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écologie - Page 283

  • Gaz de schiste : même Borloo se dit contre leur exploitation.

     

    Nous vous avons parlé à plusieurs reprises des projets de forages en vue d'extraire les gaz de schiste.

     

    Aux Etats-Unis, ces forages ont débuté de manière industrielle, et le film "Gasland" démontre les catastrophes engendrées par cette exploitation. Avec la hausse du prix de l'énergie, ces réserves de gaz deviennent rentables pour les grandes compagnies. Enfin rentables, à condition de ne pas prendre en compte le coût écologique qui est considérable.

    Gaz-de-schiste2.jpgEn janvier nous avons repris un communiqué de la FNE dénonçant les dangers de l'exploitation de ces gaz.

    Pendant ce temps, une mobilisation citoyenne s'est rapidement développée en France, en particulier dans les territoires où les premiers forages devaient avoir lieu. C'est cette mobilisation et les informations venant des E-U qui ont amené à un moratoire sur les permis d'exploiter.

     

    Depuis, la mobilisation n'a pas faibli, et la perspective de l'élection de 2012 en fait réfléchir plus d'un.

    La semaine dernière, Le PS a déposé un projet de loi visant à interdire les forages pour extraire les gaz de schiste. C'est le  29 mars que le PS a demandé « l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels et l’annulation des arrêtés ministériels accordant des permis exclusifs de recherches »

    L'UMP a suivi dans le même sens, par l'intermédiaire de Christian Jacob, président du groupe UMP : le projet de texte veut interdire « l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels », « en application du principe de précaution prévu à l’article 5 de la Charte de l’environnement ». « Les permis exclusifs de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels sont abrogés », d’après la proposition de loi. « Les conséquences environnementales sont extrêmement néfastes : pollution des eaux, de l’air et des sols, consommation considérable d’eau pour la fracturation, émissions de gaz carbonique inférieures seulement à l’énergie charbonnière, destruction du paysage pour installer les puits de forage »


    Et voila que Jean-Louis Borloo ajoute sa voix au concert des opposants. Ce qui est malgré tout3486416998-les-deputes-se-mobilisent-contre-l-exploitation-du-gaz-de.jpg?x=204&y=232&q=75&sig=7OvaImk_KagLVxKmoIzT8g-- surprenant, étant donné que c'est lui qui avait signé les autorisations en tant que ministre de l'environnement! Il tente de se justifier en disant que l'Etat n'y pouvait rien jusqu'à maintenant, mais puisqu'il n'est plus ministre il va faire changer tout cela.

    S’il existe des lois spécifiques pour l’eau ou l’air, tel n’est pas le cas pour nos sols et sous-sols. C’est ainsi qu’en 2010, et d’ailleurs jusqu’à ce jour, l’Etat ne peut que difficilement s’opposer à des demandes de permis de recherche, et in fine d’exploitation”, affirme ce texte. 

M. Borloo précise avoir déposé “une proposition de loi tendant à donner à l’Etat les moyens de mieux protéger nos sols et sous-sols et d’interdire la recherche et l’exploitation immédiates d’hydrocarbures non conventionnels”.

    S'il n'a pas fait preuve ni de volonté ni de courage politique en faveur de l'écologie, Jean-Louis Borloo montre qu'il a du nez et qu'il sait reconnaître l'odeur désagréable d'un gaz qui risque de nuire à la suite de sa carrière.

  • Gasland : le scandale de l'eau empoisonnée

    Un documentaire à voir ce soir sur Canal+:

     

    Rappelons que l'extraction de gaz de schiste est programmée en France, et que l'Argonne ardennaise fait partie des territoires où ont été délivrés des permis de forage.

     

    gaz de schiste


    Voici la présentation de Télérama

     

    Josh Fox a mené une enquête minutieuse sur le scandale de l'eau aux Etats-Unis. Au rang des séquences ahurissantes, celle qui montre un homme ouvrir le robinet de sa cuisine, en approcher une allumette : l'eau s'enflamme ! La faute à une nouvelle technique de forage appliquée dans le secteur du gaz, en pleine révolution depuis les années 2000. Le problème de ce nouveau mode d'extraction est qu'il est extrêmement polluant pour les nappes phréatiques et qu'il contamine les circuits d'eau potable. En France, alors que certaines entreprises se montrent très intéressées par cette nouvelle technique, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie, a gelé les autorisations en attendant de nouvelles études environnementales.

