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israël

  • Attaques du 7 octobre 2023 : le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité

    Enquête d'Amnesty International, publiée le 11.12.2025

    Le 7 octobre 2023, le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens ont mené des attaques dans le sud d’Israël, principalement contre les populations civiles. Les conclusions de notre enquête sont implacables : les multiples violations du droit international humanitaire et des droits humains perpétrées par ces groupes armés constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Les responsables de ces atrocités doivent répondre de leurs actes devant la justice. 

     

    Mila Cohen n’avait que 9 mois. Elle est morte le 7 octobre 2023, dans les bras de sa mère, qui tentait de la protéger en se réfugiant dans une pièce sécurisée de sa maison. Ce jour-là, armés de fusils, de mitraillettes, de grenades et de lance-roquettes, les groupes armés palestiniens ont attaqué des lieux de festivités, des plages ou encore des lotissements résidentiels.  

    Les témoignages relatent des scènes d’horreur : des cadavres jonchant la route, des voitures criblées de balles et des populations pourchassées pendant leur fuite. Comme Mila, environ 1 200 autres personnes ont été tuées et quelque 4 000 autres ont été blessées lors des attaques du 7 octobre 2023. Plus de 800 d'entre elles étaient des civil·es. Au moins 36 n’étaient encore que des enfants. Ce même jour, ce sont 251 personnes qui ont été prises en otage et maintenues en captivité.

    Pendant des mois, nous avons documenté ces crimes. Amnesty International s’est entretenue avec 70 personnes, dont 17 personnes ayant survécu aux attaques du 7 octobre 2023, des membres de familles de victimes, des spécialistes médicolégaux, des membres du personnel médical, des avocat·es, des journalistes et d’autres enquêteurs·trices. Nous avons également collecté, vérifié et analysé, à l’aide d’expert·es, plus de 350 vidéos et photographies disponibles en open source afin de recouper les informations collectées.  

    Le refus des autorités israéliennes de coopérer avec notre organisation pour partager certaines informations, l’absence de preuves médico-légales suffisantes, et la réticence de beaucoup de survivant·es et de témoins à confier leur histoire à nos équipes, ont constitué des défis importants durant notre enquête.  

    Malgré ces difficultés, nous avons rassemblé un nombre important de preuves pour étayer nos conclusions. Ce travail nous a permis de documenter les crimes commis le 7 octobre 2023 et depuis. Les conclusions de notre rapport "Des civil·es pris pour cible : meurtres, prises d'otages et autres atteintes aux droits humains perpétrés par des groupes armés palestiniens en Israël et à Gaza" de plus de 170 pages, publié ce jeudi 11 décembre 2025, sont implacables : la branche armée du Hamas, la brigade Al Qassam, et d’autres groupes armés palestiniens se sont rendus responsables de meurtres, d’extermination, d’emprisonnement, de disparitions forcées, d’enlèvements, de torture et de viols ou tout autre forme de violences sexuelles... 

    Ces graves violations sont constitutives de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.  

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  • Le huitième front

    Éditorial du Monde Diplomatique de décembre 2025, par Benoît Bréville  

    Israël a perdu les faveurs de l’opinion publique américaine (lire « Même les Américains se lassent d’Israël ». Conscient du péril, le premier ministre Benyamin Netanyahou a annoncé l’ouverture d’un « huitième front », la « bataille pour la vérité », afin de reconquérir les cœurs et les esprits (1). Tel-Aviv n’avait jamais négligé ce terrain, mais ses efforts s’étaient surtout concentrés sur les médias traditionnels. Or, comme l’a expliqué M. Netanyahou lors d’une rencontre avec des influenceurs américains à New York le 26 septembre, « les armes changent avec le temps. (…) Le plus important aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux ».

    Loin d’être épargnées par la censure, les plates-formes Instagram, TikTok, X, Facebook ou YouTube ont néanmoins vu circuler des milliers de messages et de vidéos contournant le discours officiel. Journalistes indépendants, témoignages de Palestiniens, images de corps mutilés : quand ils s’informent autrement, les citoyens avalent plus difficilement que tout est permis au nom du « droit d’Israël à se défendre ».

