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Paris la blanche

Lidia Leber Terki met beaucoup d'elle-même dans ce premier long-métrage qui nous fait traverser la Méditerranée, comme tous ces immigrés qui passent d'Algérie en France. Le film relate le voyage de Rekia qui quitte sa Kabylie pour tenter de retrouver son mari. Celui-ci est parti depuis de très longues années en France pour travailler dans le bâtiment. Mais depuis sa retraite, il ne donne plus de nouvelles. Et Rekia veut le revoir pour le convaincre de revenir au pays.

La réalisatrice explique dans "Allocine" son parcours personnel qui résonne avec celui de ces migrants de générations successives. "Je venais de perdre mon père et, même si ces pages ne racontaient pas son histoire, cela m'a renvoyée à ses origines, et donc aux miennes. Algérien, né en Kabylie, sous la colonisation, mon père a épousé ma mère française à la fin des années 50. Elle a vécu en Algérie durant dix ans par amour. Je suis née là-bas. Nous sommes venus en France quand j'avais trois ans. Je suis sûrement le parfait produit de ce qu'on appelle une intégration réussie, celle de mon père, jusqu’à en oublier mes propres origines. Ma grand-mère kabyle, que j’ai peu connue, se prénommait Rekia, et c’est terrible, car je l’ai appris très récemment ; alors j’ai donné son prénom au personnage principal du film."

 

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Lidia Leber Terki ajoute a propos de son film :  "L’amour est assez rare dans les films qui traitent de l’immigration algérienne en France. Quand j’ai lu ces pages, cela a été évident pour moi qu’il fallait que je développe et m’approprie cette histoire. On ne parlait pas encore autant des Syriens. Les arrivées en Italie commençaient à peine. Je me suis dit : "C’est la même histoire qui se répète". J'ai toujours voulu faire un film qui englobe toutes les immigrations."

Paris la blanche était projeté au cinéma "Les Tourelles" dans le cadre de « Lumières de Femmes », festival qui souhaite mettre à l'honneur les réalisatrices de cinéma.

La salle Robert Guédiguian était bien remplie pour cette projection, en présence de la réalisatrice et de la déléguée aux droits des femmes et à l'égalité entre les femmes et les hommes, Anne-Marie Morais.

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Anne-Marie Morais, Lidia Leber Terki avec Manuel Sanchez (promoteur du festival "Lumières de Femmes")

Le film réussit à nous compter une histoire d'amour particulière chez ce couple séparé par l'immigration du mari, sans tomber dans le sentimentalisme. Il nous montre aussi la réalité de la vie d'immigrés, en gardant un regard positif malgré les conditions rencontrées.

La réalisatrice utilise fréquemment les plans serrés, le film repose donc sur la performance des acteurs.  Tassadit Mandi  joue le rôle principal, avec une prestation remarquable. Elle a été choisie seulement 10 jours avant le début du tournage, suite à la défection pour maladie de l'actrice pressentie. Sa composition lui a valu un prix au festival de Saint-Jean-de-Luz, voici son discours de remerciement à cette occasion.

La projection s'est prolongée par un échange entre la réalisatrice et les spectateurs présents, puis autour d'un verre dans la salle d'exposition des "Tourelles".

Le festival « Lumières de Femmes » devrait connaître des développements dans les mois qui viennent, en particulier autour du 8 mars, Journée Internationale pour les Droits des Femmes.

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