     

     

    La critique de Télérama (extraits):

     

    Primé au festival de Sundance, son film montre les ravages de cette méthode sur l'écosystème et dénonce l'absence de scrupules des industriels de l'énergie. Il lui a valu d'être inscrit sur la Terror Watch List du Department of Homeland Security [l'équivalent du ministère de l'Intérieur aux Etats-Unis, NDLR], mais aussi la reconnaissance de milliers d'associations et de citoyens américains. Josh Fox a tourné Gasland caméra à l'épaule sur le mode du journal intime. Son film possède un côté amateur, avec ses cadrages approximatifs, ses zooms trop rapides et ses plans décalés. Des défauts assumés qui lui confèrent une authenticité et une sincérité indéniables. Fox reconnaît avoir voulu réaliser un documentaire « mainstream » pour toucher le grand public, mais il n'a pas non plus renoncé à une touche artistique personnelle.

  • Ce n'était pas un poisson d'avril

    Contrairement à ce que certains médisants ont affirmé en commentaire, la note d'hier sur Chooz n'était pas un poisson d'avril.

    Il s'agissait d'un scénario de politique fiction, dont les responsables ardennais feraient bien de s'inspirer.

    Voilà que maintenant  le gouvernement veut tester la résistance des centrales face à des catastrophes majeures. Il serait temps d'y penser. Dans ce domaine il est inquiétant de devoir s'adapter en fonction d'accidents passés, ce qui laisse croire que la réflexion n'était pas complète au départ.

    Mieux vaut tard que jamais pourrait-on dire, mais il semble difficile de tester la résistance d'une structure Chine%2Bpas%2Bpoisson%2Bavril.jpgà un événement non connu.

    Quelles hypothèses seront étudiées ? inondation majeure, froid exceptionnel, sécheresse inhabituelle, panne géante sur le réseau électrique, accident et chute d'un avion, attentat, .... ou combinaison de plusieurs de ces événements.

    Il y aura pour les centrales nucléaires un "avant" et un "après" cette catastrophe dont on ne connaît pas encore toutes les conséquences sur les hommes et sur la nature.

    On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Concernant l'avenir du nucléaire, nous attendons de pied ferme que les partisans du développement des centrales nouvelles nous donnent des gages sérieux sur leur sécurité.

  • Ardennes : la centrale de Chooz sera démantelée.

    Le conseil général dans sa séance inaugurale prend une décision courageuse.

     

    Réunis hier en Assemblée plénière, les conseillers généraux du Département, nouveaux et anciens, ont élu leur président et leurs vice-présidents. B. Huré a été confirmé dans son poste, la poussée de la Gauche n’ayant pas fait basculer la majorité départementale. Il a eu 22 voix contre 13 à Ch. Léonard pour le PS (2 votes blanc).

    Lors de cette séance, une décision de principe a été prise : la centrale de Chooz sera démantelée à l’horizon 2020. Cette décision surprise a été probablement votée suite à l’accident survenu à la centrale de  Fukushima au Japon.

    Cette catastrophe fait voir d’un œil nouveau l’installation d’une centrale nucléaire dans un territoire, montrant que « l’impossible » se réalise parfois, et bien plus rapidement que tout ce qu’on pouvait imaginer.

    L’évacuation autour de la centrale japonaise a été décidée dans un rayon de 30 Km, et il est prévu que cette distance soit augmentée dans les jours prochains.

    Rappelons que les plans particuliers d’intervention (PPI), qui s’appliquent aux centrales françaises,  couvrent un rayon de 10 Km. Charleville-Mézières qui se situe à  40 Km à vol d’oiseau de Chooz n’est pas couverte par ce plan : pas d’iode disponible, pas d’exercices de simulation,… la panique complète en cas d’accident grave.

