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politique internationale - Page 160

  • Mali : non au coup d’Etat ! Pour le retour à la légalité constitutionnelle

    Communiqué LDH
    La LDH, Ligue française des droits de l’Homme et du citoyen, exprime sa plus vive préoccupation face au coup d’Etat militaire perpétré le mercredi 21 mars au soir à Bamako, capitale du Mali.

    Ce coup d’Etat intervient alors que le Mali est engagé dans le processus de préparation des élections topelement.jpgprésidentielle et législatives et qu’il est d’autre part confronté, depuis plus de deux mois, dans le Nord, à une situation de guerre qui a conduit plus de 200 000 personnes à fuir leur domicile et à se réfugier, pour une partie d’entre elles, dans les pays voisins. Le coup d’Etat que vient de connaître ce pays, alourdit les difficultés des populations et porte un coup aux progrès réalisés depuis 1992 pour construire un Mali démocratique ; il risque de fragiliser gravement le processus démocratique en construction en Afrique de l’Ouest.

    La LDH apporte son entier soutien à son organisation sœur l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH), et demande avec elle la restitution du pouvoir aux autorités civiles, la garantie de l’intégrité physique de toutes les personnes et la libération immédiate de celles qui ont été interpellées dans l’illégalité. La LDH avec la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), l’Union interafricaine des droits de l’Homme (UIDH) et l’AMDH, exige le retour à l’Etat de droit et à la légalité constitutionnelle.

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  • Restructuration de la dette grecque : qui sont les gagnants ?

    Communiqué de presse du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde

    Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés

    Plus de 85% des créanciers privés (banques, assurances, fonds de pension…) ont accepté jeudi soir desiteon0-dc90f.gif participer à la restructuration de la dette grecque en effaçant 107 milliards d’euros. Sur le papier, ces créanciers renoncent ainsi à 53,5% de leurs créances. Mais contrairement aux apparences, le CADTM affirme que cette opération est surtout une bonne nouvelle pour les banques grecques et européennes (principalement françaises et allemandes), pas pour le peuple grec à qui on promet de nouvelles détériorations de ses conditions de vie.

    En effet, les créanciers et le gouvernement grec ont mis en place un montage complexe : les créanciers privés échangent leurs titres grecs contre de nouveaux d’une valeur (faciale) inférieure. Ainsi, pour une obligation échangée d’un montant initial de 100 euros, les créanciers vont recevoir un nouveau titre d’une valeur faciale de 46,5 euros. Loin de perdre à ce petit jeu, les créanciers privés troquent des titres qui se vendaient entre 15 et 30 euros sur le marché secondaire pour des titres bien plus sûrs.

    De surcroît, la Troïka octroie un nouveau prêt de 130 milliards à la condition que le montant soit utilisé pour payer la dette et soutenir les banques. Alors que tous les grands médias reprennent le refrain officiel selon lequel la dette grecque est réduite de 107 milliards d’euros, ils oublient d’intégrer les 130 milliards de nouveaux crédits octroyés par la Troïka qui viennent l’augmenter. En bout de course, les créanciers privés s’en sortent très bien et sont remplacés par des créanciers publics internationaux (BCE, Etats de la zone euro, FMI) qui vont exercer une pression constante sur les autorités grecques afin d’aggraver les mesures antisociales.

    De plus, alors qu’en cas de litige 85% des anciens titres dépendaient de la législation grecque, l’entièreté des nouveaux titres dépendra de la justice de Londres. L’objectif des créanciers est de limiter la possibilité de la Grèce de décréter un défaut de paiement ou une annulation.

    Pour le CADTM, ce nouveau plan est une supercherie car, sous prétexte de venir en aide à la Grèce, il sauve la mise aux créanciers privés qui portent pourtant une lourde responsabilité dans l’endettement de la nation hellène. Les banques ont utilisé une partie de l’argent public injecté afin de les sauver de la faillite en 2008-2009 pour spéculer sur la dette grecque et ont pu réaliser d’énormes profits avant de pousser la Grèce vers la grave crise qu’elle connaît.

