Communiqué d'Amnesty International publié le 18.05.2026
En 1981, une nouvelle victoire pour la dignité humaine avait lieu sur le long chemin de l’abolition universelle : la France abolissait enfin la peine de mort. Aujourd’hui, 113 pays ont aboli la peine de mort pour tous les crimes. Mais le combat continue pour l’abolition universelle de la peine de mort.
45 ans plus tôt, la peine de mort était encore une réalité en France. C’est en 1981 que le pays se détourne de cette peine d’un autre âge. Chaque année, le 9 octobre, Journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, est l’occasion de célébrer cet acte historique, ce jour où la France mettait fin aux homicides volontaires et prémédités, aux assassinats étatiques.
Depuis cette date, quels que soient les gouvernements, la France a toujours affirmé son opposition, en toutes circonstances, à la peine capitale. Aujourd’hui, l’abolition de la peine de mort a fait son chemin, petit à petit, victoire après victoire, pays après pays.
Un combat ininterrompu
En 1977, nous lancions notre combat en organisant une conférence qui s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de Stockholm, texte fondateur pour l’abolition universelle de la peine de mort. À cette époque, seuls 16 pays avaient totalement aboli la peine de mort. Aujourd’hui, grâce à votre mobilisation,145 pays, soit plus des deux tiers des pays du monde entier, ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Des progrès énormes et mesurables continuent d’être faits même si un dernier tiers des pays reste à convaincre.
En 1979, nous publions notre premier rapport statistique mondial sur la peine de mort. À partir de ce moment, nous devenons une référence mondiale en matière d’observation et de rédaction de rapports sur les condamnations à mort prononcées et les exécutions menées par les gouvernements dans le monde.
Nous avons milité sans relâche sur des cas emblématiques qui ont clairement mis en évidence la nature injuste de la peine de mort, à l’instar de Troy Davis, un jeune afro-américain condamné à mort dans l’État de Géorgie et exécuté en 2011. Son histoire a remis en avant la nécessité de lutter contre l’application arbitraire de la peine capitale aux États-Unis. Plus récemment, notre organisation a agi en faveur de Rocky Myers, la première personne noire à avoir été graciée aux États-Unis en 2025.
Nous avons également soutenu le mouvement abolitionniste au niveau international. Nous avons été l’un des membres fondateurs de la Coalition mondiale contre la peine de mort, en 2002, et aidé à la création d’un réseau asiatique de lutte contre la peine de mort en 2006. En 2007, nous remettons aux Nations unies plus de cinq millions de signatures en faveur d’une suspension mondiale de toutes les exécutions. Un mois plus tard, l’ONU adoptera sa première résolution sur la suspension des exécutions.
Vers l’abolition universelle
Cette dynamique positive vers l’abolition se poursuit aujourd’hui. En 2025, le Viêt Nam a aboli la peine de mort pour huit crimes et la Gambie a aboli la peine de mort pour les crimes de meurtre, de trahison et d’autres infractions contre l’Etat. Au Liban et au Nigéria, des projets de loi visant à l’abolition sont en cours d’examen devant les assemblées législatives.
Alors que le monde se dirige progressivement vers l’abolition totale, nous ne devons pas baisser la garde. En 2025, plus de 2700 exécutions ont été recensées dans le monde, un bond de 78% en un an. Une petite poignée d’Etats dont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite ou encore les Etats-Unis continuent à avoir recours au châtiment le plus cruel et inhumain qui existe.
Parce que la peine de mort est irréversible, l’abolition universelle doit l’être aussi. Nous combattrons sans relâche jusqu’à la disparition totale de ce châtiment inhumain.
Rapport peine de mort 2025