouvre ce jeudi 11 juin au Mexique, Canada et États-Unis, sera « le plus grand événement que l’humanité ait jamais vu, et verra jamais, tout simplement ». La formule est trumpienne, mais le président américain n’en est pas l’auteur : elle est l’œuvre de celui de la Fédération internationale de football association (Fifa), l’organisateur du tournoi, Gianni Infantino.

    Le soir du 5 décembre 2025, lors du tirage au sort de la compétition au prestigieux Kennedy Center de Washington, le dirigeant italo-suisse n’a pas seulement emprunté le vocabulaire de Donald Trump : il lui a également confirmé son plein soutien politique et diplomatique.

    Ce soir-là, celui qui avait pourtant bombardé six pays lors des premiers mois de son deuxième mandat à la Maison Blanche avait reçu des mains d’Infantino le premier « Prix Fifa de la Paix ». Quelques semaines après avoir été – à son grand désespoir – snobé par le Nobel du genre. Un mois plus tôt, le shérif du football mondial rejoignait le « Conseil de la paix », l’instance mise sur pied par Donald Trump pour encadrer le cessez-le-feu à Gaza.

    Depuis, les deux hommes ne manquent jamais de mentionner leur « amitié » et toute l’estime qu’ils se portent réciproquement, alors même que le Républicain met en péril la bonne tenue de la compétition. Meilleur arbitre africain en 2025, le somalien Omar Artan a ainsi été refoulé du territoire américain après un durcissement des conditions d’accès au pays par l’administration Trump. Le président a par ailleurs menacé de réserver le même sort à l’équipe d’Iran.

    Aucune résistance

    À chaque occurrence, la Fifa n’a exercé aucune résistance, déclarant que « le gouvernement du pays hôte détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire ». Comme le Comité international olympique (CIO), la Fifa se présente pourtant comme une association distante des affaires politiques, consacrant le principe énoncé par Emmanuel Macron en amont de la Coupe du monde au Qatar selon lequel « il ne faut pas politiser le sport ».

    Ses statuts indiquent ainsi que l’organisation « demeure neutre en matière de politique et de religion » et proscrit « toute forme d’interférence politique ». Des principes qui se heurtent à un pragmatisme économique implacable pour Pim Verschuuren, maître de conférences à l’université Rennes 2 et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) en géopolitique du sport : « Toutes les activités de la Fifa dépendent de la réussite économique de la Coupe du monde. Pour sécuriser ces rentrées d’argent, elle a besoin de bonnes relations avec le pays hôte, donc elle va dans le sens politique du régime en place. »

     

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  • Un nouveau pacte européen sur la migration dénoncé comme « xénophobe »

    Article publié dans Basta! le 09.06.2026

    De nouvelles règles qui durcissent la politique d’immigration et d’asile au sein de l’UE entrent en vigueur cette semaine. Contre ces mesures et le projet de centres de rétention dans des pays tiers, une mobilisation est prévue vendredi à Paris. 

    Pour l’eurodéputée française écologiste Melissa Camara, c’est un texte qui « consacre par écrit des idées et un discours xénophobes au détriment des droits fondamentaux des migrants, dont la seule faute a été de naître avec le mauvais passeport ». Début juin, le Parlement européen et les États européens se sont accordés sur de nouvelles règles pour durcir la politique migratoire de l’Union européenne.

    Le texte crée notamment la possibilité d’implanter des « hubs de retour », soit des centres de rétention installés dans des pays en dehors de l’Union européenne et avec l’accord de ces pays, pour y renvoyer les personnes qui seraient en situation irrégulière. L’Italie de Giorgia Meloni a déjà tenté de se doter de tels centres en Albanie.

    Accord entre la droite et l’extrême droite

    « L’accord légalise les centres de renvoi situés en dehors de l’Union européenne et donne le feu vert à la détention de mineurs ainsi qu’aux interdictions d’entrée à vie sans motifs juridiques sérieux. Il affaiblit également les droits procéduraux, allonge la durée de la détention et cautionne les pratiques de l’ICE en autorisant les autorités à mener des perquisitions à domicile », ajoute l’eurodéputée française.

