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liban

  • Défendre les droits des peuples palestiniens et libanais au sein de l’UE

    Lettre ouverte adressée à la présidente de la Commission européenne, à la haute représentante aux affaires étrangères de l’UE et aux ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE

    Madame la présidente Von der Leyen,

    Madame la Haute représentante/vice-présidente Kallas,

    Mesdames et Messieurs les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE,

    Nous, organisations humanitaires et de défense des droits humains et syndicats soussignés, vous écrivons face à l’escalade de la répression brutale et des politiques d’annexion illégales menées par les autorités israéliennes en Palestine, ainsi qu’aux violations du droit international humanitaire (DIH) en Palestine et au Liban. Nous vous exhortons à adopter les mesures, attendues depuis trop longtemps, proposées par la présidente Von der Leyen en septembre 2025, notamment la suspension de l’accord d’association UE-Israël, ainsi que toute autre mesure nécessaire au respect du droit international, y compris l’interdiction du commerce avec les colonies israéliennes illégales et la suspension de tous les transferts et transits d’armes vers Israël.

    Déjà en juin 2025, l’UE avait constaté qu’Israël violait l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël, qui qualifie le respect des droits humains et des principes démocratiques d’« éléments essentiels » du traité. Les actions menées par les autorités israéliennes en Israël, dans l’ensemble du territoire palestinien occupé et au Liban aggravent encore cette violation et causent d’immenses souffrances à des millions de personnes dans toute la région. Le mois dernier, la Knesset israélienne a adopté une loi discriminatoire sur la peine de mort qui en élargit considérablement le champ d’application, visant de fait la seule population palestinienne. Cette loi constitue non seulement une violation flagrante des droits à la vie et à un procès équitable du peuple palestinien, mais elle vient également s’ajouter à l’ensemble croissant de lois et de politiques discriminatoires mises en œuvre par les autorités israéliennes à leur encontre. La Cour internationale de Justice a jugé, dans son avis consultatif de juillet 2024, que ces mesures violaient l’article 3 de la Convention relative aux droits de l’homme (CERD), qui interdit la ségrégation raciale et l’apartheid. De nombreux organes et experts des Nations Unies, des organisations palestiniennes, israéliennes et internationales de défense des droits humains, ainsi que d’éminents juristes, ont également démontré comment ces politiques et lois s’apparentent au système et au crime contre l’humanité qu’est l’apartheid.

    En Cisjordanie occupée, Israël accélère sa politique d’annexion illégale et intensifie la répression et les graves exactions commises contre la population palestinienne. Depuis le début du conflit avec l’Iran et le Liban, la situation s’est considérablement aggravée. Depuis le 28 février, les autorités israéliennes imposent des restrictions de circulation strictes dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés. Outre les points de contrôle déjà existants, des dizaines de nouvelles barrières routières ont été installées par les autorités israéliennes en Cisjordanie depuis octobre 2023. La plupart sont désormais fermées, ce qui entrave fortement l’accès de la population palestinienne à ses terres, ses lieux de travail, ses écoles, ses services de santé et aux services d’urgence. De plus, les forces israéliennes et les colons soutenus par l’Etat ont multiplié les attaques contre les Palestiniennes et Palestiniens, avec plus de 200 attaques recensées pour le seul mois de mars, dont des cas d’agressions sexuelles. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les forces israéliennes et les colons ont tué 34 Palestiniens, dont sept enfants, et en ont blessé 771, dont 97 enfants. Les attaques visent de plus en plus les grands villages palestiniens de la zone B et se propagent à travers la Cisjordanie. Depuis octobre 2023, les violences perpétrées par les colons avec le soutien de l’Etat ont entraîné le déplacement de 38 communautés palestiniennes entières. Moins de trois mois après le début de l’année 2026, 1 700 Palestiniennes et Palestiniens avaient déjà été déplacés, un chiffre supérieur au total enregistré pour l’ensemble de l’année 2025. L’impunité reste la norme pour les colons violents : selon les ONG israéliennes, seulement 3 % des affaires aboutissent à une condamnation, même partielle. À l’inverse, le taux de condamnation des Palestiniens par les tribunaux militaires atteint 99 %.

    Cette violence de plus en plus meurtrière, orchestrée par les colons avec le soutien de l’Etat, va de pair avec l’accélération de l’expansion illégale des colonies et les politiques d’annexion mises en œuvre par un ensemble de mesures récemment adoptées par Israël.

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  • Le Liban, pris au piège d’une guerre imposée

    Éditorial de Cartooning for Peace du 02.04.2026

    Le conflit en Iran, déclenché il y a plus d’un mois par les États-Unis et Israël, a remis de l’huile sur le feu du conflit entre le Liban et Israël. Le Hezbollah, agissant en soutien à Téhéran, a multiplié les tirs de roquettes et de drones dès le début du mois de mars. En réponse, l’armée israélienne a multiplié les frappes et lancé une invasion terrestre massive au Sud-Liban. Officiellement, l’objectif est de sécuriser la zone frontalière, en proie aux tirs incessants depuis octobre 2023. Cependant, l’ampleur des destructions et l’installation de structures militaires font craindre une volonté d’occupation prolongée, voire d’annexion de fait d’une « zone sécurisée ». Le conflit a déjà causé plus de 1200 morts et le déplacement d’un million de personnes, selon le gouvernement libanais et les agences de l’ONU. Tandis qu’Israël cherche à démanteler définitivement le Hezbollah, comme il a cherché à le faire avec le Hamas à Gaza, le Liban s’enfonce dans une grave crise humanitaire.

