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La déforestation importée : une préoccupation pour tout le monde ... à part la FNSEA

Communiqué de la Confédération Paysanne le 19.05.2020

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté hier un avis[1] qui préconise les actions à entreprendre au sein de l'UE* pour lutter contre la déforestation « importée » et faire en sorte que l'agriculture mette fin à sa part de déforestation au niveau mondial[2].

L'avis du CESE affirme l'importance primordiale de préserver les forêts : lieux de vie de 820 millions de personnes ; ressources de biodiversité ; régulatrices du climat, de la qualité de l'eau et des sols. Il rappelle en outre que depuis 1990 les forêts ont régressé d'1,3 millions de km2, sous les effets cumulés des aléas climatiques et des incendies, mais aussi des activités qui en ont pris la place : culture de soja, d'huile de palme, d'éthanol… l'élevage et l'artificialisation.

Le CESE demande que Bruxelles lance un plan "protéines" et arrête d'ici à 2030 les agrocarburants de première génération. Il plaide pour une réforme en profondeur des filières économiques qui contribuent fortement à la déforestation, et demande le conditionnement des aides aux filières animales à la non-utilisation de soja importé.

Tout en rappelant les nombreux effets néfastes des agrocarburants en général, la Confédération paysanne appelle l'Union européenne et le gouvernement français à tenir dans la plus grande considération cet avis du CESE, notamment dans le cadre de la future PAC*. La lutte contre la déforestation importée requiert un plan de développement des protéines végétales et de reterritorialisation de l'élevage. Elle peut et doit devenir l'une des sources d'inspiration pour un nouveau contrat social qui permette une meilleure rémunération des paysan.ne.s, la régulation des marchés et la protection vis-à-vis du libre-échange et du moins-disant social et écologique, tout en accompagnant la relocalisation et la transition de notre modèle agricole.

Les seuls conseillers qui ont rejeté cet avis sont ceux du « groupe agriculture »[3] et ceux de Coop de France ! Nous déplorons leur vote passéiste en soutien d'un modèle agricole devenu indéfendable et à contre-courant des aspirations de la société civile. Pourtant, c'est bien de ce modèle que les paysans et les paysannes sont, depuis trop longtemps, les premier.ère.s victimes.




[1] Co-rapporteurs : Jean-Luc Bennahmias, journaliste et ancien député européen et Jacques Pasquier paysan dans la Vienne.

[2] Résultats définitifs du vote : Pour 187, Contre 21, Abstentions 7.

[3] APCA*, FNSEA*, JA*, Crédit agricole, Groupama.

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