Communiqué de Greenpeace publié le premier avril 2026
Une étude commandée par Greenpeace Allemagne montre que les compagnies pétrolières dans l’Union européenne réalisent quotidiennement 81,4 millions d’euros de sur-profits depuis le début de la guerre en Iran, comparé à leurs profits avant-guerre (1). En France, elles amassent en moyenne 11,6 millions d’euros de plus par jour. Il est urgent que les gouvernements européens taxent les profits des compagnies pétrolières pour alléger les factures d’énergie des plus vulnérables et accélérer les investissements dans des énergies renouvelables sûres, bon marché et locales.
Lire le rapport complet (en anglais)
Le rapport montre que l’augmentation des prix à la pompe est largement supérieure à celle des prix sous-jacents du pétrole brut. En d’autres termes, l’ensemble de l’industrie des énergies fossiles a vu ses profits exploser, alors que des millions de personnes peinent à payer leurs factures d’énergie. Greenpeace France appelle les gouvernements européens à introduire des taxes permanentes supplémentaires sur les profits des entreprises pétrolières et gazières (2), dont le produit serait utilisé pour réduire les factures d’énergie et accélérer l’indépendance énergétique européenne grâce à la sobriété, à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables, et à soutenir les communautés impactées par la crise climatique en Europe et dans le reste du monde.
Pour Sarah Roussel, chargée de campagne Climat et Energies fossiles à Greenpeace France : “Alors que des personnes meurent au Moyen-Orient et que des millions en Europe ont du mal à faire face à l’augmentation des prix du carburant, les gouvernements laissent les compagnies pétrolières se remplir les poches. Si les gouvernements taxaient ces profits indécents, ils pourraient fournir deux millions de pass gratuits pour les transports en commun chaque mois ou 60 euros mensuels aux 40 millions de personnes qui souffrent de précarité énergétique dans l’Union européenne.” (3)
Après l’Allemagne, c’est en France que les compagnies pétrolières tirent le plus de profits de cette guerre, grâce à la vente de diesel dont la marge a augmenté de 0,149 euros par litre.
Afin de dégager des financements pour une transition écologique à l’échelle mondiale et accélérer l’indépendance énergétique des pays, Greenpeace soutient une taxation des entreprises polluantes et des ultra-riches. Cela permettrait de financer la sortie des énergies fossiles et la réparation des pertes et dommages subis par les communautés les plus affectées par la crise climatique. Ces mesures incluent un impôt mondial sur les ultra-riches et une taxe élevée supplémentaire sur les profits des entreprises des énergies fossiles.
Notes aux rédactions :
(1) Soit 2,5 milliards d’euros en mars uniquement. Dans l’Union européenne, les compagnies pétrolières ont réalisé chaque jour en moyenne sur la période du 2 au 23 mars 2026 des profits supplémentaires de 75,3 millions d’euros sur le diesel et de 6,1 millions sur l’essence, par rapport à la période janvier-février 2026.
(2) Il s’agirait d’une taxe supplémentaire, permanente et annuelle sur tous les profits issus des énergies fossiles, pas uniquement sur les surprofits actuels. Cette taxe s’additionnerait aux taxes sur les entreprises existantes, conduisant à un taux d’imposition supérieur pour les entreprises des énergies fossiles comparé à d’autres secteurs moins polluants.
(3) Les pass régionaux ou locaux mensuels de transports dans l’Union européenne type “ticket climat” sont estimés à 40€ en moyenne, avec des prix plus bas dans les pays de l’Est et du Sud et des prix dans les pays de l’Ouest et du Nord.