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société - Page 333

  • Marchons contre le racisme: Appel à manifester le 30 novembre

    Voici un appel commun pour agir contre le racisme, une initiative ardennaise est en voie de finalisation pour une participation locale à cette journée.

    Un climat nauséabond s’installe dans notre pays. Le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyaittaubira.jpg révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de « guenon », sont une souillure pour la République.

     

    Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.

    Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion... Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.

    Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu’égale, solidaire et fraternelle.

    C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013 à Paris, dont le rendez-vous est donné à 14h30, place de la République, ainsi que partout en France métropolitaine et dans les Dom Com.

    Signataires :

    Collectifdom - CM 98
    Ligue des droits de l’Homme - Licra - Mrap - SOS Racisme
    CFDT - CFTC - CGT - FSU - UNSA - Union syndicale Solidaires
    UEJF (Union des étudiants Juifs de France) - FIDL - UNEF - UNL - UFAT (Union Française des associations Tziganes) - R=(Respect) - EGAM - FNASAT - Banlieues du Monde - France Terre d’asile - Ni Pute Ni soumise - Collectif des écrivains nègres - Association ultramarine de France - Les amis du PPM en France - Haut Conseil des Maliens de France - Association pour la Promotion de la Langue et de la culture Soninké (APS) - Association culturelle de musulmans de Drancy - Conseil de Coordination des organisations arméniennes - La Maison des potes - Mémorial 98 - Le Syndicat des Avocats de France (SAF) - Le Syndicat de la Magistrature - Les Marianne de la diversité - RESF - Fédération des Mutuelles de France - Mouvement de la paix - Fondation Copernic - SNES - FCPE - CIMADE - SNEP - SNUEP - DAL (Droit au logement) - Ligue de l’enseignement

  • Rythmes scolaires : à Paris, c'est le ministre qui décide; à Vouziers c'est nous qui payons.

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que les élus n'ont pas montré un grand enthousiasme pour adopter le projet éducatif territorial présenté ce soir au conseil municipal de Vouziers.

    Ce projet constitue la déclinaison locale de la nouvelle organisation de la semaine scolaire, qui sera mise en place à la rentrée 2014.

    Ces nouveaux rythmes scolaires ont fait déjà couler beaucoup d'encre, et le débat est  loin d'être clos. L'équipe municipale sait qu'elle va devoir appliquer la loi , même si elle le fait à contre-cœur.

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    L'adjointe en charge des affaires scolaires, Françoise Cappelle, a donc effectué un gros travail avec les services de la ville et en particulier leur directrice Catherine Lemoine. Ce travail s'est traduit par le texte présenté ce soir aux conseillers, après une concertation au sein de la commission municipale ad hoc,  dans les conseils d'école, avec les partenaires potentiels et également en direction des parents d'élèves par un questionnaire s'adressant directement aux familles.

    La proposition retenue pour les primaires serait de mettre en place, pour le temps d'activités péri-scolaires, des périodes de 1 h 30  deux fois par semaine, et non pas 45 minutes tous les jours. Ce choix est motivé par trois arguments :

    -Avoir un temps suffisant pour se rendre sur les équipements de la ville où les activités auraient lieu.

    -S'adapter à la diversité des situations (dérogations scolaires, regroupements d'écoles, ...) qui nécessite des transports scolaires à la fin des activités.

    -Faciliter le recrutement d'animateurs qualifiés en réduisant le morcellement de leur horaire d'activités.

    Cette proposition n'est pas celle qui est proposée par les responsables de l'Education Nationale, et elle a du être négociée fermement auprès des responsables de l'administration. Les élus de Vouziers pensent avoir présenté des arguments solides et espèrent obtenir une dérogation auprès du DASEN ( oui, ce sont toujours les mêmes que l'on revoit !).

    Mais le plus difficile à faire passer, c'est le volet financier. Le chiffrage du coût pour la ville se monte entre 60.000 et 70.000 € : C'est très très lourd a souligné Claude Ancelme, le Maire de Vouziers. L'aide attendue serait de 50 € par élève, on est loin du compte.

