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  • Féminicides, les paradoxes d’une victoire politique

    Article publié dans Le Monde Diplomatique le 15 mai 2026

    Le vendredi 8 mai, un policier municipal a utilisé son arme de service et tué son ex-compagne et leurs deux filles de 9 et 13 ans, à son domicile du Val-d’Oise, avant de se donner la mort. « Six féminicides en neuf jours », se sont alarmées des associations de défense des droits des femmes, en pointant une subite accélération du compteur que plusieurs d’entre elles tiennent à jour à travers l’Inter Orga Féminicides. Cet outil de suivi est régulièrement repris par la presse française, ce qui signale à la fois une victoire politique et sa limite. Victoire, car le mot « féminicide » a été imposé dans le vocabulaire courant et dans les médias, à l’issue d’un long parcours militant, qui a traversé plusieurs fois l’Atlantique, l’Europe à l’Amérique latine, et qu’avait retracé Laurène Daycard dans un article paru en novembre 2024. Les journalistes évitent désormais de romantiser le meurtre des compagnes ou ex-compagnes à travers le traitement de ce que l’on appelait auparavant les “crimes passionnels”. Mais lorsque la presse et le parquet s’interrogent sur l’enchaînement des évènements, les conclusions se ressemblent : en dépit des signalements ou des dépôts de plainte, la victime, et souvent avec elle ses enfants, n’ont pu être efficacement protégés. Pourquoi ?

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