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société - Page 363

  • Un délinquant constitutionnel récidiviste

     

    Communiqué LDH
    Pour la troisième fois en quelques années, Nicolas Sarkozy vient de violer sciemment la norme constitutionnelle la plus fondamentale de la République : la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.

    De même qu’il avait désigné Yvan Colonna comme le meurtrier du préfet Erignac avant même qu’aucune autorité judiciaire n’ait examiné le dossier – lequel n’est toujours pas clos –, de même qu’il avait désigné Dominique de Villepin comme le commanditaire des faux de l’affaire Clearstream plusieurs semaines avant le procès – qui a d’ailleurs démenti ce « pré-jugement » –, il vient de qualifier la personne arrêtée dans l’affaire du meurtre de la jeune Laëtitia de « présumé coupable », en répétant volontairement cette qualification qui annule toute différence entre interrogatoire policier et condamnation judiciaire.

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    Le président de la République, que l’article 5 de la Constitution charge de veiller au respect de la Constitution et dont l’article 64 de cette même Constitution fait le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire, vient ainsi de se substituer une fois encore aux juges indépendants pour décider de l’innocence ou de la culpabilité d’une personne soupçonnée d’un crime.

    Ainsi, non seulement il accuse mensongèrement magistrats et policiers d’avoir manqué aux devoirs de leur charge – alors que c’est la politique qu’il mène depuis des années qui empêche le suivi efficace des personnes déjà condamnées en privant de moyens ceux qui y travaillent réellement –, mais il viole délibérément l’article 8 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen qui garantit constitutionnellement la présomption d’innocence, c’est-à-dire le droit à être jugé dans des conditions conformes à l’état de droit et non désigné publiquement à la vindicte populaire.

    Dans toute autre démocratie, un tel comportement serait considéré comme incompatible avec l’exercice de responsabilités politiques au plus haut niveau de l’Etat.

     

    L’article 68 de la Constitution prévoit que le président de la République relève de la Haute Cour « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». Si la violation délibérée et répétée de la séparation des pouvoirs et d’un des principes constitutionnels les plus fondamentaux de la République ne relève pas de cette procédure, quel niveau de délinquance constitutionnelle faudra-t-il atteindre pour mettre fin à l’impunité présidentielle en la matière ?

     

    La Ligue des droits de l’Homme, qui assure magistrats et policiers de son soutien face à la calomnie, rappelle que « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution » (article 16 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen). Le respect des lois et de l’ordre public ne se divise pas. Il est gravement menacé lorsque ceux qui ont la charge de le garantir donnent l’exemple de sa méconnaissance.

    Paris, le 4 février 2011

     

  • Mal logement : cela ne s'arrange pas.

     La fondation "Abbé Pierre" s'intéresse en particulier aux personnes mal logées.

     

    Le constat est assez dramatique : la situation ne connaît pas d'amélioration, à l'inverse on constate que la précarité touche de nouvelles couches de la société. Les personnes concernées ne se résument pas au picto_carton_rouge_2.jpgclassique SDF vivant en marge, des familles pauvres et même appartenant aux couches moyennes peuvent basculer dans des situations dramatiques.

     

     

    La revue "Politis" écrit :

    Environ 3,6 millions de personnes non ou très mal logées, 5 millions en situation d’extrême fragilité et 900 000 habitations manquantes dans un pays où le droit au logement est inscrit dans la loi. Voilà, en substance, les conclusions du dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre, sorti aujourd’hui 1er février. Pour l’organisation, « la crise a créé de nouvelles fragilités et a élargi le champs de ceux qui se retrouvent confrontés à des problèmes de logements. »

     

  • Chiffres du chômage : si c'est "Le Figaro" qui le dit !

    Décembre : un nouveau mois de hausse des demandeurs d'emploi.

     

    On est pas forcemment un fan de ce journal, mais si même l'organe de la droite la plus classique voit les choses comme cela, il n'y a pas grand'chose à ajouter.

     

    La décision du gouvernement de placer l'emploi au coeur de ses priorités pour 2011 se justifie de jour en jour. Car, contrairement au message d'optimisme délivré voici un an par Nicolas Sarkozy sur la foi des bons chiffres de décembre 2009 - il assurait que «le chômage baisserait dans les mois à venir»-, la situation est loin de s'être améliorée. Même si 2010 aura été moins dramatique que 2009, le bilan reste très négatif : le nombre de demandeurs d'emploi continue inéxorablement de progresser en France. Au cours de l'année écoulée, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi n'aura au final reculé qu'une seule fois (en octobre) dans les deux catégories de référence. L'hexagone renoue avec des niveaux non atteints depuis plus de dix ans: au 31 décembre dernier, on comptait entre 2,72 et 4,05 millions de chômeurs selon la catégorie retenue. Soit entre 80100 et 202500 demandeurs d'emploi de plus qu'un an plus tôt, des progressions toutefois 2 à 5 fois inférieures à celles enregistrées en 2009.

