
Dessin de Schvartz pour Charlie-Hebdo
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Dessin de Schvartz pour Charlie-Hebdo
Communiqué LDH le 20.0502020
Par une ordonnance en date du 18 mai 2020, le Conseil d’Etat a donné raison à la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et à la Quadrature du Net qui contestaient l’utilisation de drones par la préfecture de police de Paris, en dehors de tout cadre légal spécifique à l’utilisation des images filmées.
En effet, contrairement à la vidéosurveillance dont les dispositifs doivent obéir à certaines contraintes (emplacement et orientation des caméras, paramétrages interdisant de capter des images relatives aux entrées d’immeuble, à l’intérieur des bâtiments et des espaces privés…), les images filmées par des drones captent nécessairement des images relatives à ces espaces protégés, portant ainsi atteinte aux libertés fondamentales que sont le droit à la vie privée et le droit à la protection des données personnelles.
Depuis une semaine, les foyers de contamination au Covid-19 se multiplient dans les grands abattoirs industriels. Après les Etats-Unis et l'Allemagne, la France a vu apparaître trois nouveaux « clusters » en Vendée, dans le Loiret et les Côtes d'Armor. Ces immenses usines imposent des cadences de travail infernales, au détriment du bien-être de leurs salarié.e.s et des animaux.
De par leurs tailles, leurs rythmes et l'importante concentration d'animaux et d'humains, celles-ci se montrent également incompatibles avec le respect des mesures sanitaires du Covid-19.
La faune et la flore sauvage ont bénéficié pendant deux mois d’un répit salvateur. Comme une respiration. Un temps suspendu rompant l’éternelle prédation de l’humain sur la nature. En son absence, elles ont pu s’épanouir, se développer là où on ne les attendait pas, gagnant les rues des villes, nichant dans les interstices libérées de notre emprise. Alors que la population française restait cloîtrée entre quatre murs, la nature s’est, elle, littéralement, déconfinée.
« Les animaux ont occupé des espaces qui leur étaient auparavant interdits », confirme le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, joint par Reporterre. « C’est une situation inédite, une première dans l’histoire. Des lieux comme l’estran – la bande littorale à cheval entre les marées — n’ont pas été foulés par l’humain pendant plusieurs mois. »
En Camargue, la LPO a identifié 89 espèces d’oiseaux en train de nicher. Un record. Des Ibis falcinelles, vivant habituellement à l’autre bout de l’Europe dans le delta du Danube, ont été observés en grand nombre dans le parc naturel régional.
En Charente-Maritime, des héronnières sont également apparues au bord des routes. Près du Cap d’Agde, une colonie de sternes caugek a élu domicile sur la plage de Portiragnes à deux pas des campings. Les sentiers désertés du littoral et les plages où le plaisancier posait habituellement sa serviette de bain se sont métamorphosées en nids douillets pour une multitude d’oiseaux comme les gravelots à collier interrompu, les échasses ou les avocettes. En montagne, le grand tétras et le lagopède alpin sont sortis des recoins dans lesquels ils étaient cantonnés.
Dans notre note publiée hier, nous nous interrogions sur l'origine des difficultés rencontrées par l'entreprise Fege, qui s'appelle désormais NSC Packaging. Cette appellation découle de l’intégration de l'usine vouzinoise dans le groupe NSC, basé en Alsace.
Nous avons pu prendre connaissance du rapport financier et des résultats consolidés 2019 du groupe. L'année dernière a été difficile, avec un chiffre d'affaire en baisse de 16 % et un résultat d'exploitation négatif à hauteur de 3 Millions d'€.
Les perspectives pour 2020 ne semblent pas encourageantes, avec un chiffre d'affaire attendu à nouveau en baisse, et l'attente d'un résultat négatif supérieur à celui de 2019.
Des dividendes ont été versés aux actionnaires les années précédentes, il n'est pas prévu d'en distribuer cette année.
Cette situation délicate a amené les dirigeants du groupe à demander la mise en redressement judiciaire de NSC Packaging (ex Fege), pour "limiter l'impact sur la trésorerie du groupe des pertes financières de cette filiale attendues pour 2020."
