30.04.2009
La PAC moins opaque
La politique agricole commune (PAC) représente plus de 10 milliards d'aide publique, et elle constitue le premier poste de dépense de l'Union Européenne.
Ces subventions aux agriculteurs sont distribuées sur des critères qui favorisent plutôt les grosses exploitations. Jusqu'à maintenant, il est n'était pas possible de connaître le montant de subvention touché par chacun. La commission européenne a exigé la transparence de la part des états. Le ministère de l'agriculture vient donc de mettre en ligne la ventilation des sommes versée, commune par commune, exploitation par exploitation. Vous pouvez consulter les chiffres sur le site du ministère (cliquez ici).
Il n'est pas vraiment intéressant de savoir ce que touche tel ou tel exploitant. Par contre, on peut noter des disparités très importantes, avec des montants qui atteignent plus de 100.000 euros par an dans notre secteur. Pour Vouziers le maximum est à 75.000 euros, mais la moyenne
est autour de 20.000 à 30.000 euros.
Ces aides bénéficient donc souvent à ceux qui ont de grosses exploitations, et ne servent pas principalement à impulser une politique agricole différente (agriculture biologique, cultures sans OGM par exemple). Une réforme de la PAC est programmée, elle était devenue indispensable depuis l'élargissement de l'UE. On peut être sûr que certains vont chercher à défendre leurs privilèges : on en a eu un avant goût lors de récents débats au sein de la FNSEA, le principal syndicat agricole.
Ces subventions constituent une aide très importante aux exportations agricoles. En cela elles déséquilibrent le marché en défaveur des pays du tiers-monde. Les agriculteurs des pays pauvres n'ont pas de telles subventions, et ils ne peuvent pas lutter contre les importations. C'est
ainsi que les paysans du Sud sont contraints de quitter leurs terres, et ces pays deviennent dépendants pour se nourrir.
Voici un extrait du Figaro sur ce problème :
Si les agriculteurs perçoivent collectivement 91% de l'enveloppe de la PAC (9,5 milliards d'euros sur 10,39 milliards) à titre individuel, les montants reçus sont nettement inférieurs au groupe précédent ( l'industrie agro-alimentaire) avec cependant de fortes disparités entre paysans. 280 000 agriculteurs ont touché au titre des aides directes (premier pilier de la PAC) une moyenne de 20.396 euros par bénéficiaire. Parmi ceux-ci, 9,8% ont reçu plus de 50.000 euros d'aides, c'est-à-dire 36% des aides, tandis que 30% ont perçu moins de 5.000 euros, c'est-à-dire 2,5% des aides. Pour le développement rural (second pilier de la PAC), 228.000 agriculteurs ont perçu 1,3 milliard d'euros, y compris les contreparties nationales. La moyenne par bénéficiaire est de 5.700 euros. Une concentration que dénonce José Bové. «80% des aides vont pour 20% des exploitations, il faudrait les plafonner et changer radicalement la PAC, explique le leader écologiste. Il faudrait que la PAC prenne en compte la diversité des productions, soit respectueuse de l'environnement et encourage une agriculture qui favorise l'emploi, avec aides liées aux UTH (unité de travail humain). Enfin les aides aux entreprises doit favoriser une organisation commune des marchés européens».
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Rentabiliser l'hôpital

10:45 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hôpital, bachelot, sarkozy
29.04.2009
Non au délit de solidarité
La pétition : Modifier la loi pour supprimer le délit de solidarité
Mercredi 8 avril 2009, dans 92 villes en France, nous avons été près de 20 000 à nous présenter, affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sans-papiers en difficulté. Nous avons été 20 000 citoyens décidés à rester des « aidants » et nous exigeons que le délit de solidarité soit supprimé de notre législation
- Voulez-vous signer la pétition sur le site des délinquants solidaires ? Cliquez ici

Supprimons le délit de solidarité !
Le 18 février 2009, à 7H45, une bénévole des « Restos du coeur » et de « Terre d’errance » est placée en garde à vue. Il lui est reproché d’avoir aidé des personnes en situation irrégulière, notamment en rechargeant leurs téléphones portables, en donnant de la nourriture et des habits aux migrants présents dans la région de Calais.
Dans tout le pays, de nombreux exemples similaires touchent aussi bien des associations, des structures agréées par l’Etat, leurs agents et les bénévoles dans les missions qu’ils assument au quotidien, que des femmes et des hommes qui agissent par des gestes d’humanité pour que des personnes dans la détresse retrouvent leur dignité.
