Article d'Émilie Massemin, publié dans Reporterre le 13.01.2026
Le dossier Cigéo a été confié à Maxime Amblard, député du Rassemblement national et voix pronucléaire influente à l’Assemblée nationale.
Un coup de pouce politique au projet de poubelle nucléaire ? Le député Rassemblement national (RN) de la Meuse, Maxime Amblard, a été nommé rapporteur sur l’évaluation de la demande d’autorisation de création (DAC) du centre de stockage des déchets radioactifs Cigéo, situé à Bure (Meuse). Il a été nommé par le président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), et ce, malgré ses liens étroits avec la filière nucléaire française.
À l’Assemblée, Maxime Amblard s’est affirmé comme une voix pronucléaire influente. Il a déposé ou soutenu de nombreux amendements visant à relancer et développer massivement la filière nucléaire française dans la loi de programmation énergétique. Certains textes proposaient la construction de nouvelles capacités nucléaires (par exemple 16 gigawatts d’ici 2026/2030 et plus) ou le renforcement du parc existant.
En septembre 2024, lors d’une visite à Bure du laboratoire souterrain de l’Andra, qui porte le projet Cigéo, il avait critiqué les opposants antinucléaires en affirmant que « les Cassandre antinucléaires [avaient] tout faux ». Un mois plus tard, il avait salué le projet Cigéo comme une « solution inédite, efficace et pérenne pour neutraliser ses déchets radioactifs, assurant ainsi la sécurité des générations futures ».
« En plus d’avoir au moins deux conflits d’intérêts [Amblard est député de la circo de Cigéo et salarié de Framatome], il ne connaît rien au dossier », a réagi sur Bluesky Maxime Laisney, député La France insoumise.
Le projet Cigéo consiste à enterrer à environ 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus dangereux, dans la zone de Bure (Meuse et Haute-Marne). L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a publié en décembre un avis satisfaisant sur son dossier d’autorisation de création. Le projet devrait ainsi être soumis à enquête publique au second semestre 2026, étape clé avant que le gouvernement puisse délivrer une autorisation de création par décret, en 2028 au plus tôt.
