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politique internationale - Page 3

  • Liban : un nouveau « cessez-le-feu » sous pression américaine

    Éditorial de Cartooning for Peace du 04.06.2026

    Depuis le « cessez-le-feu » théorique du 17 avril, Israël a intensifié ses bombardements et ses opérations terrestres dans un Sud-Liban largement dévasté. Dans la « zone tampon », près de 45 % des espaces urbains ont été rasés ou endommagés depuis le début des affrontements le 2 mars. Selon les autorités libanaises, le bilan humain s’élèverait à 3 516 morts et plus d’un million de déplacés. De son côté, l’armée israélienne essuie toujours les tirs du Hezbollah, et 14 soldats ont été tués par des drones depuis la « trêve ».

    Sous la pression directe de Trump qui cherche une porte de sortie à la guerre en Iran (dont le régime est soutenu par le Hezbollah), un accord fragile s’est dessiné cette semaine à Washington. L’État hébreu conditionne l’arrêt total de ses opérations et le retrait de ses troupes au désarmement du Hezbollah, accepté en théorie par les autorités libanaises. Ce cessez-le-feu ne concerne donc, dans un premier temps, que les frappes prévues sur Beyrouth, tandis que les opérations dans le sud se poursuivront…

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  • Vague de chaleur précoce en France

    Edito de Cartooning for Peace du Jeudi 28 mai 2026

    Difficile de ne pas voir derrière cet épisode météo les effets du réchauffement climatique, qui est déjà de 1,3°C en moyenne dans le monde. La France fait face, depuis une semaine, à une intense vague de chaleur. Du jamais vu à cette période de l’année. Un dôme d’air chaud venu du Maroc stagne au-dessus de l’Europe occidentale et fait grimper les thermomètres à plus de 35°C dans de nombreuses villes (17 départements sont en alerte orange). La canicule se double en outre d’un inquiétant pic de pollution à l’ozone. Le premier ministre Sébastien Lecornu organise une réunion interministérielle ce jeudi 28 mai pour tenter de rassurer, mais de nombreuses associations dénoncent l’impréparation du gouvernement français, notamment concernant les écoles et les logements, faute de moyens mis en œuvre, quand le réchauffement climatique devrait être un enjeu prioritaire.

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  • Après Trump, Poutine : ballet diplomatique à Pékin

    Éditorial de Cartooning for Peace du Jeudi 21 mai 2026

    Seulement quatre jours après la visite très médiatisée de Donald Trump, c’est au tour de Vladimir Poutine de rencontrer Xi Jinping à Pékin les 19 et 20 mai. Pour la Chine, ce ballet diplomatique renforce une image de puissance incontournable sur la scène internationale. Pour la Russie, affaiblie par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, c’est l’occasion de reprendre appui sur un puissant allié.

    Les deux pays amis de longue date veulent renforcer leur coopération sur tous les sujets. Une quarantaine d’accords bilatéraux, dont la construction d’un gazoduc géant, leur permettent d’atténuer les perturbations économiques et énergétiques liées à la guerre au Moyen-Orient. Diplomatiquement, Xi Jinping et Vladimir Poutine veulent réaffirmer leur position en tête d’un bloc « anti-Occidental », après avoir échoué à protéger le Venezuela, l’Iran, et bientôt Cuba des frasques imprévisibles de Donald Trump.

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  • Engrais : il ne faut pas chercher à maintenir notre dépendance mais prendre des mesures urgentes pour en sortir

    Communiqué de la Confédération Paysanne publié le 22.05.2026

    Encore une réunion pour rien ! Le gouvernement s'entête à ne pas analyser ni comprendre ce qui se joue dans cette crise des engrais déclenchée depuis le blocage du Détroit d'Ormuz.

    Une nouvelle fois, seules des mesures d'urgence sont esquissées, afin de sauver en priorité les plus gros acteurs économiques des filières agricoles, céréalières en particulier. Pour les commerçants d'engrais et les coopératives, une seule chose semble compter : que les paysan·nes continuent de consommer des engrais et que notre capacité d'exportation soit maintenue. Quid du devenir des paysan·nes ? Ce n'est pas du tout anticipé à l'occasion de réunion comme celle de ce vendredi.

    Pour la Confédération paysanne, l'urgence doit être aussi de permettre aux paysan·nes de sortir de la dépendance aux intrants importés qui fragilise les fermes. Ce que révèle cette crise, c'est bien que nous sommes pris dans un effet de ciseau entre cette dépendance et des prix fluctuants, fixés par les aléas du marché et du contexte internationaux.

