ATTAC est en France un des principaux défenseurs de la taxation des transactions financières. A l'heure où le candidat UMP tente de reprendre la main par tous les moyens, rien ne devrait nous étonner de sa part ; on est malgré tout un peu surpris qu'il devienne favorable à cette taxe.
Voici l'analyse d'ATTAC sur ce "changement" brutal
Henri Guaino annonçait le vendredi 6 janvier au matin à BFM une taxe Tobin française avant la fin
2O12. De qui se moque le gouvernement ? Il y a à peine un mois le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, s’opposait au vote par le Sénat d’une telle taxe, estimant que la France "ne peut légiférer seule" car ce serait "contre-productif" et cela "nuirait à la place financière de Paris".
Depuis deux ans déjà Nicolas Sarkozy orne ses discours d’envolées lyriques sur la taxe Tobin. Il avait promis que le G20 de Cannes marquerait une avancée décisive : l’échec a été total. Aujourd’hui, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, il prétend la décider seul, éventuellement avec l’Allemagne. Cette annonce est purement opportuniste : elle ne vise qu’à atténuer l’effet désastreux de l’annonce de la TVA « sociale », dont chacun sait qu’elle frappera d’abord les couches populaires. Elle manque totalement de crédibilité : contrairement à ce qui se fait toujours avant d’introduire un nouvel impôt, tout indique que Bercy n’a mené aucune étude sérieuse de faisabilité pour préparer la mise en place d’une telle taxe au plan français.
Tous les actes de Nicolas Sarkozy – réformes fiscales, réforme des retraites, sauvetage des banques sans contrepartie, casse des services publics… - montrent qu’il gouverne pour la finance. Rappelons également que Nicolas Sarkozy a supprimé en 2008 l'impôt de bourse, qui taxait à la Bourse de Paris les transactions sur actions au taux de 0,3%. Nicolas Sarkozy joue donc de façon indécente avec le symbole de la taxe Tobin pour tenter de redresser son image de Président des riches. La manipulation politique est trop grossière pour que les citoyens se laissent abuser.
La taxe Tobin est possible dès 2012, en Europe, au taux de 0,1%, en incluant les produits dérivés et (contrairement au projet de la Commission européenne) les transactions sur les devises, pour freiner fortement la circulation des capitaux et la spéculation et pour financer les biens publics mondiaux, à commencer par la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. La France pourrait bien sûr montrer l’exemple. Mais il faudrait une volonté politique, pas un bluff médiatique.
Attac France,
Paris, le 6 janvier 2012
En cadeau ce lien vers l'avis d'un bon spécialiste de la question


Jean-Luc Warsmann, le député UMP sortant ne doit pas être très inquiet pour sa réelection. Déjà largement en tête au dernier scrutin, il a pu constater depuis des semaines qu'aucun candidat du PS ne semblait intéressé pour se présenter contre lui. Sans candidat du principal parti d'opposition, Jean-Luc Warsmann pouvait s'attendre à une victoire facile, probablement au premier tour.
Malgré les hésitations de celui-ci, et malgré les obstacles qu'il lui reste à franchir, il semble bien que ce soit cette solution qui finisse par émerger. C'est une personnalité locale, bien implantée, et qui a donc des soutiens de poids ( Même si J-Paul Bachy n'est pas officiellement membre du PS, son influence reste grande chez beaucoup de militants locaux).