    Pour elle, l’accord conclu entre les États et un Parlement européen « dominé par une majorité composée du Parti populaire européen [droite] et de l’extrême droite » est « honteux ». Le texte prévoit aussi d’allonger les durées de rétention des personnes migrantes jusqu’à 24 mois.

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  • Liban : un nouveau « cessez-le-feu » sous pression américaine

    Éditorial de Cartooning for Peace du 04.06.2026

    Depuis le « cessez-le-feu » théorique du 17 avril, Israël a intensifié ses bombardements et ses opérations terrestres dans un Sud-Liban largement dévasté. Dans la « zone tampon », près de 45 % des espaces urbains ont été rasés ou endommagés depuis le début des affrontements le 2 mars. Selon les autorités libanaises, le bilan humain s’élèverait à 3 516 morts et plus d’un million de déplacés. De son côté, l’armée israélienne essuie toujours les tirs du Hezbollah, et 14 soldats ont été tués par des drones depuis la « trêve ».

    Sous la pression directe de Trump qui cherche une porte de sortie à la guerre en Iran (dont le régime est soutenu par le Hezbollah), un accord fragile s’est dessiné cette semaine à Washington. L’État hébreu conditionne l’arrêt total de ses opérations et le retrait de ses troupes au désarmement du Hezbollah, accepté en théorie par les autorités libanaises. Ce cessez-le-feu ne concerne donc, dans un premier temps, que les frappes prévues sur Beyrouth, tandis que les opérations dans le sud se poursuivront…

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  • Vague de chaleur précoce en France

    Edito de Cartooning for Peace du Jeudi 28 mai 2026

    Difficile de ne pas voir derrière cet épisode météo les effets du réchauffement climatique, qui est déjà de 1,3°C en moyenne dans le monde. La France fait face, depuis une semaine, à une intense vague de chaleur. Du jamais vu à cette période de l’année. Un dôme d’air chaud venu du Maroc stagne au-dessus de l’Europe occidentale et fait grimper les thermomètres à plus de 35°C dans de nombreuses villes (17 départements sont en alerte orange). La canicule se double en outre d’un inquiétant pic de pollution à l’ozone. Le premier ministre Sébastien Lecornu organise une réunion interministérielle ce jeudi 28 mai pour tenter de rassurer, mais de nombreuses associations dénoncent l’impréparation du gouvernement français, notamment concernant les écoles et les logements, faute de moyens mis en œuvre, quand le réchauffement climatique devrait être un enjeu prioritaire.

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  • Après Trump, Poutine : ballet diplomatique à Pékin

    Éditorial de Cartooning for Peace du Jeudi 21 mai 2026

    Seulement quatre jours après la visite très médiatisée de Donald Trump, c’est au tour de Vladimir Poutine de rencontrer Xi Jinping à Pékin les 19 et 20 mai. Pour la Chine, ce ballet diplomatique renforce une image de puissance incontournable sur la scène internationale. Pour la Russie, affaiblie par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, c’est l’occasion de reprendre appui sur un puissant allié.

    Les deux pays amis de longue date veulent renforcer leur coopération sur tous les sujets. Une quarantaine d’accords bilatéraux, dont la construction d’un gazoduc géant, leur permettent d’atténuer les perturbations économiques et énergétiques liées à la guerre au Moyen-Orient. Diplomatiquement, Xi Jinping et Vladimir Poutine veulent réaffirmer leur position en tête d’un bloc « anti-Occidental », après avoir échoué à protéger le Venezuela, l’Iran, et bientôt Cuba des frasques imprévisibles de Donald Trump.

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  • Engrais : il ne faut pas chercher à maintenir notre dépendance mais prendre des mesures urgentes pour en sortir

    Communiqué de la Confédération Paysanne publié le 22.05.2026

    Encore une réunion pour rien ! Le gouvernement s'entête à ne pas analyser ni comprendre ce qui se joue dans cette crise des engrais déclenchée depuis le blocage du Détroit d'Ormuz.

    Une nouvelle fois, seules des mesures d'urgence sont esquissées, afin de sauver en priorité les plus gros acteurs économiques des filières agricoles, céréalières en particulier. Pour les commerçants d'engrais et les coopératives, une seule chose semble compter : que les paysan·nes continuent de consommer des engrais et que notre capacité d'exportation soit maintenue. Quid du devenir des paysan·nes ? Ce n'est pas du tout anticipé à l'occasion de réunion comme celle de ce vendredi.

