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politique internationale - Page 3

  • En Cisjordanie occupée, Israël intensifie l’annexion de terres

    Communiqué d'Amnesty International du 04.09.2026

    Israël intensifie son annexion de terres en Cisjordanie occupée. Récemment, les autorités ordonnaient ouvertement la saisie de terres dans la zone A, une zone pourtant sous le contrôle des autorités de l’État palestinien. La communauté internationale doit agir de toute urgence pour mettre un terme à l’expansion d’Israël en Cisjordanie.  

    En juillet 2026, en seulement un mois, l’armée israélienne a signé au moins 15 ordres de confiscation de terres dans les zones A et C du gouvernorat de Jénine, au nord de la Cisjordanie occupée.

    Les terres situées dans la zone A sont pourtant sous le contrôle des autorités palestiniennes depuis les Accords d’Oslo. Avec un tel projet, Israël morcelle délibérément le territoire, déchire les communautés palestiniennes et entrave leur liberté de circulation. 

    Et ces mesures ne sont pas anodines : elles s’inscrivent dans le cadre d’une véritable campagne de nettoyage ethnique visant les communautés bédouines et pastorales palestiniennes de la zone C de la Cisjordanie, occupée illégalement. 

    Avec ces nouvelles confiscations de terres, le message est clair : Israël concrétise officiellement son programme d’annexion des terres palestiniennes à travers toute la Cisjordanie occupée, dans un mépris total des droits des Palestinien·nes. 

    Nous appelons la communauté internationale à passer de la parole aux actes en prenant des mesures concrètes pour mettre un terme aux violations de l’Etat israélien en Cisjordanie. Et les Etats à cesser toute coopération économique avec Israël qui contribuerait ces violations.   

    Une annexion au profit des colons israéliens  

    Les terres confisquées appartiennent, pour la plupart, à des familles résidant dans les villages de Qabatiya, Arraba, Mirka, Misilya, Jirba et Al-Yamoun, dans le gouvernorat de Jénine. Au total, ces nouvelles annexions représentent environ 20 hectares dans les zones A et C du gouvernorat de Jénine. 

    L’objectif affiché ? Relier deux colonies israéliennes prévues dans la région, à savoir Emek Dotan et Noa. Deux colonies qui font partie des 34 nouvelles colonies, dont la création a été approuvée par le gouvernement israélien en début d’année. 

    Plus tôt en mai, Israël avait déjà confisqué des terres dans la zone A pour y établir une base militaire. Mais, d’après l’organisation Peace Now, c’est la première fois depuis les accords d’Oslo que les autorités israéliennes accaparent des terres dans cette zone dans le but explicite d’y implanter de nouveaux colons israéliens. 

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  • Lettre ouverte au maire de Deauville

    Lettre ouverte de l’Observatoire de la liberté de création, adressée au maire de Deauville

    Objet : Censure d’une photographie au Deauville Sport Images Festival

    Messieurs,

    L’Observatoire de la liberté de création vient d’avoir connaissance de la censure que vous avez exercée sur une photographie exposée dans le cadre du Deauville Sport Images Festival. La photographie censurée est du reporter palestinien Jehad Alshrafi, qui travaille pour Associated Presse et l’agence SIPA.

    Cette photographie représente un match de football organisé dans les ruines de Gaza.

    Nous vous rappelons qu’en France, la liberté d’expression, la liberté de création et de diffusion des œuvres, ainsi que la liberté de programmation sont protégées par les lois, notamment celle sur la presse et la loi LCAP de juillet 2016. Les collectivités territoriales ont pour mission, en vertu de l’article 3 de la loi LCAP, de « définir et mettre en œuvre une politique de service public construite en concertation avec les acteurs de la création artistique », avec les objectifs suivants :
    « 3° Garantir la diversité de la création et des expressions culturelles, en mobilisant notamment le service public des arts, de la culture et de l’audiovisuel ;
    4° Garantir la liberté de diffusion artistique en développant l’ensemble des moyens qui y concourent ;
    7° Garantir, dans le respect de l’équité territoriale, l’égal accès des citoyens à la création artistique et favoriser l’accès du public le plus large aux œuvres de la création, dans une perspective d’émancipation individuelle et collective, et mettre en valeur ces œuvres dans l’espace public par des dispositifs de soutien adaptés, dans le respect des droits des auteurs et des artistes ; »

    L’article 3 se conclut ainsi :
    « Dans l’exercice de leurs compétences, l’Etat, les collectivités territoriales et leurs groupements ainsi que leurs établissements publics veillent au respect de la liberté de programmation artistique. »

    Nous ajoutons que la loi pénale punit l’entrave aux libertés de création et de diffusion des œuvres dans des conditions définies à l’article 431-1 du code pénal.