    52694529.jpgSelon le CADTM, tous les prêts de la Troïka à la Grèce octroyés depuis mai 2010 sont odieux, ils sont frappés de nullité car ils constituent une violation permanente des droits économiques, sociaux, civils et politiques des citoyens grecs.

    Le CADTM tient une nouvelle fois à saluer le courage et la détermination du peuple grec qui lutte contre les politiques d’austérité inhumaines imposées par la Troïka. Le AAA des créanciers (Austérité Austérité Austérité) doit laisser la place au AAA des peuples : Audit Annulation Autre politique.

    Pour le CADTM, la solution passe nécessairement par la mise en place d’une politique radicalement différente. En Grèce comme dans les autres pays soumis à la Troïka, il faut mettre fin au remboursement de la dette et abandonner les mesures antisociales. Afin de lutter contre la campagne mensongère sur la crise grecque, il faut renforcer l’audit citoyen de la dette publique qui doit aboutir à la répudiation de la part illégitime ou odieuse. Le CADTM soutient pleinement la Campagne d’audit de la dette grecque et les comités d’audit qui se mettent en place dans plusieurs autres pays européens. Le CADTM appelle à multiplier les actions de solidarité avec le peuple grec et à constituer un large front social européen contre les politiques d’austérité.

  • Russie une élection présidentielle de routine

    En Russie, les soirées électorales ne risquent pas de faire apparaître un suspens insoutenable.



    Le vainqueur est connu d'avance, et seul son score n'est pas totalement défini par anticipation. Poutine avait annoncé 60 %, les premiers chiffres officiels sont autour de 61%.

    La fraude explique en partie ce score, mais si elle a existé ce jour (au moins un cas filmé par webcam), elle n'est pas laputin_210.240x320.jpg seule raison que l'on peut retenir.

    Poutine verrouille le pays depuis trois mandats (deux en tant que président, un en tant que premier ministre). Il peut donc compter sur des relais dans l'administration,  l'armée, la presse etc...

    La situation du pays est loin d'être idyllique, mais une partie de l'économie redémarre et certains en profitent.

    De son côté, l'opposition est divisée et n'a pas de chef connu. Les partis politiques ont bien du mal à se construire, et il faudra probablement des années pour faire vivre une vraie démocratie dans le pays.

    Les résultats des dernières législatives montrent cependant que le pouvoir absolu de Poutine peut se fissurer. Les voici repris du site du Monde Diplomatique:

    Voici les résultats qui sanctionnent le parti au pouvoir. Manifestement, ce dernier n’est pas trop « absolu »… Par rapport à 2007, Russie unie (ER) recule de 64,30 % à 49,32 %, le Parti communiste (KPRF) remonte de 11,57 % à 19,19 % et son rival de gauche Juste Russie (SR), social-démocrate, passe de 7,74 % à 13,24 %, le parti (d’extrême droite) libéral-démocrate (LDPR) de 8,14 % à 11,67 %, le parti libéral Iabloko de 1,59 % à 3,43 %, un score qui ne lui permet pas d’entrer à la Douma.

     

    L'élection de Poutine est sensée lui ouvrir un règne sans partage de deux mandats supplémentaires. Le résultat de ce soir pourrait être la première scène de ce scénario, mais la pièce n'est pas tout à fait écrite ni encore jouée.

    12 ans c'est long, et il est tout à fait possible que la situation évolue sur de nombreux points (économie, démocratie, environnement international, ...).

    Poutine pourra-t-il garder le contrôle complet ? L'opposition aura-t-elle le temps et l'opportunité de se développer ? Une chose est sûre, même les meilleures dictatures ont une fin.


  • Sénégal : les opposants se regroupent derrière Macky Sall

    Après le premier tour des élections présidentielles, la situation est délicate pour le président Wade.

     

    Ce sera peut-être l'élection de trop pour "le vieux" comme l'appel les Sénégalais. Après deux mandats, le charme est rompu, les erreurs se payent dans les urnes. Wade a voulu imposer son fils Karim par des modifications du mode électoral, puis il a décidé de se présenter, bien que la constitution limite le nombre y-en-a-marre-298x295.jpgde mandats à deux.