    Des questions ont été posées après cette présentation. Le problème de la gratuité a été soulevé. Françoise Cappelle a répondu que ce point n'était pas encore tranché, mais qu'il faudrait d'une manière ou d'une autre responsabiliser les parents et futurs usagers de ces services (engagement signé avec ou sans contribution financière).

    Yann Dugart a insisté pour qu'un délai soit accordé, afin de pouvoir travailler plus sur ce projet et ses implications financières. Le Maire lui a fait une réponse qui allait plutôt dans son sens, mais les prochaines élections municipales et l'obligation d'appliquer la loi ne permettaient pas de temporiser beaucoup plus.(La ville avait refusé d'appliquer la réforme pour la rentrée 2013).

    Finalement Claude Ancelme mettait le texte au vote, et il était adopté moins deux votes contre et une abstention.

    Les autre points du conseil ont soulevé moins de discussions. Les rapports sur la qualité du service de l'eau et du service de l'assainissement ont été approuvés à l'unanimité.

    affermage-photo-e1298213997250-224x300.jpgIl restait à valider le choix de gestion du service d'assainissement après le 31 décembre 2014, date à laquelle l'affermage avec Véolia se termine.

    Le Maire a souligné que la ville ne pouvait mettre en place les moyens techniques et les équipes humaines nécessaires à la gestion d'un tel service. Il a insisté sur le fait qu'une régie municipale mettait les élus en responsabilité directe en cas de problèmes.

    Pour ces raisons il a préconisé un affermage sur une durée de 12 ans plutôt qu'une gestion en directe de la ville. Plusieurs intervenants dont Françoise Cappelle ont rappelé que la ville devra être vigilante sur les termes du futur contrat, l'épaisseur d'un tel document technique le rendant plutôt opaque.

    Le choix de l'affermage a été validé par le conseil, malgré trois votes contre et une abstention.

    Question rythme, il était encore temps pour les supporters d'aller voir quel tempo les joueurs aller pouvoir donner pour le match de qualification.

  • Halte au racisme et à la haine de l'autre

    Les propos de la tête de liste du FN pour les municipales à Rethel montrent une fois de plus comment le racisme le plus abject est présent chez les militants et les cadres de ce parti.

    La dernière une du journal "Minute" confirme qu'il ne s’agit pas d'un dérapage isolé, mais que ce raciste est une composante inscrite dans les fondements idéologiques de l'extrême-droite.

    En réaction à ces faits, des Ardennais se sont réunis au sein d'un collectif. Voici un appel de ce Collectif Ardennais de Lutte Contre la Discrimination Raciale et la Haine de L’autre.

    Le Collectif 08 s'adresse aux Ardennais


    Des injures racistes d’une extrême gravité ont été proférées sans vergogne, dans notre département, à l’encontre de Madame Christiane TAUBIRA, ministre de la Justice du Gouvernement de la République Française, par Madame Leclère, candidate FN aux municipales à RETHEL (Ardennes).
    Bien que cette personne ait été sanctionnée par le FN, son compagnon, complice des mêmes agissements a été désigné à sa place. Il s’agit donc d’un simulacre d’indignation.
    Nous constatons par ailleurs que des dérapages racistes du FN se manifestent de manière éhontée à travers tout le territoire, à tous les échelons de ce parti, de façon quasi quotidienne.
    Peut-on au XXIème siècle, insulter un nègre, lui jeter des bananes, l’envoyer paitre dans les arbres, le traiter de macaque ou de guenon, ressusciter « y a bon banania » du siècle dernier, impunément et en toute liberté ?

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    NOUS DISONS NON ! NOUS NE POUVONS PAS LAISSER FAIRE CA.