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  • Le pétrole vénézuélien accaparé par Washington : que sont devenus les revenus pétroliers depuis le 3 janvier 2026 ?

    Article d’Eric Toussaint, publié par la CADTM le 16.08.2026 (Extraits)

    Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé une opération militaire contre le Venezuela qui s’est soldée par la capture et la séquestration du président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores et leur transfert aux États-Unis. Lors de cette agression effectuée avec 150 aéronefs, une centaine de personnes ont perdu la vie dont 32 Cubains qui ont tenté de protéger la présidence du pays, le reste des victimes étaient vénézuéliennes. Quelques heures après cette intervention, Donald Trump annonçait que Washington prétendait désormais contrôler temporairement le Venezuela et exploiter ses ressources pétrolières.

    Cette intervention a donc marqué une rupture majeure dans l’histoire récente du Venezuela. La vice-présidente de la république et d’autres autorités ont accepté de fait la situation et se sont soumis à la volonté de Donald Trump et de son administration. L’agression armée perpétrée par l’armée étasunienne et la soumission des autorités de Caracas ont permis à Washington de prendre le contrôle des exportations pétrolières du pays et de posséder les comptes sur lesquels sont versées les recettes tirées de ces exportations.

    Cette question est d’autant plus importante que le Venezuela dispose des plus importantes réserves pétrolières prouvées au monde. Pendant des décennies, le pétrole a constitué la principale source de revenus extérieurs du pays. Le contrôle de ces revenus constitue donc un instrument essentiel de contrôle économique et politique.

     Des revenus pétroliers relativement modestes avant l’intervention américaine

    Il convient d’abord de rappeler que les recettes pétrolières enregistrées avant l’intervention du 3 janvier 2026. Selon les données publiées en mars 2026 par la Banque centrale du Venezuela, les exportations pétrolières ont rapporté 18,4 milliards de dollars en 2024 et 18,2 milliards de dollars en 2025. Il s’agit de recettes d’exportation pétrolière et non du bénéfice net de la société pétrolière publique PDVSA ou des recettes fiscales de l’État.

    Ces montants sont relativement faibles au regard du potentiel pétrolier du pays et de ses réserves. Ils reflètent notamment le niveau encore très inférieur de la production par rapport aux décennies précédentes, les difficultés de l’industrie pétrolière, les sanctions américaines et les conditions dans lesquelles le Venezuela devait commercialiser son pétrole.

    Le contraste avec la période qui suit le 3 janvier 2026 est donc particulièrement frappant.

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  • « J’ai créé une école en ligne » : en Afghanistan, le combat de Fatema Uzgan Nusrat pour l’éducation des filles

    Article d'Amnesty International, publié le

    Depuis la prise du pouvoir des Talibans le 15 août 2021, les Afghanes sont relayées au rang de citoyennes de seconde zone. Elles sont réduites au silence et privées de leurs droits fondamentaux. L’enseignement secondaire leur est notamment interdit. Alors depuis quelques années, Fatema Uzgun Nusrat se bat pour permettre aux jeunes filles d’étudier. En 2023, elle a créé une école en ligne. Voici son témoignage.  

    Fatema Uzgun Nusrat dirige une école en ligne baptisée « L’Académie Behdukht » destinée à l’éducation des filles en Afghanistan. Dans cette académie, la sécurité est très stricte : même les élèves ne connaissent pas les noms de leurs camarades. Mais la demande est forte et l’école ne cesse de se développer. Elle nous raconte ici ce qui l’a motivée à créer cette école, après avoir vécu une partie de sa jeunesse sous le régime des talibans. 