    Il sera opposé au deuxième tour à Macky Sall, un de ses anciens premiers ministres limogé pour avoir critiqué Karim Wade, le dauphin désigné. Macky Sall a reçu le soutien de l'ensemble de l'opposition, y compris celui du candidat PS et celui du mouvement citoyen M23 et du collectif "y'en à marre".

    La barre des 50% sera donc très difficile à atteindre pour Wade, d'autant que les chefs religieux, qui soutiennent habituellement le pouvoir en place, semblent faire preuve d'une certaine prudence.

    Certains seraient déjà prêts à quitter le navire : Le premier ministre et directeur de campagne de Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye, a téléphoné à Macky Sall après le premier tour pour le féliciter de son score. Les deux hommes sont amis de longue date, mais on imagine mal François Fillon appeler l'autre François pour le féliciter en cas de succès de Hollande au premier tour des présidentielles françaises.

  • Sénégal : Wade en mauvaise posture

    Le premier tour des élections présidentielles sénégalaises s'est déroulé ce dimanche.

     

    Ces élections ont été marquées par l'opposition à la candidature de Wade, président sortant. Sa 10714990733Portrait-Wade2.jpgpolitique est rejetée assez massivement et encore plus son comportement. Il a cherché à faire élire son fils Karim pour prendre sa succession; il a fait construire un monument gigantesque en contrôlant les bénéfices de son exploitation; il a fait inscrire une limitation à deux mandats dans la constitution et se présente pour un troisième mandat.

    Heureusement pour lui, l'opposition est divisée. Il est  principalement en concurrence dans ce scrutin avec deux de ses anciens premiers ministres qui ont quitté le parti majoritaire, et avec un candidat du parti socialiste qui est en perte de vitesse depuis la chute de Diouf.

    Le  candidat-président a bénéficié de son statut de chef de l'Etat. Par exemple, de nombreuses coupures d'électricité perturbaient la vie des Sénégalais depuis des mois. Il a fait installer à grand frais des centrales de dépannages le temps de la campagne électorale.

    Grâce aux moyens dont il dispose, il a pu tenir de grandes réunions dans ses fiefs de la campagne sénégalaise. Mais signe des temps, les grands chefs religieux (en particulier Mourides) n'ont pas donné de consigne de vote pour Wade.

    Les résultats connus ce jour donnent Wade autour de 30%, et donc un deuxième tour en mars prochain.

    Macky Sall son ancien premier ministre serait le suivant avec environ 25%.

    Ces tendances seront-elles confirmées lors de la publication des résultats définitifs ? C'est une des clefs du deuxième tour.

    L'autre élément déterminant sera la capacité des opposants à s'unir contre Wade, et à mettre en pratique le pacte qu'ils ont fait entre eux avant le premier tour : joindre leurs forces contre le sortant.

  • Syrie : le nombre de morts augmente à mesure que les bombardements de zones civiles se multiplient à Homs

    Extraits de l'article d'Amnesty International du 17 février


    Selon des informations obtenues par Amnesty International, au moins 377 civils ont été tués à Homs ces derniers jours après que les forces de sécurité syriennes aient intensifié le pilonnage de quartiers civils dans la ville assiégée.Certaines informations ont également fait état de la mise en place d’un dispositif militaire de grande envergure dans la ville d’Hama, à 50 kilomètres au nord, mercredi 15 février. 

    Homs, ville assiégée

    Depuis le 3 février, les forces de sécurité syriennes ont pilonné plusieurs zones à Homs et aux123096_vignette_syrie1.JPG alentours, dans le but, affirment-elles, d’éradiquer les groupes de résistance armée qui y sont établis.

    Les personnes tuées depuis le début de l’assaut visant Homs incluent 29 mineurs ; des centaines d'autres habitants ont été blessés. La nourriture ne parvient à la population qu’en quantité limitée et les blessés ne reçoivent pas de soins adaptés.

    Il a été indiqué à Amnesty International que comme avec d’autres villes à travers la Syrie, les autorités ont limité les livraisons de carburant, peut-être dans le but de sanctionner la population.