    Nous disons que la France qui est un grand pays moderne, qui a pour devise Liberté, Egalité, Fraternité, ne peut pas retomber dans l’obscurantisme du moyen âge.
    Nous disons que les lois de la république répriment la discrimination raciale.
    Nous disons que dans notre pays, chaque femme et chaque homme a droit au respect et à sa dignité.
    Nous disons que les droits de l’homme et du citoyen doivent être respectés et défendus.
    C’est pour cela que, profondément choqués et meurtris par ces propos racistes et affligeants qui souillent notre département des Ardennes, des citoyens épris de justice et d’humanisme, soucieux du respect des droits de l’homme, des citoyens respectueux des lois de la République contre les discriminations, ont décidé de créer le Collectif Ardennais de Lutte Contre la Discrimination Raciale et la Haine de L’autre.
    A travers ce collectif, nous lançons un vibrant appel à tous les Ardennais à se joindre à nous
    - Pour barrer la route à la banalisation du racisme et combattre l’expression de la haine de l’autre.
    - Pour dénoncer publiquement et s’opposer par tous les moyens légaux à toutes les manifestations de discrimination raciale et leurs auteurs.
    - Pour promouvoir, réaliser et soutenir des actions d’information et de sensibilisation,  à tous les niveaux, pour stopper la haine et la violence
    - Pour bâtir un grand pays respectueux de tous ses enfants
    - Et affirmer que la diversité est une grande chance pour la France et une richesse à cultiver sans limite.

     

    Collectif Ardennais de Lutte Contre la Discrimination Raciale et la Haine de L’autre
    9 bis rue des Mésanges-08000 CHARLEVILLE-MEZIERES
    Courriel : stop-haine08@orange.fr
    Porte-paroles : Désiré Nanji : 06.18.45.69.38 et Bernard Dordonne : 06.08.07.45.14

     

    URGENT - A NOTER SUR VOTRE AGENDA - URGENT
    Rendez-vous ce samedi 16 novembre de 9h à 12h au local de l’AAAA (Amicale Afro Antillaise Ardennaise) 9 bis rue des Mésanges à Charleville-Mézières.
    Une carte de membre du Collectif 08 vous sera remise en échange de votre souscription de soutien (à partir de 10€).
    Nous vous annoncerons les actions envisagées et répondrons à toutes les questions.

  • Carte des collèges et des lycées dans les Ardennes, le courage de quoi ?

    Si la question des collèges et des lycées ardennais a été fortement médiatisée l'an dernier, on peut constater que l'étude de ces problèmes se fait dans la plus grande discrétion cette année.

    La séquence de l'an passée s'est terminée par l'intervention du cabinet du ministre de l'Education Nationale, et l'annonce de la mise en place de commissions pour l'année suivante.

    La première réunion vient de se tenir jeudi dernier, avec la convocation du Conseil Départemental de l'Education Nationale, qui est une instance régulière au sein de l'Education Nationale. Ce choix permet de laisser sur la touche les personnes les plus motivées et les plus concernées.

    Ce conseil est  composé de 10 représentants des collectivités locales, de dix représentants syndicaux de l'Education Nationale et de dix représentants des usagers (7 parents d'élève et 3 personnes qualifiées).

    Michèle Leflon, Conseillère Régionale, nous apprend dans son blog qu'aucun parent d'élève n'était présent lors de cette réunion convoquée en journée.

    Elle rapporte que "le Directeur Académique de l'Education Nationale (DASEN) a appelé au courage pour faire évoluer le réseau des lycées, notamment ceux de la Pointe, et des collèges ardennais."

    Elle répond notamment : "Avoir plus de choix d'options au collège ou au lycée est il plus important que de ne pas avoir à passer une heure ou plus dans le bus le matin ? Le courage, c'est aussi de ne pas tricher sur l'utilisation de l'argent public en n'évoquant que celle de l'Etat, les dépenses d'enseignants, sans parler de celles des collectivités, les transports en particulier !

    Le DASEN veut pacifier la situation en proposant bilan, concertation, recours à des chercheurs de l'université...  et délais. Ces délais ne doivent pas être mis à profit pour pourrir la vie des jeunes et des enseignants à travers des contraintes artificielles pour faire accepter des fermetures dans deux ou trois ans."

    Manifestement il est urgent d'attendre pour le DASEN qui a du recevoir des consignes en ce sens. Cette concertation qui ignore les acteurs de terrain et les personnes les plus concernées montre qu'une fois de plus l'idée d'une démocratie participative est ignorée. Il est  certes difficile d'associer les citoyens aux choix à faire, mais les ignorer donnent souvent des résultats encore plus difficile à gérer.