    Tel-Aviv a décidé de reprendre la main. Il a chargé la société Clock Tower X d’inonder les réseaux sociaux américains de contenus « calibrés pour la génération Z ». Cette agence doit également créer une myriade de pages Internet destinées à orienter les réponses de ChatGPT ou Grok. Des influenceurs, rémunérés jusqu’à 7 000 dollars par publication, complètent l’opération.

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  • Gaza : enfin la paix ?

    Éditorial de Cartooning for Peace du 16.10.2025

    Après deux ans de guerre et de massacres, le cessez-le-feu à Gaza prévu par le plan Trump est entré en vigueur, provoquant des scènes de joie et de soulagement en Israël et en Palestine. Ce lundi 13 octobre, les 20 otages israéliens encore en vie ont été remis à leurs familles. Les dépouilles aussi… Les bombardements sur Gaza ont cessé et 2000 prisonniers palestiniens ont été libérés. Donald Trump, en déplacement cette semaine en Egypte et en Israël, s’est vanté avec toute la sobriété qui le caractérise d’avoir amené seul la paix au Moyen-Orient : « Il a fallu trois mille ans pour en arriver à cet instant, vous imaginez ? » a-t-il déclaré.

    La prudence reste néanmoins de mise. Si le plan de paix prévoit le retrait des forces israéliennes qui contrôlent plus de la moitié de Gaza, et le désarmement du Hamas, l’accord obtenu au forceps par Trump reste flou sur la mise en œuvre. D’autant que Benjamin Netanyahou n’est en rien disposé à voir naître un État palestinien et que le Hamas ne va pas renoncer à sa mainmise sur l’enclave. L’urgence est enfin humanitaire : les trois-quarts de Gaza sont en ruine et 10 % de la population est morte ou blessée.

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  • Israël/Gaza : un cessez-le-feu est annoncé, il ne doit pas s'agir d'un répit temporaire

    Communiqué d'Amnesty International, publié le 09.10.2025

    Un accord de cessez-le-feu a été annoncé entre Israël et le Hamas. La première phase comprendrait l'ouverture immédiate de cinq points de passage permettant l'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, la libération rapide de tous les Israélien·nes et autres ressortissants encore en vie retenus en otage à Gaza en échange de prisonniers palestiniens, et le retrait partiel de l'armée israélienne de la bande de Gaza occupée.

     

    Pour plus de deux millions de Palestinien·nes de la bande de Gaza occupée qui ont subi deux années de souffrances, de bombardements incessants et de famine systématique dans le contexte du génocide israélien, pour ceux qui sont retenus en otage par des groupes armés palestiniens et ceux qui sont détenus arbitrairement par Israël, un accord susceptible de mettre un terme aux horreurs de ces deux dernières années s’est fait cruellement attendre. Même s'il n'effacera pas tout ce qu'ils ont enduré.

    « Nous serons nombreux à scruter la suite pour être sûrs qu'il ne s'agisse pas à nouveau d'un bref répit » a déclaré Agnès Callamard. « Une trêve ou une réduction de l'ampleur des attaques, ainsi que la permission de faire entre un mince filet d'aide humanitaire à Gaza, cela n’est pas suffisant. »

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  • Israël/Gaza : deux ans après, l'horreur continue pour les otages et leur famille

    Extraits de communiqué d'Amnesty International publié le 30.09.2025

    Près de deux ans après leur capture par le Hamas, 47 personnes continuent d’être retenues en otage dans la bande de Gaza occupée, dont une vingtaine d’entre elles seraient encore vie. La prise d’otage constitue un crime de guerre. Nous demandons leur libération immédiate et sans condition. Nous réitérons également nos appels en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et exhortons à Israël de à mettre fin au génocide qu'il perpétue contre les Palestinien·nes de Gaza. Chaque instant d’inaction aggrave les horreurs auxquelles les otages et les civil·es sont confronté·es. 

