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politique internationale - Page 18

  • Algérie : une censure politique

    Communiqué LDH du 03.07.2025

    Sept ans de prison ! C’est la peine à laquelle Christophe Gleizes, journaliste sportif collaborateur de So Foot et Society, a été condamné en Algérie où il avait été arrêté en mai 2024, alors qu’il s’apprêtait à réaliser un reportage sur l’histoire du club de football de la Jeunesse Sportive de Kabylie. On lui reproche d’avoir rencontré entre 2015 et 2017 un des dirigeants de ce club, par ailleurs à la tête du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), un mouvement que l’Algérie a classé « terroriste » plusieurs années plus tard, en 2021.

    A travers la condamnation scandaleuse de Christophe Gleizes pour « apologie du terrorisme », c’est bien toute la profession qui est atteinte. Quel journalisme serait possible si les journalistes se voient soupçonnés de collusion ou de soutien vis-à-vis de toute personne, de tout responsable ou de n’importe quel mouvement rencontrés dans le cadre d’enquêtes ou de reportages ? Et même si son reportage avait été sur le MAK, de quelle protection peuvent jouir les journalistes s’ils se voient confondus avec leur sujet ? La LDH (Ligue des droits de l’Homme) dénonce cette atteinte grave à la liberté d’information et alerte sur le danger de l’incrimination d’apologie du terrorisme, dont on perçoit la dimension politique : son instrumentalisation par le pouvoir est aisée. Elle est d’ailleurs systématiquement utilisée ces dernières années pour condamner les militants et les défenseurs des droits humains algériens, en usant de l’article 87 bis du Code pénal.

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  • Iran : après les bombes, la répression

    Article Publié par Amnesty International  le 27.06.2025

    Après l’offensive israélienne contre l’Iran, la population civile subit une autre forme de violence : la répression de la société civile s'est considérablement durcie. Depuis la mi-juin, sous prétexte d'une chasse aux espions et aux personnes accusées de « collaboration » avec Israël, les arrestations et les exécutions arbitraires et expéditives  se multiplient. Un engrenage alarmant.

    Loin des regards et sous couvert de sécurité nationale, des dizaines de personnes ont été arrêtées par les autorités iraniennes depuis le déclenchement  de l’offensive israélienne Rising Lion dans la nuit du 12 au 13 juin. Toutes sont accusées de « collaboration » ou d’« espionnage » pour le compte d’Israël.  

    Ces arrestations s’accompagnent d’appels officiels à des procès expéditifs et à des exécutions rapides lancé par les autorités judiciaires. Au moins cinq personnes ont d’ailleurs été exécutées en l’espace de quelques jours. Parmi elles, Esmail Fekri, sommairement pendu le 16 juin à l’issue d’un procès d’une iniquité flagrante.

    Fragilisée par les frappes israéliennes et américaines, les autorités iraniennes se retournent désormais contre leur propre population, resserrant encore un peu plus leur étau contre la société civile.

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  • Des millions de manifestantEs contre Trump

    Article de Dan La Botz, publié le 23.06 par le CADTM

    Au moins cinq millions de personnes ont participé à 2 000 manifestations « No Kings Day » dans les grandes villes et les petites localités des 50 États, la plus grande manifestation nationale jamais organisée contre Trump.

    Dans une ambiance festive et rebelle, accompagnéEs de fanfares et de tambours, les manifestantEs ont scandé des slogans, chanté des chansons et brandi des pancartes avec des slogans tels que « No Kings since 1776 » (« Pas de rois depuis 1776 ») ou des pancartes s’opposant aux attaques du président Donald Trump contre les soins de santé, les programmes alimentaires pour les enfants et les personnes âgées, ou encore contre l’éducation et la science.

     Pas de rois ! Liberté !

    Certaines banderoles affichaient le slogan « Fight Oligarchy » (À bas l’oligarchie). Plus de pancartes que précédemment portaient le slogan « Non au fascisme ! » Dans toutes les manifestations, il y avait davantage de drapeaux américains et de chants exprimant un désir de rédemption nationale. À New York, où j’ai manifesté, les gens scandaient « À qui appartient ce pays ? À nous ! » À Philadelphie, fer de lance des manifestations, l’historien Timothy Snyder a répété à plusieurs reprises « Pas de rois », et la foule a répondu « Liberté ! »

    Il s’agissait presque exclusivement de manifestations pacifiques, sans incident notable. À Riverside, en Californie, un contre-manifestant poursuivi par la police a été trouvé en possession d’une arme à feu dans sa voiture. En Virginie, un homme a foncé avec sa grosse voiture sur les manifestantEs, blessant une personne. À Los Angeles, où les conflits duraient depuis plusieurs jours, quelques manifestantEs ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont réagi en frappant et en arrêtant certains d’entre eux, mais il ne s’agissait là que d’un incident mineur dans le cadre d’une manifestation massive.

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  • Clôture de l’UNOC : « Les belles paroles doivent maintenant se traduire en actes »

    La Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC-3) s’achève aujourd’hui avec un bilan mitigé. Des progrès significatifs vers la ratification du Traité sur la haute mer y ont eu lieu. Une fois ratifié, ce traité sera l’instrument juridique unique permettant de créer des zones protégées dans les eaux internationales, ce qui en fera un élément fondamental pour la protection de 30 % des océans d’ici à 2030. Une déclaration forte sur un nouveau traité sur les plastiques a également été signée par 95 gouvernements.