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  • Au Liban, les soignants et les hôpitaux ciblés par Israël

    Communiqué d'Amnesty International, publié le

    Les populations civiles libanaises sont prises en étau entre les frappes d’Israël et celles du Hezbollah. Les professionnel·les de santé libanais, qui risquent leur vie pour sauver celles des autres, sont ciblés par Israël. Plusieurs dizaines d’entre elles et eux sont morts en quelques semaines. Ces frappes israéliennes doivent faire l’objet d’une enquête pour crimes de guerre.  

    Les attaques israélo-américaines et les répliques iraniennes du 28 février 2026 ont entrainé une escalade du conflit dans tout le Moyen-Orient. Le Liban est particulièrement impacté.  

    En réaction à l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei, le Hezbollah (organisation chiite libanaise) a lancé une nouvelle série d’attaques contre Israël le 2 mars. L’armée israélienne a alors annoncé sur X que ses forces frappaient des cibles du Hezbollah au Liban dans le cadre de l’opération « Rugissement du lion ».  

    Dans les jours qui ont suivi, Israël a mené des centaines de frappes à travers le pays et diffusé des ordres d’évacuation massive qui ont entrainé la peur, la panique et une grave crise humanitaire au Liban.  

    Les populations civiles sont les principales victimes de ces attaques. Et les professionnels de santé, qui risquent leur vie pour sauver celles des autres, sont ciblés par l’armée israélienne. 

    Des professionnel·les de la santé ciblé·es par les frappes israéliennes 

    Entre le 2 et le 15 mars 2026, l’Organisation mondiale de la Santé a comptabilisé 28 attaques contre des établissements de santé au Liban, faisant 30 morts et 35 blessés. Le lendemain, le 16 mars 2026, le ministère libanais de la Santé publique a quant à lui dénombré 40 soignants qui ont été tués et 96 blessés.  

    L’Autorité islamique de santé est particulièrement visée par les tirs israéliens. Cette institution civile, affiliée au Hezbollah, fournit des services médicaux et d’urgence à travers le Liban en collaboration avec le ministère de la Santé et l’Association des scouts islamiques Risala.  

    Un ambulancier de la Croix-Rouge libanaise a également été tué par une frappe israélienne. Le ministère a ajouté que cinq hôpitaux ont été contraints de fermer. 

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  • « Les herbicides sont une arme » : Israël bombarde le Liban et la Syrie avec du glyphosate

    Article de Philippe Pernot publié par Reporterre le 10.02.2026

    L’armée israélienne a procédé à des épandages d’herbicide début février sur ses frontières avec le Liban et la Syrie. Ces tactiques suscitent l’indignation et interrogent : jusqu’où ira Tsahal dans son « écocide » ?

    Cinquante ans après la guerre du Vietnam, l’agent orange a trouvé un successeur : le glyphosate. L’armée israélienne a répandu ce puissant herbicide, interdit dans plusieurs pays pour ses effets cancérigènes, le long de ses frontières avec le Liban et la Syrie dimanche 1er février. Les casques bleus de l’ONU au Liban-Sud ont dû se mettre à couvert pendant neuf heures après avoir reçu un avertissement d’Israël : des avions israéliens ont répandu des « substances toxiques » sur des terrains boisés, oliveraies et vergers libanais pendant une journée entière.

    Dès les premières heures, le Liban — régulièrement en proie aux bombardements israéliens malgré le cessez-le-feu signé en novembre 2024 — a été pris d’effroi. Le président Aoun a dénoncé cette pulvérisation comme étant « une violation flagrante de la souveraineté libanaise et un crime contre l’environnement et la santé ». L’ONU dénonçait elle aussi cet épandage, en attendant les résultats de laboratoire. L’armée israélienne, contactée par Reporterre, n’a pas donné suite. Après des tests, la substance suspecte a été clairement identifiée.

    « Il s’agit à 100 % de glyphosate, qui dépasse de 30 à 50 fois les doses habituelles utilisées dans l’agriculture », dénonce le ministre libanais de l’Agriculture, Nizar Hani, dans un appel avec Reporterre. Cet herbicide chimique aurait affecté une zone de 18 km de long et 300 m de large, soit au moins 540 hectares, autour de Aïta al-Chaab et Marwahin, villages frontaliers que Reporterre a visités à plusieurs reprises.