    Lorsque les talibans ont pris pour la première fois le contrôle de ma province en Afghanistan en 1998, j’avais entre 12 et 13 ans. Ils ont ordonné aux écoles de fermer leurs portes aux filles, ce qui m’a profondément attristée car j’adorais aller à l’école. Tout à coup, il m’a fallu porter une burka et je ne pouvais plus sortir sans être accompagnée d’un chaperon masculin. Il n’y avait aucun programme éducatif disponible, et pas d’Internet. 

    Un jour, un proche est venu chez nous pour nous avertir qu’il n’était pas prudent de conserver des livres ; alors nous les avons brûlés, ainsi que nos photos de famille. Poussés par la peur et l’incertitude, les gens jetaient même leurs brosses à dents, car des rumeurs circulaient selon lesquelles les talibans n’utilisaient que le miswak [une tige en bois] et désapprouvaient l’usage des brosses à dents. La peur était partout, même les plus petites choses semblaient dangereuses.  

    J’ai réussi à sauver quelques livres de la bibliothèque de mon grand-père, et j’ai continué à les lire au fil de ces années sombres. 

    Pendant les étés très chauds en Afghanistan, je me levais tôt pour lire, l’air était frais et tout le monde dormait encore. Je passais une grande partie de ma journée le nez dans mes livres, même lorsque j’aidais ma mère dans la cuisine. Parfois, mes mains grasses laissaient des traces sur les pages. 

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  • Ceuta : les frontières militarisées de l’Europe tuent — cessons de faire des peuples du Sud les gardiens de la misère qu’on leur impose

    Déclaration du réseau CADTM international

    11 août par CADTM

    Le CADTM international suit avec une profonde indignation et une immense tristesse la tragédie qui s’est déroulée fin juillet et début août 2026 à la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes — les estimations vont de 60 000 à 80 000 selon les sources — ont tenté de franchir la frontière, dans le mouvement de traversée le plus massif jamais enregistré en ce lieu. Le bilan humain est lourd et continue de s’aggraver : les autorités espagnoles ont fait état d’au moins 72 morts confirmés au 2 août, un chiffre porté à 88 selon la morgue de Ceuta, tandis que le ministère marocain de l’Intérieur n’en reconnaissait officiellement que 11. Selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH), le bilan de la tragédie dépasse 140 morts, atteignant 141 victimes selon son dernier décompte. Les autorités marocaines n’en reconnaissaient officiellement que 11, principalement décédées par noyade, un écart considérable qui alimente les demandes d’enquête indépendante et de transparence sur le nombre réel des victimes. Cet écart vertigineux entre les bilans dit à lui seul le mépris dans lequel sont tenues ces vies humaines par les appareils d’État des deux rives.

    À Fnideq, ville marocaine frontalière, les forces de l’ordre ont réprimé dans la violence les personnes candidates à l’exil : canons à eau, gaz lacrymogènes, usage de la force contre des foules parmi lesquelles se trouvaient des mineurs. Des dizaines de personnes, dont des filles et des mineurs, y ont été arrêtées et poursuivies. Du côté espagnol, l’armée a été déployée en renfort de la Guardia Civil, une barrière flottante a été installée au large du brise-lames de Tarajal, et Amnesty International a documenté des violences commises par les forces espagnoles, y compris des renvois expéditifs de mineurs non accompagnés. Le gouvernement marocain a quant à lui choisi de nier toute responsabilité, imputant l’afflux à la désinformation en ligne et aux réseaux de passeurs, sans remettre en cause le rôle structurel qu’il joue depuis des années comme sous-traitant sécuritaire des frontières européennes.

    La même logique répressive s’est déployée à plusieurs centaines de kilomètres de là, du côté de Nador et de l’enclave de Melilla. Dès le 30 juillet, des centaines de jeunes, dont de nombreux mineurs, ont tenté de forcer le poste-frontière de Beni Ansar ou de rejoindre Melilla par le port. Selon la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), ces tentatives ont donné lieu à de violents affrontements avec les forces de l’ordre, faisant de nombreux blessés, à l’incendie de plusieurs véhicules, et à l’arrestation d’un grand nombre de personnes. Le tribunal de première instance de Nador a depuis engagé des poursuites contre une cinquantaine de personnes — les chiffres varient selon les sources entre 40 et 52 — jugées en comparution immédiate pour des faits liés à ces événements. L’AMDH a dénoncé les politiques de l’État et réclamé, comme pour Ceuta, l’ouverture d’une enquête indépendante. Ces événements confirment que la répression et la criminalisation touchent l’ensemble des points de passage vers les enclaves espagnoles, et non le seul axe Fnideq-Ceuta.

