Hier soir, le ministère de l’écologie a annoncé que la taxe kilométrique poids lourds ne serait pas mise en place avant 2012. Pour la CFDT et FNE, cette décision est incohérente et inacceptable.
Après l’abandon de la contribution carbone, le Grenelle passe de bien mauvais moments. La taxe qui devait s’appliquer aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes, sur près de 10 000 km de routes, est reportée fin 2012. Elle était prévue pour 2010 puis 2011. Désormais, ce sera pour après les présidentielles.
Cette taxe avait pour vocation de faire payer aux donneurs d’ordre les coûts d’usage des infrastructures engendrés par le transport massif des marchandises par la route. Elle est déjà appliquée, par exemple, en Allemagne. L’Alsace qui reçoit le report des transports allemands de marchandises pourra l’expérimenter, mais pas les autres régions.
Cette mesure devait rapporter 1, 2 milliards d’euros et aller pour l’essentiel à l’Agence de financement des infrastructures de transports de France devant soutenir les nouveaux projets d’infrastructures. Cette agence autrefois alimentée par les péages autoroutiers manque cruellement de ressources. Le report de la taxe kilométrique poids lourds représente autant de dettes en plus pour l’Etat et la collectivité !
Les pollutions financées par les contribuables
On est donc loin de la prise en compte des dégâts environnementaux et aussi sociaux de la course aux plus bas coûts. Cette mesure est aussi injuste car les contribuables continueront de payer les dégâts provoqués par les excès du transport routier (détérioration des routes, bruit, pollutions …) ; d'autant plus que dès 2009, les routiers avaient déjà eu un coup de pouce avec la réduction à son minimum légal de la taxe à l'essieu.
On reste donc sur le vieux schéma d’un monde qui ne bouge pas et qui pense qu’une fois les crises passées, on retrouvera la croissance d’avant en négligeant le réchauffement climatique.
Pour la CFDT et FNE, cette décision est incohérente et inacceptable.
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Ecologie : encore un recul
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L'urgence, c'était hier.
Comme souvent en matière de sécurité, l'Etat agit dans l'urgence, quand un événement se produit. Cette façon de procéder montre un manque d'anticipation chronique, et pousse à l'utilisation de solutions prises sans concertation.
Voici l'analyse de la FNE sur la réaction du gouvernement, suite aux inondations de la côte atlantique.
Hier, le Gouvernement a rendu public le tracé des « zones noires », zones déclarées inhabitables où les habitations seront détruites. FNE souligne les failles de ce zonage et avance des solutions pour que le drame ne se reproduise plus.
L’Etat oublie les zones rouges et bleues
Ce mécanisme des « zones noires » est un mécanisme nouveau. Or il existe déjà des mécanismes pour délimiter les zones non constructibles : les zones « rouges » et « bleues » incluses dans les plans de préventions des risques naturels prévisibles (PPRNP). L’Etat est tenu de créer ces plans, qui contiennent notamment des plans de préventions des risques d’inondation et de submersion (inondation par la mer).
Et à la différence des « zones noires », décidées par le Préfet, donc l’Etat, seul, les plans de prévention des risques naturels prévisibles sont élaborés à partir d’une concertation avec les communes et la population, notamment via des enquêtes publiques.
Certes, un zonage est urgent. Mais il existe des procédures accélérées pour créer des plans de prévention des risques naturels prévisibles. Pour des décisions aussi sensibles, FNE s’étonne que l’Etat ait préféré créer un nouvel outil, plutôt que d’utiliser ceux existants dans un esprit d’urgence bien sûr, mais aussi de concertation.
Et le reste des côtes ?