    Tactiques nouvelles au Liban et en Syrie

    « Cette attaque peut créer des dommages importants, surtout à des concentrations aussi élevées : nos oliviers, vergers, et chênes peuvent s’assécher et mourir en quarante-huit heures », s’indigne le ministre. Plus tard, il nous transmet des vidéos d’agriculteurs filmant leurs oliviers et champs jaunis. « Il est difficile pour nous d’accéder à ces zones, elles sont restreintes militairement, et seuls quelques habitants y restent : c’est l’armée libanaise et l’Unifil (Force intérimaire des Nations unies au Liban) qui ont collecté les échantillons », explique-t-il.

    Pour le ministre, la tactique israélienne est claire. « Israël utilise maintenant le glyphosate, comme le phosphore blanc et les démolitions, pour détruire le couvert qu’offrent les arbres aux combattants du Hezbollah », commente-t-il. Une étape de plus dans cet « écocide » que dénonce la société civile libanaise au Liban-Sud, après trente mois de guerre.

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  • Liban : un cessez-le-feu encourageant bien que fragile

    Edito de Cartooning for Peace du 28 novembre 2024

    Un cessez-le-feu, négocié sous la supervision des États-Unis et de la France, est entré en vigueur mercredi 27 novembre entre Israël et le Liban, après deux mois de guerre ouverte et plus d’un an de combats frontaliers. En 13 mois, plus de 3 800 personnes ont été tuées au Liban et des centaines de milliers ont été déplacées. Côté israélien, on compte 120 victimes et quelques milliers de déplacés. Si le Hezbollah considère ce cessez-le-feu comme une victoire, il se dit prêt à réagir en cas d’agression israélienne. Même chose pour Israël qui menace de frapper si le Hezbollah viole l’accord de trêve. Pour l’heure, c’est un grand soulagement : beaucoup de Libanais exilés reprennent depuis mercredi la route de leurs foyers abandonnés.

    Selon l’accord de cessez-le-feu, l’armée israélienne a 60 jours pour se retirer de la zone et laisser place à l’armée libanaise et aux forces de l’ONU. Pour rétablir sa souveraineté, le Parlement libanais va devoir nommer un nouveau président de la République le 9 janvier. La trêve demeure toutefois très fragile : le Premier ministre israélien a déclaré vouloir se focaliser sur Gaza et sur l’Iran… En attendant l’investiture de son ami Donald Trump en janvier prochain.

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  • Israël, Gaza, Liban… Mettre des mots sur l’horreur est un droit

    Communiqué LDH le 5 novembre 2024

    « La première victime de la guerre, c’est la vérité ». On ne connaît pas avec certitude l’auteur de la citation. En revanche, on sait sans l’ombre d’un doute qu’elle se vérifie, encore et toujours plus, à chaque conflit armé. L’actuelle offensive militaire d’Israël menée en Cisjordanie occupée, à Gaza, au Liban, en Iran… illustre, hélas, qu’à une époque où la communication n’a pas de frontières, la vérité est prise pour cible sur les lieux du conflit – ce dont témoignent le blocus médiatique imposé par Israël et les 182 journalistes tués à Gaza – tout comme elle est déniée aux opinions publiques.

    Cela se vérifie en France où, tournant le dos aux vérités, une série d’acteurs politiques, religieux, communautaires, servent de relais actifs à la vision de l’extrême droite israélienne. Pour cela, ils multiplient les initiatives visant moins à cristalliser la sympathie qu’à délégitimer toute parole adverse, empêcher toute mise en débat, toute tentative d’analyse. Il s’agit là de faire disparaître la catastrophe humaine et politique en cours, la rupture radicale d’avec le cadre international mis en place à l’issue de la Seconde guerre mondiale par un pays qui se réclame de la démocratie.

    On a ainsi entendu un grand rabbin de France exprimer, toute honte bue et à plusieurs reprises, sa volonté de voir l’armée israélienne « finir le job », justifier le massacre de civils, de femmes et d’enfants en en rejetant la seule responsabilité sur le Hamas, ignorer superbement les éléments de base du droit humanitaire international.

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  • Proche Orient : le cycle infernal de la guerre

    Edito de Cartooning for Peace du Jeudi 03 octobre 2024

    En quelques jours, la guerre au Proche-Orient s’est brusquement intensifiée. L’opération israélienne visant à détruire le Hezbollah au Liban, débutée par l’explosion des bipeurs et l’élimination de son chef, s’est transformée en opération terrestre accompagnée de bombardements nourris. Israël maintient par ailleurs la pression sur une bande de Gaza en ruines, où le Hamas détient toujours des otages.

    L’Iran, le plus puissant adversaire d’Israël et principal soutien du Hamas et du Hezbollah, a fait la démonstration ce 1er octobre de son implication et de sa force par « une pluie de missiles » en représailles, largement contrée par les défenses israéliennes. Les premières victimes de cette escalade sont sans conteste les populations civiles : les centaines de milliers de déplacés de part et d’autre des frontières et les nombreuses victimes collatérales des bombardements.

    Si la communauté internationale appelle de nouveau à une désescalade urgente, la perspective d’un cessez-le-feu n’est jamais parue aussi lointaine.

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