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politique internationale

  • Résultats trimestriels de TotalEnergies : profits de guerre sur fond de crise énergétique

    Communiqué publié par Greenpeace  le 29 avril 2026

    Pour le premier trimestre 2026, TotalEnergies affiche des bénéfices en hausse de 51% par rapport au premier trimestre 2025, en période de très fortes tensions sur le marché de l’énergie, en pleine guerre au Moyen-Orient. Greenpeace France dénonce la logique cynique des géants du pétrole comme TotalEnergies qui transforment des drames humains en opportunités financières, tandis que les ménages paient le prix fort à la pompe. 

    TotalEnergies, profiteur de guerre

    Alors que le commerce international de pétrole est fortement perturbé par la fermeture du détroit d’Ormuz, TotalEnergies parvient néanmoins à engranger 5,8 milliards de dollars de bénéfices sur le premier trimestre 2026, soit près de 2 milliards de dollars ou 51% de plus que le premier trimestre 2025.

    Dans le même temps, l’envolée du cours de l’action TotalEnergies a entraîné un enrichissement massif de ses actionnaires estimé à 55,4 milliards d’euros. Parmi eux, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, s’est lui-même enrichi de près de 15 millions d’euros.

    Pour Sarah Roussel, chargée de campagne Énergies fossiles à Greenpeace France :

    « Le schéma est bien connu : comme au début de la guerre en Ukraine en 2022, TotalEnergies profite de l’envolée des prix du pétrole liée à l’instabilité géopolitique pour maximiser ses bénéfices. Derrière ces résultats records se cachent des profits de guerre indécents, qui atterrissent en grande partie dans la poche de ses actionnaires, alors que des millions de personnes voient leur facture énergétique exploser. Il est urgent que le gouvernement français prenne ses responsabilités et mette fin à cette situation inacceptable en taxant plus fortement les profits des grandes entreprises pétrolières.»

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  • L’OTAN en voie de décomposition

    Extraits de l'article de Philippe Leymarie paru dans le Monde Diplomatique le 18.04.2026

    « L’Amérique ne peut rien faire pour vous, et il n’y a rien, non plus, que vous puissiez faire pour le peuple américain » : le vice-président J.D. Vance avait conclu ainsi une charge d’une agressivité inusitée contre les Européens, dans un discours à la Conférence annuelle de Munich sur la sécurité en février 2025, livré quelques jours après les débuts d’une seconde présidence Trump, qui devait donner le ton aux relations euro-américaines pour les temps actuels, et sans doute à venir...

    Un an plus tard, les déconvenues américaines autour de la circulation dans le détroit d’Ormuz, à l’entrée du Golfe arabo-persique, conséquence de la guerre lancée contre l’Iran, ainsi que le refus des principales nations européennes de prêter leur concours à l’US Navy pour en reprendre le contrôle, n’ont pas incité Washington à plus de complaisance.

    Décidé à faire payer les Européens pour leur manque de soutien, Donald Trump, au fil de ses innombrables numéros de « showman », a successivement :

     traité ses alliés de « lâches »,
     clamé que les États-Unis « s’en souviendront »,
     qualifié une fois de plus l’OTAN de « tigre de papier » (ce qu’il proclamait déjà il y a vingt cinq ans, lorsqu’il était simple promoteur immobilier),
     et promis qu’il pourrait décider finalement de quitter un jour cette alliance transatlantique si peu fidèle aux sollicitations de son parrain,
     et au minimum ne pas appliquer son article 5, le mécanisme de protection solidaire au cas où un membre serait agressé (dont les États-Unis avaient profité après l’attentat de septembre 2001 contre les tours de New-York).

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  • Détention arbitraire de Daria Egereva et Natalia Leongardt en Russie : des organisations demandent leur libération

    Communiqué commun 

    Les organisations soussignées expriment leur profonde inquiétude face à la détention arbitraire de la dirigeante autochtone et défenseure des droits humains Daria Egereva et de la défenseure des droits humains Natalia Leongardt, et se joignent aux peuples autochtones, aux organisations de la société civile et aux défenseurs des droits humains du monde entier pour exiger leur libération immédiate et inconditionnelle.

    Représentante du peuple Selkoupe, l’un des peuples autochtones de Russie comptant une population totale de 3 500 personnes, Mme Egereva est une défenseuse des droits humains reconnue, prête à mettre son expertise au service d’un dialogue pacifique et constructif pour faire avancer l’action climatique et les droits des peuples autochtones, notamment en participant régulièrement aux conférences des Nations unies sur le climat.

    Le 17 décembre 2025, les autorités russes ont perquisitionné le domicile de Mme Egereva et l’ont arrêtée pour sa participation présumée aux activités d’une soi-disant « organisation terroriste », en vertu de l’article 205.5 (paragraphe 2) du Code pénal russe. L’arrestation de Mme Egereva s’inscrivait dans le cadre d’une opération coordonnée menée par le service fédéral de sécurité (FSB), qui visait au moins 17 autres dirigeants autochtones dans différentes régions.[1]

    Parmi les personnes visées par cette même vague d’arrestations figurait également Natalia Leongardt, qui collaborait avec Mme Egereva pour protéger et promouvoir les droits des peuples autochtones.