    Les données de décembre 2010, publiées hier soir par le ministère de l'Emploi, ne poussent guère à l'optimisme. Avec des progressions du nombre des demandeurs d'emplois inscrits de 27100 en catégorie A et de 32600 en ABC (incluant les chômeurs ayant travaillé plus ou moins de 78 heures dans le mois), décembre est l'un des plus mauvais mois de l'année.

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  • La Poste privatisée

    En octobre 2009, à Vouziers 444 personnes ont voté contre la privatisation de La Poste.

     

    Cette votation était organisée au niveau national, et avait rencontré un grand succès. Pourtant le cap a été maintenu par le gouvernement de Fillon-Sarkozy, fidèle à son idéologie libérale.services-publics-tout-doitdisparaitre.jpg

    Au premier janvier, la concurrence s'ouvre encore plus, et la différence avec une entreprise privée devient pratiquement inexistante. Voici une analyse du"Monde Dipolmatique" sur cette évolution (extrait de l'article) :

    Depuis le 1er janvier 2011, les activités courrier de La Poste sont totalement ouvertes à la concurrence. Cette réforme, adoptée par l’Assemblée nationale en janvier 2010, conformément aux exigences de la Commission européenne, signe la fin du monopole de l’entreprise sur la distribution des plis de correspondance

    (...)

    Cette privatisation qui ne dit pas son nom participe d’une « révolution silencieuse » consistant à démanteler une par une, depuis vingt ans, les charges dévolues à l’Etat — au nom de l’intérêt collectif — afin de les soumettre aux marchés.

  • Site de l'UMP :vite apparu, vite disparu.

    L'UMP compte parmi ses membres quelques jeunes loups, à l'ambition féroce.

    Pour créer un nouveau site internet, le parti de Nicolas Sarkozy s'est naturellement tourné vers cette génération de militants nés avec une souris dans la main.

    Nathalie Kosciusko-Morizet et Benoist Apparu ont été parmi les responsables du lancement des "créateurs du possible " en janvier 2010. De gros moyens ont été mis à disposition de ce projet, qui devait anticiper la campagne de 2012 en faisant remonter des idées de la base. Le slogan choisit était très"sarkozien" : "Quand on veut, on peut". Le coût total, fonctionnement compris, serait de 1 million d'euros, et l'intérêt pour le site aurait réuni 15.000 inscrits. C'est un échec cinglant.

    Jean-François Copé et les responsables de l'UMP viennent de décider d'arrêter les frais. Le site va fermer, h-4-1877059-1262972411.jpgce qui permet au passage au nouveau chef du parti de pointer du doigt l'échec de son prédécesseur, Xavier Bertrand.

    Voici ce que Benoist Apparu disait ce projet il y a quelques mois :

    Une véritable machine de guerre électorale, qui prendra toute sa dimension lors des élections régionales. L’UMP se défend toutefois d’avoir «imité» le site participatif de Barack Obama. Benoist Apparu, le secrétaire d’Etat au logement, affirme: «nous sommes allés beaucoup plus loin que Barack Obama. Ce que nous proposons aux Français, c’est qu’ils soient acteurs des changements dans leurs villes, leurs régions, leur pays.»

    Il est vrai que le coeur de cible du parti présidentiel reste les plus de 65 ans : il serait sage de repenser la communication vers le sponsoring des tournois de belote et des clubs du troisième âge.

  • Un pas de plus vers l'abolition de la peine de mort


    Amnesty International a exhorté mardi 21 décembre tous les États qui maintiennent la peine de mort à instaurer immédiatement un moratoire sur les exécutions, à titre de première étape vers l'abolition de ce châtiment.

    Cet appel intervient après que l'Assemblée générale des Nations unies a souscrit le 21 décembre à une résolution appelant à un moratoire sur le recours à la peine capitale – la troisième depuis 2007.

    La résolution a été approuvée en séance plénière de l'Assemblée générale à New York. On a enregistré peine-de-mort.jpg109 voix pour, 41 voix contre et 35 abstentions.

    Le nombre d'États membres ayant voté pour a augmenté par rapport à la précédente résolution adoptée en 2008, et le nombre de voix contre a sensiblement baissé, ce qui confirme la tendance mondiale en faveur de l'abolition de la peine capitale.

    « Une fois encore, l'Assemblée générale de l'ONU a fait clairement savoir que les homicides prémédités commis par les États doivent cesser, a indiqué José Luis Díaz, représentant d'Amnesty International auprès de l'ONU à New York.

    « Les pays, minoritaires, qui continuent à recourir à la peine de mort doivent immédiatement mettre en place un moratoire sur les exécutions, à titre de première étape vers l'abolition de cette négation absolue des droits humains. »

    Lorsque les Nations unies ont été créées, en 1945, huit pays seulement avaient aboli la peine capitale pour tous les crimes. Aujourd'hui, 136 des 192 États membres de l'ONU l'ont abolie en droit ou dans la pratique.

    Le Bhoutan, la République de Kiribati, les Maldives, la Mongolie et le Togo ont modifié leur vote par ag_onu_21dec2010_300_200.jpgrapport à 2008 pour se prononcer en faveur du moratoire. Autre signe d'évolution, les Comores, le Nigeria, les Salomon et la Thaïlande, qui avaient voté contre le moratoire en 2008, se sont aujourd'hui abstenus.

