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Oiseaux des milieux agricoles : le signal d'alarme !

Communiqué de la LPµO du 18.02.2026

Alors que le SIA (Salon international de l’agriculture) ouvre ses portes ce weekend, dans un contexte de recul réglementaire, la LPO alerte sur le déclin marqué des oiseaux spécialistes des milieux agricoles. Leur diminution de plus de 30 % en moins d’un quart de siècle, ce qui représente la disparition de plusieurs millions d’oiseaux, est révélatrice de l’impact profond du modèle agricole actuel sur le vivant. 

Les oiseaux, témoins des transformations de notre environnement 

Parmi les groupes d’espèces les mieux suivis en France, et ce depuis des décennies, l’évolution des oiseaux constitue un signal robuste pour comprendre les transformations en cours et orienter l’action.  

Présents dans tous les paysages, les oiseaux sont aussi de précieux bio-indicateurs, capables de refléter l’état des habitats, des ressources et des pressions qui pèsent sur la biodiversité. Le suivi des tendances de l’avifaune nous renseigne directement sur l’état de santé de nos écosystèmes. 

Ces suivis nous apportent un constat alarmant : les populations d’oiseaux déclinent, en particulier chez les oiseaux spécialistes des milieux agricoles : - 32.5 % entre 2001 et 2024. 

Pour exemples, le pipit farlouse a perdu 80% de sa population depuis les années 1980. La perdrix grise inféodée aux milieux agricoles a perdu 90% de ses populations en 40 ans. Le râle des genêts qui comptait 1200 mâles chanteurs dans les années 1985, aujourd’hui il en reste 120. 

Des politiques agricoles au cœur du problème 

Les causes de ce déclin sont largement identifiées. Elles relèvent de pressions diffuses et cumulatives liés au modèle agricole intensif:  dépendance aux pesticides et aux engrais de synthèse, simplification des paysages, disparition infrastructures agroécologiques (haies, mares, bosquets...). Ces dynamiques combinées fragilisent les écosystèmes et entraînent l’effondrement progressif et souvent silencieux, de la biodiversité ordinaire comme spécialisée. 

Le contexte actuel de reculs règlementaires en matière d’environnement - échec du plan Ecophyto, simplification de la PAC, Lois d’orientation agricole et Duplomb… - fait craindre une aggravation de la situation. Les réponses « d’urgence » et de « simplification » apportées à court terme ne peuvent faire l’impasse sur l’indispensable débat qui devrait s’ouvrir autour du modèle agricole dominant, à bout de souffle. Simplifier les fameuses « normes environnementales », ne changera rien à la réalité économique de certains paysans, mais ouvrira la porte à moins de prise en compte du vivant dans les politiques publiques.  

Face à l’urgence écologique, la LPO réaffirme une ambition claire : faire évoluer nos pratiques agricoles pour produire avec la nature, et non contre elle. La préservation des oiseaux des milieux agricoles constitue un indicateur majeur de la santé de nos territoires et de notre capacité collective à construire un avenir durable. 

 

Consulter le rapport

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Pipit Farlouse © Fabrice Croset

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