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Taxonomie : une déconvenue pour la France, un recul pour l’environnement

Selon un nouveau draft publié le 31 décembre, la Commission européenne entend classer certaines activités gazières et nucléaires comme investissements “durables”.
Contrairement aux informations relayées par les soutiens de l’industrie nucléaire, cette dernière n’a pas été classée comme énergie “verte”, mais bien comme énergie de transition dans le cadre de l’article 10(2), tout comme le gaz fossile.

Cette décision est une déconvenue pour la France, qui a activement soutenu la classification du nucléaire et du gaz fossile comme énergies vertes.

Mais cela ne doit pas éclipser le fait que cette version de la taxonomie est un permis de greenwasher.

Les entreprises polluantes seront ravies d’avoir le sceau d’approbation de l’UE pour attirer des investissements afin de continuer à détruire la planète en brûlant du gaz fossile et en produisant des déchets radioactifs. La Commission a fait preuve d’un mépris choquant pour la science du climat, la nature et les générations futures. Le Parlement européen et les gouvernements doivent s’opposer à cette proposition.

Selon le document de la Commission, les projets nucléaires avec un permis de construire délivré d’ici 2045 seraient éligibles aux investissements privés et publics, pour autant qu’ils puissent prévoir des plans de gestion des déchets radioactifs et de démantèlement. Les projets gaziers avec des permis délivrés jusqu’en 2030 seraient également éligibles, à condition qu’ils remplissent une série de conditions, notamment des émissions inférieures à 270g CO₂e/kWh. Ces dispositions porteraient un coup dur à l’action de l’UE en matière de climat et d’environnement.

Plus tôt cette année, l’Union européenne avait déjà gravement sapé la taxonomie en étiquetant la combustion d’arbres à des fins énergétiques comme une autre activité durable.

Le gaz fossile est déjà la principale source d’émissions de gaz à effet de serre provenant de la production d’électricité en Europe. Encourager les investissements dans le gaz fossile en le classant comme énergie transitoire vers la neutralité carbone ne fera qu’exacerber son impact dévastateur sur le climat. L’énergie nucléaire génère des déchets hautement radioactifs, sans qu’une solution à long terme commercialement viable n’ait été trouvée. Dans les deux cas, les énergies renouvelables sont moins chères et plus rapides à déployer, ce qui signifie qu’envoyer un mauvais signal aux investisseurs privés pourrait perturber la transition énergétique propre et retarder les progrès de l’UE sur ses engagements climatiques.

Prochaines étapes

La commission européenne doit présenter la version finale du texte en janvier, après les retours des représentants des gouvernements et des experts.

Le Parlement européen, ainsi que les gouvernements, ont la possibilité de rejeter la proposition pour empêcher son adoption automatique.

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