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Erika : il y a 20 ans, Total souillait les côtes bretonnes

La marée noire, un drame humain et écologique

Lors des observations aériennes menées par les douanes et la marine, plusieurs nappes de pétrole à la dérive ont été repérées. L’une d’entre elle fait 15 kilomètres et est estimée à 3000 tonnes. Le 23 décembre 1999, les premières nappes de pétrole touchent les côtes du Finistère sud. Au final, se sont plus de 400 kilomètres de côtes bretonnes qui sont souillées. Plus de 100 000 oiseaux mazoutés ont été recueillis, mais seulement 8% d’entre eux ont pu être sauvés.

Le plan Polmar terre (pour “pollution maritime”) est déclenché. Les populations locales s’activent et se mettent rapidement en ordre de bataille. Avec des moyens et du matériel loin d’être suffisants, elles vont ramasser, frotter, gratter les littoraux qui étouffent sous le fioul lourd de Total. Une marée après l’autre, cette mélasse collante et puante ne cesse d’affluer sur les plages. Pendant plusieurs mois, ce sont les citoyen·nes qui prendront en charge le nettoyage des plages, avec l’aide de Greenpeace. Pour les habitant·es de la région, les pêcheurs, les ostréiculteurs, c’est une véritable catastrophe. Encore aujourd’hui, l’émotion est immense pour les personnes qui l’ont vécue.

Les opérations de nettoyage des côtes ont duré des mois, et se sont terminées à la fin de l’été 2000.

Total condamnée

101 parties civiles (dont Greenpeace) et plus de 50 avocats ont pris part à ce procès hors norme qui s’est ouvert le 12 février 2007 en première instance, à Paris.

L’entreprise Total qui ne pensait pas être inquiétée, en tant que “simple” affréteur, a été condamnée car elle recevait directement des informations de l’Erika et était donneuse d’ordre. Total et Rina (la société chargée des contrôles du navire) ont chacune été condamnées à l’amende maximale pour les sociétés : 375 000 euros. Total a été reconnue coupable de pollution maritime et a dû verser 171 millions d’euros de dommages et intérêts aux parties civiles et 13 millions d’euros au titre de préjudice écologique. Total ne manquera pas de faire appel de cette décision puis de se pourvoir en cassation, mais échouera à chaque fois. La catastrophe de l’Erika a permis d’inscrire le préjudice écologique dans le Code civil qui reprend le principe de pollueur-payeur.

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