    Les soldats faisant défection sont de plus en plus nombreux à rejoindre l’Armée syrienne libre et d’autres groupes armés d’opposition, qui exerceraient un contrôle plus étendu sur al Rastan et d’autres zones. Des affrontements éclatent sporadiquement entre ces forces et les troupes syriennes qui encerclent Homs.

    Dans d’autres zones de la ville, telles qu’al Inshaaat, l’armée a pris possession de logements vacants, qui servent de dortoirs pour les soldats, ainsi que de postes de tir pour des tireurs embusqués.

    La situation humanitaire dans les bastions de l’opposition de la ville – notamment Bab Amr et al Khaldieh – serait terrible.

     

  • Grèce : jusqu'au bout de la logique libérale

    En Grèce, pays déjà à genoux, l'Europe et le FMI impose encore plus de sacrifices pour la population, en particulier pour les plus démunis.

    austerite.jpgIls veulent les voir écrasés, anéantis par toutes les mesures dictées. Et tout cela serait pour leur plus grand bien, évidemment.

    Les notions de droits de l'Homme et de solidarité semblent avoir disparu dans les décisions des instances européennes et mondiales. Il est bien clair qu'en dernier choix, c'est la finance qui reste la priorité pour nos libéraux. Si on en doutait encore, la preuve en est faite.



     

    Communiqué commun
    L’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH), la Ligue hellénique des droits de l’Homme (HLHR), la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) considèrent que les plans d’austérités imposés à la Grèce conduisent à une situation sociale dramatique et suicidaire


    Plus de réformes, plus d’économie, plus de rigueur. Surtout plus de rigueur. Ainsi peut-on résumer le message envoyé à la Grèce par l’Union européenne, la Banque centrale et le FMI. Pour se voir octroyer une aide de 130 milliards d’euros, le gouvernement grec est sommé, brutalement, de mettre de l’ordre chez lui, à trois niveaux. D’abord, en faisant en sorte que le parlement grec approuve sans discussion un nouveau plan de rigueur ; ensuite, en dégageant les voies et moyens d’une économie supplémentaire de 325 millions d’euros, soit un sérieux tour de vis supplémentaire pour l’économie grecque, déjà lourdement pressurée ; enfin, en obtenant des partis au pouvoir l’engagement formel de mettre en œuvre les réformes prévues, quels que soient les résultats des élections législatives à venir.

    Cette course folle vers un « toujours plus » d’austérité ne peut qu’exacerber une dynamique de 11-09-09-austerite_72rvb.jpg?w=450récession économique et sociale, dans un contexte déjà fortement dégradé au plan des conditions de vie des grecs.

    Aucun hasard, donc à ce que cette politique chemine de concert avec une obligation « d’abstinence critique » et s’accompagne du vœu de remplacer « le gouvernement des hommes par l’administration des choses ». Avec ces nouvelles conditionnalités, c’est l’avenir d’un peuple et d’une nation qu’on condamne au sous développement. Au-delà, c’est l’Union européenne qu’on fragilise gravement, c’est la démocratie européenne qui est mise en cause.

    Pour l’AEDH, la HLHR et la LDH, les solutions à la crise systémique qui frappe entre autres la zone euro ne sauraient se réduire à une cure d’austérité faisant fi des droits économiques et sociaux, des libertés démocratiques, entre autres le droit des peuples à élire leurs représentants et à déterminer librement leurs orientations politiques. De ce point de vue, le sommet de Bruxelles, qui fait de la croissance et des solidarités des non sujets, n’est pas que décevant mais profondément inquiétant. Loin de constituer un encouragement, le signe positif d’une Europe attentive à l’urgence sociale et aux conditions d’un développement solidaire et durable, il risque de creuser davantage l’écart qui va croissant entre les peuples et l’idée même de construction européenne.

    Nous appelons à un sursaut des institutions européennes face à ces politiques qui ne conduisent qu’à une impasse sociale et économique, qui remettent en cause les droits sociaux légitimes de la population grecque, et au-delà de l’ensemble des résidents de l’Union européenne qui sont ou seront touchés par ces politiques d’austérité suicidaires.