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  • Venezuela : un retour à l’ère coloniale

    Éditorial de Denis Sieffert  pour Politis, paru le 6 janvier 2026

    L’enlèvement de Nicolas Maduro dans un complexe militaire de Caracas, le 2 janvier, est évidemment un acte de piraterie inadmissible, quelle que soit la détestation que nous inspire le dictateur vénézuélien. Mais chacun a compris (sauf apparemment Emmanuel Macron) que le pire est ailleurs, dans le discours qui a immédiatement suivi l’opération de forces spéciales dont on ne doutait pas du « savoir-faire ».

    Il ne s’agit pas d’un acte isolé, mais d’une promesse impériale pour demain qui fait vaciller le monde. Il ne s’agit pas d’un acte isolé, mais inscrit dans la continuité d’une pratique déjà à l’œuvre en d’autres contrées. On n’a pas assez souligné que le soutien le plus enthousiaste est venu de Benyamin Netanyahou.

    Après tout, Gaza a servi de terrain d’expérimentation. Le massacre en plus. Le même mépris du droit, le même projet d’annexion. Les mêmes visées mercantiles : au Venezuela le pétrole, à Gaza l’immobilier. Et, hélas, la même mise à l’épreuve d’une Europe qui s’est révélée dramatiquement défaillante au Proche-Orient.

    Dès lors, l’affaire n’était pas inimaginable. Pour Donald Trump, c’est un bon coup politique. Son électorat a sans doute aimé l’entendre plastronner que « nous [les États-Unis et lui, Donald] sommes les plus forts de la planète ». En réalité, si Trump fait peur, ce n’est pas en raison de la technicité de ses bataillons d’élite, mais par le message qu’il délivre à toutes les puissances, grandes ou moyennes, qui auraient envie de s’inspirer de son exemple.

    Que pourrait-il dire si Xi Jinping jugeait le moment opportun pour envahir Taïwan ? Ou si Poutine s’en prenait aux États baltes ou à la Moldavie ? Je ne parle pas d’attaques d’Israël contre le Liban, c’est déjà le lot quotidien du sud de Beyrouth, ou contre l’Iran, c’est en projet. Sans parler du Rwanda au Congo.

    C’est cette dimension planétaire de l’opération de Caracas qu’Emmanuel Macron a tenu pour négligeable, et qui s’appelle le droit international. Il a fallu 48 heures au président français pour s’inquiéter de la méthode employée par Trump, après s’en être félicité. Opportunisme ? Sa faiblesse l’a en tout cas délégitimé pour porter une voix européenne déjà tremblante.

    On sait pourtant que la diplomatie de molle soumission n’a aucun effet sur des personnages comme Trump, Poutine ou Netanyahou, et qu’elle les encourage au contraire. Bien entendu, personne n’a envie, ou ne devrait avoir envie, de verser des larmes sur le sort de Maduro. Ce dictateur qui s’est maintenu au pouvoir en refusant, en 2024, le verdict des urnes, en emprisonnant ses opposants et en ruinant son pays au point de faire fuir un quart de sa population.

    Mais qui peut croire un instant que Trump se soucie des Vénézuéliens ? La chute de ce tyran post-stalinien ne serait qu’anecdotique si on n’en mesurait pas les conséquences pour le Venezuela, pour l’Amérique latine, et la planète entière. Pour le pays de Simon Bolivar, l’avenir est très incertain.

    Trump a décidé de le mettre sous tutelle, en transformant en marionnette la numéro deux du régime, Delcy Rodríguez, menacée, à mots à peine couverts, de mort (« un sort pire que celui de Maduro ») si elle n’obtempère pas. Il a écarté sans ménagement l’opposante la plus légitime, María Cocina Machado, pourtant bien de droite, mais réputée indocile. Il songe tout juste à mettre sa grosse patte démangée par le lucre sur un pays qui regorge de pétrole.

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  • Sénégal, chute d’une démocratie

    Extraits de l'article de Patrick Piro pour Politis du 6 février 2024

    C’est un invraisemblable imbroglio que vit le Sénégal. Et il n’est probablement pas parvenu à son acmé, tant la décision prise la semaine dernière par le président sortant Macky Sall violente un pays tout entier, par la manipulation grossière de ses institutions, mais aussi par la souillure de l’image dont le Sénégal s’honore avec constance depuis soixante ans, celle d’une démocratie stable et fiable.

    En annonçant le report de l’élection du 25 février, qui devait lui désigner un successeur (un homme, selon toute probabilité), il ouvre une crise d’ampleur inconnue, et soigne définitivement sa sortie en endossant le costume d’un putschiste, après avoir glissé avec constance sur une pente autoritaire, voire dictatoriale, lors de son deuxième mandat. En poste depuis 2012, il rêvait d’une troisième investiture, interdite par la Constitution, et n’a fini par y renoncer explicitement qu’en juillet dernier, tant le chaos et la violence semblaient inéluctables.

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  • Crise de l’eau à Mayotte : un flot de résistance

    Extraits de l'article de Politis

    "Mayotte a soif. » Le slogan fédérateur se déverse depuis plusieurs semaines dans les rues du 101e département. Manifestations, actions judiciaires, campagne de communication : la formule rassemble désormais des centaines d’assoiffés en quête de justice. Dans leur viseur, les acteurs désignés comme « responsables ou bénéficiaires de la crise de l’eau ». Parmi les figures de proue de cette fronde : Racha Mousdikoudine, 34 ans, une mère de famille particulièrement concernée par les pénuries. « Je n’ai plus d’eau courante depuis le 7 juillet », raconte-t-elle. Tout le voisinage partage ce qu’elle décrit comme « un film d’horreur ». Depuis son quartier de classe moyenne perché sur les hauteurs de Petite-Terre, elle tient à nuancer. « Tout le monde n’est pas touché de la même manière par la crise. Mon cas est grave, mais certains le sont bien plus. »

    « Chaque jour est une surprise »

    Depuis le 4 septembre, Mayotte est soumise à un rythme de coupures d’eau redoutable. En cause : une sécheresse inédite doublée d’une gestion défaillante des acteurs privés et institutionnels. Les scandales s’enchaînent. La population enrage. Dans le meilleur des cas, seuls deux jours d’eau courante sont disponibles dans la semaine. De quoi aggraver une situation déjà insupportable. « Nous avons fini par bricoler un robinet sur le réseau en contrebas. J’y puise mes réserves, mais chaque jour est une surprise. Je ne peux jamais prévoir si l’eau sera réactivée, ni pour combien de temps. Sans ­parler de sa qualité », déplore Racha. Ses suspicions s’orientent vers le réseau local, sérieusement abîmé par les coupures qui ponctuent le quotidien des Mahorais depuis 2016. Date à laquelle Mayotte commence à enchaîner les coupures en raison du manque de ressources.

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  • Le Maroc compte ses morts

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  • On va baisser les impôts!

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  • Borne invite les syndicats à Matignon

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  • Inflation : les Français se privent.

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