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le monde diplomatique

  • L’offensive générale

    Un ancien ministre de l’économie socialiste qui, plus tard, créera un parti libéral à son image a un jour détaillé l’art et la manière d’enfanter une société de marché : « N’essayez pas d’avancer pas à pas. Définissez clairement vos objectifs et approchez-vous en par bonds en avant qualitatifs afin que les intérêts catégoriels n’aient pas le temps de se mobiliser et de vous embourber. La vitesse est essentielle, vous n’irez jamais trop vite. Une fois que l’application du programme de réformes commence, ne vous arrêtez plus avant qu’il soit terminé : le feu de vos adversaires perd en précision quand il doit viser une cible qui bouge sans arrêt. »

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  • L’Etat souhaite une bonne année au « Monde diplomatique »

    Quelques jours avant Noël, l’Etat a décidé que notre journal ne bénéficierait pas du fonds stratégique pour le développement de la presse pour l’année 2014.

    Cette aide, qui avait atteint l’année précédente le montant faramineux de… 18 611 euros, entend favoriser le rayonnement des publications françaises à l’international. Un tel objet semblait pourtant taillé sur mesure pour Le Monde diplomatique, qui réalise près d’un cinquième de ses ventes à l’étranger et diffuse à travers le monde quarante-sept éditions en vingt-huit langues.

    DPL20150101001.jpgIl faut croire que le ministère de la culture et de la communication couvre notre journal d’une tendresse particulière. En 2012, Le Monde diplomatique trônait à la 178e position des deux cents titres les plus aidés. Loin derrière Télécâble Sat Hebdo (27e), Closer (91e) ou Le Journal de Mickey (93e), alors que les aides à la presse prétendent encourager la « libre communication des pensées et des opinions » et « éclairer le citoyen ». En 2013, nous avons disparu de la liste, tandis que LOpinion, le quotidien semi-officiel du Mouvement des entreprises de France (Medef), lancé avec l’argent de M. Bernard Arnault, première fortune nationale, y entrait. En 2014, l’Etat aura ainsi trouvé le moyen d’amputer le reliquat maigrichon des subsides dont profitait encore notre publication.

    Parmi eux, les tarifs postaux spécifiques à la presse. Là encore, tout semble fait pour que nous restions insoupçonnables d’abus d’aides publiques. En effet, l’Etat compense avec la plus grande générosité l’expédition par courrier des titres d’information politique et générale, à condition qu’ils soient quotidiens ou tout au plus... hebdomadaires. Dommage pour notre mensuel. En décembre dernier, les abonnés au Point et aux Echos ont pu apprécier la pertinence de ce critère de périodicité en découvrant dans leurs boîtes aux lettres, avec leurs journaux favoris, les lourds suppléments publicitaires qui prolifèrent en période de fêtes. Dans le film enveloppant Les Echos, le cahier géant Série limitée d’un peu plus d’une livre (525 grammes exactement) exhibait ses pages promotionnelles serties de quelques articles, le tout convoyé par La Poste à un tarif sacrifié mais compensé par l’Etat. Côté Le Point, un supplément papier glacé « spécial cadeaux », Couleurs de fêtes, de 372 grammes, comportant un éditorial indigent pour 155 pages de publicité, parvenait dans les boîtes aux lettres aux frais du contribuable, toujours au nom de la « libre communication des pensées et des opinions ».

    Ce critère de périodicité accentuera ses effets en 2015. Pour Les Echos, Le Point et leurs annonceurs, l’augmentation des tarifs postaux se limitera à 4,9 %. Pour Le Monde diplomatique, ce sera 8,8 %.

    Notre journal ne puise sa force qu’à deux sources : son projet éditorial et ses lecteurs. C’est donc vers ces derniers que nous nous tournons. Le don défiscalisé reste leur meilleur moyen d’obliger l’Etat à corriger, contre son gré, l’iniquité caricaturale de son système d’aide à la presse.

     

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    « S’informer exige une véritable mobilisation intellectuelle. Si nos textes sont en général plus longs que ceux d’autres journaux, c’est qu’il est souvent indispensable de rappeler les données fondamentales d’un problème, ses antécédents historiques, sa trame sociale et culturelle, son épaisseur économique, afin de mieux en saisir toute la complexité. »Ignacio Ramonet, ancien directeur du « Diplo »