Benoit Hartmann, coordinateur du pôle Aménagement Durable du Territoire de FNE, pointe une autre faille : « La tempête Xynthia aurait pu frapper 10 kilomètres plus haut ou plus bas. Protéger les seules zones sinistrées n’est pas suffisant, il faut anticiper les dégâts humains et matériels tout le long du littoral, et également dans les zones de submersion moins évidentes, plus à l’intérieur des terres ! »
Etendre la loi Littoral
Si la loi Littoral est essentielle pour protéger la nature et préserver la diversité des activités liées à l’agriculture et aux activités marines, elle a aussi pour objectif moins connu la protection de la population contre les risques naturels.
« Le 1er mars, Xynthia est venue cruellement rappeler l’extrême vulnérabilité des communes de bord de mer. Aujourd’hui, la loi Littoral doit
être transformée pour lui donner de nouveaux moyens pour protéger la population, explique Raymond Léost, administrateur et responsable du réseau juridique de FNE. Il est notamment urgent d’étendre la loi Littoral aux berges des rus, des étiers et des chenaux. En cas de tempête et de remontée du niveau marin, les inondations s'étendent via ces ruisseaux et canaux. L’eau de mer ravage des terres loin à l’intérieur du littoral. »
Les demandes de FNE :
- Il faut supprimer tout droit à construire sur les rives des chenaux et étiers, voies de pénétration des eaux marines à l’intérieur des terres.
- La bande littorale de 100 mètres inconstructible à partir du bord de mer doit être étendue pour prévenir les risques de submersion marine.
- Les documents d’urbanisme doivent délimiter les espaces non urbanisés soumis à des risques de submersion marine et y interdire toute urbanisation
Saisir l’opportunité du Grenelle II
FNE demande donc aux députés et au Gouvernement de tirer toutes les conséquences du drame et de profiter du vote du Grenelle II en mai pour prendre deux mesures :
1. Intégrer dans la loi Littoral un troisième pilier, la prévention des risques naturels
2. Généraliser les plans de préventions des risques sur l’ensemble du territoire, DOM-COM compris, dans un délai de deux ans, faute de quoi des sanctions financières devront être prises. -
Agrocarburants :stop ou encore
Après plusieurs mois d’hésitations, l’ADEME publie enfin aujourd’hui son rapport « Analyse de cycle de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France ». FNE a participé au comité technique de cette étude et livre son analyse.
L’Europe veut des énergies renouvelables...vraiment renouvelables !
Cette expertise sur les agrocarburants répond à un engagement du Grenelle mais s’inscrit aussi dans un contexte européen. La Directive « Energies renouvelables » du 29 avril 2009 demande aux Etats membres d’incorporer dans les transports 10% d’énergies renouvelables produites de manière durable, avec pour critère une réduction de 35% des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux équivalents fossiles. La France doit ainsi remettre dans quelques mois son Plan d’action national en matière d’énergies renouvelables à la Commission européenne.
Un bilan désastreux en termes de gaz à effet de serre
Cette étude officielle permet justement de préciser le bilan des agrocarburants en matière de gaz à effet de serre, avec une avancée incontestable : la prise en compte de l’impact du Changement d’Affectation des Sols (CAS). En effet, la transformation des forêts tropicales primaires en cultures industrielles de canne à sucre et de palmiers à huile destinées à faire rouler nos voitures est à l’origine d’émissions très importantes, liées au déstockage massif de carbone suite à la suppression du couvert forestier et à la dégradation des sols. Rappelons que la déforestation représente près de 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre !
Pour Lionel Vilain, conseiller technique agricole de FNE : « Les résultats de l’étude sont sans appel : lorsqu’on prend en compte les changements d’affectation des sols (déforestation notamment), l’impact effet de serre des agrocarburants est le double de celui de l’essence ou du gasoil remplacé ! ».
Michel Dubromel, responsable des transports à FNE : « A lui seul, ce résultat suffit à démontrer qu’en aucun cas les agrocarburants ne représentent une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports routiers.»
Des importations inévitables
L’étude démontre aussi que les filières métropolitaines d’agrocarburants ont une efficacité énergétique plus faible et sont économiquement non concurrentielles vis-à-vis des agrocarburants tropicaux.