     

    Après les terribles attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas, 251 personnes – pour la plupart des civils – ont été enlevées et retenues en otage dans la bande de Gaza. 48 personnes sont mortes en captivité et 47 sont encore détenues illégalement. On estime qu’une vingtaine seulement seraient en vie. Ces hommes risquent de mourir et d’être soumis à la torture ou d’autres mauvais traitements. 

    Les images et les témoignages que nous avons recueillis d’anciens otages libérés soulignent l’horreur de leurs conditions de détention et des violences subies pendant leur captivité aux mains du Hamas et d’autres groupes armés palestiniens. Ils sont clairement utilisés comme monnaie d’échange pour faire pression sur les autorités israéliennes. Cela constitue un crime de guerre.   

    Rien ne saurait justifier de prendre des gens en otage ni de maintenir des personnes en détention arbitraire pendant de longues durées sans inculpation ni procès. Le monde ne doit pas tourner le dos à l’humanité.

    Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International 

     

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  • « Gaza brûle »

    Edito de Cartooning for Peace du 18 septembre 2025

    Ce mardi 16 septembre, l’armée israélienne a lancé une offensive terrestre de grande ampleur en direction de Gaza-ville avec l’objectif « d’intensifier les frappes contre le Hamas jusqu’à sa défaite définitive ». Près de 500 000 Gazaouis, appelés à évacuer la zone, ont été contraints de fuir la ville dans le plus grand dénuement. « Gaza brûle », s’est réjoui avec un parfait cynisme le ministre de la Défense de l’État hébreu. Il faut dire que cette offensive est survenue juste après la visite du secrétaire d’État américain Marco Rubio qui promettait à Israël le « soutien indéfectible » des États-Unis…

    Alors que l’indignation de l’opinion et de la communauté internationales ne cesse de grandir, la Commission européenne durcit le ton et envisage de sanctionner Israël en taxant davantage ses produits importés dans l’UE. Plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada, la Belgique et l’Australie, ont annoncé leur intention de reconnaître l’État palestinien lors de l’Assemblée générale de l’ONU, le 22 septembre.

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  • Le sionisme et son destin

    Extrais(ts de l’article de Frédéric Lordon pour le Monde Diplomatioque, daté du 19 juin 2025 

    (...)

    En commençant par savoir quel sens on donne aux mots. On connait les multiples définitions historiques, doctrinales, du sionisme et de l’antisionisme. On peut aussi en prendre une vue conceptuelle. Par exemple, en disant ceci : par sionisme, il faut entendre la position politique qui considère que l’installation de l’État d’Israël sur une terre déjà habitée, et par expulsion de ses habitants, ne pose aucun problème de principe. Antisionisme s’en déduit comme la position politique qui considère, elle, que l’installation de l’État d’Israël en terre de Palestine pose un problème de principe. Outre sa simplicité, cette définition a pour avantage d’être ouverte, c’est-à-dire de poser un problème dont elle ne présuppose pas la solution. C’est pourquoi seul un grossier mensonge peut donner l’antisionisme pour un projet « de jeter les Juifs d’Israël à la mer ».

    En réalité, si indiscutable qu’elle ait semblé après la Shoah, la promesse sioniste de donner aux Juifs pas seulement un État, mais, comme il est coutume de le dire, « un État où ils puissent vivre en sûreté », était une fausse évidence dès le départ, en fait même une contradiction dans les termes. Il lui aurait fallu une terra nullius pour ne pas l’être. Du moment que la terre était à un premier occupant, l’État d’Israël pouvait voir le jour, mais il ne connaîtrait pas la sûreté : on ne dépossède pas les gens sans qu’ils ne se battent pour récupérer ce qui leur appartient. Alors la faillite de l’« Occident » européen s’est élevée au carré, et le meurtre industriel de masse des Juifs a été « réparé » par un aménagement politique impossible : Israël. Dont Shlomo Sand donne le terrible résumé : « Les Européens nous ont vomis sur les Arabes ».

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