    La catastrophe japonaise a montré que les particules radioactives polluaient rapidement l’eau environnante, la mer dans le cas particulier. Pour Chooz, une pollution radioactive de la Meuse mettrait en danger Givet bien entendu, mais également Dinant, Namur, Liège, Maastricht, Nimègue et Rotterdam.

    Qui pourrait supporter les conséquences humaines, économiques et financières d’une telle atteinte ?

    Les Conseillers  Généraux ont donc voté à une courte majorité (19 contre 18) l’arrêt programmé de Chooz, avec la mise en place d’un programme majeur d’économies d’énergie pour le Département (collectivité, entreprises et particuliers), et un programme innovant de substitution énergétique : énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse,…) et étude de centrales hydrauliques de type nouveau (« au fil de l’eau ») sur la Meuse.

    Nous saluons cette décision courageuse de nos élus, qui va dans le sens des décisions nationales (suspension des projets d’EPR à Flamanville et Penly).

    Nul doute que la situation japonaise soit la principale raison de ce revirement (le département des Ardennes s’était porté candidat à l’implantation d’un EPR contre le site de Penly), mais le bon score des écologistes locaux (Sedan et Vouziers en particulier) ne doit pas être pour rien dans ce choix.

    Nous vous tiendrons au courant de la suite de cette décision.

    chooz_site.jpg

    Une image amenée à disparaitre.

     

  • Semaine sans pesticides : tous les acteurs doivent jouer le jeu

    A la veille de la semaine sans pesticides, France Nature Environnement souhaite revenir sur l’état d’avancement du plan Ecophyto 2018, décidé lors du Grenelle. Si FNE souhaite une mise en œuvre efficace de ce plan, elle s’inquiète de voir certains acteurs de la filière « traîner les pieds ».


    Il faut respecter la règle

    Le plan Ecophyto est issu de la concertation du Grenelle de l’environnement. Pour atteindre son epandage-pesticides+3002003.jpgobjectif, réduire l’utilisation des pesticides de moitié d’ici 2018, une mobilisation de l’ensemble des parties prenantes sera indispensable. Ce qui est loin d’être gagné.

    Claudine Joly, spécialiste des pesticides à FNE, s’inquiète : « De nombreux acteurs en particulier les industriels, les coopératives, les représentants de la profession agricole et même les services de l’Etat revoient à la baisse les objectifs du plan : de moins 50% l’objectif devient souvent moins 30%. Nous demandons un engagement fort et clair des représentants de l’Etat et des conseils régionaux dans la démarche. »

    Si le plan Ecophyto ne porte pas ses fruits…

    Le plan Ecophyto fait le pari qu’un engagement volontaire de toutes les parties prenantes permettra de réduire l’usage des pesticides. Il ne comporte pas de mesures contraignantes.
    Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE, alerte : « Nous demandons la publication rapide du rapport annuel prévu par la loi sur l’usage des pesticides. Si nous ne constations aucun progrès dans les toutes prochaines années, nous exigerions des mesures contraignantes, comme la taxation dissuasive des pesticides.. »

    Un symbole : le Cruiser

    Inquiète de l’impact de cet insecticide sur les abeilles, FNE avait engagé une action en justice pour demander l’annulation de ces autorisations et lancé une pétition qui avait recueilli plus de 45 000 signatures. Dans sa décision du 16 février annulant l’autorisation du Cruiser pour 2008 et 2009, le Conseil d’Etat reconnaît que « l’ampleur du risque à court et à long terme auquel les abeilles communes pourraient être exposées après l’application du produit Cruiser » a été insuffisamment évaluée. FNE a engagé un nouveau recours pour l’interdiction de ce produit en 2011.

    Tous responsables, tous acteurs du changement !