Lionel Vilain reprend : « La conséquence, c’est que l’incorporation obligatoire de 10% d’agrocarburants dans les carburants conventionnels en Europe va se traduire par une déforestation accélérée des forêts brésiliennes, malaisiennes et indonésiennes. »
FNE demande au Gouvernement de tirer les conséquences de cette étude et de renoncer à toute politique favorisant la production et l’utilisation d’agrocarburants industriels en France. -
Un nouveau lien
Un nouveau venu dans les "sites à voir" que vous propose "L'An Vert"Dans la colonne de gauche, la rubrique sites à voir vous suggère des blogs ou sites à visiter.Dans cette colonne, par un simple clic sur le nom vous basculez sur le site à voir; il en est de même pour les catégories "Notes récentes", "Catégories", "Commentaires récents".Un ajout vient d'être réalisé, il concerne biodiversité 2012.

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l'éolien à la peine
Hier, à l’Assemblée Nationale, lors de l’examen en commission des articles 34 et 35 du projet de loi grenelle II, les propositions du rapport contesté de la mission parlementaire sur l’énergie éolienne ont été intégrées au projet en commission. France Nature Environnement, la Ligue ROC et la Ligue pour la Protection des Oiseaux dénoncent l’adoption d’amendements anti-éoliens qui menacent les ambitions françaises en matière d’énergie renouvelable.
La validation d’un rapport très contesté et contestable
Le développement des énergies renouvelables constitue un enjeu industriel et écologique stratégique. L’objectif de 23% d’énergies renouvelables en 2020, qui a fait consensus lors du Grenelle de l’environnement, est désormais un engagement de la France qui veut aussi se positionner parmi les acteurs majeurs du développement durable.
France Nature Environnement, la Ligue ROC et la Ligue pour la protection des Oiseaux s’interrogent toutefois sur la volonté politique du Parlement d’atteindre cet objectif. En effet, les amendements adoptés le 30 mars par la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale risquent de porter un coup sévère à cette ambition. Il s’agirait d’appliquer aux éoliennes le régime des installations classées pour l’environnement (ICPE) et les subordonner à l’établissement d’un futur schéma régional éolien. Ceci risque de considérablement complexifier les procédures et de fragiliser le développement de l’éolien, tout en passant complètement à côté de l’objectif d’une maîtrise rationnelle du nécessaire développement de la filière.
La nécessité d’un choix clair
Les associations sont parfaitement conscientes de l’utilité de disposer d’un vrai document de planification régionale, tenant compte de la réalité
du terrain et des multiples potentialités, qu’elles n’ont cessé de réclamer. Mais elles ne veulent ni d’un document technocratique élaboré en dehors d’une vraie concertation avec tous les acteurs représentatifs, dont les associations agréées au titre de l’environnement, ni d’une procédure qui bloquerait la plupart des projets pour un long moment. L’évaluation obligatoire des projets en cours ou à venir doit au contraire être organisée de manière à contribuer à la préparation de ces schémas, et ne pas être ralentie. C’est donc la gouvernance du dossier qu’il faut profondément changer, en la portant à l’échelon départemental et régional.
En outre, et surtout pour rester cohérent, il convient d’abandonner le classement en ICPE, procédure totalement inadaptée pour gérer la question posée du choix d’implantation des éoliennes, et rejeter le seuil de puissance obligatoire pour les éoliennes à créer. Ces dispositions sont susceptibles de freiner considérablement le développement de la filière, voire de le bloquer pour longtemps, mettant les industries françaises hors jeu. Une telle hypothèse est totalement à l’opposé des engagements de la France en matière d’énergies renouvelables. -
Comment s'en débarrasser ?
Ce n'est qu'un problème de plus pour les centrales nucléaires.
Leur construction, leur fonctionnement, leur coût constituent déjà des difficultés pratiquement ingérables dans un état démocratique.
En fin de vie se pose à nouveau un casse-tête angoissant : comment s'en débarrasser?