    Un système de gestion des frontières qui se durcit, une Europe qui s’en félicite

    Cette tragédie s’inscrit dans un contexte politique précis : le 26 mars 2026, le Parlement européen a adopté à large majorité un règlement « Retours » durcissant fortement les règles d’expulsion — détention administrative étendue à 24 mois, création de « hubs de retour » hors UE, reconnaissance automatique des décisions d’expulsion entre États membres, et recours suspensifs limités. Ce texte est passé grâce à une alliance inédite entre la droite classique et plusieurs partis d’extrême droite européens (ceux de Giorgia Meloni, Jordan Bardella et l’AfD allemande), malgré l’opposition de la gauche, des Écologistes et des libéraux — confirmant que la droite européenne n’hésite plus à s’allier avec l’extrême droite dès qu’il s’agit de durcir la politique migratoire.

    La réaction des institutions européennes aux événements de Ceuta prolonge la même orientation. Réunis en urgence le 4 août, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont jugé que l’Europe avait « réussi le test » de la résilience de ses frontières extérieures, sans qu’aucune remise en cause de la politique d’externalisation ne soit à l’ordre du jour. Vingt-deux États membres ont réclamé un renforcement de la protection des frontières extérieures, l’Italie a rétabli temporairement des contrôles aux frontières avec l’Espagne, et la présidente de la Commission européenne a présenté cette crise comme un « avertissement » appelant à plus de moyens sécuritaires — jamais comme le signal d’un système à bout de souffle. Pas un mot, en revanche, sur les dizaines de morts, ni sur les causes économiques et sociales qui poussent des dizaines de milliers de personnes à risquer leur vie en quelques jours.

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  • Meurtre de la journaliste Amal Khalil au Liban : Israël doit répondre de ses crimes

    Article d’Amnesty International, publié le 07.08.2026

    Il y a quelques mois, sa mort avait provoqué un choc au Liban. Le 22 avril 2026, la journaliste Amal Khalil est tuée par l’armée israélienne. Nos équipes ont enquêté : son meurtre constituait une attaque directe contre des civil·es. Nous dénonçons une violation du droit international humanitaire et demandons l’ouverture d’une enquête pour crime de guerre.  

    Le 22 avril 2026, la journaliste libanaise de renom Amal Khalil et la caméraman Zeinab Faraj se rendent dans le gouvernorat de Nabatiyé. Elles enquêtaient sur les conséquences du conflit dans le sud du pays, à la suite de la reprise des hostilités depuis le 2 mars 2026.

    Alors qu’elles arrivent dans le village d’al Tiri, elles sont ciblées par des frappes de l’armée israélienne. Une première attaque vise la voiture de personnes qui les accompagnaient, tuant deux hommes. Ensuite, deux autres frappes ciblent la voiture des journalistes puis le bâtiment ou elles s’étaient réfugiées.

    Amal décède le jour même de ses blessures. Zeinab, est grièvement blessée. Elle sera l’unique survivante de ces attaques. Nous avons recueilli son témoignage ainsi que celui des secouristes. Des propos corroborés par des documents audiovisuels, des rapports de coordination et des comptes rendus externes que nous avons analysées.

    Les conclusions de notre enquête sont formelles : l’armée israélienne bénéficiait des informations suffisantes pour savoir qu’il s’agissait d’attaques directes contre des civile·s. Nous dénonçons une violation du droit international humanitaire. Et demandons l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre.

    Des journalistes pris pour cibles

    22 avril 2026. Nous sommes en début d’après-midi quand les deux journalistes pénètrent au sein du village d’Al Tiri, situé dans gouvernorat de Nabatiyé au sud du Liban. L’armée israélienne venait de quitter le district et de déclarer l’interdiction au retour des populations civiles dans la zone. Cette « zone de défense avancée » couvre alors 6% du territoire libanais.

    À 14h25, une première frappe s’abat contre la voiture que Amal et Zeinab suivait, à bord d’un autre véhicule. L’attaque fait deux morts : Ali Nabil Bazzi, le moukhtar [ndrl : maire local] de Bint Jbeil, et Mohammed Hourani, un ami et habitant déplacé. Deux hommes, ciblés par l’armée israélienne pour leur implication présumée dans les activités militaires du Hezbollah.