    Cependant, la stagnation des ambitions françaises sur ses propres aires marines protégées (AMP) laisse un goût amer. « La France, pays hôte de la conférence, avait une opportunité historique de montrer l’exemple. Mais aucune annonce concrète n’a été faite sur l’extension ou le renforcement de ses aires marines protégées, en particulier sur le sujet du chalutage de fond, qui a été central lors de cette conférence. A l’inverse, le Royaume-Uni ou encore le Danemark vont interdire cette technique de pêche destructrice dans 50% de leurs AMP. Une occasion ratée pour E. Macron qui se pose en champion des océans », déclare François Chartier, chargé de campagne océans chez Greenpeace France.

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  • Le monde n’a pas besoin d’armes pour tuer encore plus rapidement

    Extraits de l'article d' Agathe Di Lenardo  pour Basta !

    Alors que les technologies rendant les armes de plus en plus autonomes se développent à grande vitesse, les débats pour légiférer progressent lentement. Des États et ONG réclament un traité international de manière urgente. 

    Les drones semi-autonomes se sont fait une place au cœur des stratégies militaires dans la guerre en Ukraine, avec les munitions « rôdeuses » en quête d’un objectif à détruire, ou les drones « kamikazes » utilisés par les Ukrainiens pour frapper des bases militaires ou des infrastructures russes jusqu’en Sibérie. À Gaza, des systèmes de ciblage basés sur l’intelligence artificielle (IA) sont utilisés par Israël. Dans les conflits actuels, la robotisation et l’IA ont déjà transformé les champs de bataille.

    « Aujourd’hui, on est proche d’un déploiement des armes autonomes », s’inquiète Anne-Sophie Simpere, coordinatrice pour la campagne française de Stop killer robots. La coalition, qui regroupe plus de 250 ONG à travers 70 pays, vise à établir une législation internationale pour encadrer l’utilisation des « robots tueurs », appelés en France « systèmes d’armes létales autonomes » (Sala). Une fois activées, ces armes peuvent sélectionner une cible puis engager la force, le tout sans intervention humaine.

    Dans l’immense majorité des utilisations actuelles, un humain reste dans la boucle, généralement pour décider ou non d’ouvrir le feu sur une cible préalablement sélectionnée par le système. Mais le développement rapide de l’IA a de quoi inquiéter les opposantes aux systèmes d’armes autonomes. « Ces armes se développent depuis les années 1990-2000, mais il y a maintenant un vrai mouvement d’accélération, explique Thibault Fouillet, directeur scientifique de l’Institut d’études de stratégie et de défense, basé à Lyon. Ce n’est plus vraiment une problématique technique, mais plutôt éthique d’organisation. » Car si l’autonomie prend de plus en plus de place dans les armées, il n’existe aujourd’hui aucun cadre juridique pour la réglementer.

     

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  • Iran-Israël : nouvel embrasement dans le chaos du Moyen-Orient

    Edito de Cartooning for Peace du Jeudi 19 juin

    A la veille de négociations prévues entre iraniens et américains, Israël a attaqué par surprise les 12 et 13 juin les infrastructures mais aussi les leaders du programme nucléaire iranien et des Gardiens de la Révolution, faisant au passage des victimes civiles. Un rapport de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) sur l’accélération des capacités d’enrichissement d’uranium de l’Iran aurait alarmé et motivé l’attaque d’Israël, farouchement opposé au développement d’armes nucléaires par ses ennemis. La réplique iranienne ne s’est pas faite attendre et les deux pays, animés par quarante ans d’antagonisme, échangent désormais des tirs quotidiens.

    Les pays occidentaux semblent pour le moment faire bloc derrière Netanyahou, qui retrouve ainsi ses appuis diplomatiques, progressivement dérobés avec la tragédie de Gaza. Le monde a les yeux rivés sur les États-Unis, mais difficile de savoir pour le moment si Donald Trump va s’engager directement dans ce conflit. Les ennemis de l’Iran voient dans ce nouveau front l’occasion de faire chuter l’indéfendable régime des Mollahs, honni par une grande majorité d’iraniens. Mais les civils de la région ne peuvent que souffrir de cet embrasement et de cette prédominance de la force, au détriment du droit international et de la diplomatie.

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  • Comment l’agriculture chimique européenne finance la machine de guerre de Poutine

    Extraits de l'article de Sophie Chapelle, publié dans Basta ! le 12.06.2025

    Voilà plus de trois ans que l’addiction du modèle agricole français aux engrais chimiques participe à financer la guerre de Poutine.

    Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, les importations françaises d’engrais russes ont augmenté de 86 %, passant de 402 000 tonnes en 2021 à 750 000 tonnes en 2023. Ces chiffres mentionnés dans un récent rapport des Amis de la Terre sont probablement sous-estimés.

    Comment en sommes-nous arrivés là ? Les sanctions sur le gaz russe, matière première essentielle pour les producteurs d’engrais chimiques, ont amené les fabricants européens d’engrais à réduire leur production. Mais la consommation de nos agriculteurs n’a pas diminué pour autant et ils ont poursuivi leurs approvisionnements en… Russie. Si les importations de gaz sont sanctionnées, celles d’engrais azotés ne le sont pas ! Premier consommateur européen d’engrais chimiques, la France figure même dans le peloton de tête des importateurs européens d’engrais russes aux côtés de la Pologne et de l’Allemagne.

    Les régions de grandes cultures, comme le nord et l’est de la France ainsi que le Bassin parisien, sont les plus dépendantes des engrais de synthèse. C’est précisément cette dépendance qui explique l’absence d’embargo sur les engrais en provenance de Russie.

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