Ces cas sont emblématiques du climat d’intimidation visant à dissuader toute aide, tout geste de solidarité et de fraternité, y compris familiale, envers des étrangers en situation irrégulière. La France que nous aimons est celle qui met en avant la solidarité et la fraternité plutôt que la peur des étrangers.

Aujourd’hui, la loi punit toute personne qui aurait, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter, l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France (Article L622‐1 du Code d’Entrée et de Séjour des Etrangers). Aucune distinction n’existe entre des réseaux de passeurs qui prospèrent sur la détresse humaine et les associations, ainsi que les personnes qui agissent par solidarité et pour le respect des droits fondamentaux.
Nous, associations, syndicats, partis politiques et citoyens signataires déclarons que nous avons soutenu, soutenons ou soutiendrons des étrangers en situation irrégulière pour préserver leurs droits, leur dignité ou leur intégrité physique. Nous demandons à être solidairement poursuivis pour ce délit et le déclarerons d’abord le 8 avril, devant les palais de justice et les préfectures. La fraternité érigée aux frontons de toutes les mairies de France ne doit plus être réprimée.
Plusieurs initiatives venant de députés et de sénateurs le permettent dans les prochaines semaines. C’est notamment le cas, dès le 30 avril, lors d’un débat à l’Assemblée nationale.

- Nous exigeons que le délit de solidarité soit supprimé de notre législation.
- Premiers signataires : ACASEA / Action Consommation / ADDE (Avocats pour la Défense Des Droits des Etrangers / ADN (Association pour la démocratie à Nice) / Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme / ANPASE / Association Toits du monde – Orléans / ATTAC / ATD Quart Monde / Cimade / CLARA / Collectif SDF Alsace / Collectif Les Morts de la Rue / Comede / Emmaüs France / EMDH / Famille d’accueil du Gard / FASTI/ Fédération Sud Education / FNARS / Forum Réfugiés / France Terre d’asile / FSU/ Gisti / Groupe Gauche démocrate et républicaine assemblée nationale / Groupe socialiste, radical et citoyen à l’Assemblée nationale / Homosexualités et Socialisme / ICEM ‐ pédagogie Freinet / Information Solidarité Réfugiés / La Pastorale des Migrants / L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie / Les Alternatifs / Les Verts / Le CRAN / Ligue des Droits de l’Homme / Médecins du Monde / Migration santé Alsace / MPEF / MRAP / NPA / Osiris / Parti Communiste Français / Parti de Gauche / Parti Socialiste / Réseau Chrétien immigrés / RESF/ Revue Mouvements / Ré‐So / SALAM Nord‐Pas‐de‐Calais/ SOS Racisme / Sud Education / Syndicat des avocats de France / Syndicat de la Magistrature / Syndicat de la médecine générale / Terre d’asile / Terre d’errance / Terre des hommes / Union syndicale de la psychiatrie / Union syndicale Solidaires /
21:32 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité
28.04.2009
Premier mai: Non à la politique de la peur
Pour un premier mai unitaire.
Le premier mai 2009 va réunir les organisations syndicales, qui organisent depuis février la riposte aux mesures prises par le gouvernement. Cette unité est exceptionnelle, et en plus elle dure ce qui est encore plus remarquable.
Pour les Ardennes un rassemblement est prévu à Charleville (10 heures, place Ducale). A Vouziers, une réunion débat se
tiendra à 10h30 dans la grande salle de l'Hôtel de Ville, comme tous les ans. Elle sera suivie par un hommage au Docteur Denis, qui a été très engagé dans la politique sociale de la ville, et aux militants locaux qui nous ont quittés.
La section vouzinoise de la ligue des droits de l'Homme s'associe à l'appel national "non à la politique de la peur".
Cette initiative veut dénoncer le climat sécuritaire qui règne dans notre pays, et qui atteint également le champ professionnel.
La politique sécuritaire dresse les uns contre les autres, entretient un climat de délation et de méfiance. Le collectif juge qu'à l'inverse, c'est du lien social, de la solidarité qu'il faut recréer. C'est pour cela que la date du premier mai a été choisie, pour faire converger cette lutte à celle des syndicats.
La section locale de la Ligue des Droits de l'Homme appelle à un rassemblement à 10 heures devant la sous-préfecture de Vouziers.