    Immédiatement, les deux journalistes quittent leur véhicule et sortent se réfugier près d’un bâtiment voisin. À 15h40, une deuxième frappe vise leur voiture garée à proximité du bâtiment voisin. Amal et Zeinab sont blessées dans l’explosion. Elles parviennent à ramper à l’intérieur du bâtiment et se cacher dans une petite pièce.

    À 16h25, une troisième frappe touche le bâtiment de trois étages où elles s’étaient réfugiées. Les deux femmes sont ensevelies sous les décombres. Zeinab Faraj est gravement blessée. Amal Khamil, célèbre journaliste du quotidien libanais Al Akhbar (« Les Nouvelles »), décédera des suites de ses blessures.

    Les secours bloqués par l’armée israélienne

    Les secours ont été prévenus seulement une minute après la première frappe. C’est Moussa Chaala, secouriste à la Défense civile libanaise, qui reçoit l’appel. Il prévient alors immédiatement ses collègues de la Défense civile, de la Croix-Rouge libanaise ainsi que des membres de l’armée libanaise chargés de coordonner les demandes de désescalade par le biais du mécanisme de surveillance.

    Lorsqu’il se rend sur place, Moussa est contraint de s’arrêter à un poste de contrôle militaire libanais, à l’entrée d’al Tiri. Les secouristes, eux, attendent encore l’autorisation de l’armée israélienne pour entrer dans le village en toute sécurité.

    D’après le témoignage de Zeinab, toutes les personnes contactées durant l’attaque ont répondu qu’elles ne pouvaient pas venir jusqu’à elles car « elles attendaient l’autorisation » du mécanisme de surveillance. Une autorisation qui signifie que l’armée israélienne accepte de cesser le feu pour permettre aux équipes de secours d’intervenir.

    Ce n’est que peu après 17h que l’autorisation d’accéder à la zone a été accordée par l’armée israélienne. Dans un premier temps, uniquement à la Croix-Rouge libanaise. Les secouristes ne parviennent à extraire que Zeinab Faraj des décombres, avant de se retirer, craignant de nouvelles attaques.

    À 19h20, les secours reviennent sur place avec du matériel pour déblayer les décombres. Les opérations débutent vers 21h. Amal Khalil est retrouvée enterrée sous une colonne et un mur : « Elle était totalement écrasée. Je l’ai sortie de mes propres mains. » a déclaré Moussa Chaalan. Elle avait succombé à ses blessures. 

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  • Afrique du Sud : les responsables de la xénophobie

    Article de Paul Martial, publié par le CADTM le 27.07.2026

    Si le déferlement de haine contre les ressortissantEs étrangerEs s’inscrit dans un contexte social catastrophique, il est aussi encouragé par des responsables politiques véreux.

    Le 30 juin, 300 manifestations ont été organisées à travers l’Afrique du Sud pour exiger le départ des migrantEs. Depuis que cette vague de xénophobie s’abat sur le pays, des centaines de spaza shops — petites épiceries de proximité — tenus par des étrangerEs ont été pillés et des agressions physiques ont eu lieu, entraînant l’exode de 25 000 personnes.

     Terreau social

    Pour expliquer ces mobilisations de haine, la misère sociale est, à juste titre, souvent mise en avant. Près des deux tiers des Sud-AfricainEs vivent sous le seuil de pauvreté dans ce qui demeure l’un des pays les plus inégalitaires du monde. En effet, 10 % de la population — dont la majorité est blanche — détient 93 % des richesses du pays. Le système post-apartheid, gangrené par la corruption et l’incurie, s’est montré incapable de répondre aux aspirations de la population, tandis que le chômage de masse nourrit le désespoir.

    Une telle situation constitue un terrain idéal pour des organisations comme Operation Dudula. Celle-ci s’est fait connaître par des actions visant à interdire aux personnes étrangères l’accès aux hôpitaux. Plus récente, l’organisation March and March, née dans le KwaZulu-Natal et dirigée par l’ancienne animatrice de radio Jacinta Ngobese-Zuma, ne cesse d’associer les migrantEs à tous les maux du pays : chômage, délinquance, violence, etc.

     

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