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censure

  • Partout, la liberté de la presse recule

    Éditorial de Cartooning for Peace du  Jeudi 30 avril 2026

    Le 3 mai marque la journée mondiale de la liberté de la presse, un des combats constitutifs de Cartooning for Peace. Le constat de Reporters sans Reporters sans frontières (RSF), qui vient de sortir son dernier classement mondial de la liberté de la presse, est sans précédent : « Plus de la moitié des pays du monde sont en situation “difficile” ou “très grave” […] En 25 ans, le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas […] Le journalisme est criminalisé à l’échelle internationale […] L’instrumentalisation de lois de plus en plus restrictives fait reculer le droit à l’information, y compris au sein des démocraties. »

    Partout où la liberté de la presse recule, la démocratie et les droits humains reculent aussi. C’est pourquoi Cartooning for Peace se mobilise autour de trois temps forts :

     

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  • La proposition de loi Yadan ou la promotion de la censure

    Tribune collective « La proposition de loi Yadan ou la promotion de la censure » publiée dans l’Humanité le 13.04.2026

    La lutte contre le racisme et l’antisémitisme mérite le plus grand sérieux. Le texte proposé est attentatoire à la liberté académique et à la liberté d’expression, dont celle de la presse.

    La proposition de loi Yadan affirme dans son titre vouloir lutter contre l’antisémitisme et c’est évidemment un objectif qui doit être partagé par toutes et tous, avec d’autant plus de vigueur que les actes et propos antisémites ont considérablement augmenté depuis le 7 octobre 2023.

    Cependant, le titre est trompeur : il ne s’agit nullement de renforcer les moyens de lutte contre l’antisémitisme, mais de légiférer contre de prétendues « formes renouvelées ». Le but est en réalité de faire condamner par les tribunaux certains éléments du débat public, notamment la remise en cause de la politique du gouvernement d’extrême droite israélien.

    Il est exact que certaines critiques du sionisme ou de la politique menée à l’égard des Palestiniennes et Palestiniens par Israël servent parfois de masque à l’antisémitisme. Mais le débusquer est aisé et l’arsenal juridique – y compris concernant ce que la loi sur la liberté de la presse nomme les « crimes et délits commis par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication » – est suffisamment solide pour que les propos tenus puissent être condamnés. Or, la proposition de loi veut assimiler antisémitisme et antisionisme, sans nuance. À l’opposé des conclusions du rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de 2024, qui relève que les opinions antisémites « restent fondées sur de « vieux » préjugés », elle élabore une définition de l’antisémitisme liée à la dénonciation de la politique israélienne et de ses conséquences sur la population palestinienne.

    Cette loi repose donc sur un postulat lourdement tronqué pour proposer une aggravation des textes portant sur les infractions d’apologie et de provocation au terrorisme. Elle étend l’apologie positive à une minoration outrancière d’actes terroristes, sans même imposer que la qualification de terrorisme soit d’abord retenue par un tribunal français ou une cour internationale. Pourra- t-on encore critiquer la nouvelle loi votée par la Knesset imposant la peine de mort automatique pour les Palestiniens déclarés coupables de meurtre terroriste par un tribunal militaire israélien, comme l’a fait le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, qui dénonce un possible crime de guerre ? Les médias et les journalistes pourront-ils rendre compte de ces critiques sans crainte de poursuites ?

    Cette proposition de loi ajoute que la provocation pourrait être implicite… Comment prouver ce qu’une personne veut implicitement dire ? On court le risque d’un procès d’intention. L’absence de définition claire et précise de ces incriminations, en violation du principe de légalité criminelle, ouvre la porte à l’arbitraire, y compris à l’encontre des journalistes et médias.

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  • Censure partielle de la loi Duplomb : une heureuse surprise

    Communiqué de FNE le 07.08.2025

    Ce jeudi 7 août, le Conseil Constitutionnel a censuré la réintroduction de l’acétamipride, au nom de la Charte de l’environnement, après examen de la proposition de loi visant à “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” ou “loi Duplomb”. Il pose des réserves également concernant les bassines – qui, de fait, représentent un frein sérieux à la construction et l’usage de ces ouvrages décriés très difficile. Même si France Nature Environnement espérait une condamnation de la méthode ayant permis d’adopter cette loi, cette décision du Conseil Constitutionnel est une “heureuse surprise”.  

    Les néonicotinoïdes définitivement interdits 

    En censurant l’article 2 de la loi Duplomb, le Conseil Constitutionnel, s’appuyant sur la Charte de l’Environnement, exclut définitivement le retour de l’usage des néonicotinoïdes en France. C’est une excellente nouvelle et une grande avancée.  