    Il semble donc que rien de définitif ne sera acté dans les mois qui viennent, ce qui aura au moins pour avantage du point de vue ministériel de ne pas faire remonter la pression. Les usagers et les citoyens de territoires concernés en tireront-ils un avantage de leur côté, c'est beaucoup mois sûr.

     

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    Manifestation à Buzancy l'an dernier

  • 1er Novembre : début de la trêve hivernale et arrêt des expulsions locatives, un soulagement « temporaire » pour les familles

    Communiqué du Collectif des associations unies, dont la LDH est membre
    La trêve hivernale qui débute le 1er novembre ne protège que de façon temporaire les familles menacées d’expulsion.

    Puisque la garantie universelle des loyers ne sera pas opérationnelle avant 2016, il faut tout mettre en œuvre dès maintenant pour éviter que les personnes menacées d’expulsion ne viennent à la fin de la trêve hivernale grossir les rangs des personnes à la rue et les sollicitations du 115.

     

    En 10 ans, le nombre de décisions judiciaires d’expulsion pour impayés de loyers a augmenté de 40 %17577_1_FR_380_260.jpg et celui des expulsions avec le concours de la force publique a doublé. En 2012, plus de 115.000 ménages ont fait l’objet d’une décision judiciaire d’expulsion pour impayés de loyers, sachant que seulement 5 % et 8 % d’entre eux sont protégés de l’expulsion au titre du Droit au logement opposable (DALO).

    Pour enrayer ce fléau qui touche avant tout les personnes concernées et interpelle l’ensemble de notre société, le Collectif a porté des amendements au projet de loi ALUR « Accès au Logement et Urbanisme Rénové » pour :
    - inscrire dans la loi et renforcer la portée de la circulaire du 26 octobre 2012 donnant instruction aux Préfets de ne pas expulser de familles reconnues prioritaires au titre du DALO sans proposition de relogement, en l’élargissant à tous les ménages menacés d’expulsion,
    - intervenir le plus tôt possible avant que la dette ne devienne trop importante,
    - conforter le rôle des FSL et des Commissions départementales de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) comme outil de prévention, ainsi que les dispositifs d’intermédiation locative,
    - développer l’intervention du champ social en matière d’expulsions (diagnostic social dès le premier impayé de loyer, accompagnement social des ménages si nécessaire et avec leur adhésion, maintien des allocations logement) ;
    - Informer les ménages sur les recours DALO.

    Le Collectif rappelle que l’accès et le maintien dans le logement des ménages les plus fragiles sont de plus en plus menacés. Le logement social reste difficile voire impossible d’accès sur les territoires tendus pour un grand nombre de nos concitoyens les plus modestes. En 2012, seuls 100.000 logements sociaux ont pu être financés et les perspectives de production sont en berne pour 2013, nous éloignant chaque jour un peu plus de l’atteinte de l’objectif de 150.000.

    .Treve_m.jpgPar ailleurs, le gel des allocations logements prévu dans le projet de loi de finances en cours de discussion est inacceptable. Cette régression vient renforcer la fragilité des ménages et alourdir la charge des dépenses de logement alors même que plus de la moitié des allocataires sont sous le seuil de pauvreté. Il est donc impératif et urgent d’accélérer la construction de logements accessibles et abordables, de réinterroger l’accessibilité financière des plus défavorisés au logement social, et de mettre en place dès maintenant une véritable politique de prévention des expulsions pour protéger les plus vulnérables qui risquent de se retrouver à la rue dès le 15 mars prochain.

  • Arabie Saoudite : La « société » ne peut plus servir d’excuse aux autorités pour expliquer l'interdiction de conduire imposée aux femmes

    Eman Al Nafjan (@Saudiwoman) est une blogueuse saoudienne qui se mobilise contre l’interdiction de conduire imposée aux femmes dans son pays. Elle a été arrêtée par la police ce mois-ci alors qu’elle filmait une conductrice en train de braver cette interdiction.  

