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président

  • pouvoir et copinage

    La démocratie nécessite que le pouvoir politique soit contrôlé par d'autres pouvoirs indépendants : presse, justice,...

    Avec Sarkozy, et R Dati, l'indépendance de la justice a pris de sacrés coups, ce qui a provoqué beaucoup de réactions dans le monde judiciaire.

    Pour la presse, le pouvoir politique peut compter sur des patrons amis (TF1, Le Figaro,etc). Il peut aussi nommer les responsables de l'audiovisuel public, en s'assurant ainsi au moins une neutralité bienveillante.

    Le scandale des sondages payés par l'Elysée et revendus à des journaux est un exemple particulièrement choquant de la confusion entre information et communication officielle.

    Voici un article du Monde diplomatique sur ces faits:

     

    Manipulations de l'opinion aux frais du contribuable

    Un rapport de la Cour des comptes a révélé l'existence d'une convention, signée le 1er juin 2007, entre la présidence de la République et un cabinet d'études chargé de commander des sondages à l'institut Opinion Way « pour un coût avoisinant 1,5 million d'euros ». Sur les trente-cinq études facturées en 2008, au moins quinze, payées 400 000 euros par l'Elysée, ont aussi été publiées par Le Figaro - dirigé par M. Etienne Mougeotte, ancien PDG de TF1 - et LCI. Connu pour produire des sondages particulièrement complaisants à l'égard du chef de l'Etat, Opinion Way réalise ses « enquêtes » en ligne, ce qui fait encore chuter le crédit déjà très limité qu'on pouvait leur accorder (lire « Consécration pour les sondages en ligne », par Alain Garrigou, La valise diplomatique, 25 mai 2009).

    Le cabinet en cause, Publifact, est dirigé par M. Patrick Buisson, proche conseiller de M. Nicolas Sarkozy. En 2008, Publifact a encaissé pour cette activité de conseil 10 000 euros d'honoraires mensuels. Directeur de la chaîne Histoire, M. Buisson est aussi l'ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute.

     

    1_67.jpgPatrick Buisson( photo ci-contre), proche du président est donc au centre de ce scandale. Il dirige la Chaîne "Histoire" qui appartient à TF1. Cette chaîne est l'objet d'un autre méli-mélo politico-financier, que relate "Le Monde" . Cela fait beaucoup pour un seul homme, qui bénéficie pour des entreprises qu'il dirige d'apport financier venant du pouvoir qu'il conseille.


    La chaîne privée Histoire a-t-elle bénéficié des mannes du ministère de la culture du fait de la proximité de son directeur général, Patrick Buisson avec Nicolas Sarkozy, dont il est un des conseillers officieux ?

    Entre 2008 et 2009, 270 000 euros ont été accordés par la rue de Valois à cette chaîne de télévision diffusée sur le câble et le satellite, détenue à 100 % par TF1. Selon les explications officielles fournies au Monde par le ministère de la culture, la somme accordée à la chaîne Histoire visait à "valoriser l'action du ministère en faveur du patrimoine".

    Après avoir pris part à la campagne présidentielle de M. Sarkozy, M. Buisson ex-proche de l'extrême droite, ancien journaliste à Minute et à Valeurs Actuelles, a quitté LCI en novembre 2007. Il a alors été nommé à la tête de la chaîne Histoire, dont le PDG est Laurent Solly, ex-directeur de campagne adjoint du candidat Sarkozy.

    Au printemps 2008, le ministère de la culture a publié un appel d'offres pour obtenir le droit d'utiliser un programme de télévision disponible sur le marché "à des fins de communication institutionnelle". Il se trouve que le directeur de la chaîne Histoire, M. Buisson, a alors le projet de consacrer une émission au patrimoine.

    PARRAINAGE

    L'affaire s'est conclue très vite. Pour les marchés publics inférieurs à 133 000 euros, les délais légaux sont très rapides. L'appel d'offres est publié le 29 avril. La commission qui est chargée au ministère d'attribuer les marchés a retenu la candidature de la chaîne, le 23 mai. Malgré l'absence de concurrent susceptible d'être mieux-disant, le ministère ne déclare pas l'appel d'offres infructueux. "Le prix proposé par la chaîne nous a semblé raisonnable", insiste-t-on rue de Valois.

    Le ministère obtient ainsi le droit de rediffuser l'émission, intitulée "Vive le patrimoine", et verse, 65 000 euros HT à la chaîne dirigée par M. logo_histoire.jpgBuisson. Cette somme est suivie d'un second versement de 35 000 euros HT par le ministère, pour obtenir le droit d'avoir son logo au générique de chaque émission. " Puisqu'il s'agit cette fois d'un accord de parrainage, un second appel d'offres n'est pas nécessaire", explique-t-on rue de Valois.

    Après l'obtention de ce premier marché pour un total de 120 000 euros TTC, l'administration a signé, le 9 juin 2009, un nouvel accord avec la chaîne Histoire pour un montant total de 150 000 euros. Cette fois encore le marché s'est conclu sans aucun appel d'offres, puisqu'il s'agit toujours d'un contrat de parrainage.

    Discret avant le premier marché, M. Buisson s'est manifesté auprès de Mme Albanel de nombreuses fois avant le second accord de juin 2009. La ministre et le conseiller de M. Sarkozy ont déjeuné plusieurs fois ensemble "pour évoquer avec elles ses relations avec le président de la République", confie le même proche de la ministre. Quelques jours avant le remaniement du 23 juin, M. Buisson s'est fait fort de promouvoir son action à l'Elysée.

    "Il aurait été demandé deux fois plus à la ministre, Christine Albanel, elle aurait signé des deux mains pour être dans les petits papiers de M. Buisson", assure une source proche de l'ex-ministre de la culture, qui tient à garder l'anonymat par crainte pour sa carrière.

    Le ministère du tourisme parraine lui aussi la même émission. "Il est normal que le ministère cherche à valoriser son action en participant à un programme sur le patrimoine", explique le cabinet du ministre Hervé Novelli, un proche de M. Buisson depuis de nombreuses années. Son administration n'a pu communiquer à ce jour le montant des crédits ni les modalités de leur affectation.

    Sollicité par Le Monde, M. Buisson a répondu qu'il ne voulait pas s'exprimer. Il a précisé qu'il n'avait pas "à déférer au tribunal médiatique" et qu'il était "garant de l'intégrité de la chaîne qu'il dirige".

    Béatrice Jérôme