    Les bassines empêchées 

    Les conditions mises à la construction de nouvelles bassines – obligation de s’inscrire dans un projet de territoire, et donc de bénéficier à tous les usages – et possibilité de contester la présomption d’intérêt public devant les juges administratifs, posent des freins sérieux au développement de ces ouvrages.  

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  • Une attaque sans précédent contre la liberté de la presse

    Nous, sociétés de journalistes, associations de défense du droit à l’information, organisations et collectifs de journalistes, médias, dénonçons avec force la décision du tribunal judiciaire de Paris de faire injonction à Mediapart de ne pas publier de nouvelles révélations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Étienne, après celles du chantage à la sextape. Cette censure préalable, décidée sans débat contradictoire, est une grave et flagrante attaque contre la liberté de la presse.

    Comment une telle décision a-t-elle pu être rendue, en dehors de toute contradiction, alors qu’il existe pourtant des procédures d’urgence, qui auraient permis à Mediapart de se défendre ?

    Depuis la loi du 29 juillet 1881 qui a instauré en France le droit d’information et la liberté d’expression, jamais une telle procédure, à notre connaissance, n’avait été utilisée pour censurer préalablement un média.

    Dans un contexte où un industriel a récemment détourné le droit de la presse pour poursuivre un média devant les tribunaux de commerce, où des hommes d’affaires multiplient les procédures bâillons et où de nombreux journalistes se voient refuser l’accès à des données d’intérêt public au nom du “secret des affaires”, cet acte liberticide nous inquiète profondément quant à la situation de la liberté de la presse en France.

    Nous sommes solidaires de nos consœurs et confrères de Mediapart et nous nous tenons à leurs côtés.

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  • « Patrick Drahi ne nous fera pas taire ! »

    Pilier de la République, la loi de 1881 sur la liberté de la presse proclame en son article 1 : « L’imprimerie et la librairie sont libres ». C’est ce principe fondamental que le tribunal de commerce de Nanterre vient de violer, saisi en référé par le groupe Altice, basé au Luxembourg et propriété du milliardaire Patrick Drahi.

    Dans une décision rendue le 6 octobre 2022, le tribunal de commerce de Nanterre condamne le média indépendant d’investigation Reflets.info, spécialisé dans les enquêtes sur le numérique, les données open source et les leaks, à verser 4.500 euros au groupe de Patrick Drahi. Surtout, il lui « ordonne de ne pas publier sur le site de son journal en ligne de nouvelles informations » sur Altice (lire ici l’ordonnance de référé).

    Un tribunal de commerce installe ainsi une censure a priori d’articles même pas publiés ! Dit autrement, il s’agit d’une interdiction professionnelle. C’est un effarant retour à l’Ancien Régime qui ne peut que rappeler le rétablissement de l’autorisation préalable de publication par le roi Charles X en juillet 1830. Cela provoquera la révolution des « Trois glorieuses » et sa chute…

    Le groupe Altice a poursuivi Reflets.info pour une série d’articles réalisés à partir d’informations issues d’une fuite de plusieurs centaines de milliers de documents internes au groupe et mis en ligne sur le web au mois d’août. On y découvre, entre autres, le train de vie somptuaire de Patrick Drahi et de sa famille, dont l’usage immodéré de jets privés (le détail est à lire ici). Altice estime qu’il s’agit d’une violation du secret des affaires quand nos collègues précisent qu’il ne s’agit là que d’informations d’intérêt général.

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  • Sine, Charlie Hebdo : pourquoi tant de bruit ?

    quete.jpgLa phrase de Sine qui a provoqué la réaction de Val (directeur de Charlie-Hebdo) ne méritait certainement pas tout le bruit  qu'elle a suscité .mosquee2.gif

    Si les écrits de tout le monde devait être épluchés avec une telle minutie, concernant l'antisémitisme, l'homophobie, le racisme, la xénophobie, le sexisme et j'en passe, les comités de censure auraient du travail pour quelques siècles . La liberté de la presse et de la pensée sont inséparables d'excès, et la justice doit pouvoir se saisir des plus graves . Que des bien-pensants s'auto-proclament juges constitue une dérive qui peut vite se retrouver liberticide . Est-ce moins dangereux que de laisser percer des possibles sous-entendus ?

    Voici quelques liens vers des commentaires qui nous semblent bien éclairer la question .

    Edwy Plenel dans mediapart 

    Jean-Marie Laclavetine 

    Gérard Filoche 

    Avec tout cela, et les liens contenus dans ces articles eux-mêmes, on peut espérer que vous êtes capables de vous faire une opinion . 

    «Il n’y a pas de milieu entre la servitude et la licence de la presse… Pour recueillir les biens inestimables qu’assure la liberté de la presse, il faut savoir se soumettre aux maux inévitables qu’elle fait naître» (Tocqueville, cité par E Plenel) .