Ceux qui le souhaitent pourront bien sûr rejoindre la réunion à la mairie à la suite.
21:09 Publié dans social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : premier mai, ldh, social, sécuritaire
27.04.2009
Chômage : la hausse continue
La hausse du chômage devient habituelle de mois en mois, et même le gouvernement affirme que cela va se poursuivre. En effet, si on est optimiste, l'économie pourrait redémarrer en 2010. Mais les embauches ne suivraient pas immédiatement, il est donc certain que le chômage ne baissera pas avant 2011.
En France, il y a donc 3,7 millions de personnes à la recherche d'un emploi à la date de fin mars(chiffres officiels) . Pour les Ardennes, le mouvement va dans le même sens, et on compte maintenant 19.000 personnes à la recherche d'un emploi dans notre département.
Voici les chiffres plus détaillés repris de Boursorama.com
Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi de catégorie A s'établit à 2 448 200 en France métropolitaine fin mars 2009, d'après les données communiquées ce soir par le Ministère de l'Emploi. Ce nombre augmente par rapport à la fin février 2009 de +2,7%, soit +63 400. Sur un an, il croît de 22,1%.
Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi de catégories B et C s'établit à 1 032 500 en France métropolitaine fin mars 2009. En mars, le nombre de ceux de catégorie B augmente de 3,2% (+6,2% sur un an) et le nombre de ceux de catégorie C se replie de 0,2 % (-10,2% sur un an).
Au total, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi de catégories A, B, C s'établit à 3 480 700 en France métropolitaine fin mars 2009 (3 688 000 en France y compris Dom). Ce nombre croît de 2,3% (+77 000) au mois de mars. Sur un an, il augmente de 13,3%.
22:22 Publié dans social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chômage
Premier mai avec la LDH
Premier Mai : Arrêtons le massacre ! Ensemble contre la casse sociale et le sécuritaire
Le collectif « Non à la politique de la peur » appelle à l'organisation de rassemblements communs le Premier mai pour que convergent les talents et les efforts de celles et ceux qui s'opposent aux avancées sécuritaires et autoritaires du gouvernement, qu'elles se déploient sur un terrain général ou sur le champ professionnel.
Relayant cette initiative, la section LDH de Vouziers invite à :
un rassemblement devant la sous-préfecture
le Vendredi 1er mai à 10h.

22:02 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ldh, premier mai
26.04.2009
Travailler le dimanche
Le gouvernement s'acharne à déréguler le marché du travail . Il laisse ainsi pleins pouvoirs aux employeurs, les salariés n'ayant pas souvent les moyens de refuser . Après la fin des 35 h et le bonus aux heures supplémentaires ( travailler plus pour gagner plus !), voici le travail du dimanche qui revient sur le devant de la scène politique. Ce projet avait été abandonné devant de nombreuses réactions hostiles.
Brice Hortefeux, l'ami sincère de Nicolas, remet le projet à l'ordre du jour du parlement, car notre président y tient beaucoup.
Voici le point de vue du JDD
Abandonnée fin 2008 en raison d'une trop grande contestation, y compris à droite, la question du travail dominical va faire son retour dans
l'arène politique. Cet été, le Parlement devra examiner une nouvelle proposition de loi. Brice Hortefeux l'a annoncé ce dimanche, affirmant que le gouvernement ne cherche pas à "remettre en cause le repos dominical".
A moins d'une semaine d'un 1er-Mai qui s'annonce offensif dans les rues du pays (lire: Avant un 1er-Mai massif, le climat social se tend), le gouvernement jette un nouveau pavé dans la mare. Invité ce dimanche du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, Brice Hortefeux a remis sur la table l'épineuse question du travail dominical. Abandonné en décembre dernier en raison de trop nombreuses oppositions, y compris à droite (lire: Le travail dominical attendra), le projet, ardemment soutenu par Nicolas Sarkozy, va pourtant faire son retour devant le Parlement. "En juillet" plus précisément - et sous forme de proposition de loi - a dévoilé le ministre des Affaires sociales. Une période où, traditionnellement, les polémiques sont, vacances obligent, moins virulentes qu'à une autre période de l'année...
21:08 Publié dans social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travail du dimanche
25.04.2009
EPR validé par le conseil d'état
Le conseil d'état, la plus haute juridiction administrative française, vient de rejeter le recours contre la construction d'un EPR à Flamanville. Plusieurs associations avaient tenté d'interdire la construction de cette centrale atomique de nouveau type.