Pour la centrale de Brennilis en Bretagne, EDF semblait bien pressée de résoudre la question, alors que les solutions techniques proposées ne répondent pas aux défis à relever.
La commission d'enquête vient d'émettre à l'unanimité un avis défavorable sur le dossier présenté. C'est un revers majeur pour EDF et pour le lobby pro-nucléaire.
Cet avis n'engage pas la décision finale, qui appartient au gouvernement. Il sera cependant difficile aux ministres de motiver une autorisation de déconstruction après la publication des arguments de la commission d'enquête.
Voici son argumentation d'après" Ouest-France":
Cet avis défavorable se base sur plusieurs lacunes du dossier. EDF justifie la déconstruction à court terme dans un argumentaire d'une seule page. « L'urgence de démanteler le bloc réacteur, confiné dans l'enceinte réacteur, largement au-dessus du niveau de la nappe phréatique, n'est pas démontrée », écrit Danielle Faysse. Elle ajoute : « Les solutions de stockage pour les déchets radioactifs à vie longue ne sont pas encore trouvées ». EDF prévoit un stockage intermédiaire sur un site dont la construction n'a pas encore été autorisée. Enfin, la conclusion dénonce le fait que « l'inventaire de l'état radiologique et chimique du site n'est pas achevé ».
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Earth Hour 2010
100 jours après Copenhague avec Earth Hour : Mobilisation planétaire pour le climat le samedi 27 mars de 20h30 à 21h30
Éteignez vos lumières !
En prenant conscience de l’urgence climatique de manière globale et collective et malgré le résultat
extrêmement décevant de Copenhague, nous devons ouvrir une nouvelle ère d’espoir face au péril
climatique. En participant à l’événement « Earth Hour », nous allons de nouveau exprimer symboliquement nos inquiétudes et notre attachement à la lutte contre le changement climatique . Plus forte sera la mobilisation, plus les gouvernements devront prendre en compte la voix des peuples lors des prochains sommets de Bonn et de Cancun.Trois actes pour faire entendre sa voix auprès des décideurs politiques et économiques :
Un événement symbolique pour une mobilisation planétaire
« Earth Hour est la plus grande manifestation en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique »
a déclaré Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies, le 29 mars 2009. Earth Hour va bien au-delà du simple fait d’éteindre les lumières pendant 60 minutes. En participant à cet événement, une nouvelle occasion de nous faire entendre nous est donnée.Le 27 mars 2010, de 20h30 à 21h30 , faites un geste pour la planète ! « Éteignez vos lumières, allumez vos consciences ! ».
Le citoyen est au centre de la mobilisation
Rejoignez-nous sur le site www.earthhour.fr et invitez votre entourage à se mobiliser le samedi 27 mars 2010. C’est en éteignant les
lumières du site ( www.earthhour.fr ) que nous montrerons notre engagement. Pour aller encore plus loin, nous avons conçu une plate-forme dédiée , afin d’inviter vos amis à cet événement et de pouvoir quantifier le nombre de personnes que vous avez réussi à recruter ! Par le biais de cette plate-forme et des réseaux sociaux , une réelle opportunité nous est donnée de partager, échanger et diffuser l’information pour créer une vraie dynamique de mobilisation ! Il ne nous reste plus qu’à appuyer sur l’interrupteur !Quand le climat nous appelle à la table du web 2.0
Cet événement ne peut se réaliser sans l’engagement de tous. Nombreux sont ceux qui souhaitent avoir des réponses à leurs questions, échanger autour des problématiques liées au dérèglement climatique ou encore savoir comment envisager la COP 16* après l’échec de Copenhague. Par conséquent, réunissons nous sur le site www.earthhour.fr pour un LiveBlogging avec nos experts du climat durant Earth Hour.
Retrouvez toutes les informations nécessaires sur : http://www.earthhour.fr/
* Convention cadres des Nations Unies sur le changement climatique qui se déroulera au Mexique.