Ce mardi 12 septembre 2017, le Tribunal de Bar le Duc a jugé Jean-Pierre Simon, agriculteur à Cirfontaines, pour avoir mis son matériel agricole à disposition des personnes qui, en juin et juillet 2016, ont occupé le Bois Lejuc, près de Bure. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) y avait entrepris des travaux illégaux, préalables à la construction du site d’enfouissement Cigéo. Le délibéré est fixé au 24 octobre 2017.

Dossier vide et lourdes charges
Pour l’avocat de Jean-Pierre Simon, le dossier pénal est vide. L’Andra n’était pas propriétaire de la forêt au moment des faits (Décision du 28/02/2017).
L’Andra, n’ayant subi aucun préjudice, ne demandant aucun dommages et intérêts, semble vouloir faire de Jean-Pierre Simon le « bouc émissaire » des multiples faits d’opposition à Cigéo, portés par des milliers de personnes de tous horizons depuis deux ans.
Pour rappel : il a juste apporté sa remorque ainsi qu’une aide logistique aux centaines de personnes mobilisées dans le Bois Lejuc. C’est la première fois en France que l’on reproche à un paysan de prêter un tracteur dans une manifestation ! A savoir que le principe d’entraide et de prêt de matériel dans le monde agricole est un fait courant, nécessaire et immuable !
En attendant, les conséquences sont lourdes. Jean Pierre Simon est fortement pénalisé par le manque de son tracteur, cela ayant non seulement des incidences économiques mais aussi un impact inquiétant sur sa santé tant physique que morale.
organismes officiels, viennent de confirmer les craintes qui mobilisent une forte opposition depuis des années. En émettant de sérieuses réserves sur le dossier d’options de sûreté de l’Andra, ils confirment le caractère irréaliste du projet CIGEO. L’Agence doit revoir sa copie : architecture du stockage, neutralisation de la réactivité chimique de certains déchets, risques d’incendie, gestion de situations post-accidentelles, etc. Mais à quoi bon s’entêter sur une voie sans issue ?
gardes mobiles dépassant celui des habitants. Dans une ambiance tendue, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et a chargé violemment des militants à plusieurs reprises. La « protection » des conseillers municipaux n’est qu’un alibi : ce déploiement de force, révélateur de la militarisation du territoire qui accompagne l’implantation de CIGÉO, était avant tout destiné à impressionner les conseillers et dissuader les habitant.e.s et militant.e.s d’assister au vote. Nous saluons le courage de ceux qui ont osé voter contre l’échange du bois dans ce contexte.