     

    S’il y avait un seul mot pour décrire la vie d'une femme en Arabie saoudite, ce serait le mot « condescendance ». Peu importe votre âge, vous restez mineure aux yeux du gouvernement.

    En Arabie saoudite, l’influence du patriarcat est extrême. Le fait que notre culture, comme beaucoup d’autres dans le monde, soit dominée par les hommes n’est pas la principale difficulté. Le vrai problème, c'est que le gouvernement a permis au système patriarcal de dicter la manière dont les citoyens sont traités. Les citoyennes se voient assigner un tuteur légal masculin faisant partie de leur famille proche. Ce tuteur peut en toute légalité forcer sa charge mineure à épouser un homme ayant des dizaines d’années de plus qu’elle. Il peut facilement et tout à fait légalement l’empêcher d'étudier, de travailler et de se marier. Il doit officiellement approuver à l’avance tout déplacement à l’étranger. Étant donné que l’école est gratuite et que tous les élèves du public ont droit à une bourse du gouvernement pour faire des études supérieures, la plupart des tuteurs préfèrent envoyer leurs filles à l’école. Cependant, dans les cas où le tuteur choisit d’enfermer la jeune fille en question à la maison, il est quasiment impossible pour celle-ci de sortir de cette situation en se tournant vers la justice.

    Une société patriarcale construite d’interdictions

    L’interdiction de conduire imposée aux femmes est l’un des principaux facteurs perpétuant ce patriarcat gouvernemental. Le pays n’est actuellement pas doté d’un système de transports publics. On ne peut pas marcher jusqu’au coin de la rue et prendre un bus ou le métro, sauf à la Mecque. Pour qu'une femme puisse se rendre du point A au point B, elle doit non seulement acheter une voiture, mais en outre convaincre un homme de sa famille de la conduire ou employer un homme originaire d’Asie du Sud-Est comme chauffeur. Cet obstacle quotidien s’est avéré avoir un effet dissuasif démoralisant sur de nombreuses femmes, qui sont ainsi privées d’éducation, de carrière professionnelle, voire de la possibilité de rester en bonne santé.

    Lorsqu’on interroge les responsables gouvernementaux à propos de l'interdiction de conduire, ils répondent qu’elle n’a aucun fondement juridique et qu’elle est uniquement maintenue par la société. Le roi lui-même l’a déclaré. Le ministre de la Justice, le responsable de la Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice et le chef des agents de la circulation figurent parmi les autres figures influentes ayant fait des déclarations similaires. Pourtant, lorsqu'une femme se met au volant de sa voiture, ce n'est pas la société qui l'arrête, mais la police. Dans de nombreux cas, cette femme est alors emmenée au poste de police le plus proche et son tuteur est contacté. Cette femme et son tuteur doivent tous deux signer un document selon lequel ils s’engagent à ce que la conductrice ne prenne plus le volant.

    Des mobilisations pour abolir l’interdiction qui n’aboutissent pas

     Depuis 1990, il y a eu plusieurs tentatives visant à obtenir la levée de l’interdiction. En particulier, Mohammad Al Zulfa et Abdullah Al Alami ont présenté des propositions en ce sens au Conseil consultatif, en 2006 et 2012 respectivement. Ces deux propositions n'ont même pas été soumises au Conseil pour examen. Plusieurs pétitions et requêtes ont par ailleurs été adressées au palais royal, mais sont en grande partie restées lettre morte. Des campagnes ont également été menées afin d’encourager les femmes à sortir et conduire. Et là aussi, c’est le gouvernement qui y a réagi, bien plus que la société.

    En 1990, quand 47 femmes ont pris le volant de leur voiture, le gouvernement a répliqué en leur interdisant de voyager et en obtenant la suspension de celles qui étaient salariées. En juin 2011, Manal Al Sharif a publié sur Youtube une vidéo dans laquelle elle demandait aux femmes de se joindre à elle et de conduire leur propre voiture. Cela lui a valu une semaine de prison.

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  • Le non-courage politique

    Communiqué du réseau éducation sans frontières (RESF), après l’intervention de François Hollande ce 19 octobre 2013.

