Communiqué de CCFD terre solidaire , Publié le 17.02.2026
Du 21 février au 1er mars 2026, Le Salon international de l’agriculture ouvre ses portes à Paris.
À cette occasion, Judith Lachnitt, chargée de plaidoyer alimentation, climat et biodiversité au CCFD-Terre Solidaire sera présente pour porter un message clair : la souveraineté alimentaire ne doit pas servir de prétexte à des reculs en matière de santé publique, de protection de l’environnement et de droits des paysans et paysannes, en France, en Europe et dans les pays du Sud.
Depuis la pandémie de COVID-19, la guerre en Ukraine et la montée des tensions commerciales internationales, l’alimentation est redevenue un enjeu stratégique central. Cette prise de conscience aurait pu ouvrir la voie à une transformation ambitieuse des systèmes agricoles et alimentaires dans un contexte où l’adaptation aux changements climatiques devient cruciale. Elle sert aujourd’hui, au contraire, de justification à une dérégulation des mesures environnementales, présentée comme une réponse d’urgence aux crises économiques.
Une fuite en avant législative au détriment de l’intérêt général
Les annonces récentes du gouvernement, et en particulier celle d’une nouvelle loi d’urgence agricole, s’inscrivent dans une dynamique préoccupante. Elles risquent d’aggraver les atteintes à l’environnement, de fragiliser l’agriculture paysanne et d’exposer davantage les agriculteurs, agricultrices et les consommateurs et consommatrices à des risques sanitaires évitables.
Cette dérive se traduit par plusieurs reculs majeurs :
- Une loi d’orientation agricole largement vidée de sa substance, incapable de soutenir une transition agroécologique ambitieuse et socialement juste
- La loi Duplomb, adoptée malgré une mobilisation citoyenne massive (plus de 2,1 millions de signatures), qui affaiblit les protections environnementales et ouvre la voie à une remise en cause des restrictions sur les pesticides ;
- Au niveau européen, le projet de règlement Omnibus “sécurité alimentaire”, qui fragilise les cadres réglementaires encadrant l’usage des pesticides et menace les fondements de l’agriculture biologique.
Judith Lachnitt : « Pris ensemble, ces choix politiques traduisent une même logique : répondre aux crises par la dérégulation, au détriment de la santé, du climat, de la biodiversité et des droits des paysans et paysannes, ici comme dans les pays du Sud »
Pesticides : un enjeu sanitaire et agricole majeur
La remise en cause des règles encadrant les pesticides est particulièrement alarmante. Leurs impacts sur la santé humaine, la qualité des sols, de l’eau et la biodiversité sont largement documentés. Affaiblir le principe de précaution revient à exposer davantage les agriculteurs et agricultrices tout en renforçant la dépendance des exploitations aux intrants chimiques.
Judith Lachnitt : « Pour le CCFD-Terre Solidaire, il ne peut y avoir de souveraineté alimentaire sans protection effective de la santé publique et des écosystèmes, ni sans cohérence entre politiques agricoles, sanitaires, climatiques et commerciales. »
Côte d’Ivoire, pays à l’honneur du SIA : une autre voie existe
Cette année, le Salon international de l’agriculture met à l’honneur la Côte d’Ivoire, un pays emblématique des enjeux agricoles et alimentaires mondiaux. Le CCFD-Terre Solidaire y soutient depuis de nombreuses années son partenaire INADES-Formation, engagé aux côtés des communautés rurales pour développer des pratiques agroécologiques, renforcer les filières agricoles locales et familiales, et promouvoir une gestion durable des ressources naturelles.
Ces expériences, en Afrique de l’Ouest comme dans de nombreux autres pays, démontrent qu’il est possible de renforcer la souveraineté alimentaire sans sacrifier la santé, l’environnement et les droits humains.
La souveraineté alimentaire doit servir l’intérêt général
Judith Lachnitt : « La souveraineté alimentaire ne peut être un slogan servant à légitimer des reculs réglementaires. Elle doit être un projet politique au service de l’intérêt général, de la santé publique, de la protection des écosystèmes et de celles et ceux qui nous nourrissent, en France comme ailleurs. »
