01/09/2012

Etats-Unis : entre le mal et le pire.

Les élections présidentielles approchent pour les Etats-Unis, et le programme des deux candidats est connu.

Barack Obama a déçu beaucoup de ses partisans d'il y a 4 ans, et n'apparait plus comme l'homme qui peut tout changer. Il a du faire de nombreux compromis avec la chambre des représentants dominéeobama.jpg par les républicains, et mène une politique très modérée sur le plan social et économique. Sa chance de réélection pourrait venir des Républicains eux-mêmes, tellement leur programme vire à la droite la plus libérale sur l'économie et la morale plus rétrograde sur la société.

Serge Halimi dans le Monde Diplomatique analyse ainsi la situation (extraits) :

La gangrène de la finance américaine a provoqué une crise économique mondiale dont on connaît les résultats : hémorragie d’emplois, faillite de millions de propriétaires immobiliers, recul de la protection sociale. Pourtant, cinq ans plus tard, par l’effet d’un singulier paradoxe, nul ne peut tout à fait exclure l’arrivée à la Maison Blanche d’un homme, M. Willard Mitt Romney, qui doit son immense fortune à la finance spéculative, à la délocalisation d’emplois et aux charmes (fiscaux) des îles Caïmans.

(...)

Une fois de plus, un système verrouillé par deux partis rivalisant de faveurs accordées aux milieux d’affaires va contraindre des millions d’Américains découragés par la mollesse de leur président à revoter néanmoins pour lui. mitt-romney-a-recolte-106-1-millions-de-dollars.jpgIls se résigneront alors au choix, habituel aux Etats-Unis, entre le mal et le pire. Leur verdict ne sera toutefois pas sans conséquence ailleurs : la victoire d’un Parti républicain déterminé à anéantir l’Etat social, indigné par l’« assistanat », installé à la remorque des fondamentalistes chrétiens et porté à la paranoïa par la haine de l’islam galvaniserait une droite européenne déjà démangée par de telles tentations.

La démocratie, là-bas comme ici, marque bien ses limites dans le système électoral en place. On retrouve  aux Etats-Unis un bipartisme encore plus installé, et une importance fondamentale de l'argent comme moyen de dominer une campagne électorale.

07/01/2012

Etats-Unis : Haine et extrémisme chez les Républicains

Il n'ya pas que dans les Ardennes que l'on doit désigner un(e) candidat(e) aux prochaines élections.

 

Aux Etats-Unis, la campagne des primaires pour choisir celui qui va affronter Obama vient de commencer. Et pour le moment, c'est plutôt le trop-plein de postulants. Cette année on un net virage à droite des candidats, soumis à une pression de leur base ulta-conservatrice. Leurs programmes tendent vers des propositions extrèmes, qui font peur même dans les milieux conservateurs.

Voici ce qu'écrit le journal "The Economist", porte-parole habituel des patrons anglais . Ce texte est repris du Monde diplomatique.

 

La campagne de l’Iowa aura en tout cas démontré l’intensité de la haine que suscite le président Obama au sein de l’électorat républicain, et à quel point cette hostilité conduit le parti à adopter des positions à la fois impraticables et extrémistes. Résumant la surenchère droitière à laquelle on vient images?q=tbn:ANd9GcR3Lg5NT8iKZ8ia4qfxVUNbZZfAD24S-bkTNxc4aOmn_-RfuoFCd’assister, l’hebdomadaire britannique The Economist, qui pourtant appela à voter pour M. George W. Bush en 2004, ironisait : « De nos jours, un candidat républicain est obligé de croire, non pas certaines, mais toutes les choses suivantes : que l’avortement doit être interdit quelle que soit la situation ; que le mariage homosexuel doit être proscrit dans tous les Etats ; que les 12 millions d’immigrés illégaux, même ceux qui vivent aux Etats-Unis depuis des décennies, doivent être renvoyés chez eux ; que les 46 millions de personnes qui n’ont pas d’assurance maladie ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes ; que le réchauffement climatique est un complot ; que toute augmentation d’impôts doit être rejetée (…) ; qu’Israël ne fait jamais rien de mal et que les “soi-disant Palestiniens”, pour reprendre les termes de Newt Gingrich, ne font jamais rien de bien ; que le ministère de l’environnement, celui de l’éducation et d’autres – dont il n’est pas nécessaire de connaître le nom – devraient être supprimés

07/08/2011

Obama et le changement

Après les années de présidence Bush, l'élection d'Obama a pu apparaître comme un bon signe pour certains.

 

Il ne faut jamais oublier que les États-Unis comptent deux grands partis, un de droite dure et un centriste.

obama_2.jpgLes Démocrates n'ont jamais été pour une "révolution" que ce soit dans le domaine économique, social ou autre.  Ils ont un regard plus équilibré sur la société américaine, à l'inverse des républicains qui sont au service des classes les plus aisées (et aux États-Unis cela veut  dire les plus riches, en général blancs et très individualistes).

Il ne fallait pas attendre de miracles du nouveau président, et il a rapidement déçu une partie des ses électeurs. La crise ne l'a bien entendu pas aidé, mais dans le domaine international (Afghanistan,..) ou dans le domaine écologique (changement climatique) il n'a pas brillé non plus.

Le voilà maintenant avec une chambre des représentants dominée par ses adversaires Républicains.

Et dans la recherche d'un compromis sur l'augmentation du plafond de la dette, le président cède à toutes les demandes des Républicains. Les plus riches ne seront pas mis à contribution et les plus pauvres vont voir les programmes d'aide réduits de manière importante.

La tribune de Genève écrit :

Lundi soir, 174 républicains ont voté en faveur de l’accord, contre 66 qui s’y sont opposés. Le groupe démocrate s’est divisé, 95 élus votant pour, 95 élus votant contre.