Elles s'appuyaient sur les danger de l'exploitation et sur l'incapacité à gérer les déchets de cette industrie. Le conseil d'état a donc rejeté ces arguments, validant ainsi la construction de la centrale.
Depuis, Nicolas Sarkozy a décidé de construire une deuxième centrale de même type (pas à Chooz, mais à Penly).
Voici la réaction de Greenpeace (extrait) :
Le Conseil d'Etat soutient également que les rejets supplémentaires de tritium ont suffisamment été étudiés, mais cela ne règle pas la question. L'EPR rejettera bien d'avantage de tritium dans l'environnement ! Pendant longtemps l'industrie nucléaire avançait que cet élément radioactif n'avait aucune conséquence sur la santé. Or, il est prouvé depuis peu que le tritium se fixe sur l'ADN et qu'il
peut donc entraîner des modifications génétiques et des malformations.
La plus haute juridiction administrative estime par ailleurs que les questions relative à la gestion des déchets a elle aussi été suffisamment étudiée, alors que Greenpeace a montré que les déchets générés par l'EPR seraient 7 fois plus dangereux que ceux produits par les réacteurs précédents. Rien d'étonnant dans le pays du tout nucléaire !
22:58 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : epr, écologie
24.04.2009
Non à la politique de la peur
Un Appel du collectif « Non à la politique de la peur »
Le collectif « Non à la politique de la peur » appelle à l’organisation de rassemblements communs le Premier mai pour que convergent les talents et les efforts de celles et ceux qui s’opposent aux avancées sécuritaires et autoritaires du gouvernement, qu’elles se déploient sur un terrain général ou sur le champ professionnel.
La LDH a largement participé à cette construction des convergences et invite ses sections à y prendre toute leur place. Toute collaboration, toute participation est la bienvenue et la LDH mettra tout en œuvre pour les susciter et élargir encore ce rassemblement.
L’initiative du Premier Mai vise à créer les conditions d’une rencontre militante des appels et réseaux mobilisés sur des terrains et préoccupations très convergentes en affichant une articulation avec le mouvement social et syndical. En participant le matin à ce temps de rencontre et de visibilité, la LDH travaille à cette complémentarité : créer les conditions d’un travail convergent au-delà d’un Premier mai par ailleurs exceptionnel du fait de l’unité syndicale.
Arrêtons le massacre !
Ensemble contre la casse sociale et le sécuritaire
Là où nous sommes, nous sommes divers. Chacun de nous a ses engagements, son métier, son éthique de professionnel et de citoyen. Chacun des collectifs, chacune des organisations associatives, syndicales, politiques a ses orientations et ses priorités.
Mais nous sommes confrontés au même rouleau compresseur, à la déconstruction des rapports sociaux, des services publics, des garanties des libertés. Opposer les individus les uns aux autres, exploiter la peur, organiser la surveillance, la délation, l’intimidation, traquer les diffuseurs de solidarité, c’est préparer la « guerre de tous avec tous ». Pour nous, l’Etat sécuritaire n’est pas la solution, mais le problème.
Nous refusons cette destruction du lien social qui attise tous les conflits et qui est porteuse de violences d’Etat comme de violences sociales. Nous refusons le populisme sécuritaire qui désigne des boucs émissaires à la colère des victimes de la « pwofitasyon ». Nous voulons en finir avec ces « contre-réformes » qui, loin de répondre à la crise, en aggravent les effets délétères sur le vivre ensemble. Pour les remplacer par les vraies réformes, urgentes et nécessaires au retour du progrès social et de l’état de droit.
Nous appelons à la construction, face à la crise sociale et aux contre-réformes sécuritaires, d’une société de solidarités, d’égalité et de garanties effectives des libertés individuelles.
Nous en appelons à une conception du Politique qui, au lieu de se nourrir de la fragmentation sociale, place au cœur de l’éthique démocratique la construction de nouvelles solidarités sociales et citoyennes.
Luttons tous ensemble
- Contre la politique de la peur, contre la nuit sécuritaire
- Contre une société de surveillance
- Pour la défense de la citoyenneté et des professionnalités
- Pour la défense du service public, notamment de l’Hôpital public et du - service public de santé
Imposons un moratoire à la politique gouvernementale
Appelons à un débat démocratique national
Notre volonté est de construire une convergence des collectifs de luttes et des organisations qui les soutiennent, simplement en agissant ensemble au même moment !
