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Prolongation des centrales : l'Autorité de sûreté nucléaire bâcle la consultation publique

Publié le 2 décembre 2020 par Greenpeace

A partir de ce jeudi 3 décembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) proposera au public de se prononcer sur les conditions du fonctionnement au-delà de 40 ans des réacteurs nucléaires. Greenpeace France juge cette consultation bien trop tardive et de pure forme, alors que 13 réacteurs ont déjà dépassé 40 ans de fonctionnement.

Au fil de plusieurs centaines de pages, l’ASN va détailler ses prescriptions de travaux et d’études afin d’autoriser EDF à faire fonctionner ses centrales dix ans de plus. C’est ce document au contenu technique que les citoyens et citoyennes sont censés s’approprier et commenter en moins de six semaines, entre le 3 décembre et le 15 janvier, en pleine période des fêtes de fin d’année.

Lors de précédentes consultations publiques, l’ASN n’a pas répondu aux commentaires, provenant parfois d’études entières d’experts internationaux, qui lui étaient adressés. Pour Roger Spautz, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France, « menée dans ces conditions, cette consultation risque de n’être qu’une mascarade. L’ASN veut appliquer un vernis citoyen à des décisions qui engagent la sécurité de toutes et tous, sans mettre en place les moyens d’un réel débat ».

Les prescriptions de l’ASN – si elles sont bien respectées par EDF – ne permettront pas aux vieux réacteurs nucléaires d’atteindre le niveau de sûreté d’un réacteur de 3e génération, comme l’EPR. « L’ASN ne prévoit pas ces mises aux normes parce qu’elles seraient trop coûteuses pour EDF, ou parce que ce n’est tout simplement pas faisable sur le plan technique », analyse Roger Spautz.

Les travaux de mise aux normes prescrits par l’ASN prendront des années. Certaines prescriptions de l’ASN ne seront donc pas respectées avant les 45 ans de fonctionnement des réacteurs, alors que ceux-ci continueront d’être exploités et de présenter un risque pour les populations et l’environnement.

Par ailleurs, l’ASN n’exige aucune évaluation environnementale pour autoriser le fonctionnement d’un réacteur au-delà de 40 ans. Greenpeace estime que cela place la France en situation d’illégalité et a donc déposé un recours contre l’ASN devant le Conseil d’Etat le 18 novembre dernier.

Même rénovées, les vieilles centrales resteront un danger car elles n’ont pas été conçues pour répondre aux enjeux du 21e siècle. Le gouvernement doit présenter un calendrier précis pour leur fermeture, afin de limiter les risques et de permettre la transition socio-économique des territoires.

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