Dans les rangs démocrate, l’aile gauche déplorait que le texte ne prévoie pas immédiatement de hausses d’impôts pour les foyers les plus fortunés et les grandes entreprises.

«Nous sommes très inquiets que le texte procède à toutes ces coupes mais n’inclue aucune contribution des gens les plus riches de notre pays, aucun revenu. C’est déconcertant», a déclaré Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate de la Chambre, avant de se rallier finalement au compromis.

Ce sont les Suisses qui le disent et les démocrates américains qui l'annonçaient. Avec une telle politique, on se demande comment Obama espère mobiliser pour l'élection présidentielle de 2012. Heureusement pour lui que les Républicains sont divisés et qu'il n'existe pas un chef incontesté de leur côté.

24/04/2009

L’homme qui menaçait les Etats-Unis

Depuis le 11 septembre, les services de sécurité des Etats-Unis sont de plus en plus paranoïaques. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont sur des listes qui leur interdisent de rentrer aux Etats-Unis, ou même de survoler leur territoire.

 

Ces listes sont établies dans un manque de transparence total, et il n'est bien sûr pas possible d'y avoir accès ou de les rectifier. Vous lirez ci-dessous ce qui s'est passé lors d'un vol Paris-Mexico. A force de vouloir contrôler un maximum de personnes, le risque est de ne plus contrôler rien du tout, à moins de rentrer dans un système où les liberté individuelles sont gravement atteintes.

 

Voici l'article du"Monde diplomatique" qui relate les faits :



Samedi 18 avril 2009. Dans cinq heures, le vol Air France 438, en provenance de Paris, atterrira à Mexico. Soudain, la voix du commandant de etats-unis.jpgbord annonce que les autorités américaines interdisent à l’appareil le survol de leur territoire – où il n’est nullement prévu qu’il atterrisse. Parmi les voyageurs, figure une personne qui pose problème « pour des motifs de sécurité nationale ». Le Boeing 747 est dérouté. Son nouveau trajet étant beaucoup plus long, l’avion se pose à Fort-de-France pour refaire le plein de carburant.

Après l’escale en Martinique, le copilote aborde discrètement un passager. « Etes-vous M. Hernando Calvo Ospina ? » Recevant une réponse affirmative, il l’entraîne à l’arrière de l’appareil et lui annonce qu’il est le « responsable » du « détournement ». Colombien exilé en France, journaliste, écrivain, collaborateur du Monde diplomatique, Calvo Ospina se rend au Nicaragua pour ce mensuel. Il a publié de nombreux ouvrages (1) et articles dénonçant la politique du président Alvaro Uribe, le paramilitarisme, le rôle des Etats-Unis en Amérique latine. Comme tout journaliste travaillant sérieusement sur la Colombie, il a eu l’occasion d’interviewer des membres de l’état-major des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). « Ma première réaction, témoigne-t-il, fut d’interroger le co-pilote : “Vous croyez que je suis un terroriste ? ” Il me dit : “Non, et c’est pour cela que je vous préviens.” Il me demanda de ne rien dire à personne, y compris au reste de l’équipage (2). »

Lors de l’arrivée à l’aéroport de Mexico, avec six heures de retard, Calvo Ospina est intercepté, à la demande des autorités américaines, par des fonctionnaires de police mexicains. Ayant en leur possession une douzaine de feuilles sorties d’une base de données, ceux-ci l’interrogent courtoisement, lui expliquant que, depuis le 11-Septembre, les Etats-Unis ont, dans ce domaine, multiplié leurs demandes de « collaboration ».

avion.JPGLe journaliste doit, entre autres choses, préciser s’il est… catholique. « Je répondis que non, mais que je n’étais pas non plus musulman, connaissant la “dimension dangereuse” qu’a pris cette croyance religieuse aux yeux de certaines polices. » S’il sait utiliser des armes ? « Je n’ai même pas fait le service militaire. Mon unique arme c’est l’écriture. » Relâché le dimanche, à deux heures du matin, il pourra repartir sans problème pour Managua.

Ce détournement paranoïaque, en plein ciel, d’un avion de ligne, au prétexte de la présence d’un passager ne présentant aucun danger – avec un coût faramineux pour Air France (carburant, heures supplémentaires de l’équipage et logement à Mexico des nombreux passagers ayant raté leur correspondance) – attire à nouveau l’attention sur l’accord Bruxelles-Washington qui fait obligation aux compagnies aériennes de permettre au Département à la sécurité intérieure américain un accès électronique à leurs données passagers (Passenger Name Records ; PNR). Beaucoup s’imaginent que cette surveillance ne concerne que les vols à destination des Etats-Unis. Il n’en est rien. Les « services » américains s’intéressent aussi, sans qu’ils le sachent, aux voyageurs de tout avion survolant – quand bien même il ne s’y pose pas – eaux territoriales et territoire américains. Big Brother is, plus que jamais, watching you !

21:55 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, terrorisme |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

25/04/2008

Pour 50 balles, t'as plus rien !

PolicierRamboWallStreet.jpgCela se passe en 2006, à New-York, un jeune Noir enterre sa vie de garçon dans une boite de nuit . A la sortie , il est pris en chasse par des policiers, qui le croient, à tord, armé ; ils le rattrapent, et tirent plus de 50 coups de feu sur son véhicule : bilan un mort, le futur marié, et deux blessés qui l'accompagnaient ; une bien triste bavure ? Même pas, vient de décider la justice américaine . Les trois policiers sont innocentés ; Il auraient cru que les passagers étaient armés . Tirer 50 balles sur un véhicule pour une suspicion de personne armée, cela ne peut être de la légitime défense, pas plus qu'une façon d'arrêter un suspect .

Que souhaite monter la justice américaine par une telle sentence ?