    Le 11 février, le tribunal municipal de Moscou a rejeté l’appel interjeté par Mmes Egereva et Leongardt contre leur détention provisoire et l’a confirmée sans modification. La décision de tenir l’audience d’appel à huis clos soulève de graves préoccupations quant aux garanties d’une procédure régulière et au droit à un procès équitable. Le 15 mars, leur détention a été prolongée jusqu’au 15 juin. Si elles sont reconnues coupables, Mme Egereva et Mme Leongardt encourent jusqu’à 20 ans d’emprisonnement. Au moment de la rédaction de cette déclaration, Mme Egereva et Mme Leongardt sont toujours détenues au centre de détention provisoire n° 6 de Moscou dans l’attente de leur procès.[2] [3]

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  • Tchernobyl : l’héritage toxique du nucléaire face à la guerre

    Communiqué de Greenpeace, publié le 14.04.2026

    Le 26 avril prochain marquera les 40 ans de la catastrophe de Tchernobyl, une des pires catastrophes nucléaires de l’histoire.

    L’héritage radioactif de cette zone contaminée est devenu encore plus dangereux depuis le début de l’invasion globale de l’Ukraine par la Russie en février 2022. L’occupation temporaire de Tchernobyl par les troupes russes, puis l’attaque de l’arche de confinement par un drone russe ont dégradé la situation de cette zone déjà vulnérable, source de danger pour la population aux alentours. Greenpeace suit l’évolution de la situation depuis le premier jour et travaille à la documentation des crimes de guerre et attaques russes sur la zone.

    Dans un nouveau rapport, Greenpeace Ukraine documente les conséquences de l’attaque menée par un drone russe l’année dernière sur l’arche de confinement, construite par la communauté internationale pour protéger de l’humidité et de la corrosion les vestiges du réacteur n° 4 accidenté sous son sarcophage, assurer une protection contre les risques nucléaires et garantir des conditions permettant un démantèlement du sarcophage dans l’objectif de neutraliser le risque inhérent à cette situation pour l’environnement et la population.

    Les dégâts de cette attaque vont encore retarder la mission périlleuse de démantèlement. Le rapport de Greenpeace illustre également la menace que constitue la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine pour les efforts internationaux visant à réparer les graves dommages subis par l’arche de confinement. Sans la mise en œuvre rapide de réparations, le sarcophage court un risque accru d’effondrement.

    Télécharger le rapport ici :“The impact of the Russian drone attack on the Chornobyl New Safe Confinement »

    Pauline Boyer, chargée de campagne Nucléaire et Transition énergétique pour Greenpeace France, s’est rendue récemment à deux reprises en Ukraine et à Tchernobyl :

    « Aujourd’hui, les risques radioactifs de Tchernobyl persistent, malgré tous les efforts déployés pour contenir et gérer son héritage toxique. Il s’agit de défis d’une complexité extrême. La frappe de drone russe a accru le risque d’effondrement du sarcophage avant qu’il ne puisse être démantelé avec précaution. Ce qu’il se passe à Tchernobyl illustre la vulnérabilité que représentent ces terres contaminées pour la population ukrainienne. La catastrophe est toujours en cours, et sa dangerosité est accentuée par les risques liés à la guerre. »

     

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  • La proposition de loi Yadan ou la promotion de la censure

    Tribune collective « La proposition de loi Yadan ou la promotion de la censure » publiée dans l’Humanité le 13.04.2026

    La lutte contre le racisme et l’antisémitisme mérite le plus grand sérieux. Le texte proposé est attentatoire à la liberté académique et à la liberté d’expression, dont celle de la presse.

    La proposition de loi Yadan affirme dans son titre vouloir lutter contre l’antisémitisme et c’est évidemment un objectif qui doit être partagé par toutes et tous, avec d’autant plus de vigueur que les actes et propos antisémites ont considérablement augmenté depuis le 7 octobre 2023.

    Cependant, le titre est trompeur : il ne s’agit nullement de renforcer les moyens de lutte contre l’antisémitisme, mais de légiférer contre de prétendues « formes renouvelées ». Le but est en réalité de faire condamner par les tribunaux certains éléments du débat public, notamment la remise en cause de la politique du gouvernement d’extrême droite israélien.

    Il est exact que certaines critiques du sionisme ou de la politique menée à l’égard des Palestiniennes et Palestiniens par Israël servent parfois de masque à l’antisémitisme. Mais le débusquer est aisé et l’arsenal juridique – y compris concernant ce que la loi sur la liberté de la presse nomme les « crimes et délits commis par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication » – est suffisamment solide pour que les propos tenus puissent être condamnés. Or, la proposition de loi veut assimiler antisémitisme et antisionisme, sans nuance. À l’opposé des conclusions du rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de 2024, qui relève que les opinions antisémites « restent fondées sur de « vieux » préjugés », elle élabore une définition de l’antisémitisme liée à la dénonciation de la politique israélienne et de ses conséquences sur la population palestinienne.