    « Ces changements positifs dénotent une évolution encourageante vers l'abolition de la peine de mort partout dans le monde. Nous espérons que ces États adopteront dès que possible des textes législatifs en vue de supprimer la peine capitale », a conclu José Luis Díaz.

    L'Assemblée générale de l'ONU débattra à nouveau de cette question fin 2012.

  • Mediator : tirer les leçons de l'affaire

    Le maintien du Mediator comme antidiabétique jusqu'en 2009 en France provoque un vrai scandale.


    Ce médicament était utilisé très largement de manière détournée comme coupe-faim, ce que personne ne pouvait ignorer, ni le laboratoire Servier, ni les autorités sanitaires. Il appartient à une classe de médicaments, les dérivés d'amphétamines, qui était reconnue dangereuse depuis plusieurs années. Une alerte à été donnée dès 1998 par 3 professeurs de médecine de la sécurité sociale, d'autres voix s'étaient également élevées pour son interdiction.

    Devant cet échec évident des mécanismes d'alerte, les responsables de l'époque (Martine Aubry, Bernard Kouchner) disent ne rien avoir su. C'est possible mais inquiétant.

    Martin Hirsch était directeur de cabinet de Kouchner à l'époque. Il dit n'avoir pas non plus avoir eu connaissance du problème.

    Il ajoute "C'est effectivement gravissime, il faut peut-être maintenant interdire purement et simplement le démarchage des médecins par les laboratoires pharmaceutiques, par les visiteurs médicaux", a-t-il dit en prônant aussi l'interdiction du financement de la formation continue des médecins par les laboratoires pharmaceutiques.


    SarkozyServier.jpgLe problème ne se résume pas aux relations entre les médecins et les laboratoires pharmaceutiques, même s'il y a beaucoup à faire en ce domaine. Il faut aussi se poser la question des liens entre les laboratoires pharmaceutiques et le pouvoir politique. Le docteur Servier, président du laboratoire du même nom (qui commercialisait le Mediator) est très proche de la majorité actuelle. Il a été décoré en 2009 de la plus haute distinction française. Voici un extrait du site du labo :

    Le Docteur Jacques Servier vient d’accéder à la plus haute distinction de l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Le  Président de la République Française, Monsieur Nicolas Sarkozy, a, par décret en date du  31 décembre 2008, élevé à la dignité de Grand’ Croix le Dr Jacques Servier.

    Cette exceptionnelle distinction vient récompenser les éminents services rendus à la France et son rayonnement scientifique.

     

    Ces liens se retrouvent également dans la rédaction de la récente "loi Bachelot". Celle-ci, loin d'écarter les labos de la médecine de terrain, les introduit auprès des malades. Leur influence auprès des médecins va donc être complétée par leur présence dans des programmes d'éducation sanitaire. Ceux-ci sont souhaitables dans des pathologies chroniques, pour lesquelles le malade doit jouer un rôle actif dans les choix et suivis thérapeutiques.

    Mais la loi Bachelot prévoit que les laboratoires pourront financer ces programmes. On va donc se retrouver dans le même cas que la formation continue des médecins : une des parties prenantes sera à la fois sujet du programme (comment prendre un traitement, quels effets secondaires, combien de temps traiter, etc. ...) et partenaire financeur de ce programme. Comme conflit d'intérêt, on ne peut guère faire mieux. C'est courir tout droit vers d'autres scandales, pour lesquels personnes n'aura bien sur été au courant.

    Voici l'article de la loi Bachelot sur le sujet :

    « Art.L. 1161-4.-Les programmes ou actions définis aux articles L. 1161-2 et L. 1161-3 ne peuvent être ni élaborés ni mis en œuvre par des entreprises se livrant à l'exploitation d'un médicament, des personnes responsables de la mise sur le marché d'un dispositif médical ou d'un dispositif médical de diagnostic in vitro ou des entreprises proposant des prestations en lien avec la santé. Toutefois, ces entreprises et ces personnes peuvent prendre part aux actions ou programmes mentionnés aux articles L. 1161-2 et L. 1161-3, notamment pour leur financement, dès lors que des professionnels de santé et des associations mentionnées à l'article L. 1114-1 élaborent et mettent en œuvre ces programmes ou actions.

    Admirez l'hypocrisie totale : les programmes ne peuvent être ni élaborés ni mis en oeuvre par le laboratoires pharmaceutiques, (...) toutefois ces entreprises peuvent prendre part aux actions(...), notamment par leur financement.

    Il ne fait pas de doute que ces entreprises vont payer par pur amour du prochain, sans aucunement chercher à protéger leurs intérêts.


    Les liens entre le pouvoir politique et les milieux économico-financiers sont multiples, ils sont encore plus forts et nombreux sous Sarkozy.

    L'Etat ne peut plus jouer son rôle de garant impartial de l'intérêt général. Dans le domaine de la santé, les conséquences seront d'autant plus graves que les laboratoires pharmaceutiques prendront place non seulement près des médecins et pharmaciens, mais aussi auprès des malades eux-mêmes.