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Anticor relance son combat dans l’affaire des diesels d’ultime secours

Communiqué de Sortir du nucléaire, publié le 05.01.2026

Un marché attribué à des entreprises pas assez compétentes

À la suite de la catastrophe de Fukushima en 2011, EDF s’était engagée à installer des diesels d’ultime secours (DUS) sur l’ensemble du parc nucléaire français. Du fait de son actionnariat et de son activité, la société est soumise à un régime juridique lui imposant de se conformer aux dispositions du code de la commande publique pour ses achats. Ces règles, qui visent à protéger l’argent public, garantissent que les marchés publics soient attribués aux entreprises les plus compétentes et au meilleur coût. Or, dans le cas des diesels, ce marché à un milliard d’euros aurait été découpé en plusieurs lots afin de favoriser deux consortiums d’entreprises, le Français Clemessy allié au Belge Anglo Belgian Corporation ainsi que les Américains Westinghouse et Fairbanks, moins compétents que d’autres candidats pour réaliser ce projet.

Ce choix a finalement entraîné un surcoût pour EDF et des dysfonctionnements majeurs : moteurs sous-dimensionnés, départs de feu dans plusieurs centrales, problèmes de corrosion et longues périodes d’indisponibilité.
La raison pour laquelle la Direction des achats d’EDF a choisi une société belge surtout connue pour ses moteurs de bateaux et ses marchés en Afrique et un groupe américain fragilisé et endetté n’est toujours pas claire.

 

 

Une affaire portée plusieurs fois en justice

Après une première plainte datant de 2013 classée sans suite, les entreprises concurrentes (MAN et Alstom) à celles retenues ont déposé une plainte avec constitution de partie civile en 2018 pour favoritisme. Anticor s’y est associée, estimant qu’un marché stratégique tel que celui-ci devait, outre la préservation des finances publiques, être confié aux entreprises les plus qualifiées, dans l’intérêt de la sécurité publique et de l’environnement.

La première constitution de partie civile d’Anticor dans cette instruction a été déclarée irrecevable par ordonnance du 11 décembre 2023, en raison de l’annulation rétroactive le 23 juin 2023 de l’agrément d’Anticor du 2 avril 2021 qui l’a injustement privée de nombreux dossiers. Après une année de bataille judiciaire, le tribunal administratif de Paris a finalement reconnu qu’Anticor respectait les conditions d’octroi de l’agrément et a enjoint le Premier ministre de réexaminer la demande d’agrément d’Anticor.

Le Premier ministre a fini par renouveler l’agrément d’Anticor le 5 septembre 2024 et, le 12 mars 2025, forte de ce nouvel agrément, Anticor a pu à nouveau se constituer partie civile dans ce dossier. Nous attendons désormais avec impatience que la justice fasse toute la lumière dans ce dossier ouvert depuis maintenant huit années.

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Les diesels ultime secours de la centrale nucléaire du Blayais © Radio France - Yvan Plantey

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