    Hollande intervient à la télé pour démembrer une famille, celle de Léonarda autorisée à revenir enlogo3.jpg France sans ses parents et ses frères et sœurs. C’est la seule solution qu’il a trouvé face à l’émotion et à la mobilisation des lycéens devant l’expulsion de deux jeunes scolarisés, Khatchik lycéen de 19 ans, et Léonarda collégienne de 15 ans. Il affirme sa fermeté pour répondre aux attentes, montées en épingle par les sondages, des électeurs de droite, qui pendant plus de 10 ans ont entendu Sarkozy et Le Pen associer "immigration et insécurité".

     

    "Je conduirai une lutte implacable contre l'immigration illégale" disait Hollande dans sa campagne. C’était son 50ième engagement et il s’y tient dans son application la plus stricte. Sauf que depuis des années, des militants PS, des responsables de ce parti, Manuel Valls lui-même à l’occasion n’hésitaient pas à soutenir publiquement, à parrainer, à écrire aux préfets pour demander la régularisation d’une famille, d’un jeune. Ces engagements, multiples et dans tout le pays laissaient croire aux électeurs de gauche que le PS au pouvoir en tiendrait compte dans sa gestion de l’immigration et qu’en particulier, il serait attentif aux situations individuelles des personnes vivant en France depuis des années. Une partie de l’opinion publique attendait très rapidement après la présidentielle quelques gestes forts dans ce domaine.

    Mais Hollande applique son programme : il nomme Valls à l’Intérieur et laisse l’immigration à la charge de ce ministère. La législation votée sous les deux précédents gouvernements reste en place sans aucun changement. L’annonce d’une nouvelle loi est sans cesse repoussée aux calendes grecques. Et désormais le PS explique qu’il faut respecter la loi, celle là même dont ses membres ont combattu les effets concrets sur des êtres humains bien concrets eux aussi. La seule modification annoncée par Hollande est une accélération des procédures d’examen des demandes d’asile, pour que les enfants n’aient pas le temps de s’intégrer à l’école. Face aux situations désastreuses, les militants et responsables PS ont longtemps baissé les yeux et laissé faire, même si l’affaire de Léonarda et l'expulsion de Khatchik ont amené certains d’entre eux à se démarquer publiquement de Valls. Un premier pas faut-il espérer. Une circulaire de novembre 2012 est censée permettre quelques régularisations. Elle n’a pas force de loi et laisse la plus grande liberté aux préfets. La famille de Léonarda rentrait presque dans les clous très restrictifs de cette circulaire, le Préfet a décidé, en suivant les propos de son ministre de tutelle, que cette famille n’était pas « intégrable ». La scolarisation des enfants, l’avis des enseignants, la naissance d’un enfant en France, la présence de tous depuis cinq ans en France, n’existent pas, pire sont niés, refusés, exclus. Il est indispensable à la bonne marche de ce pays que cette famille soit expulsée vers le Kosovo, un pays pratiquement sans Etat dont on n’a pas besoin de demander l’autorisation pour accueillir ses prétendus ressortissants et dont le traitement fait aux Roms est reconnu carrément discriminatoire.

    C’est la loi, disent Hollande et Valls. Une loi héritée de Sarkozy-Guéant et restée intacte. Et la procédure d’expulsion a été respectée : irruption de la police au domicile aux petites heures du matin, obligation de prendre rapidement quelques affaires et de laisser le reste derrière soi et même aller chercher l’enfant qui n’est pas au domicile. Bien sûr, le style de l’interpellation d’une gamine qu’on va saisir dans le bus au cours d’une sortie scolaire comme si c’était un dangereux criminel pour lequel toutes les forces de police doivent être mobilisées toutes affaires cessantes, est un peu choquant, même Hollande le reconnaît.

     

    Mais ce n’est pas cet aspect, anecdotique, qui l’est. Ce qui est choquant c’est que la loi prescrive l’expulsion d’une famille qui vit ici depuis des années. Et c’est le manque de courage politique de ceux qui justifient ces lois, les font appliquer par leur administration et refusent de les changer.

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