La publication d'une étude de chercheurs sur le nombre de cas de leucémies chez les enfants qui vivent près des centrales nucléaires a fait naître de nombreux commentaires.
Cette étude a été menée par une équipe de l'INSERM, et peut être considérée comme sérieuse car ni la façon dont elle a été réalisée ni ses résultats ne sont contestés, que ce soit par les pro ou les anti-nucléaires.
Les résultats ont été publiés en anglais (voir ici), et sont donc assez difficiles à étudier, d'autant qu'il ne s'agit pas d'un article "grand public".( voir la note de l'INSERM)
Ce qui fait que beaucoup de commentaires se basent sur la dépêche de l'AFP, qui ne reprend qu'une partie du document.
Une première lecture rapide du texte original fait apparaître que les gros titres de la presse ne reflètent pas l'essentiel des conclusions des auteurs du travail.
La vision que l'on a, au survol des articles de presse et des commentaires, est une augmentation des leucémies, liée aux centrales nucléaires.
En fait, si l'on considère cette étude comme valable, il faut voir ce qu'elle décrit vraiment.
- Pour la période 1990-2007 qui est celle de l'étude, il n'y a pas d'augmentation des cas de leucémies près des centrales (24 cas observés, alors que dans population comparable on devrait en trouver 21 , différence trop faible pour avoir un sens).
- Cette durée a été scindée , pour étudier deux périodes :
-2002-2007 où il y a une augmentation
( 14 cas observés pour 7,4 attendus)
-1990-2001 où il y a une diminution
( 10 cas observés pour 13,6 attendus)
L'augmentation du nombre de leucémies ne porte donc que sur une faible partie de l'étude (6 ans sur 17 ). Le nombre de cas (peu élevé) ne peut pas donner une forte certitude dans l'analyse statistique.
En dehors des chiffres, les auteurs donnent leur avis sur les causes de l'augmentation des cas constatés entre 2002 et 2006. Pour eux, cette hausse n'est pas reliée aux rejets des centrales et ce pour plusieurs raisons:
- Ils considèrent que ces rejets sont trop faibles pour avoir une incidence réelle, en particulier en fonction de la radioactivité naturelle.
- Ils trouvent que les cas de leucémies près des centrales ne sont pas plus importants dans les zones où les rejets prédominent.
Les auteurs demandent donc des études complémentaires, car ils estiment que cette augmentation doit être confirmée par des études à plus grande échelle. Ils réfutent un lien entre les leucémies observées et le rejets des centrales nucléaires.
Cette étude pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. En particulier elle n'ajoute rien à la
recherche des causes des leucémies, qui sont probablement multiples (génétiques, environnementales, infectieuses ?,...)
Elle ne remet pas en cause la dangerosité des centrales, en particulier en cas d'accident, et ne se penche pas sur le transports et le stockage des déchets. Elle porte sur une période de 17 ans, mais les effets génétiques des radiations peuvent apparaître bien au-delà.
Nous sommes en présence d'un sujet qui concerne les enfants, le nucléaire, les leucémies : cet ensemble est particulièrement sensible et se prête à des présentations où le sensationnel domine le rationnel. Il semble qu'il existe assez d'arguments solides (et récents ) pour combattre le nucléaire. Il n'est pas nécessaire de monter en épingle des données qui posent des questions, mais n'apportent pas d'arguments supplémentaires pour démontrer les dangers du nucléaire.


centrales japonaises.
Bernard Laponche a parlé d’un nouveau paradigme énergétique. Il est possible très rapidement de diviser par deux la consommation d’énergie en changeant nos comportements, en améliorant l’efficacité énergétique des équipements, en assurant une gestion régionale, locale même , de l’énergie combinant les contraintes de la production et les besoins de la consommation. En 2008, la consommation moyenne mondiale par habitant était de 5,3 tonne équivalent pétrole. L’objectif pour 2050 serait de 1,5tep. Le potentiel d’économie est énorme. Depuis 30 ans, sans une politique volontariste, le Monde a économisé une année de consommation actuelle d’énergie. Les énergies de flux, renouvelables doivent se substituer aux énergies de stock, aux énergies fossiles. Aujourd’hui, déjà l’électricité dans le monde est produite davantage par des énergies de flux que par les énergies fossiles. Pour que cette révolution soit possible il est nécessaire que les citoyens soient parties prenantes des moyens de production d’énergie. Il ne suffit plus qu’ils soient de simples consommateurs mais qu’ils s’impliquent directement et les énergies renouvelables leur donnent cette possibilité. Dans les Ardennes, une coopérative, la première en France existe. Découvrez –la en allant sur son site :
D'ailleurs si Sarkozy affirme "J'ai confiance dans la sécurité du parc nucléaire français", il est obligé de demander un audit sur la sécurité des centrales, et promet de fermer celles qui montreraient des "faiblesses". Cela serait possible chez nous ?