    FNE tient à rappeler que les agriculteurs ne sont pas les seuls responsables de la forte dépendance de l’agriculture française aux pesticides. Pour Bruno Genty, Président de FNE : « Des fabricants et distributeurs de pesticides, qui ont un intérêt économique évident à vendre toujours plus de pesticides, jusqu’au consommateur, souvent exigeant quant à « l’esthétique » des fruits et légumes qu’il achète, en passant par l’industrie agroalimentaire et la grande distribution qui imposent leurs normes et leurs standards, c’est l’ensemble des maillons de la chaîne qui est concerné par ce changement de modèle agricole. »

    FNE appelle à signer sa pétition pour l’interdiction des pesticides les plus dangereux
    pour la santé et l'environnement et l'application pleine et entière du plan Ecophyto 2018 :
    /fr/nos-dossiers/Agriculture/campagne-2011/la-petition.html

  • Encore un trou dans le "Grenelle"

    Pour la transparence des entreprises en matière sociale et environnementale

     


    Communiqué LDH
    A rebours des aspirations de la société, au moment où des catastrophes d’ampleur soulignent l’urgence de la transparence et du contrôle, le gouvernement revoit au rabais l’obligation de transparence des entreprises en matière sociale et environnementale, reniant du même coup ses engagements du Grenelle de l’environnement.
     

     

    Le projet de décret d’application de l’article 225 de la loi « Grenelle » communiqué par le ministère du Développement durable réduit le nombre de nouvelles entreprises assujetties et repousse leur obligation de transparence à 2014 pour la plupart. De plus, ces rapports annuels sur les pratiques sociales et environnementales des entreprises n’ont d’intérêt que s’ils portent sur une liste précise d’indicateurs comparables entre entreprises et stables dans le temps. Or les entreprises seront libres Grenelle_environnement.jpgde présenter « les données pertinentes » (sans en préciser la signification) parmi une liste limitative. Cette liste est non seulement en retrait par rapport à celle de la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) de 2001 qui s’appliquait aux grandes entreprises cotées en bourse, notamment en matière sociale, mais pire encore, elle place les droits de l’Homme avec la lutte contre la corruption et les mesures concernant la santé et la sécurité des consommateurs, sous une rubrique intitulée « loyauté des pratiques ».

     

    La Ligue des droits de l’Homme regrette vivement ce désaveu du droit de regard des citoyens sur les activités des entreprises dont ils sont clients, salariés ou victimes pourtant recommandé par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme en avril 2008. La LDH s’associe pleinement aux propositions de corrections préparées par le collectif d’associations et de syndicats réunis au sein du Forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises et elle en appelle aux ministres compétents pour réviser leur position.

    Paris, le 24 mars 2011

  • Nuage radioactif : pas de contamination mesurée ce jour en France

    L'accident très grave survenu dans les centrales japonaises a entraîné des rejets radioactifs.

     

    Après avoir traversé l'Océan Pacifique et l'Amérique, le "nuage" devait atteindre l'Europe ce jour. En fait la distance et le temps ont dilué à un tel point les particules qu'aucune radioactivité anormale n'a été détectée ce mercredi.

    Ceci est confirmé aussi bien par les réseaux officiels que par un organisme indépendant comme le CRIIRAD.

    Il est heureux qu'à une telle distance l'accident japonais n'ait pas de conséquences, sinon la planète serait entière serait en danger.

    accident-nucleaire-japon.jpgCependant la situation au Japon reste très critique : le contrôle des centrales n'est pas assuré, les fuites radioactives continuent et un accident encore plus grave n'est pas exclu. Une zone de 20 km de rayon a été évacuée, elle sera peut-être élargie à 30 Km.

    Tokyo, pourtant  situé à plus de 200 Km, commence à ressentir des conséquences de l'accident : l'eau du robinet n'est plus consommable pour les nourrissons, des aliments sont retirés de la vente. Si les vents tournent et mettent Tokyo sous la menace directe des fuites des centrales, on n'ose imaginer les conséquences : peut-on évacuer une mégapole de 35 millions d'habitants ?

     

    Il bien trop tôt pour tirer un bilan de cette catastrophe nucléaire. On peut affirmer dès maintenant que rien ne sera plus comme avant au Japon, et pour les centrales nucléaires il y aura également une date "historique", qui remettra en cause les choix à faire quelque soit le pays concerné.