    Cette loi repose donc sur un postulat lourdement tronqué pour proposer une aggravation des textes portant sur les infractions d’apologie et de provocation au terrorisme. Elle étend l’apologie positive à une minoration outrancière d’actes terroristes, sans même imposer que la qualification de terrorisme soit d’abord retenue par un tribunal français ou une cour internationale. Pourra- t-on encore critiquer la nouvelle loi votée par la Knesset imposant la peine de mort automatique pour les Palestiniens déclarés coupables de meurtre terroriste par un tribunal militaire israélien, comme l’a fait le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, qui dénonce un possible crime de guerre ? Les médias et les journalistes pourront-ils rendre compte de ces critiques sans crainte de poursuites ?

    Cette proposition de loi ajoute que la provocation pourrait être implicite… Comment prouver ce qu’une personne veut implicitement dire ? On court le risque d’un procès d’intention. L’absence de définition claire et précise de ces incriminations, en violation du principe de légalité criminelle, ouvre la porte à l’arbitraire, y compris à l’encontre des journalistes et médias.

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  • Moyen-Orient : trêve en Iran et furie au Liban

    Éditorial de Cartooning for peace du 09.04.2026

    Au grand soulagement de la population iranienne, un cessez-le-feu de deux semaines a été arraché mercredi 8 avril entre les États-Unis et l’Iran, à la suite des menaces d’anéantissements vociférées par Donald Trump. Comme souvent, chaque camp revendique une victoire. Mais les Etats-Unis ont échoué à faire tomber le régime des mollahs et à rouvrir le détroit d’Ormuz, et l’Iran a subit d’importantes pertes et destructions. Des négociations sont censées se tenir à partir de vendredi à Islamabad, sur des bases confuses. Cette trêve est d’autant plus fragile que le Liban, qui n’est pas concerné par le cessez-le-feu, continue de subir la fureur du gouvernement Netanyahou. Mercredi, des frappes massives sur Beyrouth et plusieurs villes et villages ont fait plus de 250 morts et des milliers de blessés en quelques heures. Face au carnage, l’Iran a menacé de rompre la trêve si le cessez-le-feu ne s’étendait pas au Liban.

     

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  • Un optimisme farouche

    Éditorial de Benoît Bréville pour le Monde Diplomatique d'avril 2026

    Le samedi 7 mars, cinquante mille personnes défilaient à Londres pour protester contre la guerre menée par Israël et les États-Unis en Iran. Une affluence notable au regard des autres métropoles occidentales, mais dérisoire si l’on remonte dans le temps : le 15 février 2003, plus d’un million de manifestants battaient le pavé londonien contre l’invasion de l’Irak. Plusieurs centaines de milliers marchaient à New York et Washington, et près de quinze millions à travers le monde — la plus vaste mobilisation internationale jamais enregistrée. Vingt ans plus tôt, le 12 juin 1982, c’était pour réclamer le désarmement nucléaire qu’un million de personnes envahissaient Central Park, au son des concerts de Joan Baez et de Bruce Springsteen. Le camp antiguerre avait ses musiciens, ses écrivains, ses cinéastes. Cette tradition s’est effacée.

    Aujourd’hui, les guerres se multiplient, les grandes puissances se réarment, mais les rues restent clairsemées. Même la menace nucléaire semble laisser indifférent. Le traité New Start, dernier accord en vigueur sur la limitation des armes nucléaires stratégiques entre Washington et Moscou, vient d’expirer, M. Donald Trump évoque la reprise des essais atomiques, M. Emmanuel Macron propose de renforcer l’arsenal français. Aucune manifestation, aucun débat public.

    Stigmatisé par les médias, qui y voient vite un soutien au Hamas, aux mollahs ou au Kremlin, et parfois réprimé, l’engagement pacifiste s’accorde mal avec l’air du temps. Il exige en effet un optimisme farouche, cette conviction, forgée au fil de luttes parfois victorieuses, que rien n’est joué, que l’action collective peut infléchir le cours des événements. Les opposants à la guerre du Vietnam s’appuyaient sur les succès du mouvement pour les droits civiques ; en 2003, l’élan altermondialiste nourrissait les manifestants contre l’invasion de l’Irak. Rien de tel aujourd’hui.

    Le pacifisme requiert en outre de la patience ; il faut combattre pied à pied des conflits que l’on n’a pas pu empêcher. Mais les effets se mesurent dans la durée : gagner le soutien de l’opinion, accélérer un retrait militaire, peser sur des élections Ces avancées, lentes et indirectes, parfois invisibles, peinent à galvaniser dans une époque qui valorise l’immédiateté.

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