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  • Peine de mort : un combat toujours d’actualité

    Communiqué d'Amnesty International publié le 18.05.2026

    En 1981, une nouvelle victoire pour la dignité humaine avait lieu sur le long chemin de l’abolition universelle : la France abolissait enfin la peine de mort. Aujourd’hui, 113 pays ont aboli la peine de mort pour tous les crimes. Mais le combat continue pour l’abolition universelle de la peine de mort.

    45 ans plus tôt, la peine de mort était encore une réalité en France. C’est en 1981 que le pays se détourne de cette peine d’un autre âge. Chaque année, le 9 octobre, Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, est l’occasion de célébrer cet acte historique, ce jour où la France mettait fin aux homicides volontaires et prémédités, aux assassinats étatiques.

    Depuis cette date, quels que soient les gouvernements, la France a toujours affirmé son opposition, en toutes circonstances, à la peine capitale. Aujourd’hui, l’abolition de la peine de mort a fait son chemin, petit à petit, victoire après victoire, pays après pays.

    Un combat ininterrompu

    En 1977, nous lancions notre combat en organisant une conférence qui s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de Stockholm, texte fondateur pour l’abolition universelle de la peine de mort. À cette époque, seuls 16 pays avaient totalement aboli la peine de mort. Aujourd’hui, grâce à votre mobilisation,145 pays, soit plus des deux tiers des pays du monde entier, ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Des progrès énormes et mesurables continuent d’être faits même si un dernier tiers des pays reste à convaincre.

    En 1979, nous publions notre premier rapport statistique mondial sur la peine de mort. À partir de ce moment, nous devenons une référence mondiale en matière d’observation et de rédaction de rapports sur les condamnations à mort prononcées et les exécutions menées par les gouvernements dans le monde.

    Nous avons milité sans relâche sur des cas emblématiques qui ont clairement mis en évidence la nature injuste de la peine de mort, à l’instar de Troy Davis, un jeune afro-américain condamné à mort dans l’État de Géorgie et exécuté en 2011. Son histoire a remis en avant la nécessité de lutter contre l’application arbitraire de la peine capitale aux États-Unis. Plus récemment, notre organisation a agi en faveur de Rocky Myers, la première personne noire à avoir été graciée aux États-Unis en 2025.

    Nous avons également soutenu le mouvement abolitionniste au niveau international. Nous avons été l’un des membres fondateurs de la Coalition mondiale contre la peine de mort, en 2002, et aidé à la création d’un réseau asiatique de lutte contre la peine de mort en 2006. En 2007, nous remettons aux Nations unies plus de cinq millions de signatures en faveur d’une suspension mondiale de toutes les exécutions. Un mois plus tard, l’ONU adoptera sa première résolution sur la suspension des exécutions.

    Vers l’abolition universelle

    Cette dynamique positive vers l’abolition se poursuit aujourd’hui. En 2025, le Viêt Nam a aboli la peine de mort pour huit crimes et la Gambie a aboli la peine de mort pour les crimes de meurtre, de trahison et d’autres infractions contre l’Etat. Au Liban et au Nigéria, des projets de loi visant à l’abolition sont en cours d’examen devant les assemblées législatives.

    Alors que le monde se dirige progressivement vers l’abolition totale, nous ne devons pas baisser la garde. En 2025, plus de 2700 exécutions ont été recensées dans le monde, un bond de 78% en un an. Une petite poignée d’Etats dont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite ou encore les Etats-Unis continuent à avoir recours au châtiment le plus cruel et inhumain qui existe.

    Parce que la peine de mort est irréversible, l’abolition universelle doit l’être aussi. Nous combattrons sans relâche jusqu’à la disparition totale de ce châtiment inhumain.

  • Israël et la doctrine de la périphérie

    Extrait de l'article de Karim Emile Bitar, publié dans Le Monde Diplomatique de mai 2026

    Linvasion israélienne a frappé aveuglément. (…) Des destructions de villages et de villes, des massacres de civils sont confirmés. (…) L’État d’Israël applique au Sud-Liban la méthode qui a fait ses preuves en Galilée et ailleurs en 1948 : il “palestine” le Sud-Liban. (…) Les actions d’Israël sont considérées comme des ripostes légitimes, même lorsqu’elles paraissent disproportionnées, tandis que celles des Palestiniens sont exclusivement traitées comme des crimes terroristes. Et un mort arabe n’a ni la même mesure ni le même poids qu’un mort israélien. (…) Israël peut compter sur une complicité presque unanime. » Ces lignes n’ont pas été publiées au lendemain du « mercredi noir », le 8 avril dernier, quand l’aviation israélienne a tué plus de 350 civils libanais en quelques minutes, et fait près de 1 500 blessés. Gilles Deleuze les a écrites dans Le Monde, le 7 avril 1978. Le philosophe y dénonçait l’opération « Litani », lancée un an avant la révolution iranienne et quatre ans avant la grande invasion de 1982, qui devait faire plus de dix-huit mille morts, provoquer l’exode d’environ un million de Libanais et contribuer à la naissance du Hezbollah.