Si l'Argonne Ardennaise compte relativement peu d'entreprises industrielles, certaines ont réussi à se construire une très bonne réputation dans leur secteur d'activité. C'est le cas de l'entreprise Fege, implantée à Vouziers depuis plusieurs décennies.
Voici comment le site Ardennes-développement présentait la société Fege en novembre 2017 :
"Ce qui fait la force de cette entreprise, c’est la capacité à proposer des solutions novatrices et adaptées aux besoins de ses clients grâce à un bureau d’études interne. Experte en ingénierie, Fege maîtrise en interne tout le processus d’industrialisation, de la conception à la production. Réputé pour sa fiabilité et sa résistance, le fabricant ardennais équipe les industriels de robots (palettisation, emboxage, encaissage…) ou de machines de manutention (répartiteur, table d’accumulation…), en intégrant les différentes normes d’hygiène, de sécurité ou environnementales.
Entreprise dynamique et innovante de l’Argonne Ardennaise, Fege mise sur les compétences de ses salariés, et favorise la convivialité et les échanges propices à la création et au bien-être de ceux-ci (notamment dans son espace rétro, style années 60). Fege est d’ailleurs actuellement à la recherche de nouveaux talents.
Dans les Ardennes, le cadre verdoyant et préservé est aussi source d’innovation et de savoir-faire industriels reconnus."
En 2013, NSC groupe, société alsacienne cotée en bourse, a fait l’acquisition de 60% des parts de la société Fege. Ce groupe comporte un pôle Packaging qui œuvre dans le même secteur que Fege, l'activité des deux unités était présentée comme complémentaire.
Diminution de la rémunération des agricultrices et agriculteurs, recul sur les règles environnementales : le lobby de l'agro-alimentaire industrielle est à la manœuvre pendant la crise du covid-19. Loin de vouloir aider l'ensemble de la profession, le syndicat majoritaire et d'autres acteurs tels que les distributeurs instrumentalisent la crise pour imposer en sous-main leur vision d'une agriculture « à la française ». À coup de communication mensongère, de pression sur les agriculteurs et de tentatives de détricotage de la réglementation sanitaire et environnementale, ils conduisent l'alimentation vers une impasse et les paysans vers la précarité économique, tout ceci dans un contexte d'émergence d'une crise alimentaire majeure partout dans le monde.
De nombreux acteurs du secteur agro-alimentaire profitent de la situation pour redorer leur image et revenir sur certaines avancées environnementales.
Au niveau international, la FAO* et le Forum Économique mondial plaident pour une non-restriction des échanges commerciaux mettant délibérément de côté les mesures structurelles de soutien à la transformation de notre système alimentaire. Le 7 avril dernier, la Copa*-cogeca a par exemple demandé à la Commission européenne de reporter la stratégie “de la Fourche à la fourchette”. En France, le 22 avril, les fédérations agricoles bretonnes ont demandé au Président de la République de “libérer la compétitivité française” des “contraintes de la surrèglementation [qui] asphyxient la production”. Une communication tellement scandaleuse que même l'interprofession bovine, Interbev, s'en est finalement désolidarisée. En parallèle, des syndicats agricoles ont déposé, en pleine crise et sans concertations réelles, des chartes leur permettant de réduire de moitié les distances nationales minimales entre les zones d'épandage de pesticides et les habitations, pour certaines cultures. Le 6 mai les coopératives agricoles françaises demandaient sans scrupule le report d'une des mesures centrales du quinquennat sur les pesticides à savoir la séparation de la vente et du conseil (une mesure qui aurait dû être appliquée depuis bien longtemps déjà).
Si la grande distribution se targue dès le début de la crise d'être un véritable “service public” en s'approvisionnant localement, elle aura attendu une crise sanitaire pour se tourner vers les agriculteurs français. De plus, le secteur, en pleine crise sanitaire a augmenté une partie de ses marges en mettant en place des pratiques commerciales inacceptables. Concernant la viande bovine par exemple, si les prix aux consommateurs sont restés stables, les prix d'achat payés aux producteurs diminuent encore plus drastiquement depuis le début du confinement.