Nous appelons tous les citoyens qui partagent cette volonté et cet espoir à se rassembler dans la matinée du vendredi 1er mai, devant l’Assemblée nationale et devant les préfectures de tous les départements, pour porter leurs revendications communes.
22:55 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : premier mai, libertés, citoyenneté
L’homme qui menaçait les Etats-Unis
Depuis le 11 septembre, les services de sécurité des Etats-Unis sont de plus en plus paranoïaques. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont sur des listes qui leur interdisent de rentrer aux Etats-Unis, ou même de survoler leur territoire.
Ces listes sont établies dans un manque de transparence total, et il n'est bien sûr pas possible d'y avoir accès ou de les rectifier. Vous lirez ci-dessous ce qui s'est passé lors d'un vol Paris-Mexico. A force de vouloir contrôler un maximum de personnes, le risque est de ne plus contrôler rien du tout, à moins de rentrer dans un système où les liberté individuelles sont gravement atteintes.
Voici l'article du"Monde diplomatique" qui relate les faits :
Samedi 18 avril 2009. Dans cinq heures, le vol Air France 438, en provenance de Paris, atterrira à Mexico. Soudain, la voix du commandant de
bord annonce que les autorités américaines interdisent à l’appareil le survol de leur territoire – où il n’est nullement prévu qu’il atterrisse. Parmi les voyageurs, figure une personne qui pose problème « pour des motifs de sécurité nationale ». Le Boeing 747 est dérouté. Son nouveau trajet étant beaucoup plus long, l’avion se pose à Fort-de-France pour refaire le plein de carburant.
Après l’escale en Martinique, le copilote aborde discrètement un passager. « Etes-vous M. Hernando Calvo Ospina ? » Recevant une réponse affirmative, il l’entraîne à l’arrière de l’appareil et lui annonce qu’il est le « responsable » du « détournement ». Colombien exilé en France, journaliste, écrivain, collaborateur du Monde diplomatique, Calvo Ospina se rend au Nicaragua pour ce mensuel. Il a publié de nombreux ouvrages (1) et articles dénonçant la politique du président Alvaro Uribe, le paramilitarisme, le rôle des Etats-Unis en Amérique latine. Comme tout journaliste travaillant sérieusement sur la Colombie, il a eu l’occasion d’interviewer des membres de l’état-major des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). « Ma première réaction, témoigne-t-il, fut d’interroger le co-pilote : “Vous croyez que je suis un terroriste ? ” Il me dit : “Non, et c’est pour cela que je vous préviens.” Il me demanda de ne rien dire à personne, y compris au reste de l’équipage (2). »
Lors de l’arrivée à l’aéroport de Mexico, avec six heures de retard, Calvo Ospina est intercepté, à la demande des autorités américaines, par des fonctionnaires de police mexicains. Ayant en leur possession une douzaine de feuilles sorties d’une base de données, ceux-ci l’interrogent courtoisement, lui expliquant que, depuis le 11-Septembre, les Etats-Unis ont, dans ce domaine, multiplié leurs demandes de « collaboration ».
Le journaliste doit, entre autres choses, préciser s’il est… catholique. « Je répondis que non, mais que je n’étais pas non plus musulman, connaissant la “dimension dangereuse” qu’a pris cette croyance religieuse aux yeux de certaines polices. » S’il sait utiliser des armes ? « Je n’ai même pas fait le service militaire. Mon unique arme c’est l’écriture. » Relâché le dimanche, à deux heures du matin, il pourra repartir sans problème pour Managua.
Ce détournement paranoïaque, en plein ciel, d’un avion de ligne, au prétexte de la présence d’un passager ne présentant aucun danger – avec un coût faramineux pour Air France (carburant, heures supplémentaires de l’équipage et logement à Mexico des nombreux passagers ayant raté leur correspondance) – attire à nouveau l’attention sur l’accord Bruxelles-Washington qui fait obligation aux compagnies aériennes de permettre au Département à la sécurité intérieure américain un accès électronique à leurs données passagers (Passenger Name Records ; PNR). Beaucoup s’imaginent que cette surveillance ne concerne que les vols à destination des Etats-Unis. Il n’en est rien. Les « services » américains s’intéressent aussi, sans qu’ils le sachent, aux voyageurs de tout avion survolant – quand bien même il ne s’y pose pas – eaux territoriales et territoire américains. Big Brother is, plus que jamais, watching you !
21:55 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, terrorisme