    Près de cinq décennies plus tard, l’armée israélienne mène une nouvelle opération de grande ampleur au pays du Cèdre. Encore une fois, comme à Gaza, Tel-Aviv semble devoir faire montre de son incapacité à convertir ses offensives militaires en règlement politique durable. « Israël n’a pas de politique étrangère, seulement une politique intérieure », disait l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger, et il est vrai que la progression des courants inspirés par le messianisme — dont certains revendiquent la création d’un « Grand Israël » qui engloberait notamment le sud du Liban — transforme sa vie politique intérieure autant qu’elle influe sur sa politique extérieure. Jusqu’à remettre au goût du jour la vieille doctrine de la périphérie ?

    (...)

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  • Sommet Afrique-France 2026 : en 10 ans, la France a freiné les réformes économiques attendues par les pays africains

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    Communiqué de CCFD Terre Solidaire, publié le 06.05.2026

    Dix ans après le discours de Ouagadougou, la France n’a pas tenu ses promesses de refondation de sa relation avec l’Afrique. Pire : sur plusieurs dossiers économique clés — dette, aide au développement, fiscalité — elle a contribué à bloquer ou limiter des réformes pourtant portées par les pays africains eux-mêmes. 

    C’est le constat d’une analyse publiée par le CCFD-Terre Solidaire à la veille du sommet Afrique-France de Nairobi (11-12 mai). 

    Des chiffres qui contredisent les discours 

    – La part de l’aide publique au développement bilatérale française vers l’Afrique subsaharienne est passée de 43 % à 17 % en quelques années, 
    – La dette africaine atteint 1 860 milliards d’euros, avec des pays qui remboursent aujourd’hui davantage qu’ils ne reçoivent en aide, 
    – Le continent perd chaque année 89 milliards de dollars à cause de l’évasion fiscale. 

    Malgré ces constats et en dépit des nombreuses promesses et engagement du président Emmanuel Macron ces dix dernières années pour réformer en profondeur la gouvernance économique mondiale, la France n’a pas soutenu des mesures structurantes comme des annulations massives de dettes ou des réformes fiscales plus ambitieuses dans un cadre onusien. 

    Un véritable changement en matière de diplomatie et de coopération avec le continent africain est pourtant urgent. Il s’agit de normaliser les relations et de sortir d’un prétendu exceptionnalisme français. Cela implique également un changement de paradigme avec comme boussole une exigence de justice, justice économique notamment. 

     « Pendant dix ans, la France a multiplié les discours ambitieux sur l’Afrique, mais sur la justice économique, le compte n’y est pas. On ne peut pas parler de partenariat d’égal à égal tout en maintenant des règles économiques profondément inéquitables et en refusant les réformes demandées par les pays africains », déclare Robin Guittard, directeur adjoint du plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire. 

    Un décalage persistant entre discours et actes 

    Depuis 2017, Emmanuel Macron s’est positionné comme un acteur clé de la réforme de la finance mondiale. Mais dans les faits, la France a privilégié des cadres restreints (OCDE, Club de Paris, G7, G20), où elle conserve une influence forte, au détriment d’instances plus inclusives comme les Nations unies. La France continue de défendre un système international peu inclusif et défavorable aux pays africains. 

    Changer de cap 

    Alors que les relations entre la France et plusieurs pays africains se dégradent, ce décalage entre ambitions affichées et positions réelles alimente une perte de crédibilité. Pour le CCFD-Terre Solidaire, la politique française durant les dix années d’Emmanuel Macron a consisté à multiplier les initiatives sans changer les règles fondamentales et conserver une influence dominante dans les instances internationales. Résultat : des réformes techniques, mais aucune transformation structurelle. 

    Le CCFD-Terre Solidaire appelle la France à : 

    – soutenir des annulations de dettes pour les pays en difficulté ; 

    – appuyer les réformes fiscales portées par les pays africains à l’ONU ; 

    – réinvestir dans une aide publique au développement tournée vers les besoins des populations ; 

    – refonder sa relation avec l’Afrique sur une base plus équitable. 

     « Le temps des discours est terminé : soit la France accompagne les transformations portées par les pays africains, soit elle restera du côté du statu quo » conclut Robin Guittard.

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