    Pour la Confédération paysanne, l'urgence doit être aussi de permettre aux paysan·nes de sortir de la dépendance aux intrants importés qui fragilise les fermes. Ce que révèle cette crise, c'est bien que nous sommes pris dans un effet de ciseau entre cette dépendance et des prix fluctuants, fixés par les aléas du marché et du contexte internationaux.

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  • Peine de mort : un combat toujours d’actualité

    Communiqué d'Amnesty International publié le 18.05.2026

    En 1981, une nouvelle victoire pour la dignité humaine avait lieu sur le long chemin de l’abolition universelle : la France abolissait enfin la peine de mort. Aujourd’hui, 113 pays ont aboli la peine de mort pour tous les crimes. Mais le combat continue pour l’abolition universelle de la peine de mort.

    45 ans plus tôt, la peine de mort était encore une réalité en France. C’est en 1981 que le pays se détourne de cette peine d’un autre âge. Chaque année, le 9 octobre, Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, est l’occasion de célébrer cet acte historique, ce jour où la France mettait fin aux homicides volontaires et prémédités, aux assassinats étatiques.

    Depuis cette date, quels que soient les gouvernements, la France a toujours affirmé son opposition, en toutes circonstances, à la peine capitale. Aujourd’hui, l’abolition de la peine de mort a fait son chemin, petit à petit, victoire après victoire, pays après pays.

    Un combat ininterrompu

    En 1977, nous lancions notre combat en organisant une conférence qui s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de Stockholm, texte fondateur pour l’abolition universelle de la peine de mort. À cette époque, seuls 16 pays avaient totalement aboli la peine de mort. Aujourd’hui, grâce à votre mobilisation,145 pays, soit plus des deux tiers des pays du monde entier, ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Des progrès énormes et mesurables continuent d’être faits même si un dernier tiers des pays reste à convaincre.

    En 1979, nous publions notre premier rapport statistique mondial sur la peine de mort. À partir de ce moment, nous devenons une référence mondiale en matière d’observation et de rédaction de rapports sur les condamnations à mort prononcées et les exécutions menées par les gouvernements dans le monde.

    Nous avons milité sans relâche sur des cas emblématiques qui ont clairement mis en évidence la nature injuste de la peine de mort, à l’instar de Troy Davis, un jeune afro-américain condamné à mort dans l’État de Géorgie et exécuté en 2011. Son histoire a remis en avant la nécessité de lutter contre l’application arbitraire de la peine capitale aux États-Unis. Plus récemment, notre organisation a agi en faveur de Rocky Myers, la première personne noire à avoir été graciée aux États-Unis en 2025.

    Nous avons également soutenu le mouvement abolitionniste au niveau international. Nous avons été l’un des membres fondateurs de la Coalition mondiale contre la peine de mort, en 2002, et aidé à la création d’un réseau asiatique de lutte contre la peine de mort en 2006. En 2007, nous remettons aux Nations unies plus de cinq millions de signatures en faveur d’une suspension mondiale de toutes les exécutions. Un mois plus tard, l’ONU adoptera sa première résolution sur la suspension des exécutions.

    Vers l’abolition universelle

    Cette dynamique positive vers l’abolition se poursuit aujourd’hui. En 2025, le Viêt Nam a aboli la peine de mort pour huit crimes et la Gambie a aboli la peine de mort pour les crimes de meurtre, de trahison et d’autres infractions contre l’Etat. Au Liban et au Nigéria, des projets de loi visant à l’abolition sont en cours d’examen devant les assemblées législatives.

    Alors que le monde se dirige progressivement vers l’abolition totale, nous ne devons pas baisser la garde. En 2025, plus de 2700 exécutions ont été recensées dans le monde, un bond de 78% en un an. Une petite poignée d’Etats dont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite ou encore les Etats-Unis continuent à avoir recours au châtiment le plus cruel et inhumain qui existe.

    Parce que la peine de mort est irréversible, l’abolition universelle doit l’être aussi. Nous combattrons sans relâche jusqu’à la disparition totale de ce châtiment inhumain.